LE BAL INFERNAL DU CAPITALISME AUX ABOIS !
Indices: Moyen-Orient et Afrique du Nord
Catégories: Imperialism, Iran, Middle East and North Africa, USA
L’impérialisme américain en perte de vitesse devient un chien enragé
Le mode de production capitaliste qui a permis le développement de forces productives impressionnantes, qui pourraient être la base d’une société communiste bienfaisante, est depuis plus d’un siècle un cadavre puant qui survit sur le dos de l’humanité travailleuse, et sème non plus les bienfaits des acquis scientifiques et des créations humaines fascinantes, mais les horreurs de l’oppression, de conflits de plus en plus nombreux, meurtriers et destructeurs, aux quatre coins de la planète. Les nations n’ont plus de fonction de progrès, ni de possibilité d’être autonomes et se rangent selon les rapports de force derrière l’un ou l’autre des pays impérialistes les plus puissants économiquement et militairement, dont les deux têtes sont aujourd’hui les USA et la Chine. Et la crise du mode de production capitaliste avec une surproduction accablante est un spectre effrayant pour les bourgeoisies.
La deuxième guerre mondiale a permis aux USA de prendre la tête de l’hégémonie économique et militaire du globe terrestre, mais la Chine au capitalisme plus jeune et vigoureux avance ses pions méthodiquement, sournoisement, mais très efficacement, dans le monde entier. Le droit « international » qui représentait en fait le droit des « plus forts », c’est à dire les pays occidentaux menés par le compère US, est de moins en moins « respecté », la guerre de Poutine contre l’Ukraine ayant lancé le départ de la course à la prédation « illégale ». Soulignons au passage qu’il fallait être bien naïf pour y croire, car les violations régulières du « droit international » par Israël depuis sa formation en 1948 dévoilaient déjà les mensonges des fondations de ce « droit » soi disant protecteur des nations, et qu’aurait défendu l’ONU. De l’Ukraine au Caucase, du Moyen-Orient à l’extrême Orient, de l’Amérique à l’Afrique, les conflits ne cessent d’éclater comme si l’« ordre » imposé par le « droit international » depuis 1945 se déréglait et s’emballait en une spirale infernale. La « guerre froide « et la « paix armée » ont fait leur temps ! La dérégulation bat son plein !
Aujourd’hui l’Amérique de Trump n’a plus de « complexes » et lance ses oukases à tire- larigot, jusqu’à intervenir au Groenland, dans les Caraïbes, au Venezuela ! Et la voici au Moyen Orient après avoir juré qu’elle n’y remettrait plus les pieds, et cela dans le but d’une action commune avec son auxiliaire israélien. A la tête d’une opération nommée « Epic Fury », Trump se lance brutalement dans une attaque sans mandat onusien, sans consultation du Congrès et des membres de l’OTAN, sans accord de ses « alliés » du Golfe persique ou européens. Il s’est agi en effet pour les deux sinistres cowboys Trump et Netanyahu, au milieu de négociations trompeuses avec les mollahs, d’écraser définitivement l’ennemi iranien récalcitrant !! Et de compléter l’action de police que mène depuis des années Israël sur le Moyen Orient, en tant que tête de pont des USA. Désormais face à l’avancée économique de la Chine dans tous les coins du monde, l’Amérique veut marquer le « protectorat » américain au Moyen Orient, en Amérique du sud, en Antarctique, et surtout bientôt dans le pacifique qui est la chasse gardée chinoise ! L’Amérique s’agite car elle est effectivement en danger.
Après bientôt un mois de guerre, les États-Unis et Israël ont clairement la supériorité aérienne sur l’Iran, et le conflit apparaît de plus en plus asymétrique. Mais les mollahs résistent et ont plus d’un tour dans leur sac ! Contre les prévisions de certains experts de la région, les Iraniens ont ainsi attaqué et continuent de frapper de manière répétée les États du Golfe avec leurs missiles et surtout des drones, en raison des liens de ces pays avec les États-Unis. Leurs frappes touchent également Israël dont le dôme de fer présente quelques failles ; Netanyahu se serait rendu début mars en Allemagne à la recherche d’un accord avec le géant automobile Volkswagen pour fabriquer des composants de ce système de défense !
