En marge de notre appel : Stalinisme, antistalinisme et paix sociale
Pendant longtemps le faux communisme de Moscou n’a connu que des adversaires obscurs et peu nombreux appartenant à l’aile gauche du mouvement ouvrier. Depuis ces deux dernières années c’est de son sein que surgissent, à grand renfort de publicité, de petits groupes dissidents, scissionnistes avoués ou opposants clandestins, qui découvrent, avez quelque retard, que les partis stalinistes ne répondent plus aux « exigences actuelles » de la lutte ouvrière.
Il n’y a pas de doute que c’est là le commencement de la décomposition organique de l’appareil politique international du Kremlin, et par le fait qu’il tend à désarticuler le principal allié de la bourgeoisie capitaliste on ne peut nier qu’un tel phénomène doive préluder à de nouvelles et plus favorables conditions d’activité politique prolétarienne. Mais dans l’immédiat sa portée est toute différente car il n’apporte pas la clarté mais la confusion. Ces derniers venus dans le camp de l’antistalinisme, s’ils n’ont ni le mérite ni le courage de ceux qui les ont devancés dans cette voie à l’époque où cela coûtait la vie, n’en reproduisent pas moins, en les démultipliant, les tares et les faiblesses de la plupart de leurs prédécesseurs.
Ces derniers, surtout en France et dans les pays anglo-saxons, ont montré qu’étant isolés dans une situation de complet recul du mouvement ouvrier, ils ne pouvaient suppléer à la solide tradition révolutionnaire prolétarienne qui leur faisait défaut. Ils n’ont jamais eu la force de se débarrasser intégralement d’un opportunisme que le stalinisme avait généralisé dans toutes les files ouvrières mais qui n’était que la répétition d’un opportunisme plus vaste et plus ancien, celui qui plonge ses racines jusqu’aux plus grandes défaites historiques du mouvement ouvrier. De là découlaient, chez ces premiers « oppositionnels » un empirisme extravagant dans la pratique politique et dans les rapports avec les autres partis, mais surtout une grande perplexité dans l’identification du mal qu’ils dénonçaient : la nature sociale de l’État russe, le rôle véritable des partis qui lui sont affiliés.
A cette impuissance dans l’analyse théorique et à cette propension à la manœuvre politique qui étaient caractéristiques des anciens courants de l’antistalinisme ouvrier, et particulièrement du plus important d’entre eux, le trotkysme, les groupes ou militants qui rompent aujourd’hui avec Moscou ajoutent une extrême perversion politique et une prétention bien plus grande. Ils ne se posent pas en gens finalement lassés d’une longue suite de compromissions politiques qu’ils ont acceptées d’enthousiasme ou simplement tolérées mais en véritables promoteurs d’un renouveau idéologique du socialisme. A les entendre ils se seraient enrichis d’une expérience historique qui aurait fait défaut à tous les grands noms du mouvement, ils seraient venus à point pour découvrir des conditions nouvelles et originales.
Si nous mentionnons ces démarches intellectuelles bien plus spectaculaires que profondes c’est parce que, tout en matérialisant les débuts de la prévisible décomposition du stalinisme, elles reflètent un phénomène plus général et plus profond que la désagrégation naissante de l’appareil de la propagande russe : la dégénérescence totale de l’idéologie et de la politique. C’est à ce titre qu’elles nous intéressent, parce qu’elles prolongent jusque dans les rangs des travailleurs cette décomposition idéologique générale dont l’influence sur la classe ouvrière ne disparaîtra qu’après de longues et douloureuses expériences. Elles constituent de véritables obstacles sur l’ingrate voie de la réhabilitation du programme historique du prolétariat.
Ce danger des séquelles de la décomposition du mouvement staliniste nous l’avions déjà pressenti; il est nettement évoqué dans un texte qui date de quelques années et que nous reproduisons dans les pages qui suivent sous le titre d’« Appel pour la réorganisation internationale du mouvement révolutionnaire marxiste ». A l’époque de sa rédaction les « innovateurs » étaient encore peu nombreux dans les rangs du « communisme oppositionnel ». Aujourd’hui, où il est prévisible qu’ils vont proliférer, on pourra juger à sa lecture qu’il n’en est que plus actuel et nécessaire. Contre tous ceux qui sont en mal « d’originalité » il n’a pas d’autre prétention que de ne rien apporter d’original au marxisme le plus orthodoxe, rien qui n’ait déjà été dit et répété par nos maîtres et aînés du mouvement prolétarien. Le jour est encore éloigné où il deviendra évident que les hésitations et faux dilemmes qui paraissent aujourd’hui justifier la recherche de solutions « nouvelles » n’étaient que le produit du reflux de la révolution socialiste et du désarroi idéologique qu’il a engendré. Mais plus nombreux auront été les yeux qui se seront dessillés avant cette reprise, plus celle-ci sera vaste et radicale car elle est tout autant inéluctable que l’actuelle déconfiture de ceux qui en furent les renégats.
Le marxisme, devrons-nous répéter sans nous lasser, a donné une fois pour toutes la formule du bouleversement révolutionnaire de la société. Chaque grande phase de convulsion sociale, et particulièrement chaque phase de contre-révolution, n’a fait que préciser et confirmer cette formule. S’inspirant de cette constatation fondamentale, notre « Appel » s’est attaché à faire le point des conséquences de la contre-révolution stalinienne et il suffira d’un peu d’objectivité pour se convaincre que plusieurs des principaux points de ce texte ont déjà subi victorieusement l’épreuve des faits, notamment ceux qui ont trait à l’involution russe vers les formes ouvertement affirmées d’une structure capitaliste. Pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas là d’une vérification fortuite mais bien d’une nouvelle confirmation s’ajoutant à celles qui l’ont précédée et qui, en s’intégrant dans la continuité historique du mouvement, donnent à la théorie de Marx son caractère scientifique, il n’est pas inutile de grouper les principales questions traitées autour d’une notion centrale et essentielle pour la compréhension de la doctrine et du programme du prolétariat.
