Partido Comunista Internacional

La Gauche Communiste 3

Présentation

Le parti, même dans les périodes les plus défavorables, a toujours considéré comme un de ses devoirs fondamentaux la participation aux luttes ouvrières et la définition de normes précises pour l’action revendicative.

Dans le cadre de la poursuite de notre étude de la question syndicale nous publions dans ce numéro de la revue une série d’articles qui prennent en considération les divers aspects de cette question et la position du parti envers eux.

Le premier article traite de la situation en Pologne, où les grèves et la répression étatique, alliée à la duperie démocratique de type pro-occidental, démontrent encore une fois qu’aucune variante de régime du Capital, aucune violence ou mystification opportuniste ne peut empêcher l’explosion de la lutte de classes, et confirment notre prévision selon laquelle le prolétariat sera toujours et partout contraint de reconstruire ses propres organisations économiques de défense. De même, c’est contre les lois et les forces des États, à l’est comme à l’ouest, que devra se réaliser ce schéma historique nécessaire pour la reprise ouvrière. Le lecteur constatera, à travers ce court article, combien est large le fossé entre l’orientation classiste qu’il développe clairement et les imbécillités suivistes et confuses de tous les groupuscules qui, soit glorifient le «modèle polonais», soit, pire encore, n’ont rien à dire si ce n’est des banalités du genre : «la Pologne, un an après, vive la lutte de classes», formules qui pourraient être reprises pour n’importe quel pays et quasiment par n’importe qui d’un peu «radical». Les exclamations bruyantes n’ont jamais remplacé l’analyse marxiste, au contraire, elles ont souvent prouvé que ceux qui se gargarisent des premières n’ont plus les moyens de s’orienter clairement, n’ont plus de points de repère. Et quand une organisation n’est plus capable de définir sans équivoque, sans ambiguïté, ses orientations concrètes d’action, c’est qu’elle a fait faillite.

Suit une étude brève mais dense de la parabole accomplie par les syndicats dans les vieilles métropoles capitalistes. Cette étude a paru dans le n° 1 (janvier-avril 1979) de notre revue théorique en langue italienne, Comunismo.

Le troisième texte est un rapport tenu lors de la réunion générale du Parti en mai 1981, qui spécifie le rôle et la fonction des militants communistes sur le terrain des luttes ouvrières immédiates. Ce rapport avait déjà paru en italien dans les numéros 82 à 85 (juin-septembre 1981) de Il Partito Comunista.

Enfin, on examinera rapidement la situation en France, afin de mettre en lumière à grands traits l’intégration des syndicats tricolores, leur fonction d’agents bourgeois dans les rangs ouvriers et de tracer la perspective qui permette à la classe de défendre ses intérêts sur des positions qui sont les siennes, avec ses propres méthodes et revendications, contre toutes les orientations légalitaires, corporatistes et collaborationnistes, sans concession et compromis envers tous les groupes confusionnistes de la dite gauche syndicale et, dans tous les cas, hors et contre les syndicats de régime.

Pologne: Ou dictature révolutionnaire du Parti communiste ou répression bourgeoise sur le prolétariat

Déjà plus d’une année nous sépare de l’août de Gdansk, de la magnifique grève de plus d’un mois des ouvriers des centres les plus importants de la Pologne, qui fut saluée par nous comme un des signes les plus importants, des cinquante dernières années, de la reprise du mouvement de classe à l’échelle mondiale. La grève était formidable, et pas seulement en extension et en fermeté ; sa force était vivifiée par une organisation qui s’était formée au cours des luttes précédentes, hors et contre le contrôle étatique. Les ouvriers avaient, parmi leurs revendications prioritaires et intouchables, la reconnaissance du «syndicat libre», confirmant ainsi l’un des acquis les plus importants du marxisme : quand les travailleurs se battent pour leurs besoins de prolétaires, ils posent comme exigence première et nécessaire celle d’une organisation autonome de classe.

Pour certains, Solidarité représentait, avec sa Direction, un mouvement de classe authentique, malgré ce qu’ils nommaient son «ingénuité» nationaliste, catholique, pro-paysanne, tandis que pour d’autres, elle représentait exclusivement un mouvement anti-prolétarien et anti-communiste, et donc anti-URSS car ils prennent pour argent comptant que l’URSS est communiste.

Pour notre part, nous avons tout de suite souligné, jetant beaucoup d’eau sur le feu, que la voie la pire que les ouvriers polonais pouvaient prendre était la voie démocratique. Et cela n’a pas manqué, depuis la première signature des accords de Gdansk, et, pendant toute l’année, cela ne fut qu’un crescendo de revendications démocratiques, sous la bénédiction du pape et l’encouragement de tous les États occidentaux, USA en tête.

Depuis son apparition en tant qu’organisation nationale, Solidarnosc a vécu la contradiction entre les poussées classistes en provenance du prolétariat, organisé dans les usines et dans les zones à concentration ouvrière, et l’appareil de contrôle et de collaboration avec l’État que s’est toujours trouvée être la Direction nationale, avec à sa tête Walesa.

Ce contraste entre les organisations locales et d’usines de Solidarnosc et la direction nationale se reflétait aussi dans le Congrès de Gdansk où, pour la première fois, Walesa et consorts se voyaient contrer ouvertement par un groupe compact de délégués définis comme «radicaux» ou «extrémistes», pas bien organisés, non homogènes, qui n’avaient pas tous les idées claires, mais qui étaient certainement l’expression de la puissante poussée ouvrière.

L’appareil étatique suivait avec une préoccupation croissante ce désaccord, se préparant à intervenir pour le cas où Walesa et les siens n’auraient plus été en mesure de contrôler les masses.

Jaruzelski, pendant qu’il lançait sa proposition d’entente nationale, demandait « une initiative immédiate pour suspendre temporairement le droit de grève ».

Sur cette nécessité, la direction de Solidarnosc s’était prononcée d’accord sur le principe, et un message du Praesidium partageait l’espoir que fussent éliminées les grèves et protestations injustifiées.

Mais les agitations à cause de la pénurie de biens alimentaires se poursuivaient et s’intensifiaient dans tout le pays.

Le 4 novembre avait lieu une rencontre entre Glemp, Walesa et Jaruzelski à l’issue de laquelle ils répétaient la nécessité de «l’entente nationale.»

Mais les grèves continuaient et la tension croissait toujours plus, à Zielona Gora, à Radom, à Wroclaw, dans la Haute-Silésie…

Le 4 décembre se réunissait à Radom la présidence élargie qui, contre la volonté de Walesa, décidait la préparation de la grève générale. Walesa qualifia cette décision de «maladroite». Entre temps, des nouvelles arrivaient, selon lesquelles, dans diverses localités, des initiatives étaient en cours en vue de la formation d’une «garde ouvrière».

Le 11 décembre se réunit à Gdansk la commission nationale de coordination : Walesa invite à la «patience» et avertit : «l’affrontement serait un suicide». Une lettre du cardinal Glemp (datée du 6/12) est rendue publique, dans laquelle il exprime le chagrin de l’Église pour les «phénomènes de haine sociale» et du fait que certains «voient dans l’affrontement» la solution aux problèmes :

« il est nécessaire de poursuivre le dialogue qui, s’il est actuellement difficile, n’a jamais été stérile ».

Mais, malgré tous ces avertissements, la ligne épiscopale de collaboration avec l’État défendue par Walesa et consorts fut mise en minorité, et la commission nationale a confirmé la décision de grève générale.

C’est dans ce contexte qu’a été déclenchée l’opération policière destinée à rétablir la discipline dans les usines et sur les chantiers. Ce n’est pas un hasard si l’opération a été déclenchée quand Walesa a été mis en minorité même dans les organes dirigeants nationaux, quand il était alors devenu clair que les dirigeants syndicaux opportunistes n’étaient plus en mesure de freiner et de contrôler la pression des masses.

Et on ne comprend pas pourquoi Walesa, Glemp et autres se lamentent à cause de la répression étatique brutale qui se déchaîne aujourd’hui de façon indiscriminée et sans distinction subtile entre amis et ennemis. Ils voulaient la paix sociale, l’ordre, la discipline, ils voulaient que les ouvriers se soumettent à la Patrie. Ils voulaient la même chose que veut Jaruzelski, mais ils n’ont pas réussi à l’obtenir avec leurs méthodes, et il est parfaitement logique qu’ils soient maintenant plus ou moins brusquement mis de côté et que leur place soit prise par l’appareil militaire. Et on peut dire qu’ils ont bien travaillé car, s’ils ont réussi à freiner les masses, ils ont aussi livré l’organisation ouvrière aux mains du régime.

Déjà, le jour précédent les rafles de police, des nouvelles éloquentes de mouvements de troupes d’engins blindés, de mobilisation de réservistes, d’enrôlement forcé de jeunes paysans parvenaient aux sièges syndicaux.

Et pourtant, les membres de la commission nationale se sont faits prendre tranquillement dans leur lit.

Aucun plan sérieux n’avait été mis en place face à une éventualité de ce genre qui était cependant dans l’air depuis des mois, discutée ouvertement par les représentants de l’État. Le journal Le Monde fait référence aux instructions de la section de Wroclaw remontant au mois de mars dernier : la directive est d’occuper les entreprises, d’y rester, de les garder, de résister de manière passive. Les cinq membres de la commission nationale ayant échappé aux arrestations ont diffusé un communiqué dans lequel ils appelaient à la grève générale, tout en ajoutant des revendications tout à fait inadéquates à la réalité de la situation :

« En entreprenant cette grève, rappelons-nous la nécessité de faire preuve de discipline et de calme, de respecter la propriété de l’État, et d’éviter dans la mesure du possible un affrontement inutile avec les forces de sécurité. Notre arme, c’est le calme, l’honneur et l’organisation au sein des entreprises. Notre espérance est l’unité et la solidarité de tous les travailleurs polonais. »

Naturellement, le cardinal Glemp ne démordit pas, et lança le seul message amplement diffusé par la radio d’État alors militarisée :

« Il n’y a pas de valeur plus grande que la vie humaine, c’est pourquoi je lance des appels à la raison, même si cela signifie que je m’expose ainsi à des insultes. Et je supplierai, même si je devais le faire à genoux : ne commencez pas une guerre entre polonais, ne vous tuez pas les uns les autres… Aucun fils de la nation polonaise ne doit perdre la vie dans ces conflits fratricides. »

Ces appels au calme sont dirigés contre la classe ouvrière qui, dans un élan généreux, lutte pour défendre sa vie à un moment où il n’y a pas à conjurer la guerre civile, car c’est l’État qui a déjà commencé la guerre civile : on parle de plus de 45.000 arrestations, état de siège, militarisation de tous les postes de travail, interdiction de réunion, de grève, peine de mort pour qui viole l’état de siège, morts et blessés en Silésie, à Radom, à Gdansk, à Stettin. La première mesure de l’État après le début de l’opération policière a été l’abolition des samedis libres, et cette décision constitue en elle-même un acte de guerre contre le prolétariat.

Les mesures du gouvernement polonais s’insèrent dans un contexte international délicat et c’est pour cela qu’elles suscitent tant d’intérêt et d’appréhension : mais elles ne sont rien d’autre que des dispositions intérieures contre le prolétariat exploité, dispositions que prendrait tout État bourgeois dans des conditions économiques analogues. Les filous qui gouvernent les pays occidentaux sont bien conscients de cela : tout en exprimant leur indignation, ils répètent qu’il s’agit d’affaires intérieures polonaises et que l’important c’est que la Russie n’intervienne pas. La RFA a confirmé ses crédits et la finance internationale voit dans ces «mesures fortes» une condition nécessaire pour la relance économique. En somme, pour les banques occidentales, l’ordre sous le talon de fer des militaires est une garantie solide pour récupérer leurs prêts. Inutile de dire que les dirigeants russes jubilent de satisfaction, pendant que le président américain cherche à exploiter politiquement la situation en parlant comme un boy-scout de violation des accords d’Helsinki. La position des puissances occidentales n’aurait pu se modifier que si la réaction ouvrière avait été assez puissante pour montrer que pas même la solution Jaruzelski n’était en mesure de garantir l’ordre social. Pendant ce temps, nous devons assister, honteux et impuissants, à l’agression brutale contre le prolétariat polonais, tandis que les margoulins de l’occident : pape, Reagan, Schmidt, Mitterrand, etc., protestent et trépignent, et pendant que les prolétaires occidentaux restent indifférents et observent, en laissant les représentants éhontés des classes riches se poser en protecteurs de leurs frères polonais. C’est dans ce contexte que nous recueillons le commentaire plus sincère et significatif d’un haut dignitaire chinois :

« Nous aussi, nous avions de jeunes ouvriers du genre de Walesa, mais nous les avons remis en place à temps. »

La leçon de la Pologne est une dure leçon ; c’est l’anticipation de ce que les prolétaires doivent attendre de leur bourgeoisie et de leurs organisations démocratiques. Les ouvriers polonais ont été avant tout désarmés par les dirigeants opportunistes qui ont œuvré à les convaincre que l’on pouvait et devait éviter l’affrontement avec l’État. Et c’est pour éviter l’affrontement que le réseau national de Solidarnosc est pratiquement tombé dans les mains de la police qui a pu le détruire en une nuit. Au lieu de préparer l’organisation à la lutte qui était inévitable, les dirigeants opportunistes ont œuvré afin de soumettre les masses prolétariennes à l’intérêt national. Et quand les ouvriers ont montré qu’ils ne voulaient pas accepter au nom de la patrie l’exploitation et la misère de toujours, l’État les a brutalement attaqués, et ils se sont trouvés impréparés, privés d’une orientation adéquate et d’une organisation prête pour la lutte.

Aujourd’hui, l’affrontement se passe dans les pires conditions pour le prolétariat désarmé, isolé usine par usine, localité par localité, alors que l’ennemi est puissamment armé et centralisé. Et même dans ces conditions la classe ouvrière ne se laisse pas soumettre sans combattre et affronte avec courage les détachements sur le pied de guerre qui lui tirent dessus. Le courage désespéré des ouvriers polonais est un exemple d’autant plus précieux, au moment où ils sont seuls, abandonnés par leurs faux amis, que ceux-ci, en bons démocrates, savaient seulement répéter qu’il faut éviter l’affrontement avec l’État. Et maintenant que c’est l’État qui se heurte volontairement aux masses prolétariennes, pendant que la police arrête, blesse, tue, pendant que le gouvernement, par la force brutale, annule des conquêtes que l’on croyait acquises après des années de luttes, les démocrates ont l’effronterie de continuer à répéter leurs appels lâches et méprisables au calme et à la concorde nationale…

El partido ante los sindicatos en la época del imperialismo

Importancia de la táctica

En el trabajo publicado en nuestro órgano mensual (Il Partito Comunista, n°82 al 85. Junio-Septiembre 1981) con el título «Del surco inmutable del marxismo revolucionario brota la función de los comunistas en la lucha de clase», hemos intentado demostrar cómo la táctica que el Partido adopta en el terreno sindical deriva coherentemente de la relación partido-clase-acción de clase, tal y como ha sido acuñado por el marxismo al surgir como ciencia social del proletariado y como evolución histórica del partido formal y del movimiento obrero en general plasmándolo en la práctica de la lucha de clase; de igual forma al pequeño partido actual no le queda más que «atesorar» este pasado, volviéndolo a juntar con la teoría originaria que marca la continuidad del hilo rojo entre las diversas situaciones históricas que han aparecido hasta el momento, para enlazarlos de nuevo continuamente, sin inventar o descubrir nada, para lanzarlo al presente y sobre todo para proyectarlo hacia las situaciones futuras, intentando desde hoy prever su curso y sus manifestaciones, aunque obviamente, en grandes líneas.

En este trabajo insistíamos, como en otros tantos trabajos del partido, en la cuestión de la táctica vinculada a los principios generales del partido y a la teoría marxista, y, al mismo tiempo, derivada de un correcto análisis de la situación. Este postulado es particularmente cierto aplicado a la táctica del partido en el terreno sindical, y precisamente a su actitud frente a las organizaciones económicas proletarias que históricamente surgen de la necesidad del proletariado de defender sus condiciones de vida y de trabajo ante la sed de beneficio del capital. A este tema el Partido, sobre todo en su intensa actividad de restablecimiento de los pilares de la teoría marxista en la segunda posguerra, siempre ha dedicado un amplio espacio de análisis precisando cada vez con unos contornos más nítidos, el tipo de acción a desarrollar en materia de discusiones muy vivas y a veces cruciales dentro del Partido.

La causa de esto radica principalmente en la extrema dificultad de orientar el trabajo práctico del Partido en las luchas obreras y sindicales en general, faltando, por así decir, la «materia prima» para analizar precisamente la táctica: las luchas mismas.

Desde el punto de vista organizativo medio siglo de contrarrevolución ha situado prácticamente al proletariado a los albores de su historia; no existe ya organización económica inmediata de clase, al igual que el Partido no tiene ninguna influencia sobre la clase obrera. Obviamente no hay que entender esta afirmación en el sentido de que basta con unir la actitud práctica del Partido con la de las primeras organizaciones comunistas, en particular de la I Internacional, en cuanto que toda la historia posterior del movimiento revolucionario mundial ha producido una experiencia cristalizada hoy en el Partido, por pequeño que sea, y además la situación actual difiere netamente de la de entonces debido a la evolución e involución sufridas por la organización económica proletaria, unidas directamente a las fases de evolución y putrefacción del capitalismo internacional.

La dinámica del proceso que verá en un próximo futuro alinearse al proletariado nuevamente sobre el terreno de la lucha de clase, con el Partido dedicado a influir sobre su acción hasta asumir la dirección política, no será la repetición mecánica de los períodos precedentes sino que tendrá características propias, ligadas a los acontecimientos que los crecientes conflictos interimperialistas mundiales determinarán en cada Estado y a los contragolpes que reciban las masas obreras como consecuencia de las progresivas medidas antiproletarias que se adopten progresivamente. Estas características son precisamente las que el Partido debe intentar intuir, comprender y prever, anticipando los métodos de acción y la táctica específica a adoptar. «Características propias» no significa que pueden ser desconocidas para el marxismo y con las cuales, como ya otros han pretendido hacer, se intente poner en discusión el clásico proceso indispensable para la revolución proletaria delineado por el Partido en todos sus cuerpos de tesis: extensión de un amplio movimiento proletario que actúe sobre bases clasistas, consiguiente renacimiento de organismos clasistas inmediatos, influencia en ellos del Partido a través de sus grupos comunistas organizados en fracción sindical.

Lo que debería ser analizado correctamente para desarrollar una táctica justa es la dinámica específica que se dará en este proceso, cuyas líneas maestras ya son conocidas por el Partido. Estas líneas maestras son inmutables porque pertenecen intrínsecamente a las leyes generales del choque de clase entre burguesía y proletariado, leyes descubiertas por el marxismo y trazadas de modo invariable en su curso histórico. Si se admite que la dinámica general de estas leyes puede expresar tendencias generales distintas a las de los períodos precedentes en la historia del capitalismo, se niega la validez del marxismo, reconociendo la necesidad de su enriquecimiento.

Una vez dicho esto es importante remarcar que la definición de la táctica, y no solo en el terreno sindical, es una tarea permanente del Partido, cualquiera que sean sus efectivos y su influencia entre la clase. Negar esto afirmando que el Partido, puesto que se reduce a un puñado de militantes sin ningún peso en el movimiento obrero, no debe plantearse problemas tácticos ya que no se podrían resolver al no existir la posibilidad de influir en las masas con consignas precisas, significaría liquidar la existencia misma del Partido reduciéndolo a un informe grupo de intelectualoides con la pretensión de tener la conciencia tranquila ya que están en grado de defender la teoría marxista citando los textos clásicos, en paz por tanto con el «partido histórico» volviendo la espalda al partido formal.

Esto que, repetimos, es válido para la táctica en general, o sea referida a todos los campos de actividad en los que se plantea la posibilidad, aunque solo sea teórica, de intervención práctica del Partido, es particularmente cierto si se refiere a la táctica sindical, ya que incluye el eje principal de todo el marxismo: la relación partido- clase-organismos intermedios.

Estos últimos hoy no existen desde un punto de vista de clase, ya que están sometidos completamente a los intereses de la conservación del régimen capitalista, y ésta es precisamente una característica que no nos permite equiparar mecánicamente la fase actual del imperialismo con la de los albores del movimiento obrero, en las que estos organismos estaban en formación.

Al intentar definir mejor la táctica actual del Partido en el terreno sindical, no podemos dejar a un lado, fieles a nuestro método invariable, la representación, aunque sea sumaria y a grandes trazos, de la historia del movimiento sindical internacional, de la única manera que es legible para la ciencia marxista: no historicismo antológico y tampoco una escolástica investigación cultural, sino arma de batalla teórica y práctica para el abatimiento revolucionario del capitalismo y de todos sus lacayos, cada vez más numerosos y diversamente disfrazados.
 

Primera fase: Prohibición

Desde el punto de vista de la actitud de la burguesía frente a los organismos sindicales proletarios, el Partido ha dividido la historia de la forma sindicato en tres fases: prohibición – tolerancia – sometimiento.

La primera fase se caracteriza por la implantación en la escena histórica de los primeros y confusos, aunque decididos, movimientos obreros contra los capitalistas individuales y por consiguiente de las primeras asociaciones obreras, las primeras coaliciones de asalariados contra los burgueses en defensa del salario. Este fenómeno fue el primer mentís de la doctrina liberal que constituyó el ropaje ideológico del triunfo de la burguesía como clase dominante contra los viejos regímenes de la aristocracia feudal. Se mostró claramente la falsedad del principio democrático según el cual la defensa de los intereses de los individuos podía ser garantizada por un cuerpo de «representantes de todos los ciudadanos» que repartiría equitativamente justicia social y económica entre todos los miembros de la «sociedad civil»; no sería necesaria pues ninguna asociación económica de «ciudadanos», ya que la defensa de los derechos individuales estaría garantizada por el Estado, por el gobierno, por las instituciones representativas de todo el pueblo «elegidas libremente». En nombre de estos principios, bajo el estímulo de su conservación de clase, la burguesía reprime ferozmente las primeras asociaciones permanentes de obreros, acusándolas de querer resucitar las corporaciones del «ancien régime». La prohibición impuesta por la burguesía a las primeras formas de asociacionismo económico proletario, prohibición elevada expresamente a ley (recordemos la ley «Le Chapelier» en junio de 1791 en Francia, y la ley del parlamento inglés de julio de 1799), se apoyaba en las condiciones materiales del capitalismo en su primerísima fase liberal, dominada por el libre mercado y por lo tanto por la concurrencia recíproca entre capitalistas. En teoría también se dirigía contra las asociaciones de capitalistas. En la práctica sólo podía golpear la tendencia natural de los proletarios a coligarse en defensa de sus propios intereses de clase. Esta prohibición hizo que las primeras asociaciones obreras, independientemente de la conciencia que tuviesen de sí mismas, constituyesen, por el solo hecho de manifestarse abiertamente, un poderoso factor revolucionario. No sorprende pues que en los primeros movimientos proletarios no estuviese suficientemente clara la distinción entre organismos de defensa inmediata y los primeros grupos o círculos políticos.

No obstante el marxismo definió desde entonces en términos clarísimos, definitivos, esta diferencia, indispensable para extraer cualquier consideración en materia de táctica sindical. Resumámoslo con una cita de Marx en una carta a Botte con fecha 29 de noviembre de 1871, que define la relación entre luchas políticas y luchas económicas y por lo tanto entre partido y sindicato: «El movimiento político de la clase obrera tiene naturalmente como último objetivo la conquista del poder político para la clase obrera, y para este fin es necesaria naturalmente una organización previa de la clase obrera, desarrollada hasta un cierto punto y que surja de sus mismas luchas económicas».

