Parti Communiste International

Prometeo (I) 1924/5

Organisation et discipline communiste

Les problèmes d’organisation au sein du parti révolutionnaires sont d’une vive actualité après l’importante discussion qui vient d’avoir lieu au sein du parti communiste Russe. En outre, ils jaillissent à nouveau au travers de toute la polémique des communistes contre les autres mouvements qui se réclament du prolétariat ; ils apparaissent enfin dans les débats internes lorsque surgissent des divergences et des crises particulières à notre organisation communiste internationale.
Pour l’essentiel, la question est mal posée, du fait qu’on oppose deux critères qui ont une même base : la dépendance mécanique à un centre ou une majorité démocratique. A l’inverse, la question doit être posée selon la méthode dialectique et historique car, pour nous marxistes, un « principe » qu’il soit centraliste ou démocratique n’a aucune signification en tant que règle préjudicielle dont il faut partir obligatoirement pour résoudre le problème. Dans Rassegna Communista figure un article traitant du « principe démocratique ». On envisage son application dans l’État aussi bien que dans les organisations syndicales, et politiques, et en démontrant que, pour nous un tel principe n’a aucune consistance en lui-même de sorte qu’il ne représente qu’un mécanisme de démocratie numérique et majoritaire, qui peut être utile d’adopter ou de ne pas adopter, par tel ou tel organisme donné ; selon la situation historique déterminée.
La pensée marxiste implique la critique de la clinquante illusion majoritaire selon laquelle la voie juste ressort toujours de la confrontation entre les chiffres à une votation ou chaque individu a le même poids et la même influence. Et cette critique, de la règle majoritaire peut aller jusqu’à son rejet lorsqu’elle s’avère illusoire et ce, non seulement dans la monumentale tromperie de l’État bourgeois parlementaire, mais encore dans le fonctionnement de l’État révolutionnaire. En ce qui concerne les organismes économiques prolétariens et notre Parti, il en est de même sauf à l’appliquer en l’absence d’un système organisatif meilleur. Nul ne connaît plus que nous, marxistes, l’importance de la fonction d’une minorité organisée, et la nécessité absolue dans les phases de luttes révolutionnaires pour la classe et le Parti qui la conduit, de fonctionner sous la stricte direction des hiérarchies de leur organisation et suivant la plus ferme discipline.
Mais si nous nous sommes ainsi libérés de tout préjugé de caractère égalitaire et démocratique, nous ne tombons pas pour autant dans le préjugé inverse, qui est négation formaliste et métaphysique du principe démocratique. C’est ce que nous écrivions déjà dans la première partie de l’article sur la question nationale, sur la méthode à employer pour la solution des grands problèmes du communisme.
Dans la pratique, le mécanisme organisatif et la règle de fonctionnement interne adoptés par les partis communistes sont pour ainsi dire, une ligne intermédiaire entre le centralisme absolu et la démocratie absolue, c’est ce qui résulte de l’expression même de « centralisme démocratique », utilisée dans les thèses de l’Internationale, comme le camarade Trotsky l’a fort opportunément rappelé dans la fameuse lettre qui a suscité de grandes discussions chez nos camarades russes.
Disons tout de suite que nous ne croyons pas que les problèmes révolutionnaires peuvent trouver leur solution dans les traditionnels principes abstraits de « liberté » ou d’ « autorité ». A plus forte raison, ne pouvons nous être satisfaits par l’expédient consistant en une espèce de mixture des deux termes précités, considérés comme éléments fondamentaux que l’on combine diversement entre eux.
Pour nous, la conclusion communiste, dans les problèmes d’organisation et de discipline, doit être plus complète, plus satisfaisante et plus originale. Pour éviter d’entrée tout mal entendu, disons qu’il est bien établi que nous sommes contre tout système d’organisation fédéraliste et autonomiste et que nous acceptons le centralisme avec ce qu’il comporte de synthèse unitaire en opposition à l’association quasi fortuite et « libérale » de forces surgissant d’initiatives indépendantes les plus diverses. Nous préférons depuis longtemps l’expression de « centralisme organique ». Nous donnerons une forme plus systématique aux considérations exposées ici dans les textes que nous avons l’intention de soumettre au 5ème Congrès mondial de l’Internationale. Nous avons déjà abordé ce même problème dans les thèses du 4ème Congrès qui viennent d’être publiées dans « Stato Operaio ».
Voici tout d’abord quelques simples rappels historiques dans le but d’éviter toute solution simpliste du problème, et notamment celle qui veut qu’à tout moment on procède à un vote donnant raison à la majorité, et l’autre qui, à l’inverse donne toujours, raison à la hiérarchie centrale et suprême. Il s’agit de montrer comment, par une voie réelle et dialectique on peut surmonter effectivement des dilemmes souvent pénibles auxquels donnent lieu les solutions de nature disciplinaire.