Le fait le plus frappant de la période actuelle, la constatation qui s’impose même au premier venu, c’est que le monde moderne est saturé de violence. Il est secoué par des contrastes et des chocs qui s’inscrivent continuellement en faux contre la vision idyllique qui sert de justification à toutes les théories bourgeoises et d’argument à toute sa structure politique et juridique. La seule ressource des défenseurs du système établi réside dans leur plus ou moins grande possibilité de dénaturer le sens de cette violence et, à chacune de ses inévitables explosions, de réclamer de l’humanité de nouveaux délais pour la réalisation de leur chimérique idéal d’harmonie sociale.
En face de cette manœuvre comment se définit un parti révolutionnaire ? En ce qu’il sait identifier toute cette violence, la dénoncer comme contre-révolutionnaire et appuyer la seule violence qui puisse les supprimer toutes avant de se supprimer elle-même, celle du prolétariat.
Si ce critère appliqué à la social-démocratie en révèle définitivement le caractère conservateur, en quoi réside la difficulté de cataloguer de même le stalinisme comme force de soutien. du système mondial bourgeois ? En ce qu’il se présente comme organisation anti-conformiste, qu’il se place dans le camp de la subversion sociale, allant jusqu’à appuyer l’action anti-constitutionnelle dans certains pays alors qu’il démontre par ailleurs collaborer à la gestion de l’État capitaliste et faire du socialisme le but d’une compétition pacifique entre les classes et entre les États.
Le rôle néfaste du stalinisme dans la classe ouvrière étant dûment constaté et consigné, quelle est sa tare essentielle, celle sur laquelle doivent porter le plus durement nos griefs et se fonder l’enseignement politique de cette période historique ? Faut-il lui reprocher d’avoir fait preuve d’éclectisme politique ou d’avoir abusé de l’autorité qui lui concédait la disposition du pouvoir d’État ? A-t-il pêché par abus de la violence ou par défaitisme devant les grandes forces internationales du capital ?
Ainsi groupées ces questions, que notre « Appel » traite méthodiquement et sous forme de thèses, peuvent constituer l’ossature d’un examen succinct de ce texte, propre à en faciliter l’étude et à résumer sa conclusion générale : ce n’est pas l’arbitraire policier, le sadisme contre-révolutionnaire et les méthodes ignobles du stalinisme qui ont fait des partis de Moscou les instruments de la conservation capitaliste contre la menace de révolution mondiale, c’est le pacifisme social qu’ils ont implanté dans toutes les assises du mouvement ouvrier. Et celui-ci sortira de cette défaite, non pas en pillant son programme dans l’éthique, la morale et l’éclectisme idéologique de l’arsenal bourgeois mais en revenant à ses positions fondamentales sur la nécessité de la violence et de la dictature pour extirper le capitalisme.
En 1950, année de la rédaction de notre « Appel », le monde entier vivait encore sous l’influence des terreurs de la « guerre froide ». La détente internationale n’avait pas encore triomphé. Dédaigneux (pour quelques années encore) des avances russes en faveur de la « coexistence pacifique », l’Occident poursuivait sa violente campagne de dénigration de la « dictature soviétique » sans avoir besoin pour cela de renouveler les prétextes idéologiques qui avaient fait leur preuve lors de la guerre contre l’Allemagne et qui conservaient, appliqués à la rivalité nouvelle entre les Américains et les Russes, toute leur efficacité suggestive.
Fallait-il s’étonner que le prolétariat, impuissant et divise, accepte sans étonnement ni indignation que les ex-alliés de la veille se rejettent l’un sur l’autre les griefs qu’ils avaient précédemment dirigés de concert sur le régime hitlérien ? Que la Russie, saluée quelques années plus tôt comme le rempart de la civilisation contre la « barbarie nazie », soit dénoncée désormais comme le danger № 1 de la démocratie et que le Kremlin déploie toute sa fureur contre « l’impérialisme yankee » pour les intérêts duquel, sur tous les champs de bataille du monde, il avait immolé des millions de prolétaires ? Certainement pas si on tenait compte de l’état d’extrême faiblesse sociale des masses ouvrières dont l’énergie, réveillée par les années de misère qui avaient succédé à la paix, avait été perdue dans des luttes sans issue et trahies d’avance. On ne se redresse pas si rapidement de vingt années d’abandons et de reculs.
D’ailleurs les mêmes forces politiques continuaient à diriger les organisations ouvrières et ne savaient, devant la menace – apparente ou réelle – de la guerre, qu’opposer une plate sollicitation de la paix, loyale et respectueuse de l’ordre établi, que proposer une utopique plate-forme de réconciliation éternelle des blocs d’États.
