LE PLEBISCITE VAN ZEELAND
Catégories: Antifascism, Belgium, Opportunism
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Le chantage rexiste a donné ses fruits.
Le triomphe du « démocrate » Van Zeeland consacre non la « défaite du fascisme » mais celle des ouvriers.
Privé d’un parti de classe, ployant sous le poids des défaites accumulées, le prolétariat belge offrait une proie facile à tous les traîtres et maquignons politiques qui prétendent parler en son nom.
Social-démocrates, staliniens, socialistes « révolutionnaires », tous s’inspirant, pour le plus grand profit du capitalisme, des expériences sanglantes d’Autriche, d’Allemagne et d’Espagne, ont engagé les ouvriers à faire choix du « moindre mal », à abandonner leur terrain de classe pour celui de l’antifascisme. Si le fascisme s’impose un jour en Belgique, il n’aura pas eu de meilleur artisan que toute cette racaille contre-révolutionnaire.
Mais la manœuvre électoraliste du 11 avril ne posait nullement l’alternative Démocratie-fascisme. Elle facilitait un coup de sonde de la bourgeoisie, sans plus. Et la victoire de Van Zeeland n’a rien changé au rapport des forces entre Bourgeoisie et Prolétariat.
L’État démocratique ne s’est-il pas révélé tout aussi apte que l’État totalitaire fasciste à broyer la conscience des ouvriers ? En Belgique, la « défense » de la démocratie bourgeoise n’a-t-elle pas été réfutée par les faits tout comme elle le fut déjà en Allemagne ?
De 1932 à 1937, la continuité de la politique d’écrasement économique et politique du prolétariat n’est-elle pas manifeste ? Cette politique n’est-elle pas jalonnée par l’étouffement des grèves revendicatives, les pleins pouvoirs « démocratiques », les décrets de déflation, le « Plan du Travail », la dévaluation du gouvernement de Rénovation nationale ? Et la victoire « démocratique » de 1937, en raffermissant l’Union sacrée, ne prépare-t-elle pas les « réformes de structure », l’incorporation totale des syndicats à l’État capitaliste, l’arbitrage obligatoire des conflits avec l’appui des forces démocratiques coalisées ?
La liberté démocratique est sauve !
Liberté de quoi ?
Le Capitalisme ne tolère cette liberté dans la mesure où le prolétariat n’en use pas pour menacer son profit.
Non, le prolétariat n’a pas à défendre la démocratie, et il ne peut défendre ses organisations de classe qu’en les mobilisant pour des batailles revendicatives et non en se bornant à leur conservation formelle.
Le salut des ouvriers réside dans une lutte autonome, intransigeante, par la grève, contre l’appareil économique et politique du Capitalisme, et par-dessus la tête des traîtres et des confusionnistes.
Ainsi seulement, ils retrouveront leur conscience de classe, avec l’aide des fractions de gauche forgeant les armes théoriques de la victoire…