Véase como ya en esta expresión se perfila la perspectiva de la necesidad de la organización económica inmediata como condición previa indispensable para la conquista del poder político por parte del proletariado.

«Pero por otra parte todo movimiento en el que la clase obrera se opone como clase a las clases dominantes y busca presionarlas desde fuera, es un movimiento político. Por ejemplo la tentativa de arrancar una reducción en la jornada laboral a un capitalista en una fábrica, o en una determinada industria a través de huelgas, etc, es un movimiento puramente económico; por el contrario el movimiento para imponer una ley de ocho horas y cosas por el estilo, es un movimiento político. De este modo, de los movimientos económicos obreros aislados, surge y se desarrolla el movimiento político, es decir un movimiento de la clase para plasmar sus intereses de forma general, de manera que socialmente tenga fuerza coercitiva general. Si bien es cierto que estos movimientos presuponen una cierta organización preventiva, por otra parte son otros tantos medios para desarrollar esta organización. Allí donde la clase obrera no ha avanzado en su organización tanto como para poder llevar a cabo una campaña decisiva contra el poder colectivo, o sea contra el poder político de las clases dominantes, debe ser preparada para ello a través de una agitación permanente contra la política de las clases dominantes; de lo contrario se convierte en un juguete en sus manos».

Era natural pues que movimiento económico y movimiento político formasen parte de un único proceso revolucionario señalado en el Manifiesto de 1848 con la famosa expresión «organización del proletariado en clase, y por tanto en partido político» y esto sería posible gracias a «la unión cada vez más amplia de los trabajadores«. Puede decirse que las cuestiones de táctica de la organización política no valían en lo referente a la económica, en el sentido de que ambas pertenecían total y orgánicamente al proceso revolucionario que veía al proletariado en movimientos cada vez más netamente en defensa de sus exclusivos intereses de clase, o mejor esta táctica se expresaba en el concepto, ya muy claro a los comunistas de entonces, de que la conquista del poder político por parte del proletariado sería el resultado de la alianza activa del movimiento real de las asociaciones económicas proletarias con el socialismo científico, o bien la alianza entre asociaciones económicas y partido político revolucionario.

La diferencia entre uno y otro estaba clara para los comunistas de la época y se presenta en el trabajo que desarrollaron en la I Internacional a la que se adhirieron también asociaciones económicas. En el llamamiento inaugural de la I Internacional está ya claro el concepto de que se trata de una asociación mundial de partidos políticos. En este llamamiento se indican los límites del movimiento cooperativo y sindical que en sí «nunca estarán en grado de parar el aumento del monopolio que se da en progresión geométrica, de liberar a las masas y tampoco de aliviar de manera sensible el peso de sus miserias» y ya aparece formulado el concepto de la necesidad de superar el aspecto reivindicativo del movimiento hacia la conquista del poder político.
 

Segunda fase: Tolerancia

Sucesivamente, y en particular en el período de la II Internacional, la burguesía cambia de actitud con respecto al asociacionismo sindical; se percata de que reprimirlo por la fuerza significa empujarlo hacia actitudes cada vez más radicales, y, violentando sus «sagrados principios» liberales, admite la posibilidad de su existencia: es la fase de tolerancia, que coincide con un fuerte desarrollo del movimiento sindical en todos los países en los que la burguesía está ya aferrada establemente al poder y en los que el modo de producción capitalista ya está entrando en la fase imperialista. Se asiste al mismo tiempo a un período de expansión productiva excepcional y de relativa paz social e internacional: el capitalismo conoce su fase áurea. Los grandes beneficios extraídos de la rápida y relativamente pacífica expansión productiva permiten la formación de amplios estratos de aristocracia obrera sobre los que se apoya la extensión de esa oleada de degeneración del marxismo que fue el socialreformismo. Se abandonó el concepto de la conquista violenta del poder político e incluso de conquista del poder en general, ya que, según los reformistas, los intereses del proletariado se identificaban con los de sus propias burguesías nacionales y por lo tanto la clase obrera debía hacerse cargo de la marcha productiva de su «propia nación».

A esta degeneración en el plano político le correspondió una actitud análoga en el terreno sindical. Fue el tipo de sindicalismo germano-austriaco el que representó mejor esta tendencia.

«Los sindicatos de Alemania –– afirmaban las tesis de la Internacional Sindical Roja — fueron la cuna del reformismo, cuyo contenido ideológico consiste en el terreno político en preconizar la evolución pacífica y gradual, tendiente al socialismo a través de la democracia, en atenuar el antagonismo de clase en la cobarde renuncia a la revolución y al terror clasista, con la esperanza de que el desarrollo de las instituciones democráticas conducirá automáticamente al socialismo sin desórdenes y sin revolución, mientras que en el terreno estrictamente sindical el reformismo expresa la tendencia a mantener los sindicatos alejados de la lucha política revolucionaria, la prédica de la neutralidad hacia el socialismo revolucionario, la unión íntima con el socialismo reformista, y finalmente la sobrevaloración de los contratos colectivos y la tendencia a crear el derecho paritario, o sea a construir relaciones sociales con las que, dentro del régimen económico burgués, pueda conciliarse la igualdad de derechos entre obreros y empresarios conservando el sistema de explotación».

El movimiento sindical anglosajón o tradeunionismo no corrió mejor suerte ya que «reunía principalmente a los estratos más elevados de la clase obrera y su ideología representaba la filosofía de la aristocracia obrera. Para los teóricos y los prácticos del tradeunionismo, capital y trabajo no eran considerados como mortales enemigos de clase, sino como dos factores de la sociedad que se complementan mutuamente, y su desarrollo armónico debía conducir a la paz entre capital y trabajo y a la equitativa distribución entre ellos de los bienes sociales comunes».

Como se ve los aspectos característicos del moderno sindicalismo de la época imperialista supermadura, ese sindicalismo al que el proletariado debe ajustar las cuentas hoy y sobre todo en el futuro, nacen en esta época. Hoy como ayer son los mismos, y no podía ser de otra forma, ya que la acción sindical o bien se dirige hacia la defensa de los intereses propios de la clase obrera y por tanto tendiendo a alinear al proletariado contra todo el aparato patronal y estatal en el terreno del choque abierto sin excluir ningún tipo de golpes, o bien debe someterse a los intereses burgueses y por lo tanto defender la economía nacional por encima de las exigencias reales de la clase. Desde este punto de vista, o sea desde el punto de vista de los contenidos políticos, no existen diferencias objetivas entre el oportunismo sindical de la primera fase de expansión del capitalismo y el de la era imperialista en una fase avanzada como la actual. La «ideología» que ha permeado a ambas, la de la clase dominante, es la misma y no podía dejar de ser así. La diferencia subjetiva reside en la función institucional asumida frente a las estructuras estatales y los engranajes político-económicos de la sociedad capitalista en general, en relación a las tendencias y a la actitud de las masas proletarias.

El movimiento sindical que se desarrolló ampliamente durante la fase de expansión del capitalismo, mostró algunas características que permitieron sucesivamente a la burguesía servirse de él en función de la estabilidad de su régimen de clase: estos caracteres son esos que Lenin en el «Izquierdismo» llama los «caracteres reaccionarios«, y precisamente «una cierta angustia corporativa«, una «cierta tendencia al apoliticismo«, una «cierta fosilización, etc«, aspectos particularmente contrarrevolucionarios precisamente si se ponen en relación con el desarrollo «de la forma suprema de la unidad de clase de los proletarios, el partido revolucionario del proletariado«. Estas características son las que vienen enumeradas en las tesis de la ISR como «corporativismo mezquino, aislamiento, la lucha de muchos de ellos contra el trabajo femenino, el espíritu nacionalista y patriótico que se deriva en la confusión entre los intereses de la industria nacional y los de la clase trabajadora«, que encontrarán dramáticamente su máxima expresión al estallar la primera carnicería mundial y durante la misma, en la que, en la mayor parte de los países europeos los sindicatos dejan de existir como organizaciones clasistas de lucha, transformándose en organizaciones imperialistas de guerra cuya función consistía en poner a disposición de sus propias burguesías todas las fuerzas proletarias existentes, en nombre de la «defensa de la patria». En todos los países, excepto raras excepciones, los dirigentes de los sindicatos combatieron entre sí en el campo de batalla, estrechando sus alianzas con las fuerzas sociales burguesas de su propia «patria». Como afirman las tesis de la ISR: «el período de la guerra mundial es el de la disolución moral de los sindicatos en todos los países. La mayor parte de los dirigentes sindicales asumen tareas gubernamentales: asumen espontáneamente todas las funciones para sofocar las tentativas de protesta revolucionaria, consienten el empeoramiento de las condiciones de trabajo, los manejos del capitalista dentro de las fábricas, renuncian a las conquistas obtenidas a través de grandes luchas, en definitiva siguen sin rechistar todo lo que les ordenan las clases dirigentes».

La tolerancia mostrada por la burguesía había dado de este modo sus frutos: en todos los países las organizaciones temidas por los defensores oficiales del régimen burgués al ser consideradas en grado potencial de amenazar el orden constituido, se habían transformado «imprevistamente» en otros tantos pilares de la conservación de este orden. Con mucha razón las tesis de la ISR subrayan como «esta transformación de los dirigentes del movimiento sindical en perros de presa del capitalismo representa la más estrepitosa victoria moral de las clases dirigentes».

Tras la guerra esta política de estrecho colaboracionismo con la propia burguesía, que marcó la bancarrota de la II Internacional, continúa en todos los países capitalistas industrializados y se expresa en la subordinación de los intereses de las clases obreras en la reconstrucción de las economías de los países respectivos. Sin embargo, debido a las desastrosas condiciones a las que se ha visto reducido por la guerra el proletariado del mundo entero, se determina un fenómeno en cierto modo antagonista al que ya se ha descrito. Empujadas por la imperiosa y vital necesidad de defender de cualquier modo sus propias condiciones de vida, grandes masas proletarias son arrastradas de una manera materialista al terreno de la lucha contra el capitalismo. Para tener éxito en esta lucha, enormes masas obreras que hasta ese momento vivían apartadas de la vida política y sindical de la propia clase, afluyen a los sindicatos que, en todos los países asisten a un poderoso incremento de afiliados, transformándose así en organizaciones que agrupan a los elementos avanzados del proletariado, como lo eran en un cierto sentido antes de la guerra, en sindicatos de toda la clase obrera. Entrando en los sindicatos las grandes masas obreras intentan convertirlos en instrumentos de su lucha de defensa, chocando en todo el mundo con los jefes oportunistas sometidos a los intereses de las clases enemigas. Esta transformación de los sindicatos es influenciada notablemente por la Revolución de Octubre y, siguiendo su estela, por la formación de la III Internacional; se forman en todos los países corrientes sindicales que, aunque no estén influenciadas directamente por los comunistas, se oponen a la política de colaboración con la patronal.
 

El movimiento comunista ante el problema sindical

Era natural que, en el segundo congreso de la III Internacional, los comunistas resaltasen este proceso y la estrategia para intervenir en él en todos los países donde se formaban los partidos comunistas, apoyando sus caracteres exquisitamente revolucionarios y dedicando a esta cuestión un cuerpo de tesis. Citemos algunas: «Los contrastes de clase que se exacerban obligan a los sindicatos a dirigir las huelgas que se suceden a través de grandes oleadas en todo el mundo capitalista e interrumpen continuamente el proceso de producción y de intercambio capitalista. En la medida en que las masas obreras, dados el creciente aumento de los precios y su propia extenuación, aumentan sus propias reivindicaciones, destruyen las bases necesarias para cualquier cálculo capitalista, premisa elemental para que cualquier economía funcione. Los sindicatos, que durante la guerra se habían convertido en instrumentos para influenciar a las masas obreras a favor de la burguesía, se convierten ahora en instrumentos de destrucción del capitalismo.

Pero la vieja burocracia sindical y las viejas formas organizativas sindicales obstaculizan de cualquier modo este proceso de transformación de los sindicatos. La vieja burocracia sindical busca por todas partes conservar los sindicatos como organizaciones de la aristocracia obrera; sigue manteniendo las normas que hacen imposible el ingreso en las organizaciones sindicales a las masas obreras peor pagadas. La vieja burocracia sindical busca la forma de sustituir la huelga combativa de los obreros, que día tras día va tomando el carácter de un choque revolucionario del proletariado con la burguesía, por una política de acuerdos con los capitalistas, una política de acuerdos a largo plazo, que ha perdido todo significado, debido a los ininterrumpidos, alocados aumentos de precios. Intenta hacer que los obreros acepten la política de las comisiones mixtas, de los Joint Industrial Councils, y con la ayuda del Estado capitalista intenta igualmente obstaculizar legalmente la dirección de las huelgas. En los momentos de mayor tensión de la lucha, esta burocracia siembra la división entre las masas obreras en lucha, impide que las distintas categorías obreras se unan en una lucha general de clase. En estas tentativas está apoyada por las viejas organizaciones de los sindicatos profesionales que dividen a los obreros de una misma rama industrial en grupos profesionales separados, aunque el proceso de explotación capitalista los una. Se apoya todavía en las ideologías tradicionales de la vieja aristocracia obrera, aunque esta última esté constantemente debilitada por la progresiva eliminación de los privilegios de grupos proletarios aislados, debido a la desintegración general del capitalismo, a la nivelación que se va instaurando en las condiciones de la clase obrera, a la generalización de su situación de necesidad e inseguridad.

De este modo, la burocracia sindical divide al gran río del movimiento obrero en débiles arroyuelos, trocan los objetivos revolucionarios generales del movimiento con reivindicaciones reformistas parciales y en conjunto impide que la lucha del proletariado se transforme en lucha revolucionaria para aniquilar al capitalismo».

Si en la época de la I Internacional, en plena fase de prohibición de los sindicatos, la táctica propuesta por los marxistas era la de conectar los sindicatos con lo que entonces era el partido político del proletariado, la socialdemocracia, para luchar contra el capitalismo, ahora la táctica, aún derivando de la precedente, se expresaba a través de la consigna de conquista de los sindicatos por los partidos comunistas contra las direcciones legalitarias, reformistas y colaboracionistas, que en la primera fase no existían. Retomemos de las tesis lo siguiente: «Teniendo presente esta afluencia de gigantescas masas obreras a los sindicatos, y teniendo presente el carácter revolucionario objetivo de la lucha económica llevada a cabo por estas masas en oposición a la burocracia sindical, los comunistas de todos los países deben entrar en los sindicatos para transformarlos en instrumentos conscientes para luchar por la caída del capitalismo, por el comunismo. Además deben tomar la iniciativa de construir los sindicatos allí donde no existen. El mantenerse alejados voluntariamente del movimiento sindical, el intento de crear artificialmente sindicatos particulares sin verse obligados a ello por actos excepcionales de violencia por parte de la burocracia sindical (como la disolución de grupos revolucionarios locales de los sindicatos por las direcciones oportunistas) o por una mezquina política aristocrática que impide el acceso a las organizaciones de las grandes masas de obreros menos cualificados, representa un peligro gravísimo para el movimiento comunista: el peligro de entregar a los obreros más avanzados y provistos de mayor conciencia de clase en manos de los jefes oportunistas aliados de la burguesía. La duda de los obreros frente a los engañosos argumentos de los jefes oportunistas solamente puede ser superada con un recrudecimiento de la lucha, en la medida en que cada vez más, amplios estratos del proletariado aprenden a través de su propia experiencia, de las victorias y de las derrotas, que sobre la base del sistema económico capitalista nunca se podrán alcanzar condiciones de vida humanas; en la medida en que los obreros comunistas avanzados aprendan en el curso de las luchas económicas no solo a difundir las ideas del comunismo sino a convertirse en los jefes más resueltos de esas mismas luchas económicas y de los sindicatos. Solamente de esta forma los comunistas podrán colocarse a la cabeza del movimiento sindical y transformarlo en órgano de la lucha revolucionaria por el comunismo. Solamente así se pondrá remedio a la fragmentación de los sindicatos siendo sustituidos por asociaciones industriales; eliminarán a la burocracia separada de las masas y la sustituirán por un aparato de representantes de fábrica, mientras las direcciones centrales conservarán solamente las funciones verdaderamente indispensables».

Las tesis respondían de esta forma también a las desviaciones de algunos sectores del movimiento comunista, especialmente alemanes y holandeses, que propugnaban la táctica del abandono de los sindicatos dirigidos por los reformistas para pasar a la formación de nuevos sindicatos económicos que agrupaban solamente a los obreros comunistas y a los proletarios próximos a ellos, con la perspectiva de crear una red sindical autónoma y ligada al partido, planteando las tesis como elemento esencial en materia táctica sindical que cualquier acción tuviese por objetivo la unión constante con las masas obreras, abandonando por consiguiente actitudes que habrían podido llevar al aislamiento de los comunistas de los demás trabajadores. En particular las tesis rechazaban la hipótesis de promover escisiones sindicales a falta de un vasto movimiento dirigido en este sentido y subrayaban la necesidad de trabajar dentro de todos los sindicatos amarillos dirigidos por los reformistas, tendiendo más bien, a nivel nacional, a la unificación de todas las centrales sindicales clasistas, en la perspectiva de la unidad de clase del proletariado, indispensable para obtener resultados concretos sobre el terreno de la lucha económica de defensa y, en una perspectiva revolucionaria, a la misma lucha insurreccional para la conquista del poder político: «Puesto que para los comunistas los objetivos y la esencia de la organización sindical son más importantes que su forma, no deben retroceder ante una escisión de las organizaciones dentro del movimiento sindical, en el caso de que la renuncia a la escisión equivaliese a renunciar a su trabajo revolucionario en los sindicatos, a renunciar a la tentativa de hacer de ellos un instrumento de lucha revolucionaria, a renunciar a organizar a la parte más explotada del proletariado. No obstante, si esta escisión fuese necesaria, solamente podría llevarse a cabo si los comunistas consiguiesen, a través de una lucha sin cuartel contra los jefes oportunistas y su táctica, con la participación más activa en la lucha económica, persuadir a amplias masas obreras de que la escisión se lleva a cabo no por lejanas e incomprensibles metas revolucionarias, sino por intereses concretos e inmediatos de la clase obrera en el curso de su lucha económica. Siempre que se presente la necesidad de una escisión, los comunistas deben examinar siempre con atención si esta escisión no les puede llevar a aislarse de la masa obrera.

Allí donde la escisión entre el movimiento sindical oportunista y el revolucionario ya se ha realizado, allí donde, como en América, junto a los sindicatos oportunistas subsisten organizaciones revolucionarias, aunque no sean de tendencia comunista, los comunistas deben apoyar a estos sindicatos revolucionarios, y ayudarles a liberarse de los prejuicios sindicalistas alineándose sobre el terreno del comunismo: esta es la única brújula segura dentro de la confusión de la lucha económica. Allí donde en el ámbito de los sindicatos o fuera de ellos, en las fábricas, se constituyan organizaciones, como los Shops Stewards y los consejos de fábrica, que se plantean como objetivo la lucha contra las tendencias contrarrevolucionarias de la burocracia sindical y el apoyo a las acciones espontáneas directas del proletariado, es evidente que los comunistas deben apoyar con todas sus energías a estas organizaciones.

Pero este apoyo a los sindicatos revolucionarios no debe llevar a los comunistas a la salida de los sindicatos oportunistas en los que haya síntomas de fermento y la voluntad de colocarse en el terreno de la lucha de clase. Por el contrario, si se pretende acelerar este desarrollo de los sindicatos de masa que se dirigen hacia la lucha revolucionaria, los comunistas pueden mantener un papel de guía, en modo de fundir en el plano espiritual y organizativo a los obreros organizados sindicalmente, con el fin de luchar conjuntamente por la destrucción del capitalismo».

La preocupación de no aislar a los comunistas de los demás trabajadores a través de una acción sindical, que es lo que aquí se remacha con insistencia en referencia a las escisiones sindicales y a la salida de los comunistas de los sindicatos oportunistas, es indudablemente el elemento de base más importante para plantear correctamente la táctica sindical, válido en cualquier ocasión y situación.

La primera parte de las tesis sindicales de la Internacional termina con una importantísima constatación, ya que constituye la clave para comprender la relación entre lucha económica y lucha política en la fase imperialista del capitalismo, que es precisamente el tema central que estamos tratando: «En una fase de declive del capitalismo, la lucha económica del proletariado se transforma en lucha política más rápidamente que cuanto podía acaecer en la era del desarrollo pacífico del capital. Cualquier choque económico importante puede colocar a los obreros directamente ante el problema de la revolución. Por esto es un deber de los comunistas recordar a los obreros siempre, en todas las fases de la lucha económica, que esta lucha puede tener éxito solamente si la clase obrera vence en choque abierto a la clase de los capitalistas y a través de la dictadura comienza la obra de construcción del socialismo. Partiendo de esto los comunistas deben tender a establecer siempre que sea posible la unidad plena entre los sindicatos y el partido comunista, subordinando los sindicatos a la guía efectiva del partido, considerado como la vanguardia de la revolución obrera. Para este fin los comunistas deben constituir por doquier en los sindicatos y en los consejos de fábrica fracciones comunistas, con la ayuda de las cuales dominar el movimiento sindical y dirigirlo».

Ya entonces los comunistas constataban este fenómeno típico de la era imperialista del capitalismo, que hoy ha asumido aspectos más acentuados, dada la ulterior fase de declive del capitalismo que ha seguido a la segunda guerra mundial.
 

Tercera fase: Sometimiento

Es precisamente en la primera posguerra cuando la burguesía pasa a la ofensiva y su actitud hacia los sindicatos cambia de tendencia: de la tolerancia, que se demostró sumamente valiosa durante la guerra, pasa al sometimiento de los sindicatos, a su utilización como instrumentos directos de la gestión de la economía capitalista, y por tanto a su reconocimiento jurídico e institucional. Este proceso asume aspectos muy diferentes en todos los países y se enlaza con la terrible derrota de la revolución comunista rusa y la consiguiente degeneración de la III Internacional llevada a cabo por el estalinismo, y que alcanza su punto culminante al arrastrar al proletariado a los frentes bélicos en la segunda matanza imperialista mundial, en nombre de la defensa de la democracia.

Abordaremos aquí con brevedad este proceso y estos sucesos, pues el Partido les ha dedicado amplios estudios y análisis, y ha basado sobre su interpretación marxista sus tesis de la segunda posguerra. Lo que nos interesa tratar aquí en general es precisamente el aspecto de la tendencia del imperialismo a la centralización de todos los factores de la producción capitalista bajo la égida del Estado y por lo tanto también los sindicatos, que desde este momento se convierten en parte integrante del contexto social y económico del capitalismo.

Al perfilar su táctica en el terreno sindical el Partido está obligado a tener en la máxima consideración este fenómeno y a estudiar sus consecuencias y las particulares repercusiones históricas que poco a poco ha asumido en relación con la involución del movimiento sindical y a la destrucción física y programática del órgano partido a escala mundial, hasta nuestros días y en los años próximos.