Il n’est pas douteux que la propagande pacifiste des partis stalinistes, qui tenaient la place la plus importante dans la « protestation contre la guerre », répondait avant tout aux exigences de la stratégie russe. Mais outre que ce serait une grosse erreur de n’envisager que cet aspect de la propagande pacifiste et négliger la portée objective, l’influence idéologique sur les masses de cette stratégie, ce serait ignorer aussi que tout défaitisme de classe a toujours des causes plus profondes que la volonté et la décision des chefs opportunistes. L’erreur des « oppositionnels » de cette époque fut effectivement de croire que la revendication de la paix n’était pas suffisante uniquement parce qu’elle était dictée par les instruments de Moscou et qu’il suffirait de lui superposer quelque phraséologie classiste pour la rendre positive voire pour en faire un tremplin d’agitation sociale.
En réalité, spéculer sur l’horreur que manifestent les masses ouvrières pour la guerre n’aboutit jamais à leur insuffler l’énergie de la révolte sociale mais au contraire n’a pour effet que de leur transfuser la panique qui s’empare des éléments de la petite bourgeoisie lorsque explosent les contradictions du mode de production auquel elles sont ligotées. Sur ce point comme sur tous ceux qui touchent aux réactions des foules c’est la présence ou l’absence d’un fort parti politique du prolétariat qui détermine le sens, révolutionnaire ou panicard, des menaces de destruction qui pèsent sur la société moderne.
Par quelque moyen que ce soit on ne peut suppléer à l’inexistence de l’organisation prolétarienne, ni par la propagande, ni par l’agitation, mais encore moins en faisant chorus. avec les démagogues et les opportunistes qui crient « Halte à la guerre » alors qu’ils en développent les conditions objectives et subjectives. Tout autre est la tâche qui s’impose aux militants révolutionnaires. Quand tout le mouvement international s’est écroulé et décomposé c’est à l’arme de la critique de refaire ses preuves pour frayer la voie à la critique des armes. La gangrène opportuniste a substitué au programme révolutionnaire une plate copie du progressisme bourgeois. La « théorie » des actuels partis « ouvriers » n’est qu’une accommodation ignoble de l’idéologie démocratique à une politique de reculade et de démission dans la lutte intérieure et internationale. Dans leurs ripostes aux attaques de la propagande occidentale, Moscou et ses partis n’ont su que développer les mêmes platitudes de leurs concurrents d’outre-atlantique et, de même qu’ils prétendaient, au nom du socialisme, rivaliser avec la production mercantile capitaliste des grands producteurs de l’ouest, ils veulent se proclamer plus démocrates, plus tolérants, plus éclectiques que les bourgeois de vieille date. Ainsi ils enfoncent plus profondément encore ces mensonges de la civilisation capitaliste que, depuis des décades, bourgeois et serviteurs reconnus du capitalisme s’efforcent d’imprimer d’une encre indélébile dans les cerveaux des prolétaires. C’est donc là qu’il faut porter le fer rouge de la critique marxiste au lieu d’essayer de contourner les fortes positions que ce bourrage de crâne a déjà conquises chez les ouvriers, ou pire encore, de vouloir les orienter dans « un sens de classe ».
Les deux grandes trahisons historiques de la cause prolétarienne se signalent par un essentiel trait commun : l’apologie d’une forme de gouvernement de la société bourgeoise contre d’autres formes politiques de la même société, l’appui à des États capitalistes contre d’autres États capitalistes, le rejet de tous les pays du camp militaire opposé dans les ténèbres du passé et de la réaction. La première guerre mondiale fut lancée comme croisade contre le militarisme germanique, instrument de la conservation sociale monarchique. La seconde, conduite sous la bannière de l’antifascisme, fut également présentée comme une guerre juste, progressive en face d’un retour offensif du moyen âge, en face d’États définis comme réactionnaires par rapport aux démocraties bourgeoises. Tandis que les renégats justifiaient cette position par un reniement total de l’analyse conduite par Marx, lequel, depuis 1871 en Europe occidentale, déclarait la bourgeoisie ennemie № 1 du prolétariat et les guerres nationales vidées de tout contenu progressif, une infâme spéculation se développait, mettant à profit l’évidence du caractère toujours plus brutal et impitoyable des guerres modernes pour en imputer l’exclusive responsabilité aux dirigeants des pays opposés. La prétendue « défense d’une forme historique et sociale progressive » que les opportunistes invoquaient à l’appui de leur honteuse politique d’union sacrée, dégénérait rapidement en une formule grandiloquente et hypocrite de lutte pour le « salut de l’humanité » pour la défense de la civilisation contre la barbarie : hier contre la barbarie teutonne, puis contre la barbarie nazie, aujourd’hui contre la barbarie russe. … demain peut-être contre la barbarie asiatique. La paix et la guerre, la civilisation et la barbarie, le progrès humain et le socialisme : sur ce vaste canevas, une effroyable dénaturation des termes s’accomplissait et se fondait en un homogène bourrage de crâne chauvin et belliciste. Liberté, démocratie, patrie et socialisme sont devenus, après le triomphe incontesté du réformisme et de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier, des mots interchangeables auxquels il faudra redonner leur véritable signification sociale sous peine de réduire tous les efforts de redressement de la lutte prolétarienne à une vaine et trompeuse spéculation.
