LE COURS DU CAPITALISME MONDIAL RG 23-25 Mai 2025
Indices: Théorie Marxiste de la Crise, Impérialisme et Pétrole
Catégories: Economic Works, Le cours du capitalisme mondial
Traductions disponibles:
LE COURS DU CAPITAL EST INÉLUCTABLEMENT CHAOTIQUE ET CATASTROPHIQUE.
Tout semble s’accélérer ; la crise du capitalisme mondial conduit non seulement à un déséquilibre général, mais au désordre et aux chaos général, avant de pousser les différents États impérialistes vers un affrontement meurtrier et une troisième guerre mondiale.
L’un des piliers de l’ordre mondial issu de deuxième guerre mondiale, la domination incontesté du dollar dans les transactions internationales et comme monnaie de réserve, vient d’être remise en cause ! Et par qui ? Par l’impérialisme chinois ? Non, par le gouvernement américain lui-même, qui voit dans ce rôle du dollar, notamment comme monnaie de réserve, un boulet, et l’une des causes de la dès-industrialisation des États-Unis : la demande constante de dollars, qui représente 90 % des transactions sur le marché de changes, 75 % des obligations libellés en devises étrangères et les trois cinquièmes des prêts bancaires internationaux, fait monter la valeur du dollar, rendant moins compétitif l’industrie américaine sur le marché international. D’où la volonté du gouvernement américain d’affaiblir le dollar pour rendre son industrie plus compétitive et même de remettre en cause son rôle comme fondement du système monétaire international.
Ce bouleversement vient s’ajouter à de nombreux autres et notamment aux taxes faramineuses du gouvernement Trump, qui a fait écrire au journal les Échos, que « Trump saborde les fondements historiques du commerce mondial ».
Depuis des années les États-Unis subissent des déficits commerciaux records, le dernier, celui de 2024, se monte à 900 milliards de dollars ! Un record historique, auquel vient s’ajouter un déficit budgétaire vertigineux de 1800 milliards de dollars !
Seulement voilà, si dans les années soixante-dix les État-Unis étaient le créancier du Monde, il en est devenu le plus gros débiteur ! De mêmes, si autrefois les plus grandes réserves de changes se trouvaient dans les coffres des États-Unis et de ses alliées européens – Grande Bretagne, France, Allemagne, etc –, aujourd’hui les dix plus grands détenteurs sont, par ordre décroissant : la Chine, le Japon, la Suisse, l’Inde, la Russie, Taïwan, l’Arabie saoudite, Hong Kong, la Corée du Sud et le Mexique ! Aucun des grands États impérialistes à la gloire passée ne s’y trouvent.
Et les investisseurs étrangers détiennent près de 20 % des actions américaines, un record historique et 30 % de la dette américaines contre trois fois moins en 1971.
A ces déséquilibrent vient s’en ajouter bien d’autres, des régions entières sont aujourd’hui paupérisées et transformées en désert industrielles. Pour lutter contre la baisse tendancielle du taux de profit, toute une partie de l’appareille productif industrielle a été transférés dans les pays à bas coût, où les ouvriers sont obligés d’accepter n’importe quelles conditions de travail. Ce qui a fait la fortune des multinationales européennes, Japonaises et américaines. C’est ce qui a permis au capitalisme mondial de gagner trente ans de répit, au prix d’une paupérisation et d’une précarisation croissante de toute une partie du prolétariat américain, européen et japonais.
Le résultat a été le déplacement du centre de gravité économique de l’océan atlantique vers l’océan pacifique. Le fantastique développement économique du Sud-Est asiatique, qui repose sur l’exploitation féroce d’une main d’œuvre à bon marché, a été positif : ce développement économique entraîne une amélioration des conditions de vie des masses travailleuses et jette les bases économique de la société communiste, même si cela s’est fait, comme toujours, de façon ignoble.
En même temps de nouveaux États impérialistes sont apparus, tandis que les anciens États impérialistes entraient dans un déclin relatif. Et une nouvelle super-puissance est apparue, la Chine, qui vise à remplacer les États-Unis et à soumettre l’Europe.
La mondialisation, chantée par les chantres de la grande bourgeoisie européenne et américaine, qui était source de profit fabuleux se retourne contre eux.
La nouvelle équipe au gouvernement aux États-Unis, consciente de ce danger, remet en cause la mondialisation qui a permis jusqu’ici à ses multi-nationales de réaliser de fabuleux sur-profits.
En voulant forcer ses concurrents étrangers à un rééquilibrage commercial la nouvelle équipe gouvernementale américaine peut conduire à une crise commerciale et à une crise financière majeur, pire que celle de 1929.
Chaque année le gouvernement américain est obligé d’émettre un montant de dettes toujours plus faramineux, or la remise en cause du dollars roi, en ébranlant le système financier international, ne peut que conduire à une défiance vis-à-vis du dollar et à un risque de faillite de l’ État américain. De même la fermeture du marché américain ne peut qu’aboutir à une grave crise de sur-production à l’échelle mondiale, vue l’importance de ce marché. De même forcer les multinationales américaines, comme Apple à produire de nouveau sur le territoire américain, entraînera à une chute de leurs profits et aggravera la crise de surproduction.
Nous disons bravo Mr Trump, allez-y ! Nous ne savons pas jusqu’où ira ce clown et son équipe, mais il est indubitable que la crise de surproduction du capitalisme mondial et le nouveaux rapport de force inter-impérialistes ne peut que conduire à une guerre commerciale, prélude à une titanesque crise de surproduction, avant que d’ici dix à quinze ans le Monde ne s’achemine vers une troisième guerre mondiale, si entre temps le prolétariat n’est pas revenu sur le glorieux chemin de lutte de classe et du communisme.
Avant de reprendre certain point plus en détail, comme a notre habitude nous allons faire un tour d’horizon de la situation économique mondiale.
L’INFLATION
Après avoir atteint un sommet historique en Juin 2022 aux États-Unis, avec 9,1 % et en Europe en Octobre de la même année avec 10,6 %, l’inflation est retombée à 2,4 % aux États-Unis et 2,2 % en Europe en mars 2025. La Chine qui s’est trouvée en déflation d’avril 2023 à avril 2024, a vu l’inflation repartir pour atteindre un maximum en octobre 2024, avec 4,4 %, pour retomber en mars 2025 à 3 %.

