Parti Communiste International

Pour la réorganisation territoriale de la classe ouvrière

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Pioltello, 8 juin, 2014.

Quand les travailleurs vont sur le terrain de la lutte de classe – comme l’ont fait les ouvriers organisés dans le SICOBAS à Dielle, à Caat de Turin, à Ikea de Piacenza, à Granarolo de Bologne, chez Carrefour, à SDA et lors de bien d’autres batailles – on voit très clairement que le régime en place a mis sur pied toute une organisation contre les prolétaires pour les soumettre à l’exploitation du capitalisme: les syndicats de régime les aident en cherchant à briser les grèves en divisant les travailleurs, en organisant les briseurs de grève; et l’État bourgeois envoie sa police pour attaquer les piquets de grève.

Face à tous ces ennemis, les travailleurs ne peuvent compter que sur leur propre force. Celle-ci, limitée à l’intérieur d’une usine, peut suffire pour remporter temporairement quelques batailles, mais sera toujours insuffisante pour une victoire plus durable et plus générale. La voie de la victoire ouvrière est celle de l’UNITÉ DE LA CLASSE qui commence au niveau de l’entreprise, mais qui se réalise en s’étendant au delà de ces limites, en dépassant les divisions catégorielles, de sexe, de race et de nation, toutes divisions qui ne sont utiles qu’au capitalisme et à la bourgeoisie pour maintenir sa domination de classe.

L’UNITÉ DES TRAVAILLEURS se trouve réellement réalisée lorsqu’elle signifie UNITÉ DE LUTTE ET DE GRÈVE: quand à côté des travailleurs qui se trouvent soumis à une attaque de la part de la bourgeoisie, d’autres travailleurs descendent en lutte pour les soutenir; l’unité est réalisée lorsque la grève n’est pas une question privée des employés d’une seule entreprise, mais qu’elle est un incendie qui se propage à toujours plus de prolétaires.

Pour que cela arrive il faut une organisation adéquate, un vrai SYNDICAT DE CLASSE:
– Qui défend les intérêts des travailleurs de façon intransigeante, c’est-à-dire sans subordonner leurs intérêts à ceux de l’entreprise, ni à ceux de l’économie nationale, qui n’est rien d’autre que les intérêts du capitalisme national et international.
– Qui refuse en échange de prétendus droits (reconnaissance syndicale, représentation, etc…) de limiter l’usage de la grève: les patrons ne traitent avec les syndicats que sous la contrainte; autrement ils n’acceptent à la table des négociations que les syndicats qui leur sont commodes, c’est-à-dire complices comme les syndicats de régime.

Pour développer au mieux l’unité des travailleurs salariés, occupés ou au chômages, le syndicat de classe doit avoir comme base organisatrice non pas l’entreprise, mais le territoire, comme dans la glorieuse tradition des Bourses du Travaille, une Maison du Prolétariat:
– Dans lesquels les travailleurs d’entreprises différentes se réunissent en tant que membre d’une même classe, de manière à renforcer et à resserrer les liens fraternels.
– Dans lesquels peuvent se retrouver tous les travailleurs qui appartiennent aux petites entreprises, qui aujourd’hui se trouvent isolés et séparés des travailleurs des moyennes et grandes entreprises, sans parler de la masse toujours plus grande des chômeurs.
– Des lieux qui deviendront des centres organisatives pour la mobilisation territoriale de la classe travailleuse.
– Des lieux qui deviendront des centres de référence pour les luttes dans les entreprises en crises, qui aujourd’hui se battent isolément en étant organisées par les syndicats de régime.
– Des lieux qui se battront pour le front unique à la base du prolétariat, avec la formation des comités de lutte dans chaque entreprise, auxquels pourront adhérer les travailleurs indépendamment de leur appartenance syndicale, comités qui chercheront à prendre la direction des luttes en la retirant des mains des syndicats de régimes et aux organes «représentatifs» domestiqués (RSU).

Le réseau de cette structure territoriale des luttes prolétariennes sera le corps vivant du renaissant SYNDICAT DE CLASSE.
– VIVE LA LUTTE DES OUVRIERS DE LA DIELLE !
– POUR L’EXTENSION ET LE RENFORCEMENT DU SICOBAS !
– 
POUR UNE MAISON DU PROLETARIAT A PIOLTELLO !
– 
POUR LA RENAISSANCE DU SYNDICAT DE CLASSE !