La barbarie est une forme d’organisation sociale – bien supérieure à la civilisation des sociétés de classe, du point de vue de la valeur morale et de l’honnêteté des rapports sociaux – mais non une aberration de la politique des États modernes, une systématisation monstrueuse de la brutalité et de la violence des sociétés industrielles et encore moins – comme dans l’acception de certain groupe « d’avant-garde » – une forme d’avenir du monde capitaliste. La démocratie, structure historique progressive par rapport au féodalisme et moteur politique et social de libération des forces productives dans les pays arriérés, est toujours et partout un système d’institutions qui masque et favorise la spoliation de la force de travail. La patrie, fronton idéologique de la bourgeoisie, révolutionnaire pour autant qu’elle s’inscrit dans des luttes et des guerres qui ont pour objectif de liquider la servitude de la glèbe, le droit personnel et l’étanchéité des îlots productifs dans les formes pré-capitalistes, devient une suggestion trompeuse et conservatrice dès lors qu’historiquement la guerre des classes ne se déroule plus sur les frontières des États mais sur la frontière sociale entre prolétaires et détenteurs des moyens de production. Autour de ces définitions, fondamentales dans la théorie marxiste, se sont déroulés tous les combats de l’aile radicale et marxiste orthodoxe contre la déviation du révisionnisme réformiste, lequel a fini par se fondre dans les arguments classiques de l’apologie et de la justification d’une éternité du système bourgeois.
Mais il faut aussi rappeler ce que vaut la paix du monde moderne, c’est-à-dire la paix capitaliste. Ceci fut aussi l’objet de l’œuvre rénovatrice du marxisme révolutionnaire menée par Lénine dans le premier quart du siècle. Pour trouver un mouvement en faveur de la paix qui ait un caractère véritable de classe il faut remonter jusqu’à la veille de la guerre de 1914 où syndicalistes et socialistes menacèrent la bourgeoisie de la grève générale si elle prenait la responsabilité de déclencher le conflit armé entre les États capitalistes. C’était une position de classe parce que position révolutionnaire. Depuis cette tentative valable – mais impuissante – d’épargner au prolétariat et à la population les misères et désastres du premier grand carnage mondial, la revendication de la « Paix » ne fut jamais qu’une triste farce politique, incapable d’opposer le moindre obstacle au déchaînement de la folie meurtrière, mais toujours efficace pour cimenter chaque prolétariat à sa propre bourgeoisie. D’ailleurs pendant que quelques centaines de milliers de naïfs se rassemblent sous le signe de la colombe pacificatrice, sans se douter qu’en se berçant ainsi de leurs illusions, ils ne font pas varier d’une fraction infinitésimale la route jalonnée de morts et de destruction sur laquelle s’avance inexorablement la civilisation capitaliste, il y a toujours, dans quelque coin du globe, des lieux qu’ensanglante la guerre; sans parler des pays ou la paix civique n’est autre chose que la guerre des classes déchaînée au seul profit des classes dominantes tant l’exploitation économique y est liée a la violence physique sur les travailleurs.
Les falsifications de doctrine qui ont permis cette infection idéologique de la classe ouvrière – sous la forme de la soporifique aspiration à la paix universelle aussi bien que dans la belliqueuse et farouche défense du « sol de la patrie » – ne sont autres que celles qui ont toujours servi de toile de fond à la trahison opportuniste. Mais à dater de l’époque où elles se sont inscrites dans l’énorme imposture qui définit comme prolétarien et socialiste le régime des Staline et des Khrouchtchev elles ont atteint un degré extraordinaire de persuasion politique ce qui explique que les générations successives de critiques du mouvement dégénéré de Moscou n’aient jamais réussi à trancher correctement la délicate et complexe question de la nature sociale de la Russie staliniste et de ses acolytes occidentaux.
A mesure que les événements surgissent qui contraignent les chefs du Kremlin à dévoiler leur véritable jeu politique, la vérité tend à percer sur le caractère contre-révolutionnaire du pouvoir qui siège à Moscou et sur l’intense exploitation économique que masquent les insipides litanies productivistes d’agents appointés. Cependant le sentiment de désapprobation qui s’est manifesté jusqu’au sein des partis stalinistes occidentaux à la suite d’événements comme la répression sanglante de Budapest n’en laisse pas moins intacte la notion de « communiste » appliquée à la Russie et aux organisations sous son obédience. De telles réactions n’engendrent donc que des désirs de réforme à l’adresse du système staliniste et de sa politique (et ce d’autant plus que les expériences du titisme et du gromulkisme apparaissent comme des preuves de la possibilité d’un « socialisme » moins « brutal » moins « autoritaire » que celui de Moscou). Elles ne suscitent donc pas la condamnation de la monstrueuse formule du « socialisme national ». Bien plus, sur le plan idéologique elles rapprochent davantage encore la confusion d’idées qui dominent l’ensemble du mouvement ouvrier des postulats fondamentaux de son adversaire : la liberté et la démocratie.