Retomemos a este respecto del artículo «Movimiento obrero e internacionales sindicales«, aparecido el 29 de junio de 1949 en el quincenal de entonces del Partido Battaglia Comunista, un extracto que pone de relieve la claridad con la que la Izquierda vió en su desarrollo esencial el proceso de sometimiento de los sindicatos por el Estado: «El problema del enlace entre órganos políticos y órganos sindicales de lucha proletaria, al plantearse debe tener en cuenta unos hechos históricos de la mayor importancia acaecidos tras el fin de la primera guerra mundial. Tales hechos son, por una parte la nueva actitud de los Estados capitalistas hacia el hecho sindical, y por otra el mismo desenlace del segundo conflicto mundial, la monstruosa alianza entre Rusia y los Estados capitalistas y las diferencias entre los vencedores. De la prohibición de los sindicatos económicos, consecuencia coherente de la doctrina liberal burguesa pura, y de la tolerancia de los mismos, el capitalismo pasa a su tercera fase, la de la inserción de los sindicatos en su orden social y estatal. Políticamente la dependencia ya se daba en los sindicatos oportunistas y amarillos y lo había demostrado en la primera guerra mundial. Pero la burguesía debía hacer más para defender su orden constituido. Desde un primer momento la riqueza social y el capital estaban en sus manos y los iba concentrando cada vez más al arrojar continuamente en la miseria a las clases tradicionales de los productores libres. En sus manos desde las revoluciones liberales, estaba el poder político armado del Estado, y de una forma más perfecta en las más perfectas democracias parlamentarias como demuestra Lenin, con Marx y Engels. En manos de su enemigo el proletariado, cuyo número crecía al crecer la expropiación acumuladora, estaba un tercer medio: la organización, la asociación, la superación del individualismo, divisa histórica y filosófica del régimen burgués. La burguesía mundial ha querido arrancar a su enemigo también esta única ventaja que le era propia (…). Puesto que la prohibición del sindicato económico sería un incentivo para la lucha autónoma de clase del proletariado, según este método la consigna es completamente opuesta. El sindicato debe insertarse jurídicamente en el Estado y debe convertirse en uno de sus órganos. La vía histórica para llegar a este resultado presenta muchos aspectos distintos y también muchos giros, pero estamos en presencia de un carácter constante y distintivo del moderno capitalismo. En Italia y Alemania los regímenes totalitarios lo consiguieron a través de la destrucción directa de los sindicatos rojos tradicionales e incluso de los amarillos. Los Estados que han derrotado a los regímenes fascistas en la guerra se mueven con otros medios en la misma dirección. Actualmente, en sus territorios y en los que han conquistado han permitido la actuación de sindicatos que se llaman libres y no han prohibido y no prohiben aún agitaciones y huelgas. Pero por doquier la solución propuesta por tales movimientos confluye con acuerdos a nivel oficial con los exponentes del poder político oficial que hacen de árbitros entre las partes económicamente en lucha, y obviamente es la patronal la que actúa de tal modo como juez y ejecutor. Esto seguramente es el preludio de la eliminación jurídica de la huelga y de la autonomía de organización sindical, que de hecho ya rige en todos los países, y crea naturalmente un nuevo planteamiento de los problemas de la acción proletaria. Los organismos internacionales reaparecen como emanación de los poderes estatales constituidos. Al igual que la Segunda Internacional renace con el permiso de los poderes vencedores de entonces bajo una forma domesticada, así sucede hoy con agencias socialistas en la órbita de los Estados occidentales y una así llamada agencia de información comunista en lugar de la gloriosa Tercera Internacional».

El proceso de sometimiento de los sindicatos se remonta al inicio de la fase del imperialismo y asume inicialmente la forma de la creación de sindicatos que reniegan de la lucha de clase, los así llamados sindicatos blancos, nacidos con expreso patrocinio de la Iglesia Católica, ya férrea aliada del capitalismo, y financiados directamente por ciertos sectores de la patronal; tuvieron cierto desarrollo en los primeros años del siglo XX, constituyéndose incluso en Confederación internacional en 1919.

La burguesía, al constatar que el asociacionismo obrero era algo irreversible dentro de su sistema social, intentaba crear uno para su propio uso y consumo. Pero evidentemente esto no era suficiente. Para servir al objetivo de la conservación social, un sindicato debe ante todo conseguir la credibilidad de amplios estratos obreros. Esto no podía llevarse a cabo con los sindicatos blancos que nunca obtuvieron una sólida base obrera. Mucho más proficuo se demostró el oportunismo de tipo reformista socialdemócrata, que tenía sólidas raíces entre grandes estratos de la aristocracia obrera, alimentada con las migajas de los colosales beneficios de la primera fase de expansión «pacífica» del capitalismo librecambista.

Sin embargo, en países como Alemania e Italia, en particular en este último, en los que la radicalización de las luchas proletarias conducidas sobre bases clasistas había asumido unos aspectos y una consistencia tales como para amenazar seriamente las bases del orden social capitalista, la burguesía se vió obligada a abandonar el modelo de la concurrencia entre sindicatos rojos por un lado, y blancos y amarillos por otro,para destruirlos todos, en particular, obviamente, los sindicatos rojos, para proceder a la tentativa de crear aparatos sindicales de emanación estatal directa.

La Izquierda, frente a esta nueva actitud de la burguesía y el consiguiente peligro de que, en Italia, la CGL (Confederazione Generale del Lavoro) sucumbiese bajo los golpes del fascismo, lanzó entonces la consigna del renacimiento de los sindicatos libres, indicación que no tuvo un seguimiento determinante merced al sabotaje de los reformistas que, siguiendo totalmente los deseos del fascismo, disolvieron la Confederación hasta que llegasen tiempos mejores.

La terrible oleada contrarrevolucionaria estalinista desbarató en todo el mundo el movimiento comunista revolucionario, dejando en los sindicatos vía libre a todas las formas del oportunismo imperante. Los partidos comunistas de todos los países occidentales abandonaron cualquier forma de defensa sindical clasista, vinculando los intereses proletarios, en los países donde tenían una cierta influencia, a la defensa de los intereses del Estado ruso, ya dentro del circuito de los países capitalistas, orientando a los obreros hacia la defensa de la democracia en la política de los frentes populares y de la alianza entre todas las clases, o directamente, siempre en conformidad con la defensa de los intereses contingentes del Estado ruso, enmascarado como «patria del socialismo», en connivencia con el fascismo, como sucedió en la campaña por la «alianza popular» en Italia, durante 1935-36.

Llegados a este punto parece útil retomar unas citas de un amplio trabajo aparecido en nuestro periódico mensual (Il Partito Comunista) en diversos números del año 1977 con el título: «Bases de acción del Partido en el terreno de las luchas económicas proletarias» que expone la serie de este análisis histórico con mucha claridad, no teniendo nada que añadir a trabajos del partido que ya han expresado de la mejor forma lo que se quiere decir, siendo un deber de los militantes retomarlos cada vez que se considere necesario. Una vez más la esencia de nuestros trabajos es la de precisar, mejor dicho «esculpir», las cuestiones que articulan nuestro trabajo de defensa de las correctas posiciones marxistas, y no la de aportar «posiciones personales», «enriquecimientos individuales» o elucubraciones intelectuales de quien pretende ser «más animoso» o estar «más preparado», morralla que pertenece a la ideología individualista típicamente burguesa y que pensamos haber superado para siempre, como Partido. Mejor repetir hasta la nausea lo que ya se ha dicho bien, que decir tonterías «innovadoras». «El partido comunista revolucionario ya no existe y las fuerzas que habían combatido al oportunismo estalinista o bien se mantienen sobre posiciones coherentemente marxistas intentando sacar un balance de esta terrible oleada contrarrevolucionaria, aunque desde el punto de vista organizativo sus efectivos son muy reducidos, o bien abandonan el terreno del marxismo revolucionario recayendo por un lado en el anarcosindicalismo, y por otro, como la corriente de Trotski, adoptan una praxis oportunista encaminada a remontar la corriente desfavorable con todos los medios y expedientes, y por consiguiente se autodestruyen como fuerza revolucionaria.

La traición de los partidos de la III Internacional permite al capitalismo superar fácilmente la crisis económica del período 1929-33. En los Estados Unidos, al igual que en todos los Estados europeos, todas las fuerzas políticas se alinearon urgidas por la necesidad de no debilitar la economía nacional y de esta forma no solo no actuaron en un sentido revolucionario sino que se alinearon abiertamente contra las acciones para defender el pan y el trabajo que el proletariado emprendía espontáneamente. Esto permite al Estado capitalista establecer las medidas «asistenciales» y de corrupción de la clase obrera que el New Deal americano toma del fascismo, pero que tuvieron su correspondencia en todos los países de Europa. Al proletariado gradualmente se le iba habituando a no considerarse ya una clase con intereses opuestos a los de las otras clases de la sociedad y ligado orgánicamente a escala internacional, sino como un «componente» de la nación, del pueblo a cuyos intereses «generales» debía sacrificar todas sus necesidades. Por ambas partes de los futuros frentes bélicos se agitó la misma bandera: solidaridad nacional entre las clases, defensa nacional, concepto de pueblo en vez del concepto de clase. Era la bandera enarbolada por el fascismo y por sus seudo sindicatos contra los sindicatos rojos y de clase tradicionales.

Está claro pues que mientras en los países con un régimen dictatorial (Alemania e Italia) no se llevaba a cabo ningún trabajo para contrarrestar válidamente a los sindicatos estatales haciendo resurgir a los sindicatos de clase, sino que las energías proletarias se dirigían a la lucha popular contra el fascismo con la tesis de que éste no defendía bien los intereses de toda la nación, en los países en los que permanecía la dictadura enmascarada bajo una forma democrática se asentó entre el proletariado la tradición de un sindicalismo dispuesto a sacrificarlo todo en defensa de las instituciones y del régimen, dispuesto a sabotear cualquier huelga si debilitaba la economía nacional, dispuesto a formar, como en Suiza, una paz eterna entre trabajo y capital sobre la base de los intereses comunes a todas las clases. En España, en Francia, en Inglaterra, en Suiza, y también en Italia, el proceso de formación de este sindicalismo que correctamente el Partido ha llamado «tricolor» es particularmente visible.

La diferencia entre el sindicalismo fascista y el sindicalismo tricolor no está por tanto en su política correspondiente: ambos subordinan la defensa de los intereses económicos inmediatos de los trabajadores a las exigencias de la patria y de la economía nacional. La diferencia, fundamental, está en la forma organizativa por la cual en algunos Estados capitalistas, en los más fuertes y en los que la lucha de clase no ha alcanzado límites críticos, al igual que le ha sido posible al Estado capitalista mantener sindicatos formalmente «libres», con una formal adhesión voluntaria de los trabajadores aunque sustancialmente estaban ligados al régimen capitalista y a su conservación. Esta diferencia formal no carece de significado ya que es el resultado de acontecimientos históricos a través de los cuales el Estado capitalista ha podido vencer al proletariado sin recurrir a la prueba de fuerza suprema que se da cuando el Estado se ve obligado a presentarse ante las masas abiertamente y con las armas como la expresión de los intereses de las clases dominantes, intentando acabar con las luchas proletarias con la violencia directa y encerrando necesariamente al proletariado dentro de organismos con un carácter forzado y coercitivo, es decir sindicatos obligatorios abiertamente dependientes del Estado y que forman parte de su aparato.

El hecho de que el Estado capitalista haya conseguido someter a los organismos obreros para la defensa de los intereses capitalistas, directamente o dando mil vueltas, y que haya podido hacerlo manteniendo formalmente libre y voluntaria la organización es un hecho negativo de grandísima importancia. Indica que la burguesía ha conseguido corromper al proletariado y que no ha necesitado destruir sus organismos de clase, sino que éstos «voluntariamente» se han sometido, a través de sus propios jefes oportunistas, y a través de la influencia de las categorías obreras privilegiadas, a las exigencias del Estado y del capital; indica que la clase proletaria no ha tenido la fuerza de impedir que sus mismas estructuras organizativas cayesen en manos del enemigo de clase y que el proletariado organizado «acepta» la sumisión de sus intereses económicos ante los «intereses supremos» de la nación. Este resultado, esencial para su propia conservación, ha sido logrado por el capitalismo al día siguiente de la derrota de la gran oleada revolucionaria de la primera posguerra, no porque hubiese descubierto nuevas y desconocidas recetas para su supervivencia, como consideran generaciones enteras de antimarxistas, sino porque las relaciones de fuerza a escala mundial eran más favorables tanto para la desmoralización de la clase tras las grandes derrotas, como y sobre todo para la destrucción del partido revolucionario de clase que vino tras la victoria estalinista en Rusia y por el paso, con armas y bagajes, de los partidos de la III Internacional al terreno oportunista. Estos partidos, tras haber hecho causa común con los viejos partidos socialdemócratas en todos los países, han trabajado constantemente junto a ellos con todos los medios para quitar de entre las filas obreras toda esperanza de liberación, para fijar en la mente de los proletarios la idea de una unión necesaria y para salvaguardar los intereses de la economía de «su» nación y de «su» patria. Este efecto conseguido tras estos acontecimientos negativos, es el que ha permitido al Estado capitalista hacer llover sobre la clase obrera de los distintos países sus medidas «reformistas y asistenciales», garantizando con ellas una supervivencia mínima a las masas proletarias de los países industriales concretando en ellas la ilusión, pagada dura y sangrientamente con el aplastamiento de las poblaciones coloniales y subdesarrolladas, de que se pueden someter los intereses económicos de clase sometiéndolos a los intereses generales de la nación y del Estado».

Al mismo tiempo el efecto conseguido con estos acontecimientos negativos es que las relaciones de fuerza entre las clases que en el último medio siglo han sido claramente desfavorables al proletariado, han permitido que se pase a nivel mundial de los sindicatos de clase de la primera posguerra a los sindicatos «tricolores» de la segunda y de hoy. 

Appendice - Dal solco immutabile del marxismo rivoluzionario scaturisce la funzione dei comunisti nella lotta di classe del proletariato

Necessaria coerenza fra compiti storici e direttive immediate

Potrà ad alcuni sembrare pedante ed accademico affrontare con insistenza e meticolosità i problemi della funzione dei comunisti, anzi più esattamente del Partito Comunista, nell’odierno processo di ripresa della lotta di classe che tende, in modo molto contraddittorio e tra innumeri difficoltà, a delinearsi alla scala internazionale o per lo meno ad esprimere debolmente e confusamente i primi sintomi chiarificatori di ciò che inevitabilmente sarà lo scontro di classe degli anni futuri. Questa sensazione di accademia e pedanteria potrebbe derivare dall’osservazione anti-marxista che, essendo il Partito ridotto ad un pugno di militanti senza alcuna influenza oggettiva sul proletariato e senza alcuna possibilità immediata di determinare con la sua azione un movimento o anche solo di indirizzare una lotta sia pure parziale, non abbia semplicemente senso porsi il problema.

Viceversa, proprio per questa estrema debolezza di effettivi e di organizzazione è indispensabile che questi compiti siano chiarissimi a tutto il Partito, Ne va di mezzo la sua stessa esistenza in quanto organo della classe operaia ed organo non in senso immediato, ma storico e programmatico. Per verificare e poter asserire infatti che il Partito continua senza sbandamenti a trasmettere intatto il bagaglio programmatico accumulato in un secolo e mezzo di battaglie del movimento comunista, a marciare nel solco del marxismo rivoluzionario non saranno sufficienti il richiamo alla tradizione del comunismo di sinistra e la rivendicazione dell’invariante blocco monolitico della teoria marxista e del programma rivoluzionario. Per avere le carte in regola con la storia del movimento comunista occorrerà verificare come il Partito, pur nel più profondo dei periodi bui della controrivoluzione, trasmette questo bagaglio nella pratica, nella realtà del movimento di classe e gravemente errato sarebbe asserire che, essendo questa pratica questa realtà infinitamente ridotte agli effetti della possibilità di azione del Partito, sia sufficiente un generico richiamo ai principi della dottrina marxista per sentirsi esonerati dal porsi il problema.
Sarebbe altresì semplicistico affermare che il problema della funzione dei comunisti nel processo di ripresa della lotta di classe sia riconducibile ad una pura questione di tattica spicciola in senso stretto, ovverosia nel senso che significhi semplicemente individuare il modo più efficace per trasmettere ai proletari il programma rivoluzionario nel vivo delle lotte operaie. La funzione del Partito è un assunto categorico e irrinunciabile della teoria marxista e la sua applicazione all’azione pratica contingente è una questione che investe l’intera gamma dei rapporti tra Partito e classe, Partito e azione della classe, Partito e organismi intermedi, Partito e soviet, per cui la soluzione ai problemi che la situazione odierna pone al Partito non può che collocarsi nell’ambito di questi rapporti, ormai definitivamente e irremovibilmente racchiusi in precisi assunti che il Partito ha enunciato nei corpi di tesi che via via hanno caratterizzato la definizione delle sue caratteristiche teorico-programmatiche, strategiche, tattiche e organizzative che esso si è dato nel corso della sua vita e nel vivo di battaglie, ed anche dolorose scissioni interne e che sempre hanno fatto riferimento innanzitutto alla tradizione della Sinistra Comunista, intendendosi con questa espressione l’intero bagaglio di posizioni che corre sul filo rosso e abbraccia senza soluzione di continuità tutte le ultrasecolari vicende di cui i comunisti sono stati protagonisti, dal sorgere in blocco del marxismo a metà dell’Ottocento fino alle misere e a volte miserabili diatribe che hanno sconquassato il Partito in questo disgraziato secondo dopoguerra, riducendolo a pochi militanti ma gelosamente aggrappati a questa gigantesca impersonale continuità.

L’opportunismo scopre sempre nuove fasi

In altre parole la risposta al quesito: quale funzione hanno oggi i comunisti nel processo di risalita dalla china della controrivoluzione che lentamente si profila all’orizzonte, è già tracciata e scritta a caratteri indelebili. Ancora una volta non è necessario scoprire nulla: non servono ricette organizzative interne o esterne, né espedienti tattici arraffati ogni volta che, si dice, cambi la situazione . La peggior cosa che si possa fare sarebbe quella di dedicarsi alla scoperta di pretese nuove fasi storiche per decretare inutile la storia del passato e andare alla ricerca di nuove strategie acceleratrici del processo di incontro tra il Partito e la classe. Per noi che non abbiamo mai temuto l’isolamento dalle masse e che anzi non abbiamo disdegnato di ritenerlo necessario se questo significa porsi controcorrente, contro tutti e contro tutto al fine di salvaguardare la teoria e il programma rivoluzionario, la soluzione ai problemi dell’oggi si legge, anzi oggi più che mai, quando numerosi avvenimenti internazionali confermano la validità delle nostre posizioni e del nostro programma, nelle tesi, nei testi del Partito, nella storia del passato. Questo non deve ovviamente essere inteso in senso banale, pensando che la risposta tattica ai singoli problemi locali e contingenti si possa ritrovare bella e pronta in qualche esempio passato, o in qualche enunciazione già scritta, ma va inteso che la soluzione non potrà tuttavia contraddire le nostre tesi, i nostri principi, e soprattutto non potrà parlarsi di situazione nuova, imprevista, imprevedibile e pertanto foriera di ricerche di soluzioni originali , improvvise dettate dalla pretesa necessità, che il Partito debba a tutti i costi imporsi alla popolarità a costo di sostenere posizioni per lo meno dubbie e suscettibili di offuscare i principi e le posizioni caratteristiche del Partito.

In generale diremo che la questione della funzione del Partito non muta a seconda delle fasi storiche, ma è riconducibile sempre all’espletamento in quanto organismo politico rivoluzionario, poiché cessando l’espletamento anche di uno solo di essi, cesserebbe di essere tale. Tuttavia è innegabile che il dosaggio in quantità di questi compiti è imposto dalle condizioni oggettive della situazione e quindi nel considerare quali debbano essere le funzioni preminenti dei comunisti occorrerà riferirsi alla situazione esistente.

Citeremo in proposito, senza tema di essere irrisi dagli innovatori e dagli scopritori di fasi , le nostre tesi. Le considerazioni sull’organica attività del Partito quando la situazione è storicamente sfavorevole del 1965, dicono al punto 6: “Abbandonando pedanti distinguo, ci possiamo domandare in quale situazione oggettiva versi la società di oggi, Certamente la risposta è che è la peggiore possibile e che gran parte del proletariato, più che essere schiacciato dalla borghesia, è controllato da partiti che lavorano al servizio di questa e impediscono al proletariato stesso ogni movimento classista rivoluzionario, in modo che non si può antivedere quanto tempo possa trascorrere finché in questa situazione morta e amorfa non avvenga di nuovo quella che altre volte definimmo polarizzazione o ionizzazione delle molecole sociali, che preceda l’esplosione del grande antagonismo di classe.”

Scritta 15 anni fa questa considerazione è oggi valida in tutta la sua integrità, ed anche se il controllo dell’opportunismo comincia lentamente a segnare il passo, ed episodi di lotta e una situazione di crescente diffidenza e distacco dei lavoratori dall’opportunismo politico e sindacale, sono segnali premonitori della futura ripresa, è tuttavia ancora innegabile il carattere morto e amorfo della situazione generale e non si può antivedere quanto tempo possa trascorrere affinché sfiducia e distacco dall’opportunismo si tramutino in antagonismo organizzato ad esso e in conseguenza attestazione sul terreno della vera lotta di classe anticapitalistica.

Al punto 8 le tesi compendiano: “Dato che il carattere di degenerazione del complesso sociale si concentra nella falsificazione e nella distruzione della teoria e della sana dottrina, è chiaro che il piccolo partito di oggi ha un carattere preminente di restaurazione dei principi di valore dottrinale, e purtroppo manca dello sfondo favorevole in cui Lenin la compì dopo il disastro della prima guerra. Tuttavia, non per questo possiamo calare una barriera fra teoria e azione pratica; poiché, oltre un certo limite, distruggeremmo noi stessi e tutte le nostre basi di principio. Rivendichiamo dunque tutte le forme di attività proprie dei momenti favorevoli nella misura in cui i rapporti reali di forze lo consentono.”

Queste tesi riprendono del resto quelle caratteristiche del dicembre ’51 che nella IV parte affermano: “Oggi siamo al centro della depressione e non è concepibile una ripresa del movimento rivoluzionario se non nel corso di molti anni. La lunghezza del periodo è in rapporto alla gravità dell’ondata degenerativa, oltre che alla sempre maggior concentrazione delle forze avverse capitalistiche (…). Oggi, nel pieno della depressione, pur restringendosi di molto le possibilità d’azione, tuttavia il partito, seguendo la tradizione rivoluzionaria, non intende rompere la linea storica della preparazione di una futura ripresa in grande del moto di classe, che faccia propri tutti i risultati delle esperienze passate. Alla restrizione dell’attività pratica non segue la rinuncia dei presupposti rivoluzionari. Il partito riconosce che la restrizione di certi settori è quantitativamente accentuata ma non per questo viene mutato il complesso degli aspetti della sua attività, né vi rinuncia espressamente.

Attività principale, oggi, è il ristabilimento della teoria del comunismo marxista. Siamo ancora all’arma della critica. Per questo il partito non lancerà alcuna nuova dottrina, riaffermando la piena validità delle tesi fondamentali del marxismo rivoluzionario, ampiamente confermate dai fatti e più volte calpestate e tradite dall’opportunismo per coprire la ritirata e la sconfitta.”

E, più avanti, al punto 6 e 7: “Il partito compie oggi un lavoro di registrazione scientifica dei fenomeni sociali, al fine di confermare le tesi fondamentali del marxismo. Ripudia l’elaborazione dottrinale che tende a fondare nuove teorie o a dimostrare l’insufficienza della dottrina nella spiegazione dei fenomeni. Tutto questo lavoro di demolizione dell’opportunismo e del deviazionismo è alla base dell’attività del partito, che segue anche in questo la tradizione e le esperienze rivoluzionarie durante periodi di riflusso rivoluzionario e di rigoglio di teorie opportuniste, che videro in Marx, Engels, in Lenin e nella Sinistra italiana violenti e inflessibili oppositori. Con questa giusta valutazione dei compiti odierni, il partito, sebbene poco numeroso e poco collegato alla massa del proletariato e sebbene sempre geloso del compito teorico come compito di primo piano, rifiuta assolutamente di essere considerato un’accolta di pensatori o di semplici studiosi alla ricerca di nuovi veri o che abbiano smarrito il vero di ieri considerandolo insufficiente.”