En Europe l’inflation dans l’Eurozone va de 0,8 % en France à un peu plus de 2 % en Allemagne. Le Royaume-Uni tranche avec une inflation relativement élevée à 3,4 %. La faible inflation dans la zone euro va permettre à la BCE de continuer à baisser ses taux pour stimuler l’économie et notamment le secteur du Bâtiment qui se trouve toujours en récession.

LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
Malgré les vigoureuses incitations financière du gouvernement Biden, la production industrielle aux États-Unis, après les 3,4 % de 2022, marque une stagnation ces deux dernières années, avec 0,2 % en 2023 et une petite récession avec -0,3 % en 2024. Et ce n’est pas la guerre commerciale déclenchée par le gouvernement Trump qui va permettre une reprise de l’accumulation du capital dans l’industrie. Il faut plutôt s’attendre à une décroissance, surtout si les choses sont poussée jusqu’au bout. N’oublions pas que la production industrielle est tirée par le gaz et le pétrole de schiste dont les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial, ce qui rehausse les indices. Mais la production manufacturière était à moins 7,5 % en 2023 par rapport à 2007, alors que globalement la production industrielle, grâce au pétrole et au gaz, a gagné un pour cent par rapport à 2007.
Pour voir la tendance à l’échelle mondiale, nous avons reporté dans un tableau les incréments de la production industrielle de pays clefs de 2019 à 2024. Évidemment nous n’avons pas les incréments pour la Chine et la Russie.