Ce phénomène démontre combien nous avions raison, au moment de la publication de notre « Appel », d’insister sur le danger que représentent les critiques démocratiques à l’adresse du système russe. Le principal résultat des coups de théâtre politiques qui ont suivi la mort de Staline n’a été, en somme, que de rassurer les préjugés petits-bourgeois des « progressistes » occidentaux, La superstition sur le caractère socialiste de la Russie et des pays qui s’inspirent de son exemple politique sort accrue et non dissipée de l’ahurissante suite des révélations et de réhabilitations qui ont émaillé le dernier congrès du P.C. Russe. En s’en rendant compte on comprendra que notre méthode – qui consistait à rejeter tout critère directement ou non inspiré par les préjugés bourgeois de justice et de liberté – était la bonne puisqu’elle nous a permis de définir des caractères économiques et politiques qui survivent à la disparition des phénomènes qui monopolisaient l’attention au moment où le monde occidental était subjugué par la puissance policière du système russe et terrorisé par la férocité de son chef aujourd’hui vilipendé. Pour comprendre l’importance et la portée de notre texte, passé inaperçu à cette époque comme il peut encore l’être aujourd’hui, il faut tenir compte de ce que la position que nous avons prise à l’égard de la nature de la Russie et de son régime politique fut formulée avant que l’évolution interne de la politique soviétique et les modifications apportées à l’organisation de son économie ne viennent apporter une preuve évidente du caractère capitaliste que nous lui dénoncions. De plus il faut surtout tenir compte que c’est en fonction de critères politiques bien définis que nous avons effectué cette identification économique et sociale et maintenu une condamnation politique qui remonte aux premiers actes de la déviation opportuniste de l’Internationale de Moscou. Sur cette base théorique et expérimentale solide nous nous sommes refusés à devenir, comme ce fut le cas de la plupart des oppositionnels, les victimes des apparences de la politique et notamment de cette spéculation staliniste à la lutte sociale qui lui fit quelquefois diriger de véritables actes antigouvernementaux et aller, dans la Tchécoslovaquie de 1948, jusqu’au coup d’État. Nous avons résolument refusé le dilemme dans lequel tombaient tous les anti-stalinistes : comment un parti qui trahit et abandonne outrageusement la lutte prolétarienne peut-il quand même jouer un rôle subversif ? Les choses n’étaient pas en effet toujours aussi claires qu’à Berlin ou à Budapest où l’armée russe mitraillait les ouvriers. Nombreux étaient les militants d’avant-garde qui demeuraient perplexes devant cette question, lorsqu’ils n’abondaient pas dans cette explication simpliste : le stalinisme, ni prolétarien ni bourgeois mais au service d’une nouvelle classe.
Si sur ce point la moindre incertitude avait été fondée, ce n’est pas simplement notre acquis politique, ni même la grande ligne léniniste qui aurait été faux mais le marxisme tout entier. Nous avons soutenu qu’il s’avère que l’économie russe n’est pas socialiste mais capitaliste, comme nous le savions depuis longtemps, elle doit reproduire les phénomènes essentiels de superstructure qui se sont toujours historiquement vérifiés dans ce système de production. Les plus impudents des innovateurs nés de l’antistalinisme, ceux que nous pourrions appeler les « théoriciens de la facilité », ont parlé, pour la Russie actuelle, d’un capitalisme « nouveau », invulnérable aux crises classiques grâce à la planification supérieure de son économie et à la culture « marxiste » de sa bureaucratie. Ils y voyaient l’assise économique et sociale d’une classe originale, tout à la fois capable de combattre la bourgeoisie et de brimer le prolétariat. Ils ont fait en somme du stalinisme un phénomène monstrueux irréductible aux données du matérialisme historique, une absurdité et un paradoxe puisqu’il réussissait à la fois à révolutionner la société et à opprimer la principale de ses formes productives.
Nous y avons opposé la formule classique de toute révolution sociale, produit de la révolte des forces productives contre la superstructure politique de la société. A l’échelle internationale où la révolution sociale déterminante est celle du prolétariat contre la bourgeoisie capitaliste, le stalinisme est essentiellement une force contre-révolutionnaire. Mais dans les immenses secteurs géographiques où le capitalisme n’est pas pleinement développé et où la constitution d’États nationaux est sa condition primordiale, le romantisme politique attardé de l’école de Moscou peut très bien jouer le rôle de pourvoyeur de cadres politiques et militaires et d’inspirateur d’un « digest » de faux socialisme désormais imité même par les partis autonomes des bourgeoisies locales. Il n’y s’agit en effet que de révolutions nationales-démocratiques – donc capitalistes – pour lesquelles la même idéologie qui a permis au pouvoir soviétique de poursuivre l’extirpation des rapports pré-capitalistes en Russie et d’y masquer au prolétariat que ce n’était là que le premier objectif de la double-révolution de Lénine et non l’instauration d’une économie socialiste, demeure valable et efficace.
Il n’y a pas de contradiction à ce que les liquidateurs de la perspective de la révolution prolétarienne deviennent les artisans de certaines des révolutions capitalistes des pays arriérés. Mais les stalinistes d’Orient et d’Extrême-Orient poursuivent une politique qui n’a rien de commun avec celle que Lénine préconisait : non seulement ils ne font rien pour combattre l’idéologie nationale et démocratique (comme Marx le préconisait dans tous les pays et époques où le prolétariat doit appuyer de telles révolutions) mais encore ils en dissimulent le véritable caractère sous une phraséologie pseudo-socialiste. Non seulement ils ne préparent pas le prolétariat de ces pays à se retourner ultérieurement contre leur propre bourgeoisie mais ils en préviennent toute possibilité en fusionnant les organisations ouvrières avec celles des classes appelées à prendre le pouvoir. Enfin, à l’instar de ces classes qui, dans la plupart des cas ont composé avec l’impérialisme, ils ne sont entrés en lutte ouverte contre lui que contraints et forcés : dans ces pays c’est la situation objective qui fut révolutionnaire avant les forces politiques qui ont pris en mains la direction des mouvements de révolte. D’ailleurs – et c’est là ce qui détermine inexorablement le véritable caractère politique et social du stalinisme – l’attitude de ses partis dans les métropoles est fondée sur une stratégie de complète paix sociale et par suite la grande condition de la radicalisation internationale des mouvements des peuples des pays arriérés fait entièrement défaut : en deçà comme au-delà des mers les stalinistes sont d’exclusifs serviteurs du système bourgeois.
