Parti Communiste International

En Espagne, l’Antifascisme abat ses cartes

Catégories: Antifascism, CNT, FAI, POUM, Spain, Spanish Civil War

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Le langage des derniers faits tragiques de Catalogne est clair et cruel, malgré la confusion qui subsiste. De juillet 36 à mai 37, la continuité de la manœuvre capitaliste est flagrante : l’étranglement du prolétariat espagnol dans le garrot de la guerre antifasciste.

Privés d’un parti de classe, les ouvriers espagnols, au lieu de pouvoir se diriger vers la destruction de l’État capitaliste avaient dû laisser la coalition des forces bourgeoises s’emparer de leur lutte, la canaliser et finalement l’orienter vers leur propre massacre.

C’est évidemment à Barcelone – centre névralgique du drame – que le coup décisif devait être porté : excellente opportunité pour le centrisme de la IIIème Internationale de révéler concrètement sa fonction capitaliste et, pour Staline, de laisser apparaître la signification de son discours du 3 mars.

Avec continuité et méthode se préparait le guet-apens du lundi 3 mai 1937 : œuvre de centralisation poursuivie entre le Gouvernement de Valence et la Generalitat de Catalogne ; chute de Malaga accélérant l’unification des forces militaires ; coup de sonde de Valence en vue du contrôle et de la concentration des forces de police, déterminant la « crise » de la Généralité catalane ; enfin stabilisation relative des fronts permettant de passer à l’attaque brutale contre les ouvriers.

Le 3 mai, à Barcelone, ce n’est pas le fascisme qui attaque mais l’antifascisme, par le canal de la coalition socialo-communiste du P.S.U.C. à la dévotion de l’URSS et du capitalisme mondial.

Encore une fois, les prolétaires réagissent par la grève et la violence armée, mais tout comme le 19 juillet, restent abandonnés à eux-mêmes et privés de l’espoir de voir surgir l’organe de classe capable de les guider puisque d’une part, le POUM a sombré dans l’opportunisme et la trahison et que, d’autre part, le courant anarcho-syndicaliste – qui n’a jamais été qu’une force désagrégatrice du mouvement ouvrier – apporta ouvertement la preuve qu’il peut aussi contribuer à la répression féroce de la lutte prolétarienne.

Les « idéologues » de l’anarchie peuvent essayer de coller l’étiquette anarchiste sur le dos des ouvriers catalans, la tragédie espagnole prouve que l’anarcho-syndicalisme est irréductiblement opposé aux intérêts historiques du prolétariat.

Des militants anarchistes, devant la sanglante tragédie de Barcelone peuvent se frapper la poitrine et jurer qu’ils n’ont pas voulu « ça », en quoi changent-ils la nature de la « politique » anarchiste, instrument effectif du capitalisme ?

Aujourd’hui, dirigeants de la C.N.T. et de la F.A.I. participent ouvertement à l’exécution du programme de répression sanglante que la bourgeoisie espagnole va développer parallèlement au massacre organisé qui se poursuit dans la guerre contre Franco.

De nombreux camarades anarchistes et du P.O.U.M. tomberont sous les coups du général Pozas comme d’autres ont été assassinés dans les Asturies, en 1934, par les soudards d’Ochoa.

En quoi ceci peut-il atténuer la responsabilité terrible qui pèse sur l’anarcho-syndicalisme et le P.O.U.M. : forces politiques que le Capitalisme est parvenu à asservir à son œuvre d’anéantissement des forces vives du prolétariat espagnol ?