Le régime iranien, composé des mollahs et des gardiens de la révolution, malgré la décimation d’une bonne partie de ses chefs par des drones assassins, a montré ses capacités de renaissance, comme l’hydre de l’Herne aux mille têtes, et utilise aujourd’hui sa maîtrise sur le détroit d’Ormuz. Il prend ainsi en otage l’économie mondiale sans que la guerre des drones ne puissent rien y faire, puisque la guerre sans soldats au sol ne peut suffire et que les robots envahisseurs ne sont pas encore prêts.
D’autre part, le régime des mollahs n’a pas encore fait usage d’une de ses armes dévastatrices que sont les « martyres » – ou, plus exactement, les attaques kamikazes. Ils surent l’utiliser dans la guerre déclenchée par Saddam Hussein en 1980 qui fit selon des estimations basses 500 000 morts ; l’armée irakienne possédait une écrasante supériorité matérielle et technologique, tandis que les Iraniens pouvaient compter sur une importante supériorité démographique et l’arme du « martyre » fut ainsi utilisée, des Iraniens, souvent très jeunes, déclenchant volontairement des mines accrochées à leurs propres corps ou se jetant avec des grenades sous des chars ennemis. Par la suite, le culte du martyre s’est rapidement exporté au Liban dans les années 1980 lorsque les Iraniens ont commencé à entraîner les forces du Hezbollah. L’organisation chiite libanaise a d’ailleurs enrichi le répertoire des « techniques du martyre » par des attentats-suicides à la voiture piégée. Oussama Ben Laden, le leader d’Al-Qaïda, organisation sunnite, en a tiré quelques leçons en adoptant les attaques-suicides et en les intégrant dans son propre récit du martyre. Des groupes successeurs et rivaux, comme l’État islamique, pousseront l’horreur des opérations de martyre à l’extrême au milieu des années 2010. Pour commettre des attentats suicides, le régime iranien dispose aujourd’hui de troupes auxiliaires mobilisables à l’extérieur : des milices ultra-radicales en Irak, le Hezbollah au Liban ou des cellules de fanatiques chiites un peu partout dans le monde. Au début de l’année 2026, par exemple, des milices irakiennes telles que Kataib Hezbollah ont ouvertement appelé leurs combattants à s’inscrire dans des « opérations de martyre ». Des centaines d’entre eux se seraient portés volontaires pour des missions-suicides afin de défendre Téhéran. Cette stratégie pourrait être utilisée non seulement contre les intérêts des États Unis ou contre des institutions juives ou israéliennes dans le monde arabo musulman, mais aussi en Europe et aux USA !! En l’espace d’une seule semaine début mars 2026, quatre attentats incendiaires ont visé des institutions juives sur le continent. Une synagogue à Liège en Belgique le lundi 9 mars, un centre communautaire juif en Grèce le mercredi (non revendiqué ni confirmé comme terroriste), une bombe incendiaire déposée devant une synagogue à Rotterdam, aux Pays-Bas le 13 mars, une école juive à Amsterdam le samedi 14 mars. Quelques jours plus tard, le lundi 23 mars, une voiture a été incendiée dans le quartier juif d’Anvers ; la veille, un incendie avait détruit quatre ambulances près d’une synagogue à Londres. Toute cette série est méthodique, géographiquement dispersée, et surtout revendiquée par un seul et même groupe – le « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (« Mouvement islamique des partisans des justes ») jusqu’alors inconnue, mais émanant certainement du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iraniens. D’autres attentats ont été signalées contre l’ambassade des USA à Oslo (Norvège), le consulat américain à Toronto, contre un centre communautaire juif dans le Michigan, etc L’Allemagne qui compte des centaines de sympathisants du Hezbollah renforce ses conditions de sécurité.
Mais du côté iranien, les troupes dormantes ou non de l’État islamique, organisation sunnite, et d’autres groupuscules sunnites hostiles au régime de Téhéran, sans parler de l’opposition des populations kurdes iraniennes, pourraient profiter du moment, pour perpétrer des attentats sanglants contre l’Iran comme cela est déjà survenu en janvier 2024, ou tenter des affrontements avec l’armée iranienne !!