Ce qui ressort c’est que les vieux États impérialistes étaient en récession, ou en quasi stagnation en 2019 : Cela va de -3,3 % pour l’Allemagne à +0,5 % pour l’Espagne. Fait exception la Belgique grâce au jeune capitalisme des Flandre avec +4,9 %. La Pologne dont le rythme de croissance était très soutenu, a un incrément de 4,1 %. La Turquie par contre avait incrément négatif de 0,6 %.
La récession va évidemment s’aggraver en 2020 avec le confinement. A part la Turquie qui indique 2,2 % de croissance, tous les autres sont dans le rouge. Suivra en 2021 une forte reprise avec des incréments allant de +25,6 % pour la Belgique à 3,9 % pour le Portugal et le Brésil. Mais le Royaume-Uni, après un moins 7,8 % en 2020, verra sa production continuer de chuter avec un petit -0,7 % en 2021. Ensuite en 2022 la reprise ralentira fortement et deviendra même négative pour nombre de pays. On aura évidemment +10,3 % pour la Pologne, +5 % pour la Turquie, +3,4 %, comme à l’a vue, pour les États-Unis et +2,3 % pour l’Espagne. Pour les autres, les incréments vont de -6,4 % pour le Royaume-Uni à -0,3 % pour la France. Le Japon connaîtra une stagnation avec 0 %.
En 2023, presque tous les pays seront dans le négatif avec des incréments allant de -7,5 %, étonnamment pour la Belgique, à -0,9 % pour le Royaume Uni. Les pays avec encore un incrément positif sont la Turquie avec 1,6 %, la France avec 0,4 %, les États-Unis avec 0,2 % et le Brésil avec 0,1 %. Mais il s’agit d’une quasi stagnation pour ces trois derniers pays. En 2024 presque tous les pays sont dans le rouge, essentiellement les vieux pays impérialistes, ou connaissent une quasi stagnation. Seules font exceptions la Corée du Sud avec 4,1 % et le Brésil avec 3,1 %.
Les deux dernières colonnes comparent la production industrielle en 2024 avec respectivement celles atteintes en 2018 et 2007. Si l’on regarde la comparaison avec 2018, on voit que tous les vieux pays impérialistes sont dans le négatif avec des chutes de production allant de -17,3 % pour le Royaume-Uni à -0,3 % pour les USA, grâce au gaz et au pétrole. Fait exception la Belgique avec un vertigineux +15 %, grâce aux Flandres. Et évidement dans les positif vient en Tête la Pologne avec une production qui a augmenté de 29,3 %, suivit de la Turquie avec +26,7 %, puis vient la Corée, mais derrière la Belgique, avec +11,2 % et enfin le Brésil avec un petit 0,7 %, on a presque une stagnation.
Maintenant si l’on regarde la dernière colonne qui compare la production industrielle de 2024 au maximum atteint en 2007, la situation des vieux pays impérialistes se dégrade encore et pas qu’un peu ! Puisque l’on a quasiment -23 % pour le Portugal, l’Espagne et l’Italie, puis -21 % pour le Royaume-Uni et le Japon, suivi par la France avec -12,3 % – mais on peut penser que la réalité est bien plus grave -, puis -8,3 % pour le Brésil qui a connu une longue période de récession et enfin -9,1 % pour l’Allemagne. Cette même Allemagne qui avait dépassé son maximum de 2008 en 2018 avec 8,5 % est lourdement retombée en arrière et connaît elle aussi une profonde crise de surproduction. Les États-Unis s’en sortent grâce aux hydrocarbures avec un petit +1,1 %, alors que la production manufacturière reste à moins 7,5 % par rapport à a son maximum de 2007.
Parmi ceux qui ont su tirer leur épingle du jeux grâce aux délocalisations, l’on a la Turquie avec +111 %, la Pologne avec +97,3 %, puis la Belgique avec +30,3 %. La Corée du Sud a battu la Belgique avec un mirifique 53,5 %, grâce à son appartenance au Sud-Est asiatique qui a connu une une forte accumulation du capital ces 30 dernières années.