Considéré sous l’angle de sa dépravation idéologique, et non pas sous celui de l’influence qu’il peut exercer et qui demeure dérisoire, l’antistalinisme est pire que le stalinisme.
Ce dernier, durant de longues années a laissé croire à ses partisans qu’il n’hésiterait pas a recourir à la lutte armée contre les pouvoirs capitalistes d’occident. Ce n’était là qu’une fanfaronnade, nécessaire pour sauvegarder le contrôle du parti sur l’aile la plus combative de la classe ouvrière, importante à cette époque. Par la suite, les revirements de la politique de Moscou, et notamment les fameuses déclarations de Khrouchtchev sur les « voies nationales » du socialisme, ont montré que le Kremlin avait ouvertement et définitivement renoncé à cette propagande.
Mais les antistalinistes, c’est par principe eux, qu’ils refusent la violence subversive et la dictature du prolétariat. Leur grand argument ils le puisent dans l’exemple de la férocité de la contre-révolution stalinienne, de même qu’ils condamnent le principe du centralisme dans le parti en invoquant le système quasi-policier des organisations moscovites et qu’ils rejettent toute rigueur doctrinale pour se garder du « dogmatisme » qu’ils attribuent – à tort – à Staline.
Mais toutes ces positions ont en réalité une autre cause : elles sont dictées par la faillite de leur conviction révolutionnaire, Ils craignent l’insurrection armée des masses, ils redoutent qu’elles servent autre chose que le socialisme si on ne les tempère pas d’un peu de démocratisme. Ils ne sont plus capables de distinguer entre la violence révolutionnaire et la violence conservatrice. Il n’y a plus pour eux que la violence tout court même s’ils n’ont pas conscience de ce fait et se le dissimulent sous des considérations pseudo-généreuses au sujet de la « volonté de la base », de la « démocratie interne », du « droit à la libre discussion », etc,.. ces arguments qui n’ont d’autre objet que d’empêcher l’organisation de classe et le pouvoir de classe d’être les instruments homogènes, incisifs et impitoyables, indispensables à une véritable transformation révolutionnaire de la société.
Longtemps après qu’elle ait triomphé, la contre-révolution qui a fait des Staline et consorts des chefs d’État continue son œuvre désormais souterraine de désarmement du prolétariat. Plus néfaste encore qu’à l’époque où elle massacrait ses militants, elle reproduit chez ceux qui n’ont pas la force de rompre intégralement avec toute une phase de dégénérescence politique la même aberration que continue à propager son appareil officiel de propagande : la conception du socialisme comme produit du pacifisme social. Dans leurs bouches et plus encore dans celles de leurs « dissidents » l’horreur que suscite sa violence sert à bannir jusqu’à l’idée de la violence dans l’avant-garde de la classe révolutionnaire. Elle en égare les militants dans les méandres des demi-mesures, de l’éclectisme et des compromis. Elle les incite, en dernier ressort, à reprendre à leur compte l’hypocrite condamnation que formule à l’adresse des brutalités du jeune capitalisme russe le vieux capitalisme d’occident, et par là à participer involontairement à l’entretien de ce faux dualisme de systèmes politiques qui, en réalité sont de même nature sociale parce que fondés sur d’identiques rapports de production.
Le prolétariat devra renvoyer dos à dos ces faux adversaires qu’il s’expose à voir unis chaque fois qu’il s’élancera sur sa voie propre et dont il ne viendra à bout que s’il sait retrouver ses armes théoriques et politiques, son parti et son programme. Le texte qui suit est une proposition dans ce sens, un Appel sans doute à tous les révolutionnaires sincères mais aussi une exclusive, l’exclusive sur tout ce qui pourrait reconduire dans la future organisation prolétarienne les erreurs et trahisons du passé.
C’est une illusion insensée que de croire que les capitalistes se soumettraient de bon gré au verdict socialiste d’un parlement ou d’une assemblée nationale, qu’ils renonceraient tranquillement à la propriété, aux bénéfices, à leur privilège d’exploitation. Toutes les classes dirigeantes ont lutté, jusqu’à présent, avec la dernière énergie pour leurs privilèges. Les patriciens romains, de même que les barons féodaux du moyen-age; les chevaliers anglais, de même que les marchands d’esclaves américains; les boyards valaques, de même que les fabricants de soie de Lyon : tous ont versé des torrents de sang, enjambé les cadavres, semé les meurtres et les incendies, provoqué les guerres civiles et les trahisons d’État pour défendre leurs privilèges et leur pouvoir.
La classe capitaliste impérialiste, en sa qualité de dernier rejeton de la classe des exploiteurs, dépasse tous ses prédécesseurs en brutalité, en cynisme et en bassesse. Elle défendra son Saint des Saints, ses bénéfices et ses privilèges d’exploitation du bec et des ongles, par toutes les méthodes de froide cruauté dont elle a fait preuve dans toute l’histoire de sa politique coloniale et de la dernière guerre mondiale. Elle mettra en branle ciel et enfer contre le prolétariat. Elle mobilisera les campagnes contre les villes, elle excitera les couches retardées des ouvriers contre l’avant-garde socialiste, elle organisera des massacres avec l’aide des officiers, elle cherchera à paralyser toutes les mesures socialistes par mille moyens de résistance passive, elle soulèvera contre la révolution une vingtaine de vendées, elle invoquera pour son salut l’invasion étrangère, le fer exterminateur de Clémenceau, de Lloyd-George et de Wilson. Elle préférera transformer le pays en montagnes de ruines fumantes plutôt que de renoncer de bon gré à l’esclavage salarié.