L’unità teorico-pratica del partito non muta secondo la fase storica

Non vi sono dubbi che la difesa e il ristabilimento della teoria e del programma rivoluzionario, unitamente al “lavoro di registrazione scientifica dei fenomeni sociali” e di “analisi, confronto e commento di fatti recenti e contemporanei”, restano compiti a cui il partito dedica la quasi totalità delle sue forze, non per sua astratta scelta ma perché i fatti e le condizioni oggettive di oggi lo impongono come una necessità vitale e assoluta.

In una situazione che vede il marxismo attaccato e vituperato da ogni parte e le posizioni caratteristiche del partito snaturate anche da chi fino a ieri se ne faceva incrollabile paladino, sarebbe suicida considerarla funzione di secondo piano

Le successive ondate degenerative del movimento comunista internazionale hanno a più riprese tragicamente insegnato che la più ferrea garanzia affinché si incontrino, nel divenire sociale dello scontro di classe, la curva in ascesa del movimento spontaneo delle masse operaie sospinte alla lotta dall’acutizzarsi insopportabile delle contraddizioni della società capitalistica e l’azione cosciente del partito, e quindi si determini a tutti gli effetti la situazione rivoluzionaria favorevole all’insurrezione contro le istituzioni della società borghese, sta nella capacità del Partito di mantenersi saldamente ancorato a quanto la tradizione rivoluzionaria del comunismo marxista ha ad esso lasciato. al di sopra delle contingenze storiche ed anzi maggiormente nei periodi più bui della controrivoluzione, che oggi è lungi dall’aver terminato il suo corso degenerativo al servizio della reazione e della conservazione capitalistica.

Affermare che si è chiusa ormai la fase del ristabilimento della teoria e che si tratti oggi di puntare le migliori energie del partito verso la penetrazione tra la classe, cercando di individuare ricette tattiche e organizzative nuove che la favoriscano a tutti costi. equivarrebbe a decretare la morte del partito, consegnandolo ancora una volta alla deviazione opportunistica. Significherebbe imboccare la strada della rinuncia ai principi, in cambio della politica “che paga”, che produce effetti immediati, che genera simpatia verso il Partito, ma ahimé verso un partito che sarebbe destinato a divenire un’altra cosa. E non servirebbe allora a nulla, ed anzi diverrebbe un chiaro sintomo di opportunismo, il richiamo periodico ai sacri testi e ai grandi principi, quando poi fossero calpestati nell’azione pratica e contingente, magari dietro la tanto abusata formula che gli operai non capiscono perché non hanno ancora coscienza o quell’altra, non meno abusata, secondo cui è esclusivamente dal movimento immediato che il partito trae gli insegnamenti per l’azione.

La riaffermazione e la difesa della teoria e la stessa spiegazione e catalogazione degli avvenimenti in chiave marxista, non possono tuttavia essere considerati in senso scolastico; hanno un senso di milizia rivoluzionaria soltanto se collegate strettamente e costantemente all’azione pratica del partito, teso alla penetrazione dei suoi pur deboli effettivi tra la classe e, più in generale, per dirla con Lenin, tra “tutti gli strati della popolazione”, ovunque le forze del partito e la situazione reale consentano ai comunisti di portare la loro opera di propagandisti, procacciatori di proseliti e, quando sia possibile, agitatori, dirigenti e promotori di lotte anche immediate e contingenti, purché non in contraddizione con i principi generali.

La soluzione sta nel giusto equilibrio fra i compiti del partito

In un capitolo di eccezionale chiarezza delle tesi di Lione sotto il titolo: “Azione e tattica del Partito” che non riportiamo per esteso solo per questioni di spazio, si legge:

L’attività del partito non può e non deve limitarsi solo alla conservazione della purezza dei principi teorici e della purezza della compagine organizzativa, oppure solo della realizzazione ad ogni costo di successi immediati e di popolarità numerica. Essa deve conglobare in tutti i tempi e in tutte le situazioni, i tre punti seguenti: a) la difesa e la precisazione in ordine ai nuovi gruppi di fatti che si presentano, dei postulati fondamentali programmatici, ossia della coscienza teorica del movimento della classe operaia; b) L’assicurazione della continuità della compagine organizzativa del partito e della sua efficienza, e la sua difesa da inquinamenti con influenze estranee ed opposte all’interesse rivoluzionario del proletariato; c) la partecipazione attiva a tutte le lotte della classe operaia anche suscitate da interessi parziali e limitati, per incoraggiarne lo sviluppo, ma costantemente apportandovi il fattore del loro raccordo con gli scopi finali rivoluzionari e presentando le conquiste della lotta di classe come ponti di passaggio alle indispensabili lotte avvenire, denunziando il pericolo di adagiarsi sulle realizzazioni parziali come su posizioni di arrivo e di barattare con esse le condizioni della attività e della combattività classista del proletariato, come l’autonomia e l’indipendenza della sua ideologia e delle sue organizzazioni, primissimo tra queste il Partito. Scopo supremo di questa complessa attività del Partito è di preparare le condizioni soggettive di preparazione del proletariato nel senso che questo sia messo in grado di approfittare delle possibilità rivoluzionarie oggettive che presenterà la storia, non appena queste si affacceranno, ed in modo di uscire dalla lotta vincitore e non vinto. Da tutto ciò si parte nel rispondere ai quesiti sui rapporti tra il partito e le masse proletarie, e tra il partito e gli altri partiti politici, come tra il proletariato e le altre classi sociali.”

Le condizioni per la riuscita di questa complessa attività del partito risiedono dunque in un equilibrio preciso, calibrato dalla situazione oggettiva e storica e dalle condizioni generali in cui si trova ad agire il partito, tra i vari compiti, cui comunque deve essere dedito. L’alterarsi di questo equilibrio in un senso o nell’altro. condurrebbe inevitabilmente il partito o alla chiusura in una setta di pensatori puri, dediti scolasticamente alla difesa della teoria come pura assimilazione accademica e intellettualistica di testi e nozioni marxiste, o alla degenerazione in senso volontaristico e attivista, alla ricerca spasmodica di inserirsi nel movimento a qualunque costo.

E’ proprio questo equilibrio che va salvaguardato e, nel mantenerlo al punto giusto sta gran parte dell’arte rivoluzionaria della milizia comunista in tempi così profondamente lontani dalla “ionizzazione delle molecole sociali”, che venga a catalizzare la convergenza verso il Partito.

Da tutto ciò appare chiaro come il quesito della funzione dei comunisti nel processo di ripresa della lotta di classe non possa esaurirsi nell’affermazione che spetta loro il compito di difendere il programma rivoluzionario in seno alle masse operaie. Questo è precisamente lo scopo fondamentale di tutta l’azione del partito; ma perché si tramuti in un organico sviluppo di lavoro, d’azione e di tattica conseguente, occorre che siano delimitati e precisati i modi per raggiungere questi obiettivi, e ad essi si uniformi tutto il Partito nella consapevolezza che soltanto con un corretto indirizzo tattico di intervento tra le file del movimento operaio sarà possibile assicurare consenso e quell’appoggio della classe, indispensabili affinché esso ne diventi anche formalmente, e non solo in senso storico, l’ organo rivoluzionario.

Ed eccoci così alla questione della tattica nel suo senso più ampio e completo .

La questione generale della tattica” è definita, nel succitato capitolo delle tesi di Lione , come “la questione del come il Partito agisce sulle situazioni e sugli altri raggruppamenti, organi, istituti della società in cui si muove” di essa “vanno stabiliti gli elementi generali in rapporto all’insieme dei nostri principi, ed in un secondo stadio vanno precisate le norme di azione concreta per rapporto ai singoli gruppi di problemi pratici e alle successive fasi dello svolgimento storico”

Risolvendo la questione generale della tattica sullo stesso terreno di quello della natura del partito, le tesi precisano poi che “Si deve distinguere la soluzione marxista, sia dell’estraniamento dottrinario dalla realtà della lotta classista che si appaga di elucubrazioni astratte e tralascia l’attività concreta, sia dall’estetismo sentimentale che vorrebbe con gesti clamorosi ed attitudini eroiche di esigue minoranze, determinare nuove situazioni e movimenti storici, sia dall’opportunismo che dimentica il legame con i principi, ossia con gli scopi generali del movimento e, in vista solo di un immediato successo apparente delle azioni, si contenta di agitarsi per rivendicazioni limitate e isolate senza curarsi se contraddicono alla necessità della preparazione delle supreme conquiste della classe operaia.”

Controtesi: la buona tattica fa la buona organizzazione

Ne consegue che la tattica è strettamente vincolata dal programma del Partito, non dovendo questo mai intraprendere iniziative, lanciare parole d’ordine o farsi promotore di azioni che abbiano in qualche modo a ledere la chiarezza delle sue enunciazioni generali e dei suoi scopi finali, pena la caduta in una qualsiasi delle numerosissime varianti dell’opportunismo. In questo senso occorre precisare che non può essere considerata corretta una impostazione che presenti la questione in questi termini: “essendo il partito programmaticamente saldo, potrà usare qualsiasi strumento, qualsiasi tattica, già che, quando anche risultassero errati, potrà sempre ritornare sui suoi passi e correggere il tiro”

In realtà una tattica errata, come potrebbe essere, ad esempio, nella fattispecie della questione che stiamo trattando, una impostazione errata del lavoro tra gli operai, derivato da una errata concezione della funzione dei comunisti nella lotta di classe, se perseguita a lungo con determinazione, finirebbe con l’avere ripercussioni nel campo dei principi e della strategia rivoluzionaria più generale. Sarà bene in proposito mai dimenticare che l’opportunismo in seno al partito non si è mai presentato come un improvviso ripudio dei principi e del programma rivoluzionario, ma come una cattiva applicazione tattica che, perseguita fino in fondo o corretta all’ultimo momento ricorrendo all’improvvisazione o all’eclettismo , pur di parare in qualche modo l’errore senza riconoscerne a fondo tutta la portata negativa e la pericolosità, ha finito con il provocare il progressivo allontanamento del partito dalle sue basi programmatiche originarie. Classico in proposito l’esempio del processo di degenerazione della III Internazionale.

Su questo aspetto della questione tattica, sempre il capitolo prima citato delle tesi di Lione . è molto chiaro: “L’esame e la comprensione delle situazioni devono essere elementi necessari delle decisioni tattiche, ma non in quanto possano condurre, ad arbitrio dei capi, ad improvvisazioni ed a sorprese ma in quanto segnaleranno al movimento che è giunta l’ora di un’azione prevista nella maggior misura possibile. Negare la possibilità di prevedere le grandi linee della tattica, non di prevedere le situazioni (il che è possibile con sicurezza ancora minore) significa negare il compito del partito, e negare la sola garanzia che possiamo avere sulla rispondenza, in ogni eventualità, degli iscritti al partito e delle masse agli ordini del centro dirigente. In questo senso il partito non è un esercito, e nemmeno un ingranaggio statale, ossia un organo in cui la parte dell’autorità gerarchica è preminente e nulla quella dell’adesione volontaria; è ovvio il notare che al membro del partito resta sempre una via per la non esecuzione degli ordini, a cui non si contrappongono sanzioni materiali: l’uscita dal partito stesso. La buona tattica è quella che, allo svolto delle situazioni, quando al centro dirigente non è dato il tempo per la consultazione del partito e meno ancora delle masse, non conduce in seno del partito stesso e del proletariato a ripercussioni inattese e che possano andare in senso opposto all’affermazione della campagna rivoluzionaria. L’arte di prevedere come il partito reagirà agli ordini, e quali ordini otterranno la buona reazione, è l’arte della tattica rivoluzionaria: essa non può essere affidata se non alla utilizzazione collettiva delle esperienze di azione del passato, assommate in chiare regole di azione; commettendo queste all’esecuzione dei dirigenti, i gregari si assicurano che questi non tradiranno il loro mandato e si im- pegnano sostanzialmente e non apparentemente alla esecuzione feconda e decisa degli ordini del movimento. Non esitiamo a dire che, essendo il partito cosa perfettibile e non perfetta, molto deve essere sacrificato alla chiarezza, alla capacità di persuadere delle norme tattiche, anche se ciò comporta una certa quale schematizzazione: quando le situazioni rompessero di forza gli schemi tattici da noi preparati, non si rimedierà cadendo nell’opportunismo e nell’eclettismo, ma si dovrà compiere un nuovo sforzo per adeguare ‘la linea tattica ai compiti del partito. Non è il partito buono che dà la tattica buona, soltanto, ma è la buona tattica che dà il buon partito, e la buona tattica non può essere che tra quelle capite e scelte da tutti nelle linee fondamentali .”

Allo stesso modo la questione viene posta nelle Tesi di Roma dove al 5° capitolo, alla tesi n. 24, si può leggere: “Nel programma del partito comunista è contenuta una prospettiva di successive azioni messe in rapporto a successive situazioni, nel processo che di massima loro si attribuisce. Vi è dunque una stretta connessione tra le direttive programmatiche e le regole tattiche. Lo studio della situazione appare quindi come un elemento integratore per la soluzione dei problemi tattici, in quanto il partito nella sua coscienza ed esperienza critica già aveva preveduto un certo svolgimento delle situazioni, e quindi delimitate le possibilità tattiche corrispondenti all’azione da svolgere nelle varie fasi. L’esame della situazione sarà un controllo per l’esattezza dell’impostazione programmatica del partito; il giorno che esso ne imponesse una revisione sostanziale il problema si presenterebbe molto più grave di quelli che si possono risolvere con una semplice conversione tattica e l’inevitabile rettifica programmatica non potrebbe non avere serie conseguenze sulla organizzazione e la forza del partito. Questo deve dunque sforzarsi di prevedere lo sviluppo delle situazioni per esplicare in esse quel grado di influenza che gli è possibile: l’attendere le situazioni per subirne in modo eclettico e discontinuo le indicazioni e le suggestioni è metodo caratteristico dell’opportunismo socialdemocratico. Se i partiti comunisti dovessero essere costretti ad adattarsi a questo, sottoscriverebbero la rovina della costruzione ideologica e militante del comunismo . E ancora, alla tesi n. 28: “In un certo senso il problema della tattica consiste oltre che nello scegliere la buona via per un’azione efficace, nell’evitare che l’azione del partito esorbiti dai suoi limiti opportuni, ripiegando su metodi corrispondenti a situazioni sorpassate, il che porterebbe come conseguenza un arresto del processo di sviluppo dei partito ed un ripiegamento nella preparazione rivoluzionaria.”

Partito e azione di classe nella sinistra come in Lenin

‘Si tratta quindi di individuare e tracciare i limiti opportuni del partito, i quali non possono che essere ricercati nel programma e nella teoria marxista, in rapporto allo studio delle situazioni in cui il partito opera, inteso appunto come elemento integratore per lo studio dei problemi tattici, nel senso che una corretta assimilazione della teoria marxista da parte del partito, teoria che non va mai intesa come semplice insieme di enunciazioni filosofiche o di principi astratti, ma come bagaglio complessivo di tutta l’esperienza storica del movimento comunista internazionale, potrà sensibilmente diminuire le possibilità di sbandate tattiche. L’esame delle situazioni dovrà servire, in un certo senso, come verifica dell’esattezza della linea tattica seguita.

La funzione del Partito nelle lotte operaie e nel generale processo dello scontro sociale tra le classi deriva pertanto, in dottrina, dalle leggi storiche che regolano questo conflitto, in ultima analisi, dal materialismo storico, Come è specificato in coda alle nostre “Tesi sul rovesciamento della prassi nella teoria marxista”: “La chiarificazione dei rapporti tra fatto economico-sociale e politico deve servire di base ad illustrare il problema dei rapporti tra partito rivoluzionario e azione economica e sindacale.”

E’ un cardine fondamentale del marxismo che gli uomini sono spinti all’azione non da idee ad essi preesistenti e ad essi comunicate da entità superiori, divine o umane, ma da precisi interessi economici scaturenti dalla soddisfazione di bisogni fisici individuali; soltanto in tempi successivi all’azione per soddisfarli, il singolo acquisisce la consapevolezza, la coscienza della sua condizione di esistenza e soprattutto della concomitanza di interessi che egli ha con altri individui come lui sottoposti alle stesse determinazioni materiali. La coscienza, da individuale diventa di classe, e, come è detto nel nostro “rovesciamento della prassi”:” nella classe sociale il processo è lo stesso: solo che si esaltano enormemente tutte le forze di direzione concomitante.”

Nel divenire storico i rapporti tra tutti gli individui della società sono condizionati dai rapporti di produzione esistenti e si estrinsecano nella lotta tra le varie classi sociali che incarnano questi rapporti. E’ attraverso questa lotta, generata dall’imperiosa necessità di difendere gli interessi della propria esistenza, che gli individui appartenenti alle classi oppresse e sfruttate imparano ad acquisire una coscienza sempre più precisa dei mezzi e delle forme organizzative da adottare per l’azione di difesa contro le classi sfruttatrici. Ad un certo grado di sviluppo di un modo di produzione, i rapporti sociali entrano in contrasto stridente con le forme di produzione esistenti e agli occhi di sempre più numerosi individui appartenenti alle classi oppresse dal modo di produzione esistente e divenuto antistorico, emerge la coscienza della necessità di spezzare questi rapporti attraverso un processo rivoluzionario che porti all’abbattimento del potere delle classi privilegiate che lo detengono, per sostituirlo con il potere delle nuove classi che incarnano i rapporti sociali corrispondenti al nuovo modo di produzione.

E’ indubbio che inizialmente soltanto una minoranza ristretta acquisisce la coscienza dell’intero processo rivoluzionario e dunque la capacità di indirizzare e influenzare i membri della classe di cui incarna gli interessi politici e storici, In questa minoranza il rapporto coscienza-volontà di azione si rovescia ed essa può influire coscientemente sul processo rivoluzionario. Non solo, ma questa influenza diventa indispensabile alla conclusione positiva di questo processo. Questa minoranza altri non è che il partito. ”Nel partito, mentre dal basso vi confluiscono tutte le influenze individuali e di classe, si forma dal loro apporto una possibilità e facoltà di visione critica e teorica e di volontà d’azione che permette di trasfondere ai singoli militanti e proletari la spiegazione di situazioni e processi storici e anche le decisioni di azioni e di combattimento “

Da “Partito e azione di classe”

Nei suoi termini generali il compito del partito proletario nel processo storico si presenta così:

I rapporti della vita sociale capitalistica si rendono ad ogni momento intollerabili ai proletari, e spingono questi a cercare di superarli. Attraverso complesse vicende coloro che di quei rapporti sono le vittime vengono constatando la insufficienza delle risorse individuali in questa lotta istintiva contro condizioni di malessere e di disagio comuni a gran numero di individui e sono spinti a sperimentare le forme di azione collettiva, per aumentare con l’associazione il peso della propria influenza sulla situazione sociale che ad essi viene fatta. Ma il susseguirsi di queste esperienze, lungo il cammino di sviluppo della attuale forma sociale capitalistica, conduce alla constatazione che i lavoratori non conseguiranno una reale influenza sulle proprie sorti se non quando avranno esteso oltre tutti limiti di aggruppamenti locali, nazionali, professionali la rete dell’associazione dei loro sforzi, e quando li avranno indirizzati ad un obiettivo vasto ed integrale che si concreti nell’abbattimento del potere politico borghese in quanto. finché gli attuali ordinamenti politici saranno in piedi, la loro funzione sarà quella di annullare tutti gli sforzi della classe proletaria per sottrarsi allo sfruttamento. I primi gruppi di proletari che raggiungono questa coscienza sono quelli che intervengono nel movimento dei loro compagni di classe, ed attraverso la critica dei loro sforzi, dei risultati che scaturiscono, degli errori e delle delusioni, ne portano un numero sempre maggiore sul terreno di quella lotta generale e finalistica che è lotta per il potere, lotta politica, lotta rivoluzionaria. Aumenta così, dapprima il numero dei proletari convinti che solo con la finale lotta rivoluzionaria sarà risolto il problema delle loro condizioni di vita, e contemporaneamente si rafforzano le schiere di quelli disposti ad affrontare i disagi e i sacrifici inevitabili della lotta, ponendosi alla testa delle masse sospinte verso la rivolta dalle loro sofferenze, per dare al loro sforzo una utilizzazione razionale e una sicura efficacia.

Il compito indispensabile del partito si esplica dunque in due modi, come fatto di coscienza prima e poi come fatto di volontà; traducendosi la prima in una concezione teorica del processo rivoluzionario, che deve essere comune a tutti gli aderenti; la seconda nell’accettazione di una precisa disciplina che assicuri il coordinamento e quindi il successo dell’azione”

L’innesto che dovrà portare alla rivoluzione proletaria non potrà che avere come base l’incontro tra l’azione spontanea delle masse spinte dalla necessità di organizzarsi per difendere le loro condizioni di vita immediate e l’attività di indirizzo e di inquadramento cosciente del partito.

Ma il partito ha, in un certo senso, una vita e uno sviluppo indipendente dalla classe in quanto la coscienza del socialismo non scaturisce direttamente dalla lotta di classe.

A questo proposito citiamo una bellissima pagina scritta da Kautsky e ripresa da Lenin nel “Che fare?”: “Parecchi dei nostri critici revisionisti immaginano che Marx abbia affermato che lo sviluppo economico e la lotta di classe non soltanto creano le condizioni della produzione socialista, ma generano anche direttamente la coscienza della sua necessità. Ed ecco questi critici obiettano che il paese del più avanzato sviluppo capitalistico, l’Inghilterra, è il più estraneo, fra i paesi moderni, a questa coscienza. In base al progetto sI potrebbe credere che anche la commissione la quale ha elaborato il programma austriaco condivida questo punto di vista sedicente marxista ortodosso che viene confutato nel modo indicato.

Il progetto dice: Quanto più lo sviluppo capitalistico rafforza il proletariato tanto più esso è costretto a lottare contro il capitalismo ed ha la possibilità di farlo. Il proletariato giunge ad avere coscienza della possibilità e della necessità del socialismo. La coscienza socialista sarebbe, per conseguenza, il risultato necessario, diretto della lotta di classe proletaria. Ma ciò è completamente falso, II socialismo, come dottrina, ha evidentemente le sue radici nei rapporti economici contemporanei, al pari della lotta di classe del proletariato; esso deriva, al pari di quest’ultima, dalla lotta contro la miseria e dall’impoverimento delle masse generati dal capitalismo; ma socialismo e lotta di classe nascono uno accanto all’altro e non uno dall’altra; essi sorgono da premesse diverse, La coscienza socialista contemporanea non può sorgere che sulla base di profonde cognizioni scientifiche. Infatti la scienza economica contemporanea è, al pari della tecnica moderna, una condizione della produzione sociale, e il proletariato, per quanto lo desideri, non può creare né l’una né l’altra; la scienza e la tecnica sorgono entrambe dal processo sociale contemporaneo. Il detentore della scienza non è il proletariato, ma sono gli intellettuali borghesi; anche il socialismo contemporaneo è nato nel cervello di alcuni membri di questo ceto, ed è stato da essi comunicato ai proletari più elevati per il loro sviluppo intellettuale, i quali in seguito lo introducono nella lotta di classe del proletariato, dove le condizioni lo permettono, La coscienza socialista è dunque un elemento importato nella lotta di classe del proletariato dall’esterno, e non qualche cosa che ne sorge spontaneamente. Il vecchio programma di Hainfeld diceva dunque molto giustamente che il compito della socialdemocrazia è di introdurre nel proletariato la coscienza della sua situazione e della sua missione. Non occorrerebbe far questo se la coscienza emanasse da se dalla lotta di classe.”