De nouvelles techniques de guerres dirigées par l’IA
Pas question pour le gouvernement US pour le moment de mettre les pieds dans ces régions, mais seulement de les survoler en les bombardant, et d’expérimenter une guerre aérienne conduite par la star « intelligence artificielle », en envoyant des drones et des missiles sur les pays à « conquérir » – ou plutôt à soumettre – et surtout à terroriser, afin de conclure de pseudo négociations !! Et pas question de compter sur la révolte de la population, comme les appels de Trump semblaient le dire aux Iraniens, car en effet, pire que le gouvernement des mollahs, les masses en mouvement, les émeutes, les revendications sociales, sont l’ennemi des assaillants impérialistes ! Le vainqueur préfère toujours placer des fantoches dociles, appliqués à faire « obéir » la population !
En Ukraine, en Palestine ou dans le golfe persique, la guerre aérienne des drones, missiles, et des bombardements sévit. Ces attaques aériennes ont été expérimentées lors de la première guerre mondiale et dans les colonies (bombardement italien en Libye en 1911, bombardement en octobre 1925 en Syrie par l’aviation française à Damas), durant la guerre d’Espagne, puis systématisée lors de la Seconde guerre mondiale pour mettre fin au conflit en l’utilisant volontairement comme une arme de destruction contre les populations civiles, et donc comme une arme de terreur ! En plus de préserver la vie des soldats au détriment de celles des civiles, l’arme aérienne a un facteur psychologique comme le vicomte britannique Trenchard, le fondateur de la Royal Air Force et théoricien de la guerre aérienne dans les années 1920-30, l’affirmait espérant que les bombardements pousseraient les populations à se révolter contre leur gouvernement. Ainsi les pertes civiles ne sont jamais des « dommages collatéraux » mais une arme de destruction matérielle et de civils qui vise non seulement les cibles militaires mais les hôpitaux, les écoles, les marchés ! La nouveauté est celle de l’intelligence artificielle qui analyse à une vitesse sidérale une quantité tout aussi sidérale d’informations captées par des vidéos ce qui permet ainsi de frapper les cibles matérielles et humaines recherchées, sans épargner pour autant les populations civiles. Pourtant l’histoire montre que les guerres aériennes n’ont jamais suffi pour la victoire sans l’occupation par des troupes au sol ! Et les armées américaines le savent bien après les guerres du Vietnam, celles en Irak et en Syrie, etc…
Face à la crise économique mondiale en cours, le premier leader économique et militaire mondial, les USA se montre en effet de plus en plus agressif, usant non plus de sa force économique désormais en déclin, mais de sa force militaire encore au premier rang ! Son grand ennemi qui réclame insidieusement d’obtenir la première place mondiale pour imposer ses marchandises et son économie plus florissante que celle du King Kong américain, est le dragon chinois. La lutte entre les deux monstres capitalistes pour le partage des marchés mondiaux prend désormais des formes d’affrontement diverses et variées, mais de plus en plus délétères pour l’humanité et surtout les travailleurs de tous les pays. Le clown Trump s’exclame avec des crudités de langage qui traduisent surtout la brutalité et l’arrogance de la bourgeoisie américaine qui soutient « l’artiste à la mèche blonde », et surtout assassine par drone, meurtrit les civils, affame cyniquement une partie de l’humanité, laissant tomber le masque hypocrite de la morale, de la démocratie compatissante qu’affichait le gouvernement démocrate des Obama et des Biden ! Finis les subterfuges, les subtilités, la compassion ! Le département américain de la défense est devenu le département de la guerre en septembre 2025, car il ne s’agit plus de se défendre mais d’attaquer. Trump apparaît comme un acteur débitant les menaces, les mensonges, les stratégies les plus surprenantes et changeantes d’une minute à l’autre, une marionnette dont les discours traduisent les positions de la bourgeoisie affairiste américaine, que ce soit celle du pétrole, des armes, et désormais de l’IA, etc. ; elles cherchent les moyens de tirer profit de la situation internationale pour le bien de leurs affaires !! Et dans ce bal funeste, les grands banquiers et chefs d’entreprises embrassent désormais les chefs militaires, eux mêmes liés au secteur florissant des entreprises de l’IA.
Depuis une belle décennie, au Pentagone, quartier général du département de la défense US, la plupart des « têtes » se sont penchées sur la menace militaire émanant de la Chine, en évoquant la possibilité d’une troisième guerre mondiale. Ces stratèges sont bien conscients que la Chine les rattrapera également dans le domaine de l’armement et ils cherchent une « nouvelle arme » comme celle que fut la bombe atomique durant le conflit mondial de 39-45. En effet l’armée américaine conduisit le projet Manhattan afin d’obtenir la bombe atomique, ce qui conduisit au drame de Hiroshima et de Nagasaki en 19451.