Rosa Luxembourg (« Que veut l’Union de Spartakus ? »)
Appello per la riorganizzazione internazionale del movimento
SINOPSI
Premessa: Lunga e grave crisi contemporanea del movimento proletario. Primi sintomi di reazione contro lo stalinismo.
Invito: Riorganizzazione internazionale di genuine, autonome, omogenee forze rivoluzionarie.
Capisaldi di orientamento:
1) Rifiuto di ogni confusione con posizioni antibarbare, antiterroristiche, antidittatoriali.
2) Rottura, come con le tradizioni del socialpatriottismo 1914-18, con quelle delle alleanze staliniste con stati capitalistici nella guerra 1939-45, e della politica dei paralleli movimenti e blocchi partigiani di liberazione nazionale.
3) Condanna del pacifismo come prospettiva e metodo di agitazione e di ogni federalismo mondiale tra gli Stati.
4) Condanna della doppia strategia che pretende conciliare fini rivoluzionari e di classe con agitazioni e rivendicazioni frontuniste, democratiche, popolari.
5) Dichiarazione che in Russia l’economia sociale tende al capitalismo, il potere statale nulla ha più di proletario, e condanna di un appoggio in guerra allo Stato russo.
6) Trasporto della forza di classe in tutti i paesi sul terreno dell’autonomia di fronte a tutti gli Stati, con lo scopo supremo di infrangere il potere capitalistico nei paesi industriali più progrediti di Occidente, che sbarra al via alla rivoluzione.
APPELLO
La crisi paurosa del movimento proletario
Il movimento organizzato delle classi lavoratrici in tutti i paesi del mondo è oggi praticamente dominato da due forze, espressioni entrambe di gravi e lunghi processi disgregatori e disfattisti.
Una è quella del tradizionale socialismo democratico, che programmaticamente afferma la collaborazione sociale e politica, il pacifismo di classe; limita la difesa degli interessi operai nel quadro costituzionale; per principio nega l’impiego della violenza e la dittatura proletaria, sostituendovi una graduale evoluzione dall’economia privata verso il socialismo.
L’altra forza dominante è quella dei partiti legati al governo che ha il potere in Russia. Essi lo proclamano potere operaio di classe; affermano che l’azione di tale potere statale, come quella propria, è coerente e conseguente al comunismo rivoluzionario secondo Marx e Lenin; secondo la grande storica vittoria dell’Ottobre russo.
Questa seconda forza del movimento proletario dice di non respingere per principio i metodi dell’insurrezione, della dittatura, del terrorismo, ma al tempo stesso sostiene che convenga adoperare, nei paesi capitalistici, non solo i metodi di azione, ma anche le rivendicazioni e i postulati di propaganda, che possono essere comuni a classi non proletarie e abbienti, come la pacifica convivenza dei ceti sociali di opposto interesse nei limiti delle istituzioni, la democrazia elettiva e parlamentare, i benessere del popolo e della nazione, l’avvenire e il destino della patria.
Condizione per l’applicazione di una tale politica, identica a quella della socialdemocrazia, sarebbe lo stato di pace tra i governi dei paesi borghesi e il governo russo – sarebbe il riconoscimento da parte dei lavoratori di tutto il mondo che la salvezza di tale potere è la garanzia del loro avvenire di classe contro lo sfruttamento capitalista, la premessa e la promessa del socialismo nel mondo – e nello stesso tempo sarebbe il riconoscimento, e da parte dei lavoratori e da parte dei borghesi, che un tale potere può convivere in permanenti normali e pacifiche relazioni con le potenze capitalistiche, in una indefinita prospettiva. Questo miraggio si definisce con la vecchia e bassa formula borghese e democratica di «non intervento nella politica interna degli altri paesi» e con la nuova ancora più insulsa di «emulazione» tra capitalismo e socialismo.
La stridente contraddizione di queste posizioni storiche ogni tanto determina reazione tra le file della classe operaia e sono finora reazioni invero limitate e incerte, ma indubbiamente si andranno accentuando.
L’incessante, abile, organizzata e bene attrezzata propaganda che, a seconda degli ambienti sociali si cui si lavora, gioca sulla artata confusione e inversione tra obiettivi prossimi e lontani, tra espedienti strategici e posizioni di principio, basta sempre meno a coprire quei controsensi e quegli inganni.
Convincere i capitalisti che il regime russo può bene essere lasciato vivere senza che li attacchi sul piano militare o fomenti nei loro paesi la rivolta sociale, non può avere altro senso che quello di convincerli che non si tratta di un regime proletario e anticapitalista, e del rendere palese una tale verità.
Convincere i lavoratori che si può desistere, nei paesi borghesi, dal concentrare gli sforzi sulla preparazione insurrezionale e dal disturbare l’interna macchina economica amministrativa e politica nazionale, può condurre ad ampi reclutamenti negli strati che danno alla socialdemocrazia i normali seguaci, ma non ha effetto sugli operai più avanzati, se non per la prospettiva che una guerra generale di Stati e di eserciti conduca alla conquista del potere di classe, che Marx e Lenin affidavano alla guerra civile. Scoppiata che fosse una tale guerra, da qualunque parte iniziata, gli stalinisti promettono a quei gruppi operai avanzati l’esperimento di tutte le azioni interne illegali e disfattiste, suffragando la vana promessa col facile motivo «partigianistico» che le forze insorte conterebbero non solo su se stesse ma sul parallelo agire di un perfetto apparato militare moderno.