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Rapportons-nous à l’histoire des partis socialistes traditionnels et de la IIe Internationale. Ces partis par le truchement des groupes opportunistes qui en avaient pris la direction, se réfugiaient dans l’ombre des principes bourgeois de démocratie et d’autonomie des différents organes, Mais cela n’empêchait évidemment pas que contre les groupes de gauche réagissant contre les tendances révisionnistes et opportunistes, on utilisait largement l’épouvantail de la discipline à l’égard de la majorité et celui de la discipline à l’égard des chefs. Qui plus est, cela devint l’expédient fondamental par lequel ces partis purent assumer, surtout lors du déclenchement de la guerre mondiale, la fonction – dans laquelle ils dégénérèrent – d’instrument de mobilisation idéologique et politique de la classe ouvrière pour le compte de la bourgeoisie. Les éléments de droite imposèrent une véritable dictature contre laquelle les révolutionnaires durent lutter non parce que les principes immanents de démocratie interne du parti étaient violés, ni parce que le critère de centralisation du parti de classe, revendiqué par la gauche, était mis en question, mais tout simplement parce que dans la réalité concrète, il fallait combattre des forces effectivement anti-prolétariennes et anti-révolutionnaires.
Dès lors se justifiait pleinement dans ces partis la constitution de fraction d’opposition aux groupes dirigeants et l’exercice à leur égard d’une critique impitoyable, pour en arriver enfin à la séparation et à la scission, qui permirent la fondation des Partis communistes actuels.
Il est donc évident que le critère de la discipline pour la discipline est adopté, dans des situations données, par les contre-révolutionnaires et sert d’obstacle à la formation du véritable Parti révolutionnaire de classe.
L’exemple le plus glorieux sur la façon dont il faut mépriser l’influence démagogique de tels sophismes nous est fourni par Lénine, qui fut cent fois attaqué comme désagrégateur, violateur des devoirs envers le parti, mais n’en poursuivit pas moins sa route imperturbablement, et devint avec une parfaite logique le défenseur des sains critères marxistes de centralisation organique dans l’État et dans le Parti de la révolution. A l’inverse, le plus malheureux exemple de l’application formaliste et bureaucratique de la discipline nous a été donné par le vote de Karl Liebknecht qui s’estimait contraint, le 4 août 1914, de voter en faveur des crédits de guerre.
Il est donc certain qu’à certains moments et dans certaines situations, dont la possibilité de se produire et de se reproduire doit être examinée au mieux, l’orientation révolutionnaire est contresignée par la rupture avec la discipline et le centralisme hiérarchique de l’organisation antérieure.
Il n’en va pas différemment dans les organisations syndicales, dont un grand nombre est encore aujourd’hui dirigé par des groupes contre-révolutionnaires. Là aussi les dirigeants manifestent de trop grandes faiblesses pour la démocratie et la liberté bourgeoises, et se rangent parmi ceux qui repoussent avec horreur les thèses communistes sur la violence et la dictature révolutionnaires. Cela n’empêche pas que les communistes, luttant au sein de tels organismes doivent continuellement dénoncer les procédés dictatoriaux des bureaucrates et mandarins de la direction, et la méthode concrète pour essayer de les détrôner est de revendiquer dans les assemblées et dans les votes l’application d’une pratique démocratique. Cela ne veut pas dire que nous devions nous réfugier dans une croyance dogmatique en la démocratie statutaire, car il n’est pas exclu, dans des situations données qu’il faille prendre la direction de tels organismes, même par un coup de force. Le fil conducteur qui nous relie à notre but révolutionnaire ne peut donc jamais se trouver pour nous, dans le respect formel et constant aux chefs officiellement investis, ni dans l’accomplissement indispensable de toutes les formalités d’une consultation électorale. Nous répétons que notre solution doit être trouvée d’après une méthode tout autre et bien supérieure.