Nel conflitto d’interessi tra proletariato e borghesia il primo può, al massimo, pervenire a quella che Lenin, nel Che fare? chiama “coscienza tradunionistica” ossia la coscienza della difesa dei propri interessi contingenti, di fabbrica, di categoria; la convinzione della necessità di unirsi in sindacati, di condurre la lotta contro i padroni . A questa coscienza il proletariato perviene spontaneamente attraverso lo scontro di classe con il padronato, il governo e l’apparato statale che ne amministra gli interessi. In questo scontro il partito ha il dovere di partecipare attivamente a tutti i risvolti che la lotta quotidiana di difesa assume, lavorando per “elevare la coscienza tradunionistica al livello socialdemocratico” (Lenin)

Questa affermazione sintetizza in modo esemplare il rapporto tra il partito e l’azione di classe. Il partito importa dall’esterno il programma rivoluzionario in seno al movimento operaio, avvicinandolo così alla lotta politica rivoluzionaria, allontanandolo dagli influssi dell’ideologia borghese e opportunista che inevitabilmente permea di sé il movimento spontaneo dei proletari in lotta per la difesa dei loro interessi immediati, in assenza dell’azione e dell’agitazione politica del partito.

Alla citazione di Kautski prima riportata, Lenin fa seguire il brano: “Dal momento che non si può più parlare di un’ideologia indipendente, elaborata dalle stesse masse operaie nel corso stesso del loro movimento, la questione si può porre solamente così: o ideologia borghese o ideologia socialista .Non c’è via di mezzo (poiché l’umanità non ha creato una terza ideologia e, d’altronde, in una società dilaniata dagli antagonismi di classe, non potrebbe mai esistere una ideologia al di fuori o al di sopra delle classi). Ecco perché ogni menomazione dell’ideologia socialista, ogni allontanamento da essa

implica necessariamente un rafforzamento dell’ideologia borghese. Si parla della spontaneità; ma lo sviluppo spontaneo del movimento operaio fa sì che esso si subordini all’ideologia borghese, (…) perché il movimento operaio spontaneo è il tradunionismo e il tradunionismo è l’asservimento ideologico degli operai alla borghesia. Perciò il nostro compito, il compito della socialdemocrazia, consiste nel combattere la spontaneità, nell’allontanare il movimento operaio dalla tendenza spontanea del tradunionismo e rifugiarsi sotto l’ala della borghesia; il nostro compito consiste nell’attirare il movimento operaio sotto l’ala della socialdemocrazia rivoluzionaria.”

La Piramide: Partito, Soviet, Sindacati, Classe

L’azione cosciente del partito in seno al movimento operaio, e dunque in seno alle organizzazioni che esso spontaneamente si dà, è dunque essenziale e irrinunciabile per indirizzare il proletariato verso la lotta rivoluzionaria.

A maggior ragione l’azione del partito diventa vitale verso quegli organismi che, come i Soviet nella Russia prerivoluzionaria. esprimono una forma organizzativa più espressamente politica della tendenza della classe operaia a porsi come antagonista della classe nemica nella lotta suprema per la conquista del potere, possibile solo se il partito riuscirà a permeare del suo indirizzo rivoluzionario questi organismi. Per questo la Sinistra Comunista ha stabilito irreversibilmente una gerarchia di forme in cui alla testa sta il Partito e, successivamente, nell’ordine: Soviet, sindacati, classe, oppure Partito, sindacati, classe, in periodi e momenti storici in cui non esistono i Soviet. Questa gerarchia corrisponde alla funzione dei comunisti nel processo rivoluzionario e, più in generale, nell’evolversi storico di questo processo, che parte dalla classe che spontaneamente si organizza in sindacati o comunque in organismi di carattere immediato, e crea, nel vivo dello scontro sociale, gli organismi del potere politico proletario realizzantesi alla sola condizione che il tutto sia influenzato e conquistato dal partito comunista rivoluzionario. Questa piramide di funzioni, se ha trovato finora l’unica espressione formale nella rivoluzione russa non ne è stata una sua specificità ma corrisponde al divenire dello scontro sociale tra proletariato e bor- ghesia alla scala storica, discende dalla teoria marxista, ed è pertanto una gerarchia che dovrà sostanzialmente riprodursi nel futuro della guerra di classe del proletariato rivoluzionario. Le forme organizzative delle future associazioni proletarie di difesa immediata contro gli attacchi del capitale potranno anche non corrispondere ai sindacati tradizionali, come affermano le nostre tesi caratteristiche, ma ogni fase di deciso incremento della influenza del partito tra le masse non può delinearsi senza che tra il partito e la classe si stenda lo strato di organismi a fine economico immediato e con alta partecipazione

numerica, in seno alle quali vi sia una rete emanante dal partito (nuclei, gruppi e frazioni sindacali comunisti). Negare questo concetto, o anche semplicemente eluderlo pensando a un diverso intreccio tra formazione degli organismi intermedi e funzioni del partito in questo processo, significa distruggere l’intero castello scientifico del marxismo.

Posto questo assunto generale e per noi elementare e più volte analizzato dal partito in tutti i risvolti storici in cui si è concretizzato, rimane da analizzare il rapporto tra partito, classe e azione di classe alla luce della situazione attuale.

La lucidissima impostazione data a questa questione da Lenin nel “Che fare?” si colloca in un periodo in cui, nella Russia zarista, si era in presenza di un risveglio proletario pressocché generalizzato, in cui vaste masse operaie acquisivano rapidamente coscienza della loro condizione di sfruttati e le agitazioni sindacali di carattere rivendicativo erano all’ordine del giorno. Lenin imposta quindi i rapporti esatti tra l’u elemento cosciente e la spontaneità fustigando duramente gli economicisti e le correnti ad essi affini, che avevano in comune la posizione di esaltare la spontaneità del movimento, negando in pratica la funzione del partito, ed accusando i comunisti di sottovalutazione dell’elemento spontaneo,

Il sottofondo sociale, come riconoscono pure le nostre tesi, in cui Lenin pone su corrette basi il rapporto partito-spontaneità, è dunque estremamente favorevole. Le sue tesi hanno il conforto di poter essere tangibilmente confermate dalla realtà del movimento. Profondamente diversa si presenta la situazione oggi.

Oggi: fuori e contro i sindacati di regime

Oggi il divario tra la profondità della crisi dell’economia capitalistica e la combattività del proletariato è enorme. La presa dell’opportunismo sul movimento operaio, anche se si sta lentamente allentando, è ancora fortissima.

Il proletariato della grande industria, il nerbo portante dell’economia reagisce passivamente ai colpi sempre più pesanti di padronato e governo in combutta sempre più palese con i sindacati ufficiali e i partiti della sinistra borghese. Se è indubbio che l’atteggiamento sempre più apertamente collaborazionista dei sindacati di regime ha provocato tra i lavoratori una profonda crisi di sfiducia, dai bonzi stessi riconosciuta con preoccupazione, e che per conseguenza si stanno

considerevolmente assottigliando le schiere degli operai disposti a seguire le direttive delle centrali sindacali nazionali, è altrettanto vero che questa sfiducia si traduce per ora, almeno tra la grande massa operaia, in una accentuata esitazione ad imboccare la strada dell’associazionismo operaio classista e del ricorso alla lotta per la difesa dei suoi interessi immediati.

Gli episodi di lotta di classe che, a livello nazionale e internazionale, hanno caratterizzato in questi ultimi anni la scena sociale, hanno permesso al partito di poter ormai escludere che l’indispensabile rinascita dell’organizzazione classista immediata possa avvenire tramite la conquista degli attuali apparati organizzativi sindacali ufficiali, veri e propri pilastri portanti delle istituzioni statali e padronali, che come tali appaiono a sempre più numerose schiere di proletari, e di prevedere dunque che la ricostituzione organizzativa del proletariato su basi classiste non potrà che prospettarsi come rinascita ex- novo di nuovi organismi, fuori e contro gli attuali apparati sindacali di regime. Se infatti, nel processo che condurrà a questa rinascita, non possiamo escludere a priori che possano essere coinvolte frange locali o periferiche delle attuali organizzazioni sindacali di fabbrica o di categoria, possiamo oggi escludere che le attuali organizzazioni sindacali possano essere riconquistabili alla giusta impostazione classista attraverso una semplice cacciata dei bonzi dalle strutture di vertice o attraverso un lavoro interno di intervento nelle sue strutture organizzative territoriali, locali, regionali o nazionali, divenute ormai irreversibilmente impermeabili alla vera lotta di classe, e nelle quali è pressoché scomparso ogni residuo di vita sindacale di base che possa in qualche modo giustificare la permanenza in esse dei comunisti.

Tuttavia queste deduzioni non possono ancora indurci a prospettare quale dovrà essere la forma organizzativa che assumeranno le future organizzazioni di classe Scrivevamo nel ’69 nello studio “Partito e organismi di classe nella tradizione della Sinistra Comunista” ( Programma Comunista n. 21)” Le forme organizzative devono scaturire dal processo reale in relazione agli interessi generali di classe. II partito non inventa delle forme. II partito le plasma con il suo programma storico per piegarle ai compiti e agli scopi della lotta rivoluzionaria. E’ falso il contrario, che cioè il partito si subordini a precostituzioni formali a cui riduca il suo programma, vale a dire la sua azione storica e politica.”

I primi deboli tentativi di opporsi alla politica ufficiale dei sindacati hanno avuto in questi anni la caratteristica di esprimersi, a livello per lo più episodico, dei comitati di lotta, dei coordinamenti operai il cui processo di formazione e dissoluzione è stato legato alle spinte immediate di cui erano espressione. Indebolite queste spinte, tali organismi hanno tutti avuto la caratteristica di rinchiudersi su se stessi, dissolvendosi in polemiche ispirate a scontri politici tra le varie tendenze esistenti nel loro seno, cosicché non esiste ancora oggi una significativa attestazione su basi classiste di strati operai combattivi a cui si possa fare riferimento per asserire che sarà dalla sua espansione quantitativa che scaturiranno le nuove future organizzazioni di classe. Ciò nonostante è indubbio che, con il progressivo deteriorarsi della situazione economica e sociale, questi episodi saranno destinati a moltiplicarsi e ad assumere maggiore consistenza anche organizzativa. Questa situazione ripropone quindi in termini attualissimi la questione del rapporto che deve esistere tra partito, classe ed espressione organizzativa immediata di essa, nei vari risvolti che questa assume e assumerà.

Come già osservavamo, la labilità ed estrema debolezza attuale di questo processo reale rende più difficile poter capire fino in fondo questo rapporto, tanto più che il Partito è praticamente assente e la sua impossibilità di influire sugli avvenimenti di oggi è una componente determinante, certo la più storicamente tragica, della situazione attuale che occorre tenere presente.

Posto, da quanto abbiamo visto in precedenza, che compito del Partito è quello di importare il programma rivoluzionario nel movimento operaio e che tale compito potrà essere svolto con successo a condizione che il partito non neghi le lotte operaie in difesa delle condizioni di vita e di lavoro dei lavoratori, ma anzi sappia inserirsi in esse e conquistarsi la fiducia degli operai partecipandovi attivamente, quali devono essere compiti specifici del partito verso queste lotte, e più in generale verso gli aspetti rivendicativi e organizzativi del movimento operaio? Quale è, in altre parole, la funzione dei comunisti in rapporto alla coscienza tradunionistica degli operai?

A questo proposito è importante fare riferimento ancora a Lenin. Se nel “Che fare”? nel pieno dello sviluppo del movimento rivendicativo in Russia, Lenin è costretto a polemizzare contro coloro che di questo movimento esaltano la spontaneità, pretendendo che il Partito dovesse sottomettersi ad essa, già nel progetto e spiegazione del programma del partito socialdemocratico del 1895-96, dunque agli albori di questo movimento, Lenin colloca nella sua giusta luce questa questione.

Sostenere e indirizzare la lotta che gli operai hanno già iniziato

Al punto B-I del progetto di programma che Lenin stesso, nella spiegazione, definisce il più importante si legge: “Il partito socialdemocratico (comunista ndr) russo dichiara che è suo compito sostenere la lotta della classe operaia russa, sviluppando la coscienza di classe degli operai, cooperando alla loro organizzazione, indicando i compiti e gli scopi della lotta.”

Nella spiegazione di questo punto, dopo aver asserito che esso indica “in che modo l’aspirazione al socialismo, l’aspirazione ad eliminare il secolare sfruttamento dell’uomo sull’uomo, debba essere fatta con il movimento popolare che sorge dalle condizioni di vita create dalle grandi fabbriche e officine”, Lenin scrive: “L’attività del partito deve consistere nel sostenere la lotta di classe degli operai. II partito non ha il compito di escogitare un qualche mezzo alla moda per aiutare gli operai, ma quello di unirsi al movimento degli operai, di portare la luce in questo movimento, di sostenere gli operai nella lotta che essi stessi hanno già iniziato, Il partito ha il compito di tutelare gli interessi di tutto il movimento operaio. Come deve manifestarsi l’aiuto che è necessario dare agli operai nella loro lotta? II programma afferma che questo aiuto deve consistere innanzi tutto, nello sviluppare la coscienza degli operai”.

E’ chiaro quindi che il partito non evoca il movimento, non lo determina volontaristicamente utilizzando un qualche mezzo alla moda , ma si unisce al movimento già esistente che perciò stesso avrà potuto determinarsi anche senza l’attività del partito. In questo movimento il Partito porta la luce , sostiene e indirizzo la lotta che essi stessi (gli operai) hanno già iniziato e in questa sua attività di intervento ne sviluppa la coscienza di classe,

Che cosa debba intendersi per coscienza di classe è Lenin stesso a spiegarlo nei brani che seguono:” Da quanto detto a questo proposito risulta pertanto che cosa debba intendersi per coscienza di classe degli operai. Gli operai acquisiscono una coscienza di classe quando comprendono che l’unico mezzo per migliorare la loro situazione e per conseguire la loro emancipazione sta nella lotta contro la classe dei capitalisti e dei fabbricanti, classe sorta con l’apparizione delle grandi fabbriche e officine. Inoltre coscienza di classe degli operai significa consapevolezza del fatto che, per raggiungere i propri scopi, gli operai devono necessariamente poter influire sugli affari dello Stato, come già hanno fatto e continuano a fare i capitalisti e i proprietari terrieri. In che modo gli operai acquisiscono la consapevolezza di tutto questo? Gli operai la acquisiscono incessantemente dalla stessa lotta che cominciano a condurre contro i fabbricanti, e che si estende sempre più, diviene sempre più aspra e coinvolge un numero sempre maggiore di operai a mano a mano che si moltiplicano le grandi fabbriche e officine. C’è stato un tempo in cui l’ostilità degli operai contro il Capitale si esprimeva soltanto in un confuso sentimento di odio contro i loro sfruttatori, nelle confusa coscienza della loro oppressione e schiavitù, nel desiderio di vendicarsi dei capitalisti. La lotta si esprimeva allora in rivolte isolate degli operai, i quali distruggevano gli edifici, infrangevano le macchine, bastonavano i dirigenti delle fabbriche, ecc. E’ stata questa la prima forma, la forma iniziale del movimento operaio; questa forma era indispensabile, perchè l’odio per il capitalista è stato sempre e dappertutto il primo impulso che ha destato negli operai l’aspirazione a difendersi. Ma il movimento operaio russo ha ormai superato questa fase iniziale. Invece di odiare in modo vago il capitalista, gli operai hanno cominciato a comprendere l’antagonismo tra gli interessi della classe degli operai e gli interessi della classe dei capitalisti. Invece di sentire confusamente di essere oppressi, essi hanno cominciato a capire in che cosa e come precisamente il Capitale li opprime, e insorgono contro l’una e l’altra forma di oppressione, ponendo un limite all’oppressione del capitale, difendendosi dalla cupidigia del capitalista. Invece di vendicarsi dei capitalisti cominciano oggi a lottare per ottenere delle concessioni, cominciano a presentare alla classe dei capitalisti una rivendicazione dopo l’altra e chiedono il miglioramento delle condizioni di lavoro, l’aumento dei salari, la riduzione della giornata lavorativa, Ogni sciopero concentra tutta l’attenzione e tutti gli sforzi degli operai ora sull’una, ora sull’altra delle condizioni in cui è posta la classe operaia. Ogni sciopero costringe a discutere queste condizioni, aiuta gli operai a valutarle, a comprendere in che cosa consiste l’oppressione del capitale, con quali mezzi è possibile lottare contro questa oppressione. Ogni sciopero arricchisce la coscienza e l’esperienza di tutta la classe operaia (…). Il passaggio degli operai alla lotta inflessibile per i propri bisogni vitali, alla lotta per ottenere delle concessioni, migliori condizioni di vita e salariali, la riduzione della giornata lavorativa, costituisce un grande passo in avanti compiuto dagli operai russi; e a questa lotta e al sostegno che è necessario fornirle, debbono dedicare la propria attenzione il partito socialdemocratico e tutti gli operai coscienti.”

Notiamo, en passant. come oggi questo processo di progressiva acquisizione della coscienza di classe da parte degli operai è ancora quasi interamente da compiersi, essendo l’opportunismo riuscito a sradicare dalle menti e dai cuori proletari anche quel confuso senso di odio per il capitalista che è la condizione più elementare per determinare le prime spinte all’azione, sia pure vendicativa e individualistica.

Nel brano appena citato, la relazione tra partito-coscienza e spontaneità del movimento è dunque la stessa descritta dal famoso brano di Kautsky già citato. L’ aspirazione al socialismo propria della coscienza rivoluzionaria, che solo il Partito può possedere, ha in un certo senso un’esistenza indipendente dal movimento proletario, che spontaneamente, può pervenire alla coscienza tradeunionistica attingendola incessantemente dalla stessa lotta che cominciano a condurre contro i capitalisti . II grande problema da risolvere per determinare una situazione rivoluzionaria sta nel fondere questi due elementi, per un certo verso distinti, del movimento proletario.

Per questo il Partito non può limitarsi ad una enunciazione del suo programma rivoluzionario, ma deve legare questa enunciazione lottando insieme con gli operai, aiutandoli nel loro processo di progressiva acquisizione della coscienza di classe, Cosa significa perciò “aiutare gli operai”? E’ ancora Lenin che risponde: “Aiutare gli operai significa indicare le esigenze più urgenti per le quali si deve lottare, esaminare le ragioni che aggravano particolarmente la condizione di questi o quegli operai, spiegare le leggi e i regolamenti sulle fabbriche, la cui violazione (unitamente ai trucchi fraudolenti dei capitalisti) espone tanto spesso gli operai a una duplice rapina. Aiutare gli operai vuol dire esprimere in modo più esatto e più preciso le loro rivendicazioni e formularle pubblicamente, scegliere il metodo di lotta, discutere la situazione e valutare le forze delle due parti impegnate nella lotta, ricercare se esiste un metodo migliore di lotta (che può essere, forse, una lettera al fabbricante oppure un ricorso all’ispettore o al medico, secondo le circostanze, quando non sia necessario passare direttamente allo sciopero.”

Cooperare all’organizzazione degli operai

Entrare nel vivo dello scontro di classe, dunque, anche negli aspetti minimi e particolarissimi; lottare con gli operai per i loro bisogni immediati, farsi portavoce delle loro esigenze più elementari: “Illuminarli” è Lenin steso che usa questa espressione, con le parole d’ordine, le spiegazioni del Partito conducendo il movimento verso la coscienza del socialismo verso cioè la consapevolezza che solo conquistando il potere politico sotto la guida del Partito sarà possibile risolvere definitivamente i loro problemi.

Il concetto di “aiutare gli operai” va esteso ovviamente anche agli sforzi che essi conducono per organizzarsi sul terreno di classe. Il secondo aiuto, prosegue Lenin nella spiegazione, deve consistere, come dice il Programma, nel cooperare all’organizzazione degli operai. La lotta che abbiamo descritto più sopra esige necessariamente che gli operai si organizzino. L’organizzazione diventa necessaria per lo sciopero, perché esso venga condotto con maggiore successo, per le collette a favore degli scioperanti, per l’istituzione di casse mutue, per il lavoro di agitazione tra gli operai, per la diffusione di manifestini, inviti o appelli, ecc. Ancor più necessaria è l’organizzazione per difendersi dalle persecuzioni della polizia e della gendarmeria, per impedire che si scoprano le associazioni degli operai, i loro contatti e rapporti, per organizzare la consegna di libri, opuscoli, giornali, ecc. Dare questo aiuto: ecco il secondo compito del Partito .

E’ precisamente a questo compito che si riferiscono le nostre tesi caratteristiche laddove affermano che :“Compito del partito nei periodi sfavorevoli e di passività della classe proletaria è di prevedere le forme e incoraggiare l’apparizione delle organizzazioni a fine economico per la lotta immediata. Incoraggiare l’apparizione: questa è l’espressione esatta. Essa significa che il partito non può, sulla base di una pura volontà d’azione, sostituirsi al processo di formazione delle organizzazioni di classe. non può crearle, fondarle, costruirle sulla base del proprio volere, così come non può tenersi in disparte quando questo processo, questa tendenza del proletariato all’organizzazione di classe sia in atto, anche solo tra minoranze di proletari combattivi e disposti alla lotta. In questo senso, mentre da un lato il Partito non è “facitore di sindacati”, dall’altro non attende passivo il formarsi di essi per poi, in un secondo tempo, intervenire per

conquistarli al proprio indirizzo, ma partecipa attivamente a questo processo, anche facendosi promotore dell’organizzazione classista laddove operino i suoi gruppi comunisti nelle fabbriche e alla condizione che questa azione promotrice si incontri con la tendenza istintiva e spontanea degli operai ad attuarla.

Nessuna contrapposizione fra compiti rivoluzionari e direzione della lotta sindacale

Capire a fondo questa questione è importantissimo ai fini di non scivolare in atteggiamenti contrari ai principi del Partito. L’intreccio tra l’attività del partito in campo sindacale e azione politica di indirizzo programmatico rivoluzionario comunista, non può ‘mai essere inteso, qualunque sia la situazione come un qualcosa di separato, di alternativo . Profondamente antimarxista sarebbe, ad esempio, sostenere che data la situazione attuale di astronomica distanza della classe dal programma rivoluzionario marxista, e quindi data la bassissima coscienza di classe degli operai, si tratti per il partito di accantonare le sue enunciazioni politiche e programmatiche e le sue indicazioni generali sul piano della lotta immediata di classe, per buttarsi a capofitto in un lavoro esclusivamente minimalistico sul piano sindacale, asserendo che gli operai non capiscono e che si tratti perciò di dire solo ciò che si ritiene siano in grado di capire, cioè solo gli aspetti legati alla loro difesa contingente e immediata, così come sarebbe errato, partendo dal presupposto che oggi non capiscono nemmeno questo, sostenere che compito del partito debba essere quello di importare la coscienza tradunionistica in seno ai lavoratori attraverso un’opera di indirizzo minimalistico di essi in questo senso, slegata dal costante collegamento con gli indirizzi politici e anche sindacali generali del partito. Fare questo significa praticamente asserire che la coscienza tradunionistica del proletariato è un portato diretto del partito, senza il cui intervento ad essa il proletariato non perverrebbe. Tutta la storia del movimento operaio dimostra invece che tale coscienza il proletariato la acquisisce spontaneamente, sotto la spinta delle condizioni reali della sua esistenza, resa precaria ogni volta che esplodono in forma acuta le contraddizioni della società capitalistica. Ma, pervenuti alla consapevolezza che. per opporsi con efficacia allo sfruttamento capitalistico, è necessario battersi a fondo con l’arma dello sciopero per intaccare gli interessi padronali e che per fare questo è necessario organizzarsi, ossia pervenire alla coscienza tradeunionistica , pur avendo fatto un grande passo avanti, gli operai non hanno ancora imboccato la strada rivoluzionaria. Perché ciò avvenga è indispensabile la presenza attiva del partito in questo processo, la conquista da parte di esso della direzione del movimento operaio, Partito che deve dunque preesistere a questo processo, e, indipendentemente da esso, essere attestato sulle corrette posizioni teorico- programmatiche del marxismo rivoluzionario. La coscienza e l’organizzazione tradeunionistiche non fanno uscire il movimento dallo stato di assoggettamento all’ideologia borghese, in quanto gli operai, pur battendosi contro il padronato e il suo Stato, restano tuttavia preda della illusione di poter difendere stabilmente le loro condizioni di esistenza nell’ambito del sistema economico e sociale capitalistico.