Pour compléter ce panorama, nous rapportons quatre tableaux montrant les incréments moyens annuels de la production industrielle de cycle en cycle. Le premier tableau regarde les vieux pays impérialistes et est divisé en 4 cycles : 1950-1973, 1973-2007, 2007-2018, et enfin 2018-2024. Les deux dernières colonnes sont celles que l’on a déjà vue ou l’on compare la production industrielle de 2024 à celle atteinte en 2018 et en 2007, ou 2008, quand il s’agit de l’Allemagne.
On peut remarquer qu’en ce qui concerne le premier cycle, celui juste après la reconstruction de l’après guerre et où la production industrielle avait retrouvée son maximum d’avant guerre, les incréments sont non seulement soutenus, mais même considérable en ce qui concerne la Corée du Sud, le Japon, l’Allemagne et l’Espagne qui était sortie de peu de la guerre civile. Les incréments vont successivement de +16,4 % pour la Corée du Sud – autrement dit la production augmentait chaque année en moyenne de 16,4 % durant ces 23 ans – à +8,5 % pour l’Allemagne. Pour la France l’on a 6,1 %, c’est plus faible, mais néanmoins très respectable. Enfin pour le vieux Lion – le Royaume-Uni – l’on a un modeste 2,7 % en adéquation avec son âge et les moindres destructions qu’il avait subit. L’Amérique, déjà pléthorique, caracolait néanmoins au rythme annuel de 4,3 % !
Ensuit l’on peut voir très clairement, pour tous les capitalismes le nette ralentissement de cycle en cycle pour finir avec des incréments négatifs dans le dernier cycle de 2018-2024. Font exception la Corée du Sud avec +1,8 % et la Belgique qui bat la Corée du Sud avec un incrément annuel moyen de 2,4 % ! A cette chère Belgique elle nous étonnera tous.

Dans ce deuxième tableaux nous rapportons les cycles des pays européens de l’Est.
Ce tableaux comprend trois cycles : 1998-2007, 2007-2018, 2018-2024. L’année de départ, 1998, est celle où tous ces pays, qui ont connut une récession avec la crise de surproduction qui a entraîné l’effondrement de l’empire russe, a retrouvé le niveau de production d’avant la crise.
Pour chaque cycle nous avons deux colonnes ; la première indique l’augmentation totale entre les deux années, et la deuxième l’incrément annuel moyen pour le cycle calculé à partir de l’augmentation totale donnée par la première colonne.
Ainsi pour le cycle 1998-2007, pour la Pologne nous avons une augmentation totale de 78,9 %, ce qui correspond à un incrément annuel moyen de 6,7 %. Pour la Hongrie nous avons 84,8 % et 8 %. Pour l’Estonie, nous avons 107,5 % et 8,4 % d’augmentation. Pour la Lettonie nous avons 57,5 % et 6,7 %. Pour la Lituanie, nous avons 55 % et 5 %. Et pour la Roumanie, nous obtenons 44,2 % et 4,2 %.
Lorsque nous passons de cycle en cycle, l’on constate une diminution régulière des incréments qui deviennent même négatifs dans le dernier cycle pour la Lituanie avec -0,1 % et même -1,5 % pour la Roumanie. De faite cette dernière est en récession depuis 2019.
Ce qui est intéressant à voir est l’augmentation totale depuis 1998. Vient en tête la Pologne avec une augmentation totale de 253 % et un incrément moyen annuel de 5 %. Vient ensuite l’Estonie avec un incrément total de 183,9 % et un incrément moyen annuel de 4,1 %. Puis nous avons la Hongrie et la Lituanie avec respectivement 155,7 % et 157,8 % d’incrément total, ce qui correspond à un incrément annuel moyen de 3,7 % pour les deux pays. Enfin vient la Roumanie avec 101,8 % qui correspond à un incrément annuel de 2,7 %. Et enfin nous avons la Lettonie avec une augmentation total de 94,1 %, ce qui donne une augmentation moyenne de 2,8 %.
Pour la construction du tableau les dates de cycles indiquées sont celles de la majorité des pays. Mais certain pays peuvent avoir des dates de début de cycle et de fin de cycle différentes et donc des durées de cycle différentes, ce qui explique que pour un incréments total plus petit, on peut avoir un incrément annuel légèrement supérieur, comme dans le cas la Lettonie, comparée à la Roumanie.
Pour mieux se rendre compte de la croissance industrielle réelle des pays baltes, il faudrait pourvoir établir une comparaison avec le maximum atteint avant la grande crise de surproduction des années quatre vingt dix. La Roumanie, par exemple n’a réussit a dépasser son maximum de 1988 qu’en 2017, car elle a vue des secteur entiers de la production industrielle, comme la sidérurgie s’effondrer. La Russie par exemple n’a jamais retrouvé le maximum atteint en 1989. Néanmoins il ne fait pas de doute que l’entrée des pays Baltes dans la communauté européenne, à l’instar de la Pologne et de la Hongrie, leur a été très profitable et permis un vrai décollage industrielle.