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Le problème devient plus difficile et plus délicat, lorsque nous passons à l’examen de la vie interne des Partis et de l’Internationale Communiste. Toute une évolution historique nous sépare de la situation qui, au sein de la vieille Internationale, a poussé à la constitution de fractions, qui étaient des partis dans le parti, et détermina la rupture systématique de la discipline pour nous acheminer vers la scission féconde en conséquences révolutionnaires.
Sur un tel problème, notre opinion est qu’on ne peut pas résoudre la question de l’organisation et de la discipline au sein du mouvement communiste si on ne les relie pas étroitement aux questions de théorie, de programme et de tactique.
Nous pouvons nous imaginer un type idéal de parti révolutionnaire comme la limite que nous nous proposons d’atteindre et d’essayer d’en dessiner la constitution interne et la règle de vie. Nous arriverons facilement à la conclusion que, dans un, tel parti, on ne peut admettre des rivalités de fractions et des dissensions entre les organes périphériques et la direction centrale. Mais si nous appliquons purement et simplement ces conclusions à la vie de nos partis et de notre internationale, nous n’auront rien résolu ; non, certes, qu’une telle application intégrale ne soit pas pour nous tous hautement désirable, mais qu’en pratique nous ne nous rapprochons nullement de ce modèle. Ce ne sont pas seulement des exceptions, mais encore les faits qui nous conduisent à considérer que la règle est la division des partis communistes en fractions et les dissensions qui se transforment parfois en conflits entre ces partis et l’Internationale.
Malheureusement, la solution n’est pas facile. Il faut bien reconnaître que l’Internationale ne fonctionne pas encore comme un parti communiste mondial unique. Indubitablement elle est seulement sur la voie pour arriver à ce résultat, et certes elle y a fait des pas de géant, par rapport à la vieille Internationale. Mais pour nous assurer qu’elle se dirige effectivement et de la meilleure façon dans cette direction souhaitée, et pour conformer à cet objectif notre action de communiste, nous devons associer notre confiance dans l’existence et la capacité révolutionnaire de notre glorieuse organisation mondiale, à un travail continu basé sur le contrôle et l’évaluation rationnelle de tout ce qui arrive dans ses rangs et dans ses choix politiques.
Considérer la discipline maxima et parfaite, découlant d’un accord universel allant jusque dans les considérations critiques de tous les problèmes du mouvement, non pas comme un résultat à atteindre mais comme un moyen infaillible à employer avec une conviction aveugle en disant « tout court » : l’Internationale est le parti communiste mondial, et il n’y a plus qu’à suivre fidèlement tout ce qui émane de ses organismes centraux, c’est pour le moins résoudre le problème avec des sophismes.
Nous devons rappeler, au départ de notre analyse, que les partis communistes sont des organisations à adhésion « volontaire ». C’est un fait inhérent à la nature historique des partis, et nullement la reconnaissance d’un quelconque « principe » ou « modèle ». Le fait est que nous ne pouvons obliger personne à prendre la carte du Parti, nous ne pouvons pas non plus instaurer un système de conscription pour une levée de communistes, ni même exercer une sanction contre celui qui ne se conforme pas à la discipline interne : chacun de nos adhérents est matériellement libre de nous quitter, quand il le croit opportun.
Nous ne voulons pas dire par-là qu’il est désirable ou non qu’il en soit ainsi : le fait est qu’il en est ainsi et qu’il n’y a pas de moyens susceptibles de changer cela. Par conséquent, nous ne pouvons pas adopter la formule, certes riche en beaucoup d’avantages, de l’obéissance absolue dans l’exécution des ordres venus d’en haut.
Les ordres que donnent les hiérarchies centrales, ne sont pas le point de départ, mais le résultat du mouvement tout entier fonctionnant comme une collectivité. Ceci n’est pas dit dans le sens sottement démocratique ou juridique, mais dans le sens réel et historique. En disant cela, nous ne défendons pas un « droit » de la masse des communistes à élaborer les directives auxquelles doivent s’en tenir les dirigeants : nous constatons que la formation d’un parti de classe se pose en ces termes, et c’est pour ces prémisses que nous devons effectuer l’étude du problème.
Ainsi se dessine le schéma des conclusions auxquelles nous tendons. Il n’est pas de discipline mécanique susceptible d’appliquer n’importe quel ordre ou directive : c’est un ensemble cohérent d’ordres et de directives, répondant au but réel du mouvement qui est susceptible de garantir le maximum de discipline, c’est-à-dire une action unitaire de tout l’organisme, en d’autres termes que certaines directives émanant du centre peuvent compromettre la discipline et la solidité organisative, il suffit qu’elles ne soient pas cohérentes.
Il s’agit donc de délimiter la tâche des organes dirigeants. Qui devra le faire ? C’est tout le parti, toute l’organisation, qui doit le faire, non dans le sens banal et parlementaire de son droit d’être consulté sur le « mandat » à conférer aux chefs élus dans les limites de celui-ci mais dans le sens dialectique qui considère la tradition, la préparation, la continuité réelle de pensée et d’action du mouvement. Justement parce que nous sommes anti-démocrates, nous pensons qu’une minorité peut avoir une vision plus conforme aux intérêts du mouvement révolutionnaire que la majorité. Certes, cela n’arrive qu’exceptionnellement et le cas où se présente la rupture de discipline est d’une extrême gravité, comme le montre l’histoire de la vieille Internationale. Et il est certes souhaitable que cela ne se reproduise pas dans nos rangs. Mais, sans envisager ce cas extrême, il y a d’autres situations moins aiguës et moins critiques, on peut considérer comme utile et indispensable que des groupes demandent que soient précisées les directives tracées par le centre dirigeant.
En bref, telle est la base de l’étude de la question. Il faudra affronter le problème en tenant compte de la nature historique réelle du parti de classe, à savoir un organisme qui tend à être l’expression unifiée d’un mouvement vers un but central et commun de toutes luttes prolétariennes particulières, jaillies du terrain social, organisme qui est caractérisé par la nature volontaire des adhésions.
Ainsi se résume notre thèse, et nous croyons être fidèles à la dialectique du marxisme : l’action développée par le parti ainsi que la tactique adoptée, c’est-à-dire la manière dont le Parti agit sur « l’extérieur » ont, à leur tour, des conséquences sur son organisation et sa constitution « interne ». Celui qui, au nom d’une discipline illimitée, prétend engager le parti dans n’importe quelle action tactique ou manœuvre stratégique, autrement dit celui qui engage le parti en dehors des limites bien déterminées et connues de l’ensemble des militants, le compromet fatalement.
Nous arriverons au maximum désirable d’unité et de solidité dans la discipline, à condition seulement d’affronter le problème sur cette base, et non en prétendant qu’il est déjà résolu a priori grâce à une banale règle d’obéissance mécanique.