Ovviamente, la presenza del partito nel movimento rivendicativo di classe costituisce un potente fattore di accelerazione del movimento stesso, conferendo ad esso un carattere rivoluzionario. Nella misura in cui il partito riesce ad accrescere la sua influenza tra i lavoratori e le loro organizzazioni, riesce ad indirizzare queste ultime progressivamente verso lo scontro aperto con tutte le istituzioni statali e parastatali della borghesia, riuscendo così anche a strappare concessioni sul piano immediato. Di queste battaglie il partito non ne fa lo scopo della sua azione, ma le considera il mezzo per raggiungere il fine ultimo dell’insurrezione rivoluzionaria per la presa del potere politico.

In ultima analisi diremo che le organizzazioni operaie di classe, si possono esprimere completamente solo se dirette dal partito e che dunque l’azione del partito è indispensabile per tutta l’azione generale della classe.

Da “Partito e azione di classe” : Anche per le dirette necessità della lotta che deve culminare nell’abbattimento rivoluzionario della borghesia, il partito è organo indispensabile di tutta l’azione della classe; ed anzi logicamente non si può parlare di vera azione di classe (che cioè sorpassi i limiti degli interessi di categoria o dei piccoli problemicontingenti) ove non si sia in presenza di un’azione di partito .

E’ dunque un grave errore separare meccanicamente lavoro politico e lavoro sindacale del partito e sostenere che, a seconda delle situazioni, l’uno debba avere più o meno importanza dell’altro.

In uno scritto minore, in una lettera a Natsia del 13.10.1905, quindi in periodo rivoluzionario, quando la lotta politica assume un’importanza grandissima, Lenin, riferendosi alla risoluzione del Comitato di Odessa sulla lotta sindacale, scrive: “La prima parte è buona: l’assumere la direzione di tutte le manifestazioni della lotta di classe del proletariato, non dimenticare mai il compito di dirigere la lotta sindacale”. Benissimo. Più avanti, il secondo punto: “in primo luogo si pone il compito dell’insurrezione armata. E, terzo punto: ‘in virtù di ciò’: ‘Il compito di dirigere la lotta sindacale del proletariato passa inevitabilmente in secondo piano”. Questo, a mio parere, teoricamente non è giusto e dal punto di vista della tattica è errato (…). L’insurrezione armata è il metodo supremo della lotta politica. Perché abbia successo dal punto di vista del proletariato, cioè perché l’insurrezione proletaria e diretta dalla socialdemocrazia sia coronata da successo, è necessario sviluppare ampiamente tutti gli aspetti del movimento operaio. Perciò è acierrata l’idea di contrapporre il compito dell’insurrezione al compito della direzione della lotta sindacale.”

Analogamente è errata l’idea di contrapporre il lavoro sindacale all’agitazione politica, a seconda delle situazioni. Il Partito, oggi, non fa del tradeunionismo con il pretesto che la classe, assente dalla scena storica della contrapposizione rivoluzionaria alla borghesia per la conquista del potere politico, stenta ad imboccare perfino la strada della autodifesa di classe dallo sfruttamento quotidiano imposto dal capitalismo, così come non disdegna il lavoro di direzione delle lotte immediate in periodo pre-insurrezionale. Diremo allora che compito dei comunisti, in tutte le situazioni, è di denunciare ai lavoratori la loro condizione di sfruttati, additare ad essi i nemici di classe e smascherare tutti coloro che pretendono di agire nell’interesse dei lavoratori e che invece subordinano a quelli dell’economia nazionale e aziendale. Compito dei comunisti è di spiegare agli operai il programma rivoluzionario comunista. Chiarire con l’agitazione, la propaganda e il proselitismo le contraddizioni della società capitalistica e indicare la sola strada rivoluzionaria percorribile per superarle. Compito dei comunisti è di indicare tutto questo agli operai non attraverso semplici enunciazioni accademiche, ma nel vivo delle loro lotte, partecipando attivamente, là dove è possibile, alle loro battaglie quotidiane, incoraggiandone attivamente l’opera di organizzazione e di azione rivendicativa immediata, l’obbiettivo della generalizzazione e la radicalizzazione delle lotte, così da apparire agli occhi dei lavoratori come veri e soli rappresentanti dei loro interessi.

Questi compiti i comunisti devono svolgerli sempre ,in tutte le situazioni possibili. La situazione esterna al Partito non determina la natura, la qualità dei compiti da svolgere, ma la preponderanza di certi compiti su altri. Non nel senso che gli uni siano più o meno importanti degli altri, che l’agitazione politica diventi più o meno importante dell’intervento nelle lotte, ma in quello che gli eventi esterni determinano la diversa combinazione quantitativa di questi compiti. Non occorre mai dimenticare, inoltre, che per situazioni esterne si intendono gli avvenimenti esterni al partito nel senso che non dipendono dalla sua volontà, ma che tuttavia il partito può, ad un certo grado di sviluppo e penetrazione tra le masse che non è certo quello attuale, influire su questi avvenimenti, In un certo senso il partito stesso è un prodotto della situazione esterna e dunque tra partito e situazione esterna esiste un continuo rapporto dialettico di interdipendenza che sì traduce nel principio in base al quale il partito non muterà mai il suo programma rivoluzionario e la sua teoria di interpretazione marxista degli avvenimenti a seconda della situazione esterna, ma dovrà tenere conto di questa nell’applicazione tattica del suo programma, tenendo anche presente che il grado di influenza del partito è un stretta conseguenza di questa situazione.

Dalle Tesi caratteristiche: “Gli eventi, non la volontà o la decisione degli uomini, determinano così anche il settore di penetrazione delle grandi masse, limitandolo oggi a un piccolo angolo dell’attività complessiva”

Due deviazioni opposte ma convergenti

Tornando alla situazione odierna, l’assenza pressoché totale del proletariato dalla scena della lotta di classe, determina, tra gruppi o le organizzazioni politiche che pretendono di richiamarsi alla tradizione rivoluzionaria del proletariato e magari anche alla Sinistra Comunista o comunque collocantesi in un’area di pretesa estrema sinistra, una serie di posizioni profondamente errate circa la questione che stiamo trattando.

Complessivamente, per sintetizzare, anche se spesso assumono sfumature diverse, queste posizioni sono riconducibili a due. Per certuni, la mancanza di reazione degli operai agli attacchi sempre più pesanti del capitale e al collaborazionismo sempre più smaccato delle centrali sindacali, porta alla conclusione che il rivendicazionismo sindacale e per conseguenza l’organizzazione economica di classe dei lavoratori, appartengano ormai al passato, siano da considerarsi un reperto archeologico del movimento operaio, per cui si tratterebbe di fare immediatamente il salto politico , procedendo all’ attacco destabilizzatore del sistema vuoi attraverso il terrorismo individuale o la cosiddetta illegalità di massa o, nella migliore delle ipotesi, come azioni operaie di fabbrica ma considerate a livello di azioni di sabotaggio o di attacco individuale o minoritario , oppure teorizzando che compito dei comunisti debba essere quello di organizzare gli operai, saltando a piè pari la lotta rivendicazionista . considerata arretrata e incapace di produrre coscienza politica o ancora teorizzando che sì, il proletariato si organizzerà in organismi di classe, ma questi avranno già di per sé un programma politico discriminante nei confronti degli altri operai più arretrati . avranno già automaticamente un contenuto rivoluzionario in quanto si porranno immediatamente sul terreno della lotta al sistema.

Non occorre scomodare le grandi questioni teoriche per dimostrare quanto queste posizioni siano lontane dal marxismo rivoluzionario. Basterà riferirsi alla realtà quotidiana di questi tempi bui che, pur dal profondo della apatia in cui la classe operaia oggi vive, gli episodi che hanno visto un certo numero di operai scendere anche se solo temporaneamente sul terreno della vera lotta di classe, hanno avuto come contenuto le “arretrate” rivendicazioni della difesa del posto di lavoro o dell’aumento di salario o dei miglioramenti normativi contrattuali, e non certo il contropotere proletario o la lotta politica al sistema Ci limiteremo ad osservare che queste posizioni sono tipicamente antimaterialistiche: idealistiche quelle che vorrebbero essere compito del partito organizzare immediatamente i lavoratori sul piano politico . in quanto presuppongono che gli uomini e, nella fattispecie i proletari, agiscano non sotto la spinta di determinazioni materiali, ma dell’ idea , della comprensione intellettiva della loro situazione sociale e del cammino storico da percorrere per trovarvi la soluzione; spontaneiste quelle che pretendono che il bisogno del comunismo scaturisca nell’operaio, o più esattamente, nel loro operaio-massa od operaio-sociale , direttamente dalla sua vita quotidiana e che dunque ogni azione individuale per soddisfare un bisogno immediato equivalga ad una azione rivoluzionaria .

Queste ultime, negatrici sia del Partito che dell’organizzazione economica, non possono nemmeno essere ascritte come deviazioni dal marxismo, al quale, del resto, nemmeno pretendono di richiamarsi. Sono semplicemente l’espressione ideologica della mentalità e delle spinte oggettive del sottoproletariato, di quello che essi chiamano, con un eufemismo, il “proletariato marginale”, nonché della piccola-borghesia ribelle e inferocita dal non poter partecipare alla spartizione della torta del plusvalore operaio, Il dramma sta nel fatto che riescono purtroppo a captare e bruciare sane energie di proletari sinceramente disponibili alla lotta di classe.

Impotenza del brigatismo sindacale

Esiste tuttavia un’altra tendenza che sembra contrapporsi a questa, inseguendo il criterio opposto; tendenza più sottile, perché apparentemente più vicina al marxismo e dunque più pericolosa e insidiosa, secondo la classica catalogazione delle deviazioni tipica della Sinistra Comunista. Questa tendenza, partendo sempre dal presupposto che il proletariato stenta a riprendere il cammino di classe, reagisce a quello che per comodità di espressione potremmo definire il politicismo buttandosi a capofitto nel tradeunionismo puro . Si pretende cioè che gli operai siano suscettibili di lottare soltanto se intravedono un punto di riferimento costituito da elementi preventivamente organizzati sulla base di semplici, semplicissimi, minimi obiettivi rivendicativi e che scopo del partito e dei comunisti debba quindi essere quello di cercare di creare, ovunque possibile, questi riferimenti organizzati senza i quali, a loro dire, il proletariato non si muoverebbe. Per costoro, ogni indicazione ai proletari di parole d’ordine e prospettive organizzative generali, anche sul terreno sindacale, equivale a velleitarismo in quanto oggi non comprensibili ai lavoratori, ai quali occorre prospettare soltanto ciò che possono capire o meglio ciò che costoro si illudono che possano capire. Per essi la sola strada che può portare a far muovere gli operai è quella che passa attraverso la previa organizzazione di avanguardie operaie che di per sé, al di fuori del contesto reale delle situazioni in cui agiscono, sarebbero suscettibili di costituire un valido punto di riferimento per la classe. E queste avanguardie , per candidarsi tali, devono presentarsi di fronte alle fabbriche con piattaforme e indicazioni specifiche che possano incontrare il favore degli operai. Di qui al lancio di parole d’ordine qualsiasi. slegate da quelle più generali o dal programma rivoluzionario, il passo è breve ed essi lo hanno abbondantemente compiuto. Il partito,i comunisti, avranno dunque oggi il compito di importare la coscienza tradunionistica tra la classe , di agitare indicazioni minime al fine di spingere gli operai ad agire, incontrandosi con la preventiva consapevolezza organizzativa di queste nebulose avanguardie.

La conseguenza è la caduta in un atteggiamento volontaristico impostato all’incirca in questo modo: la classe non si muove, bisogna farla muovere . A questo scopo occorrono obiettivi comprensibili ed un minimo di elementi di avanguardia organizzati con questa ottica e prospettiva; si deve perciò costruire nelle fabbriche questi punti di riferimento e il Partito dovrebbe adoperarsi a questo fine. Ancora una volta l’impostazione è rovesciata rispetto alla realtà della lotta di classe, Costoro non capiranno mai che gli operai non si muovono, né mai si muoveranno, perché un gruppo di operai più coscienti avrà presentato loro delle piattaforme o degli obiettivi specifici su cui lottare, ma, ancora una volta, solo se spinti da condizioni materiali oggettive. I comunisti, ripetiamo, potranno aiutare questo processo, mai determinarlo e tanto meno potranno determinarlo generiche avanguardie più o meno organizzate. Anzi, occorre dire che, nella situazione attuale, parlare di avanguardie è per lo meno improprio in quanto le reali avanguardie saranno espresse soltanto da un vasto e profondo movimento generale di classe, così come solo questo movimento determinerà il sorgere di veri organismi classisti che appunto organizzeranno queste avanguardie. Nella migliore delle ipotesi, il voler sospingere gli operai all’azione quando non esiste la loro predisposizione alla lotta, è quella che i buoni marxisti hanno più volte definito “impazienza rivoluzionaria” che spesso è stata una componente non indifferente delle peggiori deviazioni tattiche e poi strategiche e di principio. Dal punto di vista tattico porta, da un lato, alla formulazione di indicazioni immediate che non incontrano la predisposizione alla lotta degli operai e dunque a un volontarismo attivistico che macina a vuoto rivendicazioni e piattaforme, ponendo i comunisti in ridicolo di fronte ai lavoratori più combattivi e coscienti, dall’altro conducono inevitabilmente all’espedien- tismo, alla ricerca della ricetta per accelerare il processo di ripresa della lotta di classe, fino all’alleanza, magari con la scusante iniziale che essa è solo sul terreno rivendicativo sindacale, con formazioni politiche dalle quali il partito deve differenziarsi programmaticamente e organizzativamente in maniera netta e profonda. Un simile modo di impostare la questione risente inoltre di un certo gradualismo tipico di ogni forma di opportunismo. Si dice: “siamo d’accordo con le grandi parole d’ordine generali”, ma queste non sono oggi “comprensibili”. Limitiamoci dunque alle piccole cose di tutti i giorni, alle questioni minime che gli operai possono capire; quando avranno poi fatto ii primo passo, prospetteremo loro il passo successivo. Conduce infine alla posizione secondo cui è nel movimento reale delle lotte che il partito impara a impostare la giusta tattica mentre, viceversa, il movimento reale serve, semmai a verificare l’esattezza di un’azione tattica predeterminata dal partito sulla base, come si diceva all’inizio, della fedeltà ai principi e al programma e dell’analisi della situazione come elemento integratore. Porta infine alla improvvisazione e alla continua scoperta di situazioni diverse per cui è oggi necessario indicare il contrario di ciò che si indicava ieri, alla continua ricerca della novità che fa ridiscutere tutto. E’ interessante notare come questa tendenza, che apparentemente sembrerebbe opposta alla prima, ne è viceversa il suo naturale complemento. Ad entrambe è infatti comune la concezione che si tratti di escogitare espedienti per far muovere il proletariato, espedienti che si riducono ad essere l’esempio, il riferimento organizzato ed operante che occorre dare al proletariato come minoranze preventivamente organizzate sul terreno dello scontro e del “contropotere” politico per gli uni. su quello della lotta sindacale, per gli altri. Non a caso infatti i secondi, spesso trovandosi su questo in accordo con i primi, finiscono per cadere in posizioni che potremmo definire da “brigatismo sindacale” mirante allo scontro a tutti i costi, alle lotte minoritarie contro l’opportunismo, all’organizzazione alternativa ad esso indipendentemente dalle situazioni. al boicottaggio degli scioperi proclamati dalle centrali sindacali, anche quando non esistono le forze per promuovere azioni alternative. ecc. Non a caso analogamente, i secondi nutrono malcelate simpatie verso i primi che considerano, in fondo, appartenenti a quella area rivoluzionaria che essi immaginano estesa a chiunque, in qualche modo, si opponga allo Stato e all’ordine costituito e che per noi, viceversa, giusto l’insegnamento della Sinistra Comunista, è delimitata dai confini del Partito.

Cardini dell’intervento del partito nelle lotte

Come devono invece impostare la questione i comunisti nella situazione di oggi? Nelle nostre tesi caratteristiche al punto 10 della parte IV, si legge: “L’accelerazione del processo deriva, oltre che dalle cause sociali profonde, dall’opera

di proselitismo e di propaganda con i ridotti mezzi a disposizione. Il Partito esclude assolutamente che si possa accelerare il processo con risorse, manovre, espedienti che facciano leva su quei gruppi, quadri, gerarchie che usurpano il nome di proletari, socialisti e comunisti. (…) Per accelerare la ripresa della lotta di classe non sussistono ricette belle e pronte. Per fare ascoltare ai proletari la voce di classe non esistono manovre ed espedienti, che come tali non farebbero apparire il Partito quale è veramente, ma un travisamento della sua funzione, a deterioramento e pregiudizio della effettiva ripresa del mo- vimento rivoluzionario, che si basa sulla reale maturità dei fatti e del corrispondente adeguamento del Partito, abilitato a questo dalla sua inflessibilità dottrinaria e politica. La Sinistra italiana ha sempre combattuto l’espedientismo per rimanere sempre a galla, denunciandolo come deviazione di principio e per nulla aderente al determinismo marxista. Il Partito, sulla linea di passate esperienze si astiene quindi dal lanciare ed accettare inviti, lettere aperte e parole di agitazione per comitati, fronti ed intese miste con qualsivoglia altro movimento e organizzazione politica .

Opera di proselitismo e di propaganda con i ridotti mezzi a disposizione” : questo è il punto. In questa opera di propaganda, il partito non sottace le finalità ultime della sua azione, così come non evita di tracciare ai proletari il processo che essi dovranno compiere perché tutto l’arco rivoluzionario della classe si compia. Anche quando il partito interviene nelle lotte operaie rivendicative con contenuto minimo e immediato, lo scopo della sua azione è quello di allargare la sua influenza tra i lavoratori, dunque la sua propaganda deve mirare a questo risultato. Non può limitarsi a fare del tradunionismo nel senso di indicare ai proletari gli obiettivi specifici per cui devono lottare, che generalmente sono già noti ai proletari e per questi essi scendono in lotta, ma deve saper collegare queste pur necessarie indicazioni, con le prospettive più generali della lotta di classe, deve illuminarli sulla strada da percorrere, indicare i limiti delle loro lotte, propagandare la necessità dell’organizzazione di classe e dell’estensione della lotta, senza per questo assumere atteggiamenti professorali, ma calibrando nel modo più corretto possibile, l’aiuto pratico dei militanti con la propaganda delle posizioni politiche e sin- dacali più generali che caratterizzano il partito e lo distinguono da tutte le altre formazioni politiche eventualmente presenti nella lotta. Se queste lotte esprimono un’organizzazione dei proletari più combattivi e coscienti, è fuori dubbio che i militanti operai interverranno in essa e ogni sforzo dovrà essere compiuto per conquistarla all’indirizzo dei comunisti, facendo attenzione però a non chiudere questi organismi ai lavoratori che non abbiano ancora maturato la coscienza di seguire queste direttive. Lo sforzo che bisognerà tentare, cessata la lotta, è che questa organizzazione non si sciolga, non rifluisca nel nulla, ma continui una sua azione tra i lavoratori, mantenendo un rapporto continuo con essi sulla base dei loro problemi contingenti. Solo così queste organizzazioni, anche se piccole e deboli, possono effettivamente diventare un punto di riferimento per la classe e solo così i comunisti potranno a loro volta diventare un riferimento per quei proletari più coscienti che si pongono il problema di superare i limiti della lotta immediata.

Anche la questione della organizzazione preventiva alla lotta va posta in termini corretti. Asserire che solo con l’esistenza di una organizzazione operaia a carattere immediato è possibile iniziare una lotta è errato in quanto generalmente è la lotta stessa, la volontà d’azione immediata degli operai che genera i comitati di lotta o simili organismi operai, e questo è coerente con la tesi marxista secondo cui gli operai pervengono da soli alla coscienza tradunionistica, spinti dai loro bisogni. E’ su questa tendenza spontanea all’organizzazione che deve innestarsi l’azione dei comunisti, aiutandola appunto, sviluppando questa coscienza con la propaganda attiva nel vivo dell’organizzazione e dell’azione, delle posizioni più generali del partito. Sarebbe tuttavia errato affermare che un comitato operaio può solo originare direttamente da una lotta. Esso può costituirsi anche sulla base di una tendenza di elementi operai più coscienti ad unirsi per affrontare un lavoro di agitazione e propaganda sui luoghi di lavoro in cui essi operano e, se questo comitato così formatosi riesce ad inserirsi tra i lavoratori con un lavoro tenace di indirizzo sulle questioni anche minime da affrontare e rivendicare, potrà, una volta esplosa la lotta, costituire un potente fattore di accelerazione della sua radicalizzazione ed estensione, fattore di accelerazione che sarà tanto più valido ed efficace quanto più i comunisti saranno riusciti ad indirizzarlo nel giusto senso classista.

Diremo allora più propriamente che la relazione tra avanguardie organizzate preventivamente e il restante degli operai è un problema risolvibile solo alla luce delle situazioni concrete che di volta in volta si determinano e non può essere liquidato con affermazioni di principio. In tutte le fabbriche e i luoghi di lavoro esistono in genere quegli operai che siamo soliti definire più combattivi in quanto più sensibili alle questioni legate alla difesa degli interessi immediati dei lavoratori, e dunque maggiormente suscettibili di porsi come organizzatori e di trovarsi alla testa delle lotte quando queste esplodono, o ad essere i catalizzatori, il famoso punto di riferimento delle tensioni e dei malumori degli altri lavoratori.

La determinazione, la spinta all’organizzazione di queste avanguardie non può che essere in stretto collegamento con la propensione ad essere considerate tali dalla gran parte degli altri lavoratori. Diversamente la loro organizzazione preventiva non potrà essere considerata un riferimento per l’organizzazione di una opposizione di classe al padronato e all’opportunismo, E’ quindi errata la prospettiva di costituire micro-organizzazioni artificiose che agiscano indipendentemente dalla propensione del resto dei lavoratori a seguire le loro indicazioni e che pretendano di insegnare , magari con l’ esempio pratico, con le lotte minoritarie, con l’ azione d’avanguardia , come si deve lottare.

La lotta di classe del proletariato non è il prodotto della volontà di minoranze organizzate preventivamente ad essa, non è il frutto dell’insegnamento di elementi coscienti ad altri che non lo sono, ma il risultato di un processo molto più complesso e profondo che ha come causa determinante e scatenante le contraddizioni economiche e sociali del modo di. produzione capitalistico che esplodono con dura evidenza nei periodi di crisi produttiva in cui il capitale è naturalmente spinto ad accrescere lo sfruttamento del lavoro salariato.

In questo tutt’altro che lineare processo, schiere sempre più vaste di proletari si schierano spontaneamente su un terreno di lotta aperta e intransigente contro il padronato e tutti i suoi manutengoli ed emergono quegli elementi meglio dotati di capacità organizativa e più sensibili e coscienti delle tendenze e finalità immediate del movimento e degli strumenti per meglio lottare e per contrapporsi con più efficacia agli attacchi e alle resistenze del nemico di classe, e dunque quegli elementi che meglio degli altri svolgono funzioni di catalizzazione sociale e di spinta organizzativa e di lotta.