Un rapide coup d’œil au tableau suivant, nous indique qu’il n’y a pas eut de miracle industrielle pour les pays de l’Amérique Latine ; le Brésil a connu une longue récession de 2018 à 2024, avec une chute totale de la production de 13,5 %. Et le Mexique, malgré le fait qu’il soit devenu un important producteur d’automobiles pour le marché américain, montre des rythmes de croissance tout à fait asthmatiques.
Par contre la Turquie a profité à plein des délocalisations industrielles, avec des incréments annuels qui vont de 6,5 % pour le premier cycle à 4 % pour le dernier.

Nous rapportons l’Inde dans un tableau à part car ses cycles sont très différents des trois pays précédents. Pour le cycle qui court de 1972 à 2011, l’on a un incrément total de 930 % et un incrément annuel moyen de 6,2 %. Des chiffres dignes d’un capitalisme encore jeune. Néanmoins le vieillissement se manifeste par une chute des incrément à 3 % pour le dernier cycle. Ce qui reste encore honorable comparé aux rythmes de vieillards des vieux pays impérialistes où le mode de production capitaliste est en cours de putréfaction.
COMMERCE INTERNATIONAL
Les Exportations

Nous avons reporté dans un tableau les exportations en dollars courant. Nous pouvons constaté, après une diminution des exportations en 2019 et 2020, une reprise des exportations pour les années suivantes. Ainsi en 2024, les exportations en dollars courant par rapport à 2018 ont augmentées pour presque tous les pays, sauf deux, le Japon où l’on a -4,2 % et le Royaume-Uni avec -1,8 %. Le gagnant est la Chine avec une augmentation totale de 43,1 % ! Pour les autres l’augmentation va de 24 % pour les États-Unis à 7,8 % pour l’Allemagne. Mais en fait ces augmentations sont surtout due à l’inflation.

Aussi nous avons reporté un second tableaux exprimé en dollars 2019. Et là tout change : la Chine reste le vainqueur mais avec une augmentation plus modeste de 13,6 %. Tous les autres sont dans le négatif avec des incréments allant de -24 % pour le Japon à -1,6 % pour les États-Unis. Ce résultat correspond mieux à ce que l’on a vue pour la production industrielle qui a fortement diminuée pour tous ces pays.
Il est intéressant de remarquer que les USA sont devenus le second exportateurs de marchandises à la place de l’Allemagne à partir de 2010, sûrement en grande partie grâce aux hydrocarbures. Autre fait remarquable, l’Italie a devancé la France en prenant la cinquième place, à partir de 2020. Apparemment la France ne s’est pas remise du Covid. Sinon, l’Italie, la France, la Corée et la Belgique sont très proche pour ce qui est du volume de leur exportations de marchandises.