Une technologie se substituant aux hommes devait être la bienvenue. L’IA peut ainsi aider à faire la guerre à la place des humains, permet d’utiliser des machines et des robots, etc… un vrai conte de science fiction ! Deux personnalités vont jouer un rôle important : le colonel Robert O. Work2 dans la vision stratégique, et dans la mise en œuvre opérationnelle concrète, l’officier de l’US Air force spécialisé dans le renseignement et les opérations aériennes, le colonel Drew Cukor.
Dès 2015, le colonel Bob Work, secrétaire adjoint à la défense, sous les administrations Obama et Trump, de 2014 à 2015, introduisait l’utilisation de l’IA dans la prise de décision, et dans l’utilisation de systèmes sans pilote économisant ainsi « l’humain » ! Lors d’une intervention publique en 2015, il déclarait : « Je vous le dis tout de suite : si, dans dix ans, la première personne à briser le front adverse n’est pas un robot, honte à nous. Nous pouvons y arriver. » Même dans la guerre, les militaires comme les capitalistes cherchent à se débarrasser de l’aide humaine, sans comprendre que là réside justement leur fin ! Work pouvait compter sur les experts d’Amazon, de Google et d’IBM. Mais le budget du Pentagone bien que colossal en 2016 ne suffisait pas pour se lancer dans l’aventure de l’IA ; et même si Internet était une création du Pentagone, le haut commandement américain résistait encore à faire le virage !
En 2016, Drew Cukor arrive au bureau du renseignement du Pentagone, et est déterminé avec Bob Work à introduire l’utilisation de l’IA dans le fonctionnement des forces armées. En effet, de 2001 avec 54 sorties de drones sur le champ de bataille, l’armée US était passée à 8000 en 2010 (Afghanistan, Irak, Afrique du Nord et de l’Est ; luttes contre Al Qaïda, talibans, Daech), mais les dégâts « collatéraux » étaient nombreux. De plus les enregistrements vidéos étaient non utilisables car trop volumineux et les analystes humains étaient débordés.
Le Project Maven (Algorithmic Warfare Cross-functional Team : projet interfonctionnelle de guerre algorithmique) commençait en 2017 au sein du département de la Défense afin d’utiliser l’IA pour analyser les vidéos de drones fournissant les renseignements militaires américains, notamment en matière de renseignement, de surveillance, d’acquisition de cibles et de reconnaissance, de renseignement géospatial. Les données provenant de drones, de satellites, et d’autres capteurs (comme les caméras de surveillance installées en zone urbaine !!) sont ainsi analysées, et permettent de proposer des décisions opérationnelles ! La charge humaine était drastiquement réduite et l’efficacité militaire améliorée !
L’utilisation de l’IA devenant donc inévitable, Cukor fut chargé du Project Maven. Il fallait non seulement prendre contact avec les fournisseurs d’IA, les géants de la tech, mais aussi avec les milieux d’affaires pour trouver des investissements en monnaie sonnante et trébuchante.
Cukor se tourna vers les entreprises de la Silicon Valley où se trouvaient les meilleurs talents de l’IA, ainsi que vers les constructeurs de voitures autonomes comme Tesla, Waymo ou Uber, qui équipaient leurs voitures de caméras traitant l’environnement pour éviter les obstacles !
Le projet Maven allait devenir le plus gros investissement du département de la défense. Il s’agissait de mener des opérations de ciblage sur des cibles de grande valeur afin de raccourcir la « kill chain » ! Pour Cukor et Work, l’IA devait changer la guerre à jamais ! Il fallait faire face au « tsunami » de données pour agir rapidement et efficacement. Au sein du Pentagone, l’utilisation de l’IA devait conduire à la suppression d’emplois, une réduction drastique de la bureaucratie, et donc la tâche de Cukor et Work devait rencontrer de nombreux obstacles.