Se oggi, pur in presenza di una crisi acuta del sistema produttivo capitalistico e di un pesante attacco del capitale alle condizioni di vita di tutta la classe, questo processo di schieramento classista del proletariato stenta a determinarsi ed assume per lo più forme episodiche e marginali, le cause sono da ricercarsi in mezzo secolo di storia dell’economia capitalistica e del movimento operaio che hanno determinato le condizioni economiche, politiche e sociali tuttora disastrose dal punto di vista classista, non certo nella mancanza di avanguardie organizzate . essendo questo un effetto e non una causa dell’assenza di un vasto schieramento di classe.

Sarebbe tuttavia suicida che da queste considerazioni i comunisti traessero la conclusione che si tratta di attendere il delinearsi su vasta scala di un movimento di classe, prima di intraprendere un’azione di indirizzo immediato dei proletari verso gli obiettivi della lotta economica e verso l’indispensabile organizzazione classista. Significherebbe asserire che i comunisti hanno una funzione passiva e non attiva nel processo della lotta di classe proletaria. Il Partito sa che il risorgere di organismi classisti è una tappa obbligatoria nel processo che condurrà il proletariato ad incontrarsi con il programma comu- nista e fin da oggi i suoi militanti hanno il dovere di propagandare tra i lavoratori questa necessità e di lavorare attivamente affinché questa prospettiva si concretizzi là dove l’opera di propaganda del Partito incontra lavoratori seriamente intenzionati ad organizzarsi sul terreno della lotta classista, al di là delle proprie convinzioni politiche nella consapevolezza che oggi solo certe minoranze proletarie più coscienti sono suscettibili di disporsi immediatamente sul terreno di classe e nella convinzione che quando anche ciò avvenisse, queste minoranze dovranno tener conto di essere tali e svolgere il loro lavoro tra gli operai nella modestia di questa consapevolezza, senza sbandate avventuristiche.

E’ dunque corretta l’indicazione del Partito, là dove esso può giungere con la sua parola, all’organizzazione degli operai sui luoghi di lavoro indipendentemente dall’opportunismo sindacale, nella prospettiva della ricostruzione di un tessuto organizzativo di classe che soltanto il movimento reale dei lavoratori potrà determinare.

E’ un’indicazione che il Partito rivolge indistintamente a tutti i lavoratori, non solo e non tanto alle loro avanguardie.

I GRUPPI COMUNISTI E I COMITATI OPERAI

Strumenti del Partito per questo indirizzo nelle fabbriche e sui luoghi di lavoro sono gruppi comunisti, Il gruppo comunista, costituito esclusivamente dai militanti operai comunisti e dai loro stretti simpatizzanti, è un organo alla esclusiva dipendenza del Partito, anzi un organo del Partito, ed ha il compito di portare le posizioni politiche del Partito tra gli operai in cui agisce, inserendo la sua azione di proselitismo e di propaganda politica sulle lotte operaie e le spinte rivendicative di base. Sarà pertanto suo dovere, oltre che partecipare attivamente a ogni manifestazione di lotta degli operai e alle organizzazioni di base, nate anche sulla base di obiettivi minimi, farsi portavoce dell’indicazione per l’organizzazione indipendente di classe e, qualora ne sussistano le condizioni, anche promotore di iniziative concrete in questo senso e di invitare gli operai ad aderire ad organismi che siano venuti a costituirsi su basi di classe.

Sarebbe invece un grave errore se il gruppo comunista cadesse nella propensione ad accelerare tempi e tendesse a costituirsi formalmente, esso stesso, come organismo classista a carattere immediato, cambiando semplicemente veste formale. In questo modo si cadrebbe nell’errore di considerare il Partito come un costruttore di sindacati o un anticipatore di forme sindacali e di credere che basti l’esempio dei comunisti per indurre gli altri operai ad organizzarsi sul terreno di classe. Peggio ancora si snaturerebbe la funzione dei comunisti, pretendendo di avere maggior seguito tra gli operai qualora si sminuisca agli occhi dei lavoratori il carattere squisitamente politico degli organi di fabbrica del Partito e si tenda a far credere che questi possano avere contenuto solo sindacale, e dunque essere aperti a tutti lavoratori che accettano metodi della lotta di classe.

Il gruppo comunista deve dunque indicare ai lavoratori la necessità della rinascita di organismi di classe e lavorare per essa, senza cadere nella tendenza alla precostituzione, di organismi artificiosi, staccati dai lavoratori, senza seguito sui luoghi di lavoro che agli occhi degli operai apparirebbero soltanto come un diverso modo di organizzarsi e di agire dei comunisti o, peggio, una loro inversione di rotta, con gravissimo danno per il Partito.

E’ indubbio altresì che il gruppo comunista deve aderire ad organismi di base che sorgano sulla spinta di lotte o di esigenze rivendicative operaie o di tentativi di organizzazione da parte di operai più coscienti e combattivi, costituendo in essi la frazione sindacale comunista, che tenterà di assumerne la direzione e potenziarne lo sviluppo.

E’ innegabile quindi che l’azione del Partito deve svolgersi anche all’interno di questi organismi, senza pregiudizio alcuno.

Tuttavia la questione va approfondita meglio in quanto, nella situazione odierna, gli operai suscettibili di organizzarsi in comitato di carattere sindacale, mancando una spinta operaia generalizzata in questo senso, in molte situazioni sono quei lavoratori per lo più aderenti a gruppi politici che, in un modo o nell’altro, si richiamano alla classe operaia e, come afferma la tesi citata nel numero scorso, usurpano il nome di proletari, socialisti e comunisti , portatori delle posizioni errate cui abbiamo accennato, e nei confronti dei quali il Partito deve mantenere una precisa e chiara separazione organizzativa, ma soprattutto che appaia tale in modo limpido e inoppugnabile agli occhi dei lavoratori e di chiunque segua in qualche modo l’azione e la vita del Partito.

Non esiste oggi una situazione tale che possa giustificare un’azione tattica che possa configurarsi nella parola d’ordine del fronte unico sindacale così come la pose il Partito nel ’21. Allora il Partito godeva di una influenza su vasti settori del movimento operaio e lanciò l’appello alle confederazioni sindacali esistenti per un’azione generale di tutto il proletariato, al di sopra delle divisioni politiche, contro l’attacco del capitale alle condizioni di vita dei lavoratori, in difesa dei salari e dei disoccupati. Oggi non esistono organizzazioni sindacali suscettibili di difendere gli interessi dei lavoratori e l’influenza del Partito è nulla, per cui è impossibile al Partito lavorare in una prospettiva immediata del genere e null’altro purtroppo può fare che richiamare nella sua propaganda la necessità dell’unità proletaria sul terreno della lotta di classe, al di fuori delle divisioni ideologiche e partitiche. Tuttavia i comunisti non devono disdegnare il lavoro all’interno di quei piccoli organismi che oggi tendono a formarsi sotto il pretesto che si tratta di pochi elementi e per di più politicizzati Questo ci porterebbe alla conclusione errata sopra ricordata che occorre attendere che si dispieghino a livello generale le forze

proletarie. che emergano gli operai spuri da indottrinamento ideologico, senza scimmiottare pedestramente la tattica del fronte unico sindacale che in senso storico racchiude un’indicazione di portata infinitamente superiore, e non solo in senso quantitativo, ma anche qualitativo, di quanto si possa oggi, non diciamo realizzare, ma nemmeno prospettare nell’immediato. I comunisti hanno il dovere di schierarsi a fianco e di lavorare congiuntamente a tutti quei lavoratori, pochi o tanti che siano, che dichiarano e soprattutto dimostrano seriamente la loro volontà di dedicarsi alla causa della difesa degli interessi immediati della classe cui appartengono, al di fuori di preconcetti politici.

Ma di questo lavoro il Partito deve delineare i limiti e le caratteristiche, onde evitare pericolosi sbandamenti, e la questione è molto delicata in quanto, ripetiamo, non siamo oggi in presenza di una reale tendenza proletaria all’organizzazione classista, o meglio questa tendenza si è manifestata per ora solo in forma episodica, dando origine a comitati operai che quasi sempre subiscono l’influenza nefasta di gruppetti e partitini che tendono a caratterizzarli come organismi politici e dunque snaturarne contenuti classisti su cui generalmente sorgono, o che tendono a chiudersi in una visione settoriale, localistica e quasi corporativa, mancando, o essendo in essi estremamente debole, l’influenza del Partito.

LENIN 1905: IN CERTE ORGANIZZAZIONI A CERTE CONDIZIONI

Innanzitutto va detto che l’intervento nei Comitati Operai va svolto con un preciso “spirito di partito” . L’espressione è ancora di Lenin e la ritroviamo in uno scritto del 1905: “II partito socialista e il rivoluzionario senza partito” in cui Lenin analizza la questione della partecipazione dei socialdemocratici alle organizzazioni che allora nascevano al di fuori del- l’ambito dei partiti, in particolare i Soviet, ma non solo questi, bensì tutte quelle che egli chiama “organizzazioni apartitiche” : “E’ ammissibile l’adesione dei socialisti a queste organizzazioni? E, in caso affermativo, a quali condizioni è ammissibile? Quale tattica occorre seguire in queste organizzazioni? AI primo interrogativo non si può rispondere con un no categorico, di principio. Sarebbe sbagliato dire che l’adesione dei socialisti alle organizzazioni indipendenti dai partiti non sia ammissibile in nessun caso e a nessuna condizione (…) Ma non c’è dubbio che socialisti devono circoscrivere chiaramente questi casi ; non c’è dubbio che essi possono ammettere una certa partecipazione solo a certe condizioni, ben precise e determinate. Perché, se le organizzazioni apartitiche sono determinate dalla relativa immaturità della lotta di classe, d’altro canto il rigoroso spirito di partito è una delle condizioni che rendono cosciente, chiara. determinata e coerente la lotta di classe. La difesa dell’autonomia ideale e politica del partito è un dovere costante, immutabile e assoluto dei socialisti. Chi non assolve a questo dovere smette di fatto di essere un socialista, per sinceri che siano i suoi convincimenti socialisti (…). Quale tattica dovremo seguire nelle unioni indipendenti dai partiti? Dovremo valerci di ogni possibilità di istituire legami autonomi e di divulgare tutto il nostro programma socialista.”

Non vogliamo certo fare delle equivalenze meccaniche tra il tipo di organismi di quel periodo e quelli attuali, ma proprio perché gli organismi attuali vivono di vita stentata in una situazione non certo paragonabile a quella, in quanto a combattività della classe e a fermento sociale presente, questa costante preoccupazione di Lenin circa il rigoroso spirito di partito , è oggi particolarmente valida In pratica, riferito ai giorni nostri. Ciò significa che, nell’azione in questi comitati, il Partito deve vedere innanzitutto un’occasione per divulgare il suo programma rivoluzionario. Ciò significa in pratica che imilitanti operai devono intervenire costantemente come comunisti rivoluzionari, mai mimetizzandosi dietro l’etichetta di semplici lavoratori combattivi e che la loro azione deve apparire chiaramente volta a far sì che gli organismi in cui agiscono siano permeati dal loro indirizzo classista di partito, senza che ciò comporti l’esclusione di quei lavoratori che a tale indirizzo non si subordinano e senza per questo abbandonare l’organizzazione se tale indirizzo non recepisce pienamente, ma tuttavia mostra di proseguire seriamente l’azione su un terreno antiopportunista e anticollaborazionista. In questo senso sono da respingere con forza sia le posizioni che vogliono conferire a questi organismi un programma politico discriminatorio nei confronti dei lavoratori, sia quelli che tendono a formare organismi neutri alla lotta politica e a influenze partitiche, ossia semplici organizzazioni tecniche di lotte operaie, impermeabili a qualsiasi influenza politica esterna. Il libero scontro tra le tendenze politiche nel loro seno è una delle condizioni indispensabili al nostro lavoro in essi; viceversa il Partito si troverebbe nelle condizioni di non poter agire secondo i suoi scopi e le sue finalità. Non vi è contraddizione tra il carattere aperto che questi organismi devono avere. e cioè la libera adesione dei proletari desiderosi di battersi semplicemente sul terreno dello scontro diretto di classe, e lo sforzo che il Partito deve condurre per estendere in essi la massima influenza politica possibile nella prospettiva di conquistarne la direzione.

In proposito citiamo ancora Lenin dalla Risoluzione della riunione estiva del 1913 del CC del POSDR (Partito Operaio Socialdemocratico Russo): “Tutto il lavoro nelle associazioni operaie deve essere condotto non nello spirito della neutralità, ma ispirandosi alle risoluzioni del Congresso di Londra del POSDR e del Congresso internazionale di Stoccarda. I socialdemocratici devono far partecipare a tutte le associazioni operaie una cerchia di operai la più larga possibile, invitando ad iscriversi tutti gli operai, senza opinioni di Partito Debbono però costituire all’interno di queste associazioni dei gruppi di Partito e ottenere, con un lungo lavoro sistematico in seno a queste associazioni, l’instaurazione dei più stretti rapporti tra esse e il partito socialdemocratico .”

IL SENSO DEL NOSTRO SPIRITO DI PARTITO

In tutto questo lavoro non sarà mai ribadito abbastanza che il Partito deve mantenere una netta distinzione organizzativa da tutti gli altri raggruppamenti esistenti in seno a questi comitati, e infine dai comitati stessi, dei quali può appoggiare o criticare pubblicamente le iniziative, indipendentemente dalla partecipazione dei suoi militanti all’organizzazione. All’interno di questi comitati i comunisti metteranno a disposizione le forze dei loro militanti operai per permettere lo svolgimento del lavoro pratico, invitando gli altri lavoratori ad aderirvi, sempre che esistano presupposti reali per questa adesione, cioè una tendenza in atto di certi lavoratori ad organizzarsi su posizioni classiste e antiopportuniste. I militanti si devono inoltre riservare la facoltà di prendere le distanze da ogni iniziativa e posizione che contraddica o possa confondere le posizioni politiche del Partito e devono dare a questa distinzione il massimo possibile di risonanza e ufficialità. Diversamente i lavoratori che seguono questi organismi saranno indotti a ritenere che i comunisti siano disposti a sostenere posizioni che non li caratterizzano e il Partito ne ricaverebbe un danno di portata incalcolabile.

Un’altra condizione e limite per la nostra partecipazione ad organismi siffatti è da ravvisarsi nel fatto che essi siano effettivamente rappresentativi di una tendenza operaia, seppure minima, a schierarsi sul terreno di classe. Non siano cioè organismi fantasma, costituiti per lo più da raggruppamenti politici in cerca di notorietà ed etichettantisi per l’occasione da gruppi sindacali e i cui effettivi non rappresentino altri che se stessi. Sarà al riguardo da prestare la massima diffidenza verso elementi politicizzati che non dimostrino di voler seriamente lavorare per la difesa degli interessi operai e siano solo chiacchieroni in cerca di platee operaie disposte ad accettare le loro sbrodolature politiche . La caratteristica di organismi del genere, purtroppo frequenti in situazioni come quella odierna, è di ridursi ad essere dei parlamentini politici , in cui si con- frontano all’infinito posizioni diverse, senza mai giungere seriamente ad un lavoro coerentemente impostato su basi di classe.

Il pericolo di una partecipazione prolungata dei comunisti ad organismi che abbiano assunto queste caratteristiche o ad altri che, partiti magari sotto la spinta di lotte operaie o di significativi episodi sindacali, ed esaurita la spinta iniziale si siano ridotti a questo, è di offuscare agli occhi dei proletari che seguono l’azione del Partito, una delle

posizioni cardine del Partito stesso, per principio contrario ad ogni pateracchio con altre organizzazioni politiche, aspetto che verrebbe inevitabilmente ad assumere in una situazione del genere. Non bisogna dimenticare che gli operai giudicano il Partito non tanto dalle sue enunciazioni programmatiche, quanto dal comportamento dei suoi militanti in relazione ad esse.

Analogamente è dovere imprescindibile del Partito prestare la massima attenzione e, ove possibile materialmente senza pregiudicare la prosecuzione dell’indispensabile lavoro di difesa delle posizioni generali del Partito, attraverso la pubblicazione della stampa e più in generale alla prosecuzione organizzativa del lavoro politico, intervenire attivamente in ogni manifestazione operaia anche minima che tenda, anche solo a livello istintivo ad esprimere un’opposizione all’oppressione capitalistica e al collaborazionismo opportunista, bandendo dal suo seno atteggiamenti falsamente puristi, che cioè tendano a teorizzare l’inattività del Partito sotto il pretesto che trattasi solo di movimenti amorfi e non significativi e pertanto non degni di essere presi in considerazione per l’attività esterna del Partito. Si finirebbe così per cadere in un atteggiamento da rivoluzionari da salotto che guardano dall’alto delle loro cognizioni marxiste il banale e infecondo movimento reale, giudicandolo professoralmente immaturo per doversi sporcare le mani intervenendo in esso.

Anche in questa delicata questione dunque, partecipare o meno, e in che modo, ai comitati o coordinamenti che nascono, muoiono, vivono di vita stentata e contraddittoria è necessario trovare il giusto punto di equilibrio tra due criteri fondamentali per la vita del Partito nella classe: da un lato la necessità indiscutibile che i militanti comunisti partecipino attivamente ad ogni manifestazione di lotta o anche solo di predisposizione ad essa per affrontare i problemi quotidiani e contingenti della difesa di classe, senza pregiudizio alcuno verso la consistenza qualitativa e quantitativa di tale fenomeno, fosse pure, questa tendenza, limitata a pochi elementi più coscienti di una fabbrica o di una categoria; dall’altro la necessità altrettanto indiscutibile che questa azione non possa essere confusa con una propensione ad accettare o lanciare inviti, lettere aperte e parole di agitazione per comitati, fronti ed intese miste con qualsivoglia altro movimento ed organizzazione politica , così come affermano senza possibilità di equivoci le nostre tesi.

E’ chiaro che a questo fine ogni comitato è un caso a sé che va analizzato e affrontato tenendo conto di quanto detto. E’ dunque impossibile stilare una specie di manuale di comportamento a cui possano fare riferimento i compagni per stabilire se bisogna o meno lavorare in quel comitato. Si possono tuttavia indicare schematicamente le condizioni per l’adesione sulla base di quanto detto:

1) Il comitato o coordinamento non deve essere un artificioso coagulo di frazioni sindacali di vari gruppi politici o addirittura di gruppi politici che per l’occasione si danno una etichetta sindacale, al di fuori di ogni legame reale con lotte di lavoratori o con tendenze alla organizzazione di settori operai combattivi. In tal caso non potrà che ridursi a un parlamentino intergruppi che, generalmente, agli occhi dei lavoratori appare come un ennesimo gruppo politico estremista e all’interno del quale, per noi, diventerebbe estremamente difficile mantenere quella autonomia politica che ci deve sempre contraddistinguere. I comunisti non cercano l’alleanza sindacale con altri gruppi o partiti politici, ma lavorano per favorire il processo di riaggregazione di classe dei lavoratori e delle loro lotte. Nell’ambito di questo lavoro non escludono che a questo processo partecipino attivamente lavoratori di altri partiti e dunque non hanno pregiudizi verso di essi, ma ciò può essere solo il risultato di questo processo e corrisponde alla visione marxista dello scontro di classe secondo cui esso è determinato dalle condizioni materiali in cui vive e agisce il proletariato, non da ideologie politiche, credenze religiose, o simili categorie del pensiero Non si tratta dunque di cercare l’alleanza con altri partiti per determinare questo processo, ma di accettare di lavorare a fianco dei loro militanti operai, quando si pongono correttamente sul terreno della difesa degli interessi immediati della classe operaia.

2) Il comitato non deve manifestare chiusura verso la libera espressione di posizioni e programmi politici e di partito. Diversamente i comunisti si troverebbero nell’impossibilità di svolgere il loro compito principale: importare il programma politico rivoluzionario tra gli operai. Qualora in un comitato operaio anche scaturito da una lotta si manifestas- sero chiusure in questo senso, occorrerà dare battaglia affinché non prevalgano.

3) Non può costituire motivo di abbandono o rifiuto di adesione ad un comitato operaio l’osservazione che esso è costituito in stragrande maggioranza da elementi politicizati. Questa caratteristica deve semmai conferire ai militanti la consapevolezza dei limiti di un comitato siffatto e delle grosse difficoltà del lavoro da svolgere in esso in quanto oggi è difficile accordarsi, anche solo sul terreno sindacale più elementare, con elementi di tendenze politiche che dalla nostra discordano.

4) Non può costituire intralcio alla adesione a un comitato operaio la constatazione che trattasi di lavoratori ancora arretrati anche solo sul terreno della difesa dei loro interessi immediati e dunque, pur avendo dimostrato ampia disponibilità alla lotta su posizioni anticollaborazioniste. subiscano ancora sotto varie forme e manifestazioni l’influenza dell’opportunismo e delle sue organizzazioni politiche e sindacali. In questo caso l’opera attiva dei comunisti sarà volta principalmente a mostrare loro nei fatti la pericolosità e l’inconsistenza di queste illusioni, accompagnandoli lentamente e progressivamente, senza avventurismi e atteggiamenti professorali, nell’evoluzione delle loro convinzioni. E’ precisamente questo che si deve intendere quando, con Lenin, si parla del compito dei comunisti di sviluppare la coscienza degli operai.

5) Nessuna adesione sarà riconosciuta dai comunisti verso quelle organizzazioni anche operaie, dietro la cui sigla si nascondano precisi gruppi politici e dunque verso comitati che di fatto siano la lunga mano sindacale di partiti politici o raggruppamenti a sfondo ideologico e dunque di fatto chiusi ai lavoratori che non condividono le loro tesi politiche.

6) Piena adesione invece sarà riconosciuta ai comitati che, pur tra mille difficoltà, contraddizioni ed errori, scaturiscono da lotte operaie o anche solo dalla tendenza spontanea di certi lavoratori ad organizzarsi per occuparsi dei loro problemi di esistenza e di lavoro. Non costituirà mai pregiudizio all’adesione il numero dei lavoratori interessati a questo processo, tanti, pochi o pochissimi che siano.

La necessità dell’organizzazione economica di classe caposaldo programmatico del Partito

La funzione dei comunisti nel processo di ripresa della lotta di classe che dovrà caratterizzare la scena sociale dei prossimi anni, non potrà dunque essere quella di tenersi in disparte, di osservarne dal di fuori o dal di sopra il delinearsi formale, ma quella di fecondarlo con la propria attiva partecipazione militante, orientando il movimento verso il programma rivoluzionario e l’estensione quantitativa. La stessa possibilità pratica di questo lavoro dipenderanno dalle forze che il Partito riuscirà a mettere in campo, nonché dalla situazione reale, le prime dialetticamente collegate alla seconda, nel senso che saranno esse stesse, queste forze, un prodotto e un fattore della situazione; nella misura in cui da un lato il Partito avrà saputo mantenersi saldo, senza tatticismi controproducenti e infingimenti organizzativi, sulla strada di sempre e dall’altro le condizioni oggettive avranno permesso l’incontro tra la volontà cosciente della sua azione e delle sue direttive e l’azione spontanea delle masse, sempre più spinte ad agire dalla pressione delle forze capitaliste e opportuniste.

In questo ambito il Partito ha il dovere, fin da oggi, di tracciare ai proletari il processo che essi dovranno interamente compiere per portare a compimento positivo il ruolo di becchini del capitalismo che la storia ha loro assegnato.