Amadeo BORDIGA (mai 1924)

Teoria del materialismo storico (Pt.1)

Questa puntata e le altre che seguiranno sul materialismo storico nei prossimi numeri di Prometeo potrebbero a maggior diritto portar la firma del comp. Bucharin anziché la mia: ciò mi preme di dichiarare subito perché nessuno possa accusarmi di voler parere bello delle penne del pavone e più ancora per dovere di sincerità verso i nostri lettori proletarii. Dirò di più: avevo intenzione di scrivere alcuni articoli su questo interessantissimo argomento e già ne avevo in mente la trama, quando mi occorse di leggere il libro di Bucharin Teoria del materialismo storico edito in russo a Mosca pei tipi della libreria di Stato e credo già tradotto in tedesco dalla comp. Rubines. La perfetta coincidenza di vedute e soprattutto l’ordine e la sistematicità seguita dal Bucharin nella sua trattazione mi hanno indotto a soffermarmi egualmente sull’argomento, ma attenendomi, specialmente per ciò che riguarda l’ordine dell’esposizione, un po’ più fedelmente di quel che forse non avrei fatto, al modello che già esiste.

INTRODUZIONE

Gli scienziati borghesi quando si soffermano su qualche argomento di loro competenza, parlano con fare grave e misurato e direi quasi ieratico, come se la scienza fosse alcunché di nato non sulla terra, ma di disceso dal cielo: invece ogni scienza nasce dalle necessità della società e delle sue classi. Nessuno fa il conto delle mosche che si posano in ogni ora sul davanzale della sua finestra o delle foglie che cadono in autunno, ma c’è qualcuno invece che si preoccupa di contare il bestiame e di osservar le leggi della sua prolificazione, come di osservare la natura degli atomi delle materie e dei prodotti di cui ci serviamo, e più ancora della società in cui viviamo.

