Communiqué du Bureau International sur le cas Eiffel
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- Octobre 3 ()
Le Bureau avait été saisi, par le Cde Eiffel, d’une demande d’enquête afin d’établir les bases éventuelles des accusations portées contre lui par l’organe trotskyste mexicain La IV Internacional, qui le présentait comme un agent de la Gépeou.
Déjà la « Lettre Ouverte » des fractions belge et italienne de la gauche communiste internationale, publiée dans le nº 44 de Bilan et le nº 7 de Communisme, avait très exactement posé le problème. Adressée au « Centre pour la IV° Internationale », et après avoir précisé que la publication trotskyste ne pouvait laisser aucun doute quant à la nature politique des mobiles de la dite accusation, cette lettre demandait que les mesures soient prises pour faire cesser une campagne qui, sur les traces des méthodes staliniennes, visait à ameuter les ouvriers contre les « agents du fascisme » que seraient les internationalistes luttant pour la fraternisation, le défaitisme révolutionnaire et contre la guerre impérialiste.
La Section Belge du Centre pour la IV° Internationale, s’empressa de communiquer à la fraction belge qu’elle allait demander des renseignements à la direction internationale afin d’éclaircir cette affaire. Jusqu’à présent et malgré les sollicitations du Bureau, ni la section belge, ni le centre international, n’ont donné de réponse à la lettre ouverte.
Par contre, le Boletín Interno d’octobre 1937, publiait – pour mettre ses lecteurs au courant des opinions contraires à celles des trotskystes dans le conflit sino-japonais – un article attribué à tort ou à raison au prétendu agent de la Gépeou devenu, pour la circonstance, rédacteur extraordinaire du Bulletin. Le même Boletín, ainsi que le numéro d’octobre 1937 de La IV Internacional, ont publié d’autres attaques contre le Cde Eiffel, pour prouver que sa position de défaitisme révolutionnaire dans le conflit sino-japonais était fille naturelle de ses anciennes conceptions de membre du Parti Communiste Indépendant d’Allemagne. La preuve était donc faite par les dénonciateurs eux-mêmes que, non seulement dans le domaine de la dénonciation, mais aussi dans les procédés politiques, les trotskystes s’en tenaient à la méthode centriste et ce pour éviter l’analyse des problèmes politiques.
Le Bureau, qui accepta de mener l’enquête, mais non conjointement à d’autres organisations ayant une position anti-prolétarienne dans les questions cruciales actuelles du mouvement (guerres d’Espagne et de Chine), s’adressa aux milieux européens de l’émigration allemande et reçut des réponses définitives sur le passé de l’intéressé qui le mettent à l’écart des accusations trotskystes. En même temps, la R. W. L. à qui le Bureau s’était adressé et dont Eiffel faisait précédemment partie, n’a pas cru devoir répondre aux demandes de renseignements du Bureau.
Dans ces conditions, le Bureau estime devoir classer l’affaire et signaler au mépris des travailleurs, les agissements de ceux qui font appel à l’aide de la police, aussi bien qu’à l’excitation des prolétaires, pour avoir raison des prolétaires internationalistes.
Le Bureau conclut en affirmant que, par cette résolution sur un cas personnel bien délimité, il n’entend nullement donner une solution au problème politique de la formation de la fraction de la gauche communiste au Mexique, problème qui n’avance nullement malgré les sollicitations répétées adressées au « Grupo de Trabajadores Marxistas » dont l’activité semble s’être bornée au Manifeste sur les événements de Barcelone, et à une polémique avec les trotskystes. Le Bureau ne cesse d’avoir l’espoir de voir ce groupe s’orienter vers la formation de la fraction de gauche au travers d’une analyse de la situation nationale et internationale, pour fixer les notions principielles de la lutte du prolétariat mexicain et mondial.