E’ questo il senso della prospettiva della ricostruzione del sindacato di classe che comunisti indicano al proletariato. Il partito non può prevedere oggi attraverso quali strade si concretizzerà questa prospettiva, ma è un assunto fondamentale, più volte richiamato nei corpi di tesi del Partito, che nessuna situazione rivoluzionaria potrà determinarsi, e che dunque non è pensabile l’incontro storico tra il Partito e la classe, senza che tra di essi non si dispieghi una vasta e ramificata rete di organizzazioni economiche per la difesa contro gli attacchi del capitale. Né dipende, questo processo, dalla volontà del Partito, in quanto non potrà che essere l’espressione organizzata dello spontaneo schierarsi delle spinte rivendicative proletarie, sotto lo stimolo dell’aggravarsi costante delle loro condizioni di vita e di lavoro. Ma questo schieramento dovrà prodursi e il Partito ha il dovere di lavorare in questa e per questa prospettiva storica, la cui determinazione organizzativa esplicita e non episodica è forse più vicina di quanto noi stessi possiamo pensare.

La necessità dell’organizzazione indipendente di classe va dunque propagandata ovunque; deve essere un caposaldo programmatico del Partito, un suo distintivo politico non di secondo piano.

Non si tratta di condurre una battaglia per il sindacato di classe calata dall’alto della coscienza politica del Partito. Non si tratta di fare di ogni episodio minimo di lotta proletaria una azione per il sindacato di classe . Così facendo si farebbe di questa prospettiva storica una battaglia ideologica con il presupposto errato che sia sufficiente la spinta minima di un’azione rivendicativa per portare un operaio alla coscienza dell’organizzazione di classe o con quello altrettanto errato che debba essere il partito il portatore di questa coscienza in seno al proletariato. A questa coscienza il proletariato perverrà invece attraverso un processo lungo e tormentoso del quale i primi episodici bagliori di lotte esplose fuori e contro i sindacati ufficiali in questi ultimi anni ne costituiscono in un certo senso la preistoria, il primo debole e fragile passo concreto. Ma in questi episodi, così come in generale nelle lotte operaie dove la parola d’ordine del Partito possa giungere, la prospettiva della necessità dell’organizzazione indipendente classista deve essere portata con chiarezza affinché i lavoratori siano indotti a vedere nei comunisti i portatori più coerenti e conseguenti di questa prospettiva materiale.

In conclusione, il Partito non si erge a edificatore e costruttore di organismi di classe, ma i suoi militanti hanno il dovere di prospettare ai proletari questa necessità imprescindibile della lotta per la difesa dei propri interessi e di partecipare attivamente alle spinte organizzative che vanno in questa direzione, là dove è possibile e dove esista la predisposizione in questo senso di lavoratori, anche se di esigue minoranze, fatte salve le condizioni di cui abbiamo detto.

In questo lavoro e per questa azione il Partito non ha nulla da innovare né in dottrina, né in programma rivoluzionario, né tanto meno in organizzazione interna essendo la sua azione in linea con tutta la tradizione della Sinistra Comunista. Non ha che da proseguire sulla strada di sempre, senza false illusioni, senza tentennamenti, senza fretta e

impazienza, nella consapevolezza che l’intero arco di eventi che parte dalle prime manifesta- zioni proletarie spontanee contro l’oppressione capitalistica e che conduce, attraverso un complesso delinearsi di situazioni, alla rivoluzione proletaria diretta dal Partito Comunista è ancora interamente da compiersi, ma le sue fasi salienti sono note al Partito fin da oggi e solo in esso vivono come cristallizzazione di un processo sociale che parte dall’apparizione del proletariato sulla scena della storia delle lotte di classe e che si dispiega attraverso un secolo e mezzo di battaglie, di tante tremende sconfitte, e di poche ma

luminose vittorie, da tutte le quali il Partito ha tratto lezioni e posizioni irreversibili nei punti salenti, fino ai miserabili giorni nostri, alla vigilia di sconvolgimenti e tensioni sociali in cui la più grande tragedia è l’incapacità del Partito, date le sue esigue forze, di portare la luce nel movimento operaio.

Ancora una volta non abbiamo nulla da innovare e mai disprezzo sarà abbastanza profondo verso chi pretende di intravvedere nelle vicende dell’oggi, le condizioni per cambiare rotta, per scoprire nuovi verbi organizzativi e programmatici, nell’illusione di forzare la mano alle leggi sociali della lotta di classe tra borghesia e proletariato.

‘Come abbiamo scritto nella prefazione al nostro testo n. 2: “II programma del Partito”:

La forza attuale del Partito non dipende dalla volontà di nessuno, ma dalla scrupolosa e gelosa conservazione e osservanza dei suoi elementi costitutivi e delle loro implicazioni pratiche e in secondo luogo dal favorevole svilupparsi delle contraddizioni sociali. In dipendenza di ciò il Partito cresce, si sviluppa, diventa una forza sociale determinante per lo scontro finale contro il regime del Capitale.

Queste funzioni escludono che il Partito possa ritornare alla testa delle masse combattenti, come nel periodo glorioso 1917-26, in virtù di espedienti tattici, di accorgimenti diplomatici, di accostamenti promiscui con altri gruppi politici sinistroidi, di innovazioni di significato sibillino nel campo del complesso intrecciarsi del rapporto partito e classe. Come pure escludono che il Partito rafforzi la sua compagine ritornando ad esercitazioni burocratiche di una fasulla disciplina formale, contraltare del ripristino di pratiche democratiche ormai espulse per sempre non solo dal nostro seno, ma anche dallo Stato e dalla società . Mezzucci, questi, che uccidono il Partito come organo della classe, quando anche se ne vedessero aumentare gli effettivi. Espedienti che tradiscono l’ansia di capi e semi-capi a “sfondare”, nell’illusione che si possa uscire dal ghetto, in cui il vero partito è costretto, non certo per volontà propria, ma dalla pressione semisecolare della controrivoluzione vittoriosa alla scala mondiale, deformando i compiti e la natura del Partito stesso. La migliore dimostrazione dell’inanità di tali manovre, più che trarla dalla critica delle idee, è verificabile dall’esperienza storica. I rapporti di forza tra le classi sociali non sono affatto mutati, malgrado che, da parte di Trotkisti delle varie tendenze, di sinistroidi di mille colori sia stato predicato a tutti i venti l’adeguamento del Partito alle situazioni, una politica realistica , consistente in un cambiamento continuo di rotta.

Se il perimetro del partito è oggi ristretto e la sua influenza sulle masse proletarie quasi inesistente, la ragione va ritrovata nella lotta di classe, nelle vicende storiche, e si deve avere il coraggio di concludere o che il marxismo va buttato via e con esso il suo partito politico, o che il comunismo marxista deve restare invariante. Anche da questa verifica materialistica e storica, dopo averla anticipata in sede dottrinale, la Sinistra ha tratto la feconda lezione: nulla da innovare, niente da cambiare, Fermi al nostro posto!”.

Notes sur la situation syndicale en France

Une énumération de toutes les luttes ouvrières de ces dernières années en France, la plupart du temps canalisées puis liquidées par l’opportunisme syndical sur le terrain de la conciliation et sur l’autel de la paix sociale, serait trop longue et, de toute façon, incomplète.

Pour des syndicats tricolores, l’ABC est bien sûr la défense de la sacro-sainte démocratie. La «défense des libertés» (en régime capitaliste les classes dominantes sont libres d’exploiter et d’opprimer) permet de dévier toute lutte, d’utiliser gratuitement des énergies prolétariennes. Les élections et les campagnes les précédant se doivent d’être «calmes et sereines». L’Humanité (05/04/1974) l’affirme tout net : « Si la CGT a déjà fait preuve d’esprit civique et constructif autrement qu’en paroles (…), force est de constater que le patronat comme l’État-patron s’en tiennent à une position hermétique interdisant le règlement négocié des conflits qui se prolongent ». On se souvient de l’ardeur de nos compères syndicaux à faire reprendre le travail aux grévistes dès la fin Mai 1968… dès que De Gaulle leur proposa une issue de secours : des élections législatives.

Qui dit défense de la démocratie dit aussi anti-fascisme «le plus large possible», c’est-à-dire incluant toutes les couches et classes sociales possibles dans un horrible magma dont le seul but est de défendre le capitalisme ; contre les milices privées aux ordres des patrons, les syndicats demandent le renforcement de l’État par «des moyens plus adéquats pour la police» : comme si l’État n’était pas un «appareil de coercition», de domination au service de la classe dominante !

La défense de l’économie nationale, de sa compétitivité est aussi un des piliers de l’action des syndicats tricolores. Il suffit d’ouvrir une Vie Ouvrière (CGT) au hasard pour y trouver un hymne à la nation ; simplement quelques exemples : Berteloot, secrétaire CGT : « La CGT a eu plusieurs fois l’occasion, par la voix de ses militants les plus autorisés (?) de préciser qu’elle n’entendait pas compromettre par des exigences immédiates insoutenables pour l’économie du pays la réalisation d’un programme de la gauche qu’elle a soutenu depuis son origine. » (Septembre 1974). On l’a vu depuis Mai 1981 : les seules «actions» de la CGT ont consisté en des surenchères verbales qui, par définition, n’ont guère porté atteinte à «notre économie». De même, H. Krasucki, secrétaire CGT : « L’économie française est compétitive. La productivité en France est une des plus élevées des pays industrialisés et nos coûts salariaux parmi les plus bas de la CEE. » (Le Monde, 22 Février 1977). L’affirmation, toute à l’honneur de bonzes qui font bien leur travail et en commentent les résultats, montre aussi leur force relative : ils ont à leur disposition d’amples marges pour dévier et contrôler les luttes ouvrières, sans pour cela être contraints, dans la plupart des cas, de les nier ouvertement et d’appeler tous les jours aux sacrifices, comme c’est le cas en Italie par exemple. Enfin, terminons ce point par un morceau que seule L’Humanité est capable de pondre, nous rappelant la triste période de Waziers (1945) où le secrétaire du PCF, Thorez, faisait le tour des corons pour appeler à «produire plus»… pour reconstruire le capitalisme en lui permettant une accumulation intensive et sans heurts : « Les mineurs du Nord, de Lorraine, des Cévennes ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas de bavarder pour produire français. Ils ont déjà obligé le pouvoir à freiner la mise au rancart de notre industrie charbonnière. En s’appuyant sur le plan de lutte de Georges Marchais (amuse-gueule pour périodes électorales), ils sauront imposer une progression de notre production charbonnière. » (L’Humanité, 13/01/1981). Produire plus, cela veut dire aller encore plus profond, produire mieux, c’est augmenter les cadences : il est vrai que ce ne sont pas les patrons des Houillères ni les bonzes syndicaux qui descendent dans les mines se faire ronger par la silicose !

Réalisme oblige : le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) avancé par les centrales varie comme des titres en Bourse : ainsi, la mort de Pompidou et la possibilité de l’arrivée d’un gouvernement de gauche firent passer du jour au lendemain la revendication, qui était de 1500 Francs par mois, à 1200… en Avril 1974. De toute façon, il ne s’agissait pas de défendre le pouvoir d’achat des prolétaires, mais d’une revendication «pour relancer la consommation intérieure» et donc l’économie nationale, alors, 1500 ou 1200…

C’est par rapport aux travailleurs immigrés que les positions chauvines des syndicats sont les plus criantes. La demande d’une «régulation des flux migratoires» à l’État se fait toujours plus pressante dès la fin des années 60. Ainsi la CFDT : « Un véritable contrôle de l’immigration devrait recouvrir une politique générale de l’immigration. » (Syndicalisme-hebdo, 24/07/1975). La CGT ne fait que reprendre les positions empoisonnées du PCF : « Il conviendrait également d’exiger du patronat une révision à long terme, sur 6 mois ou 2 ans, des besoins de la profession en main d’œuvre étrangère, en liaison avec l’O.N.I (Office National de l’Immigration, créé en 1945, déjà par les staliniens !) pour éviter le chômage » (L’Humanité, 18/08/1971).

Pratiquement, la CGT est depuis longtemps le cadre d’organisation d’une partie des ouvriers, employés français, et non de France. Le dernier argument en date des bonzes se résume ainsi : les travailleurs immigrés ont les emplois les plus mal qualifiés, les plus mal payés, donc inutile de les faire rentrer en France si c’est pour leur réserver ce sort, surtout depuis la crise. Le sort des immigrés, dont ils sont autant responsables par leur politique de division que les patrons et l’État, les émeut… seulement quand cela peut alimenter leurs campagnes chauvines !

Les deux millions de chômeurs officiels sont traités de la même façon : pas question de les organiser, comme pouvait le faire la CGT au début du siècle, aux côtés des travailleurs ayant un emploi, c’est tout juste une masse utilisable… pour mieux faire fonctionner l’appareil de production sous-utilisé et donc pour abaisser les coûts de revient et être plus compétitifs sur les marchés, etc… «Défendons le potentiel industriel national» sermonnent les bureaucrates syndicaux : notre pays ne doit pas devenir un pays sous-développé, il faut donc investir dans les secteurs à haute technologie « afin que la France ne se trouve pas à la prochaine conférence des pays les moins avancés avec les plus pauvres. » (le dirigeant de l’Union Départementale CGT Isère à Grenoble, Novembre 1981). Défense de l’économie nationale : sur le dos des travailleurs immigrés, des chômeurs… et même des masses affamées des pays dominés.

Comme l’économie capitaliste est une économie d’entreprises, nos syndicats rivalisent dans la défense de celles-ci, qu’elles soient publiques ou privées. Des sommets furent atteints avec Concorde («défense de la technologie française»), Manufrance («fabriquons des fusils français») ou en 1978-1979 lors de la restructuration de l’appareil sidérurgique : les maux de la sidérurgie en Lorraine étaient «expliqués» par «la voracité des trusts allemands» qui s’emparaient des marchés de «nos» industries… Les syndicats ont même, quand cela était nécessaire, négocié et signé des accords de réduction des salaires «pour sauver l’entreprise» : ainsi aux Ateliers Roannais de Constructions textiles en ’79-’80, à Linvosges à Gérardmer en 1980, pour renflouer une entreprise «victime d’une mauvaise gestion».

Les propositions de la CGT de «plans industriels de sauvetage», les «fabriquons français» du PCF correspondent aux «plans de reconversion» avancés par le PS, au «vivre et travailler au pays» de la CFDT : derrière les diverses formules, on retrouve le même acharnement, de compères faisant tout pour lier le sort des prolétaires à celui du capitalisme, de ses unités locales, régionales, nationales. Toute leur action se situe dans ce cadre, qu’ils ne veulent pas modifier, qu’ils tiennent à sauvegarder, avec un instrument qu’ils ont depuis longtemps rodé, et que nous allons voir maintenant : le compromis, la discussion pour le partage des miettes : « Obtenir des résultats concrets, donner espoir, passent par les nécessaires compromis avec ceux qui dirigent l’économie et la vie sociale. » (J. Moreau, Syndicalisme 12/01/1978, cité par Rouge). Des revendications qui puissent calmer les ouvriers et qui soient acceptables par les patrons, voilà bien le terrain de manœuvre de ces pompiers sociaux.

La collaboration avec la classe bourgeoise a pris et prendra sans doute encore des formes très diversifiées. Une des manœuvres favorites des bonzes est l’isolement des luttes ; c’est ce que la CFDT a théorisé avec sa «tactique du harcèlement», qui ne vise à épuiser que les travailleurs par des actions momentanées et le plus cloisonnées possible.

Les syndicats font tout leur possible pour faire échouer les efforts des rares travailleurs combatifs qui tentent de faire connaître leurs luttes, leurs problèmes aux travailleurs d’autres entreprises, et toute tentative de coordination est combattue comme provocatrice, anti-syndicale, etc. La presse syndicale n’est pas en reste, diffusant quand il le faut des informations tronquées, par exemple sur la soi-disant reprise du travail «par la majorité» ; et quand l’information diffusée est vraie, c’est qu’elle est passée avec le retard voulu et n’a plus guère d’utilité. Aucune bataille centrale n’a jamais été menée contre les licenciements : les bonzes font appel à des commissions paritaires, aux prud’hommes, à «l’opinion publique», quelquefois on occupe une usine close. Un exemple type de «réaction syndicale», parmi tant d’autres : l’usine Karting (textiles) qui ferme ses portes en novembre 1981 à Grenoble, 470 personnes, surtout des femmes, licenciées, la CGT demande… qu’un expert-comptable vérifie la gestion passée de la direction !

Action, pour les syndicats du régime, cela signifie donc négociation, concertation. La grève, arme de classe par excellence, est le dernier recours en cas d’échec des négociations. Pour retarder le déclenchement des grèves, les bonzes en arrivent à l’argument suivant : ce sont les patrons qui ne veulent pas négocier. Pas question de les faire céder, il s’agit simplement de discuter entre gens du meilleur monde de la répartition de la plus-value arrachée aux travailleurs. Les années ’70 ont vu se développer les fameuses «journées d’action» (dont la caractéristique principale est que rien ne se passe), la plupart sans un seul arrêt de travail prévu, programmées 6 mois à l’avance pour mieux démobiliser les travailleurs… et sans doute surprendre les capitalistes. Contre ces liquidateurs, la classe devra se réapproprier ses propres armes : grève sans préavis, sans limitation de durée.

Isolement, pourrissement des luttes, négociations et accords contre la classe ouvrière : tel est le triste et lourd bilan des syndicats opportunistes. On se souvient de l’accord «d’unité d’action» CGT-CFDT du 26 juin 1974 : ce texte rejetait les «comités anti-syndicaux irresponsables» et se proposait d’œuvrer «contre toute intervention extérieure au mouvement syndical dans la conduite des luttes» : c’était entériner les structures syndicales verticales comme seul cadre d’organisation du prolétariat, structures «représentatives» comme on le sait (qualificatif – texte législatif à l’appui – gracieusement accordé par l’État bourgeois pour bons et loyaux services). L’accord récent du 17 juillet 1981 (tous les syndicats ont signé, sauf la CGT, encore plus hypocrite, qui avait négocié pendant seize mois sous Giscard et qui, de toute façon et à son habitude, ne dénonce pas l’accord et demande même son application) propose les 39 heures hebdomadaires… négociables branche par branche et un lot de 130 heures (rien que ça !) supplémentaires par an dont le patron peut disposer à sa guise sans aucun contrôle de la Direction du travail. On se rappelle la loi des 40 heures, votée en 1936, et jamais appliquée. Cadeau au patronat – tromperie, marchandage sur le dos des travailleurs, tel est le contenu de ces accords. Les discours de défense de la hiérarchie, des systèmes de classification (surtout s’ils sont négociés démocratiquement !) et les conventions collectives dont est fier le patronat vont dans le même sens.

Travailler à ce que tout débordement des cadres imposés par l’État et les syndicats soit rapidement étouffé, par la calomnie, la délation ou la violence physique correspond à la volonté et à l’intérêt des bonzes d’interdire toute vie classiste véritable. La transformation des statuts de la CGT en 1971 est significative à cet égard ; l’article premier des statuts de 1906 (Amiens) disait :

« La CGT a pour but de grouper, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques et religieuses, toutes les organisations composées de salariés conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat, et désireux de défendre leurs intérêts moraux et matériels, économiques et professionnels ».

Dans le texte modifié :

« La CGT s’assigne pour but la suppression de l’exploitation capitaliste, notamment par la socialisation des moyens de production et d’échange ».

D’une façon globale, ce n’est pas la remise en cause du profit qui intéresse les bureaucrates, mais son utilisation, son affectation, sa répartition, vu que l’État capitaliste peut se permettre de leur en jeter encore quelques miettes pour s’engraisser dans ces centres commerciaux que sont devenues les Bourses du Travail.

Pratiquement, la mise au pas des prolétaires signifie aussi expulsion de ceux qui sont combatifs ou des sections qui ne se conforment pas aux directives de l’opportunisme syndical. Soit on exclut les délégués (Berliet, Lyon en 1975), soit on dissout la section toute entière (section mineurs CGT de La Mure en 1976, livre CGT à Rouen en 1975, une partie de l’Union Départementale Gironde en 1976, la section BNP-CFDT de Paris en janvier 1978 – plus de 1000 adhérents – la section Centre de Tri de Lyon Gare CFDT en 77, celle de Créteil en 1980, …).

Sombre passif : les dégâts d’un demi-siècle d’encadrement par les syndicats vendus sont lourds et pèsent de tout leur poids sur le mouvement ouvrier qui, à quelques brefs épisodes près, subit encore l’écrasement opportuniste et n’a pas la force de se relever pour se défendre contre la trilogie si solidement soudée patrons-État-syndicats. La confusion et le poids de la contre-révolution règnent en maître, et les fausses oppositions des groupes gauchistes ne les remettent pas en cause.

Révolutionnaires en parole et conciliateurs dans les faits, ceux-ci, au lieu de dénoncer l’opportunisme syndical et de l’attaquer pour ce qu’il est, ne font que donner aux centrales la caution «gauche syndicale» et désorientent un peu plus les rares prolétaires qui ne se soumettent pas aux consignes opportunistes. L’alternative au collaborationnisme syndical ne se trouve pas dans un «redressement» de ses structures, définitivement au service de l’ordre bourgeois, ni dans un changement de direction pour gérer «autrement» l’appareil syndical, mais passe par la reconstruction d’un véritable syndicat de classe, se réappropriant les méthodes et les buts de la classe ouvrière, organe aussi indispensable à la classe que l’est son Parti.

Passons sur les groupes «ex-mao» qui, après un semblant d’opposition hors des syndicats à la fin des années 60, ont réintégré le bercail des syndicats du régime et font concurrence aux opportunistes dans la défense de l’économie nationale. Les tenants de la «gauche syndicale», dont la tradition et l’implantation sont plus anciennes, ont une influence beaucoup plus pernicieuse ; cette tendance a permis aux directions syndicales de canaliser les rares travailleurs qui ne se soumettaient pas à leurs orientations, en leur offrant un courant «critique» qui, dans les faits, se soumet totalement aux manœuvres opportunistes. Se distinguant par de simples surenchères verbales, la gauche syndicale fait partie des syndicats du régime au même titre que les briseurs de grève du PCF. Faute d’avoir les instruments théoriques et de se donner les moyens pratiques d’une distinction claire avec l’opportunisme, la gauche syndicale apporte un peu plus de confusion quant à la situation syndicale et répand des illusions sur la possibilité d’influencer, de «mettre au pied du mur» les directions syndicales afin qu’elles se mettent à défendre, tout d’un coup, les intérêts prolétariens. Illusions démocratiques bien entretenues et, toujours, défense inconditionnelle des bonzes (certains le sont devenus) quand les travailleurs mettent en accusation les syndicats actuels comme organe de collaboration de classe. Il est clair qu’aucune solution n’est à rechercher de ce côté : une fois son vernis idéologique «radical» dévoilé, il ne reste plus rien à la gauche syndicale, si ce n’est quelques bonzes ou apprentis-bonzes qui piaillent… et un service d’ordre qui a de moins en moins à envier à celui de la direction CGT ou CFDT.

Un mot, enfin, à propos de ceux qui, se réclamant encore de la tradition de la Gauche Communiste (et, de plus en plus, des diverses oppositions de gauche au stalinisme), sont incapables maintenant de définir une orientation syndicale claire. Chez eux, les rapports parti-syndicats-classe sont devenus si confus qu’ils ne savent même plus où se situent les soviets dans cette hiérarchie et que le rôle de l’échelon syndical est remis en cause («L’histoire nous dira…»). Face à ce brouillard théorique, leurs pratiques ne peuvent qu’être divergentes et centrifuges, car fruits d’analyses locales, vu le flou des directives centrales.

Nous aurons l’occasion de revenir sur la perspective communiste, qui consiste dans un travail long et patient afin d’œuvrer à la renaissance d’un véritable syndicalisme de classe, et passe nécessairement par une lutte incessante de dénonciation du syndicalisme tricolore, par l’organisation des prolétaires hors et contre ces syndicats.