La classe operaia, ad ogni passo della sua lotta, si trova di fronte alla necessità della conoscenza delle scienze sociali: proprio per sviluppare la sua lotta contro le altre classi, essa deve sapere come queste classi si comportano, quali le loro condizioni e il loro sviluppo. Questo, in una prima fase, dopo la presa di possesso del potere, dovrà lottare contro il regime capitalistico degli altri paesi e con i resti della controrivoluzione; risolvere difficilissimi problemi circa la organizzazione della produzione e della distribuzione. Precisare i suoi fini immediati e remoti, come trarre massimo profitto dall’ingegno, come far sorgere dagli operai amministratori pratici nei vari rami dell’azienda statale, come avvicinarsi a larghi e spesso incoscienti strati della propria classe; tutti questi compiti richiedono la conoscenza della società, delle sue classi, delle sue particolarità, della sua condotta in questo o in quel caso, richiedono la conoscenza di relazioni economiche e psicologiche dei differenti gruppi della società; richiedono in una parola la conoscenza delle scienze sociali.

La classe operaia ha la sua scienza sociale, la sua filosofia della storia, la quale discende soprattutto da Carlo Marx.

Anche la borghesia ha creato le scienze necessarie alla sua pratica e nella sua qualità di classe dominante essa deve risolvere una grande quantità di questioni: come appoggiare il capitalismo, come assicurare il cosiddetto normale sviluppo della società capitalistica, cioè la regolare esazione del sopralavoro della classe operaia, come organizzare per questo scopo le sue istituzioni padronali preparando i quadri dei suoi impiegati, preti, poliziotti, scienziati, come trattare la politica con gli altri paesi, come liquidare i disaccordi nel seno della sua classe, come organizzare l’insegnamento perché il proletariato non sia selvaggio, non guasti le macchine e nello stesso tempo non sia disobbediente ai suoi illuminati guidatori. Per trovare la giusta strada, per orientarsi nella risoluzione pratica di questi problemi, per ciò e non per altro occorrono alla borghesia le scienze e non è a caso che i primi economisti siano stati grossi mercanti e attivi uomini di governo e che il grande teorico borghese Ricardo sia stato un abile banchiere.

Gli scienziati borghesi insistono sempre nell’affermare di essere i rappresentanti della cosiddetta «scienza pura», che tutte le passioni della terra, le lotte degli interessi, i desideri di guadagno e le altri miserabili cose di questo globo terracqueo nulla hanno di comune con la scienza; essi considerano lo scienziato come un dio che siede sull’alto della montagna, osservando impassibile questa nostra vita dalle mille svariate esigenze: la «sporca pratica» – essi dicono – non ha effetto alcuno sulla «pura» teoria.

Noi invece affermiamo il contrario: noi pensiamo che la scienza stessa nasca da esigenze pratiche e che risenta perciò del carattere della classe che le ha dato origine.

Ogni classe ha la sua pratica, i suoi problemi, i suoi interessi, il suo sguardo alle cose: la borghesia si occupa di distruggere l’organizzazione capitalistica e di assicurarsi il suo dominio su nuove basi. Non è dunque difficile capire che la pratica borghese ha esigenze diverse dalla pratica operaia; che la borghesia ha un suo sguardo alle cose la classe operaia un suo altro diverso, che la borghesia ha una sua scienza ed il proletariato naturalmente un’altra sua scienza. Non esiste dunque una scienza, ma la scienza borghese, per cui si dimostra che il plus valore non ha origine dal sopralavoro, e la scienza proletaria, che ha il suo nucleo fondamentale nella teoria del materialismo storico.

Premesso il carattere classista della scienza si presenta il problema se la scienza borghese sia superiore a quella proletaria, o quale delle due sia la vera; per noi la risposta è agevole, come agevole altresì sono le dimostrazioni delle nostre affermazioni. Osservando le condizioni della borghesia abbiamo notato che questa è interessata a conservare il regime capitalistico, e che, nonostante che tutto sia mutevole sotto il sole – vi era il regime degli schiavi, quello feudale, vi è il capitalismo, altri ne succederanno – non vuol confessare né comprendere che da una forma sociale si passa all’altra, crede nella eternità del suo regime e non è capace di osservare i fenomeni di sviluppo della società stessa, che continuamente si trasforma. Durante la guerra mondiale ad es., quale scienziato borghese ne aveva previste le conseguenze? Ciascuno si affannava a prevedere e a dimostrare la vittoria delle armi del proprio capitalismo e nessuno di essi aveva saputo prevedere la rivoluzione russa, inizio di quella mondiale: l’avevano prevista invece i comunisti e più specialmente i bolscevichi, perché i rappresentanti della scienza proletaria, che non sono interessati a mantenere in vita il vecchio, necessariamente devono essere molto più perspicaci. La scienza proletaria è dunque superiore a quella borghese perché esamina i fenomeni senza la passione offuscante dell’interesse immediato da tener vivo ed è la sola vera, perché essa soltanto sa prevedere e spaziar lo sguardo al di là dei meschini bisogni immediati.