Le troisième tableau rapporte les incréments annuels pour les années qui vont de 2018 à 2024. Sans entrer dans les détails, l’on retrouve les mêmes tendances que pour la production industrielle. Et cette tendance est encore plus claire si l’on exprime les exportation en dollars constants, éliminant ainsi l’effet de l’inflation.
Les Importations
Vient largement en Tête les États-Unis avec 3267 milliards de dollars – le PIB d’un pays comme la France ! –, suivi par la Chine avec 2585 milliards de dollars. Plus loin derrière, en troisième position vient l’Allemagne avec pas moins de 1421 milliards de dollars d’importation de marchandises. Puis pour moitié moins viennent dans l’ordre la France, le Japon, le Royaume-Uni, la Corée du Sud, l’Italie et enfin la Belgique avec 514 milliards de dollars.

Si l’on regarde les incréments annuels, l’on remarque qu’ils sont tous négatifs en 2023 et 2024, à l’exception en 2024 des États-Unis et de la Chine. L’on a respectivement +6,6 % pour les États-Unis et +1,6 % pour la Chine. Tous les autres pays sont donc en récession.
La Balance Commerciale

En tête vient la Chine avec un écrasant excédent commercial de 992 milliard ! Suivi de façon plus modeste par l’Allemagne, mais néanmoins avec un excédent plus que respectable, de 260 milliard de dollars ! L’Italie, la Belgique la Corée ont aussi un excédent commerciale mais à un niveau bien plus modeste au alentour de seulement 50 milliards. Viennent ensuite avec des déficits plus qu’impressionnants, la France avec un déficit de 111 milliards, le Royaume-Uni avec 292 milliards et enfin l’Amérique avec un monstrueux déficit de 1202 milliard ! C’est grâce à ce gigantesque déficit que le capitalisme mondial continue encore de cheminer. Que l’Amérique ferme le robinet des importations et tout s’écroule !
Russie et Chine
On ne peut pas finir ce panorama sans dire deux mots sur la situation économique de la Russie et de la Chine.
Le kremlin se vante d’une croissance du PIB de 3,6 % en 2023 et de 4,1 % en 2024, nonobstant l’embargo ! Mais avec une inflation officielle de 9,5 %, malgré un taux d’escompte faramineux de la Banque Centrale de 21 %, la croissance réelle est négative. Si l’on reprend le chiffre officiel de 9,5 %, la croissance se transforme en décroissance de quasiment 6 %! Et vue le taux d’escompte, l’inflation moyenne réelle est pratiquement le double, mais prenons le minimum de 16 % retenus par plusieurs économistes – certains produits alimentaires de base frisent les 40 % ! – ce qui nous donne une chute du PIB de 13 % !
L’effort de guerre, qui correspond à des investissements improductifs, ne peut que générer de l’inflation dans une économie déjà exsangue. On ne peut pas accroître, comme par magie la production, cela veut dire que toute une partie de la production qui sert indirectement ou directement à produire des biens de consommation est détournée vers l’effort de guerre pour des intérêts purement impérialistes au détriment de la population travailleuse.
Le taux d’escompte de 21 %, de la Banque Centrale, se traduit par des taux bancaires qui frisent les 30 % ! Ce qui rend le crédit pour les entreprises insoutenable et les pousse au bord de la faillite. De même, de tels taux rendent l’accès au logement impossible et paralyse la construction. Signe non trompeur de la situation économique, la bourse de Moscou en 2024 s’est effondrée de 23 %, avant de se reprendre un peu ces derniers mois à la suite de l’espérance d’un retour à la paix avec les propositions de Trump. Si l’on regarde les exportations, l’on voit une chute de 28 % exprimée en dollars courants et de 26 % en dollars 2019 durant l’année qui a suivi l’entrée en guerre, soit en 2023. En 2024, l’on a une petite reprise de 2 %, mais les exportations restent inférieures de 24 % par rapport au maximum de 2022 et de 22,5 % par rapport à 2018 en dollars 2019.