La Silicon Valley qui se réclamait libertarienne fut progressivement absorbée et même si certains fournisseurs d’IA s’effraient aujourd’hui de l’utilisation de leurs compétences pour des buts guerriers, ils ont tous désormais les mains dans le cambouis, dans les futures batailles des robots meurtriers d’humains et courtisent les contrats de défense militaire pour des bénéfices juteux ! Palantir Technologies (une des entreprises américaines les plus valorisées au monde), Scale AI détenue à 49 % par Meta, Anthropic et Open AI, se lancent dans le secteur de la défense qui devient un débouché commercial extraordinaire pour leurs plateformes d’IA générative, l’appât du gain étant plus déterminant que les valeurs libertariennes et la défense de la Patrie !! Google est aussi de la partie dans le projet Maven, tandis que Apple s’y refuse. L’équipe Maven au sein du Pentagone a ainsi été essentielle pour pousser l’armée américaine à utiliser des systèmes encore très peu testés dans les conflits. Dix ans après le lancement de l’initiative de Cukor, les systèmes de prise de décision basés sur l’IA sont utilisés sur le champ de bataille et dans toutes les branches de l’armée américaine, dans les systèmes de sonar des sous marins, les opérations spatiales intégrant le travail de plus de 50 entreprises. L’OTAN a commencé à utiliser une version du système au printemps 2025 et dix membres de l’Alliance cherchent à l’obtenir ! Des systèmes de ciblage par IA sont intégrés à au moins deux systèmes hautement secrets – l’un aérien et l’autre aquatique – capables de surveiller, de sélectionner et d’éliminer des cibles de manière entièrement autonome, destinés à la défense de Taïwan.
Non seulement la Silicon valley est un fidèle serviteur des armées US, mais évidemment les milieux d’affaires. Ainsi dès 2024 Drew Cukor dirige le département dédié à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le PDG de la banque d’affaire JP Morgan , Jamie Dimon, proche de Trump !! En effet, les affairistes américains investissent des milliards dans les industries militaires (missiles, drones, munitions) et se vantent de faire converger leurs affaires dans la défense du pays et dans une armée puissante pour dissuader les autres de « mauvaises actions » ! « Aujourd’hui la situation a bien changé : nous devons compter avec une guerre majeure en Europe, une menace beaucoup plus grande dans la région Indo Pacifique… et c’est maintenant qu’il faut agir. » déclare Jamie Dimon en décembre 2025 lors du Reagan National Defense Forum, aux côtés du chef d’entreprise Christopher T. Calio, le président-directeur général de l’entreprise RTX (Raythéon Technologies Corporation). Ce dernier est à la tête d’une équipe mondiale de plus de 180 000 employés qui font progresser l’aviation, conçoivent des systèmes de défense intégrés et développent des technologies de nouvelle génération dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense. Dans son conseil d’administration on retrouve depuis 2017 le colonel Work !
Mais ce n’est pas l’IA qui sauvera l’économie américaine car son concurrent et ennemi fatal, la Chine, est dans la course de l’IA et la dépassera aussi dans ce secteur !
Le capitalisme mondial dans la tourmente du Moyen Orient
Pourquoi donc Trump s’est il fourré dans cette galère qui débouche désormais, ce qui était prévisible, sur une crise d’approvisionnement en pétrole, gaz, engrais, etc en raison du blocage du détroit d’Ormuz tenu par les forces iraniennes, ce qui pourrait conduire à une crise pour le fonctionnement des chaînes du capitalisme mondial, et donc aussi du chaînon US ! Et ne parlons pas du coût colossal de cette intervention pour l’État américain, déjà super endetté ! Même la Chine qui est dépendante du pétrole iranien et des pays du golfe persique (prévoyant la crise, elle a des stocks énergétiques considérables de 4 à 6 mois) pourrait être touchée par la baisse de la demande, si la flambée des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires freinait la consommation des pays vers lesquels elle exporte comme l’Europe, les USA et autres. Au Japon, la monnaie se dévalue aggravant l’inflation déjà existante, avec un cours du baril,en raison de la dévaluation du yen, atteignant 140 dollars ; or sa situation est déjà mauvaise avec un taux d’endettement record de 250 % du PIB ce qui pourrait contraindre le gouvernement à vendre des bons du trésor américains, aggravant du même coup la situation du trésor US !! Les États Unis se sont embarqués dans une guerre qui leur coûte 1 à 2 milliards de dollars par jour et ils ont déjà emprunté 1000 milliards de dollars ces cinq derniers mois.