La società umana è alcunché di molto complicato, e complesse sono anche le sue attività e le sue energie: esistono le molte questioni inerenti alla organizzazione governativa, alla religione, all’arte, alla filosofia, alle scienze esatte, alle relazioni famigliari etc., il tutto complicantesi con mille interferenze, onde dal torrente tumultuoso del vivere sociale, ponendo gli opportuni limiti, scaturiscono le varie divisioni della scienza: una studia il governo della vita economica, l’altra il diritto, l’altra la morale etc. Ognuna di queste divisioni si suddivide in due altre, delle quali una analizza l’oggetto in sé e l’altra il suo sviluppo nel tempo e nello spazio ed è la scienza storica: così ad es. la teorica del diritto esamina come sorge, come si modifica, da che dipendono le sue forme, mentre la storia del diritto si occupa di quando questo sorse, delle sue fasi successive, dello sviluppo in un tal luogo o in una tale epoca. Esistono poi due scienze che non considerano partitamente gli aspetti della vita della società, ma che la considerano nel suo insieme, nella sua complessità: la storia guarda e descrive come è passato nei secoli il torrente della vita; la sociologia le forme della vita sociale, il loro sviluppo, il loro fine, il cangiamento di esse. Donde si vede in quale rapporto stanno tra loro storia e sociologia: questa chiarisce le leggi dello sviluppo umano, dimostra ad es. che le forme dello stato dipendono da cause economiche e lo storico deve in qualsiasi epoca trovar questo vincolo e mostrare come si manifesta in concreto; la storia a sua volta arreca il materiale per le indagini sociologiche.

Il proletariato ha la sua sociologia, conosciuta sotto il nome di teoria del materialismo storico, o anche di metodo di materialismo della storia, o più semplicemente di materialismo economico. Tale geniale teoria, elaborata in prima da Marx e da Engels si manifesta come un acutissimo strumento del pensiero e della sapienza umana.

Mercè sua il proletariato si liberò da tutte le illusioni e gl’imbrogli che gli sbarravano il cammino e gli rendevano difficoltissima la sua lotta di classe; mercé sua i comunisti possono predicare la guerra civile e la rivoluzione, la dittatura proletaria e le forme future della economia sociale, la condotta delle diverse classi, partiti, gruppi, nella grandissima rivoluzione, dalla quale il mondo uscirà rinnovellato.

Alla esposizione e alla interpretazione dei varii fenomeni, delle forme e degli istituti sociali, dal nostro punto di vista classista, che abbiamo dimostrato essere il migliore e l’unico vero, e facendo tesoro delle esperienze specie dell’ultimo decennio, dedicheremo le puntate seguenti. Per dare al lettore un cenno dello schema della trattazione, del suo ordine e della sua importanza accenneremo brevemente alle cose che seguiranno, e che prenderanno all’incirca altre quattro o cinque o più ampie puntate. Saranno dunque argomento di queste brevi note sul materialismo storico l’etiologia e la teleologia (origine e scopo) delle scienze sociali, la vexata quaestio del determinismo e del libero arbitrio, la dialettica del materialismo, il complesso logico e reale della società, l’equilibrio tra società e natura e fra i varii elementi sociali, la distruzione e la ricostruzione dell’equilibrio sociale, lo sviluppo della lotta di classe fino alla futura società senza classi. Il tutto – è superfluo aggiungerlo – dal nostro punto di vista strettamente marxista, sperando così di far cosa grata ed utile ai nostri lettori proletari, dei quali, molti purtroppo, in diversi problemi essenziali hanno ancora le imprecise vedute delle quali la scienza borghese con larghezza di mezzi cerca d’imbottire tutti i cranii.