L’accroissement des efforts de guerre, qui représentent 40 % du budget de l’État, conduit à un déficit croissant de l’État et à un épuisement du « Fond National de Prévoyance » dont les réserves se réduisent à peu près à 40 milliards de dollars. Ce qui est peut en face des dépense du budget militaire qui devraient atteindre 140 milliards en 2025. Quant aux banques, qui se trouvent obligées par l’État de soutenir l’effort de guerre, elles se retrouvent endettées à hauteur de 200 à 250 milliards de dollars. Bref, que des bonnes nouvelles en provenance de l’impérialisme russe.
L’impérialisme russe est un important centre contre-révolutionnaire en Europe, son effondrement serait une très bonne nouvelle : on aurait alors très probablement un soulèvement général. Ce qui aurait d’énormes répercussions, tant en Chine, qu’en Iran et qu’en Europe, surtout en Europe de l’Est. L’effondrement du régime russe est la grande peur des bourgeoisies européennes et américaines, c’est bien pourquoi elles n’ont pas voulu armée sérieusement l’Ukraine dans sa lutte contre l’impérialisme russe. Elles préfèrent contenir l’ours dans sa tentative d’expansion et arriver à un compromis, quitte à sacrifier une partie de l’Ukraine, mais jusqu’ici ce plan n’a pas marché, malgré toutes les tentatives de dialogue sous Merkel et Hollande, et maintenant avec le nouveau gouvernement américain.
Les imbéciles du Kremlin préfèrent sacrifier l’économie russe plutôt que leurs intérêts impérialistes ; c’est ce qu’ils ont toujours fait du temps de la guerre froide. Et l’impérialisme américain a su en jouer parfaitement à cette époque pour affaiblir la Russie, dans laquelle il voyait alors un concurrent. Aujourd’hui les choses ont bien changées, l’impérialisme russe est devenu une puissance régionale, qui tombe dans l’orbite de l’impérialisme chinois, lequel se garde bien de toute dépendance envers la Russie, son grand « allié ». A la différence de l’Allemagne qui avait tout misée sur le gaz russe bon marché, la Russie ne représente que moins de 20 % des importations de pétrole en Chine et moins du tiers des importations de gaz.
Le rouble, qui a repris de légères couleurs face au dollars avec le gouvernement Trump, s’est dévalué de 20 % par rapport au yuans, devises dans laquelle la Russie doit payer ses importations en provenance de Chine. La part de la Chine dans son commerce extérieur est ainsi passé de 18 % en 2021 à 37 % en 2024.
Bref pour conclure que des bonnes nouvelles en provenance de l’impérialisme russe et la chute du prix du pétrole ne pourra qu’accentuer ce cours. Donc un effondrement n’est pas impossible ; l’avenir nous le dira.
Pour la Chine la peinture est plus rose, mais néanmoins la situation se gâte. Avec la crise de surproduction dans le logement et la faillite des deux grands acteurs de l’immobilier – Evergrande et Country Garden – les couches moyennes ont vue une grande partie de leur épargne partir en fumée. Ce qui s’est traduit par une chute de la consommation et une montée du chômage. Sur le marché de l’automobile, le plus grand marché du monde, une véritable guerre des prix a éclaté entre les constructeurs. Le seul marché qui reste porteur pour la Chine, pour le moment, sont les exportations. Mais la guerre commerciale qui s’annonce ne peut que jeter une ombre sur les perspectives d’exportation.
CONCLUSION
On voit très bien que, sous la pression de la crise de surproduction, les choses s’accélèrent. Jusqu’où ira le nouveau gouvernement américain pour forcer sa réindustrialisation et le rééquilibrage de sa balance commerciale et de payement, nous ne le savons pas, mais nous souhaitons qu’il aille le plus loin possible, entraînant par suite une gigantesque crise commerciale, financière et de surproduction. La situation est telle qu’il n’en faut pas beaucoup pour que tout l’édifice finisse par s’écrouler.
On le sait le prolétariat international ne retrouvera le chemin de la lutte de classe et du communisme, seulement quand la situation deviendra invivable. Il faut que la terre s’entrouvre sous ses pieds. La vieille Taupe a fait du bon travail et nous y allons tout droit. Sinon, malheur à nous, car ce sera la troisième guerre mondiale.