Quant à la Russie de Poutine, cette guerre l’arrange car grâce à sa flotte « fantôme » que rien ne semble arrêter, quand les prix du pétrole montent, les caisses de l’État, qui en ont bien besoin, se remplissent. Aussi a-t-il intérêt à ce que cette guerre dure le plus longtemps possible. D’autre part il ne peut pas laisser s’effondrer le seul allié qui lui reste au Moyen Orient au risque de perdre toute crédibilité. L’axe stratégique Moscou – Téhéran est vital pour la Russie, si elle veut conserver un minimum d’influence au Moyen Orient. Poutine soutient ainsi les Iraniens en leur fournissant les améliorations technologiques apportés aux drones iraniens, ainsi que des experts pour mieux cibler avec leur couverture satellitaire les bases américaines. De leur côté, les Américains se trouvent obligés de faire appel aux Ukrainiens pour défendre leurs bases militaires contre les drones iraniens, car les militaires ukrainiens sont les seuls à avoir une véritable expertise dans ce domaine. En effet ils interceptent 95% des drones russes avec des drones peu coûteux – entre 10 000 et 20 000 euros -, tandis que les Américains, pour détruire un drone, emploient des missiles qui coûtent des millions d’euros !
L’intervention aérienne américaine, conjointe à celle du proxy israélien, n’a t elle pas ouvert la boite de Pandore ! Les alliés arabes du golfe, opposés à cette intervention, se trouvent en effet concernés et particulièrement touchés par les attaques iraniennes. L’économie mondiale pourrait être gravement déstabilisée par le blocage du détroit d’Ormuz qui approvisionne les pays demandeurs en pétrole, gaz, engrais et autres produits chimiques. Les bourses s’envolent, s’échauffent, les taux montent et descendent dans la journée en fonction des déclarations des uns et des autres, les banques centrales s’agitent, et personne ne peut dire qui est réellement vainqueur car sur le terrain, les maîtres iraniens même décimés renaissent encore et encore et parviennent à résister par l’envoi de drones peu coûteux ou en bloquant le détroit d’Ormuz, en laissant passer les bateaux « amis », chinois en l’occurrence, voir en rançonnant d’autres à des prix exorbitants !! Comment le cercle trumpien, politique, militaire et affairiste, va se sortir de ce pétrin sans y laisser des plumes pour son économie nationale car cette guerre aérienne avec l’intelligence artificielle lui coûte financièrement très très cher !!
Cette atmosphère de loi de la jungle fait craindre aux bourgeoisies une descente aux enfers vers une crise économique mondiale débouchant sur une guerre mondiale. Les guerres avec l’IA permettent d’expérimenter un nombre grandissant d’armes nouvelles utilisables dans un futur conflit direct contre la Chine, avec participation des « alliés » vassaux, une division du travail entre belligérants, avec du côté chinois la Russie se chargeant de l’Europe, et la Chine des USA, la bourgeoisie américaine n’ayant pas à s’occuper de l’Europe dont les pays se seront armés jusqu’aux dents … ou presque ! Dans ce contexte d’agression contre l’Iran, l’Otan semble se renforcer ; les puissances moyennes comme les pays européens et le Canada, tout en étant menacées et rançonnées par les États Unis, se sont rangées derrière leur maître US, le dédouanant de son agression contre l’Iran.
Seuls les prolétariats de tous les pays agresseurs et agressés, sont en capacité de s’opposer à ces guerres infâmes, que les bourgeoisies, effrayées par la chute inexorable de leur taux de profit, seront poussées à mettre en action. Mais pour cela, ils doivent se dresser, s’organiser économiquement dans les syndicats, et rejoindre le seul parti qui exprime l’expérience millénaire de luttes sociales contre la société de classe et le capitalisme, et pouvant ainsi les guider dans une lutte impitoyable qui les oppose à la classe bourgeoise, parti qui est le Parti communiste international demeuré imperturbablement sur le fil de Marx, Engels, Lénine et la Gauche italienne.
- Le projet Manhattan commença en 1939 et finit par employer plus de 130 000 personnes. ↩︎
- Expert en sécurité nationale, retraité de l’armée depuis 2001, il travaille au centre d’évaluation stratégique et budgétaire puis
de 2013 à 2014 il dirige le centre pour une nouvelle sécurité américaine, et est secrétaire adjoint à la défense sous le
président Obama. Il réorganise le département de la défense en réduisant les dépenses inutiles de 125 millions de dollars !
Il siège au conseil d’administration de Raytheon RTX, et en 2023 il est membre du conseil consultatif du Projet d’études
compétitives spéciales, fondation privée spécialisée dans les technologies et la sécurité, fondée par l’ancien PDG de
Google. ↩︎