In quanto poi all’altra massa dei loro seguaci, evidente enorme maggioranza, fatta da lavoratori non rivoluzionariamente formati, da artigiani, da piccoli proprietari rurali, da piccoli e medi borghesi del commercio e dell’industria, da impiegati e funzionari, da intellettuali e professionisti (strati cui rivolgono incessanti richiami, offrendo poi perfino unioni nazionali non solo a tutti i ceti ricchi, ma anche a quei partiti borghesi, che essi stessi chiamano reazionari e di destra), gli stalinisti promettono l’avvento di pace interna e universale, di tolleranza democratica verso qualunque partito, organizzazione e confessione, di progresso economico senza urti e senza spoliazione di abbienti, di benessere parallelo per tutte le categorie sociali; essi sempre meno possono giustificare il ferreo sistema totalitario e di polizia vigente in Russia e nei paesi da questa controllati, l’irriducibile monopartitismo politico laddove hanno essi la forza statale.
Questo processo degenerativo del movimento del proletariato, come ha superato in profondità quello dell’opportunismo revisionista sciovinista della Seconda Internazionale, così lo supererà in durata. L’inizio di questo moderno opportunismo si può porre al più tardi al 1928; quello della Seconda Internazionale ebbe come ciclo culminante il decennio 1912-1922, con origini e sviluppi più estesi.
I primi sintomi di una reazione allo stalinismo
Negli ultimi tempi si vanno presentando come manifestazioni di insofferenza dell’opportunismo stalinista il dissentire di militanti e di gruppi cha appaiono sulla scena politica di vari paesi proclamando di voler tornare sul terreno della dottrina di Marx e Lenin, delle tesi rivoluzionarie proprie della Terza Internazionale alla sua fondazione, e denunziando il tradimento di tali principi consumato fino in fondo dagli stalinisti.
Tuttavia molte di queste secessioni non possono essere accolte come utili risultati dello schieramento di avanguardie sia pure poco numerose del proletariato su posizioni veramente di classe. Molti di questi gruppi, per la loro insufficiente preparazione teorica, per la loro origine, per la stessa natura della critica che svolgono all’azione passata e attuale degli stalinisti, si rivelano come influenzati più o meno indirettamente dalle manovre politiche emananti dalle potenze imperialiste occidentali, dalla loro potente ipocrita propaganda di umanitarismo e liberalismo.
I tentativi del genere sono più pericolosi in quanto trovino seguito in militanti ingenui, che in quanto eventualmente rispondano ad opera subdola in agenti segreti. Ma la fondamentale responsabilità storica per l’una e l’altra possibilità di successo del disfattismo controrivoluzionario va totalmente addossata all’opportunismo stalinista, al suo accreditamento su scala larghissima di ogni ideologia e postulato borghese, e al suo esasperato lavoro per cancellare da tutte le forme del movimento operaio le risorse di autonomia, indipendenza, autodifesa classista, che sempre Marx e Lenin posero al primo posto.
Questo decorso confuso e sfavorevole della lotta proletaria, coincidente coll’aumento inarrestabile dell’industrializzazione capitalistica altamente concentrata, sia come intensità nei paesi di origine che come dilagante diffusione in tutto il mondo abitato, viene a vantaggio della avanzata con cui la massima forza dell’imperialismo moderno, quella americana, tende, secondo la natura e la necessità di ogni grande concentramento metropolitano di capitale, di forza di produzione, e di potere, ad assoggettare al suo sfruttamento e alla sua oppressione, brutalmente spezzando ostacoli territoriali e sociali, le masse di tutto il mondo.
Nella stessa misura in cui sono andati passando da una lotta per fini internazionali ad una lotta per determinati fini nazionali del centro statale e militare russo, gli stalinisti si vanno riducendo sempre più impotenti all’una e all’altra, e complici dell’imperialismo di Occidente, come già lo sono stati dichiaratamente nell’alleanza di guerra.
Coerenti alla posizione marxista che ha sempre visto il primo nemico nei grandi poteri dei paesi super-industrializzati e super-coloniali del mondo, contro i quali solo la rivoluzione proletaria internazionale ha probabilità di vittoria, i comunisti della sinistra italiana rivolgono oggi un appello ai gruppi operai rivoluzionari in tutti i paesi, perché, riprendendo un lungo e difficile cammino, compiano un grande sforzo al fine di concentrarsi internazionalmente su stretta base di classe, denunciando e respingendo ogni gruppo influenzato sia pure parzialmente e indirettamente dalle suggestioni e dal conformismo filisteo delle propagande che infestano il mondo, emanando dalle forze statali, militari, di polizia, oggi ovunque costituite.
Il riordinamento di un’avanguardia internazionale non può avvenire che con assoluta omogeneità di vedute e di orientamento, e il partito comunista internazionalista propone ai compagni di tutti i paesi i seguenti capisaldi:
La rivendicazione delle armi della rivoluzione: violenza, dittatura, terrore
1) Per i marxisti rivoluzionari di sinistra non sono per se stessi elementi decisivi di condanna dello stalinismo, come di altro regime, le notizie, anche se controllabili e controllate, di atti si sopraffazione, di violenza o di crudeltà a danno di individui o di gruppi. Le manifestazioni di costrizione anche spietata sono una sovrastruttura inseparabile da ogni società basata sulla divisione in classi. Il marxismo nacque dall’esclusione dei pretesi «valori» di una civiltà comune alle classi in lotta o delle pretese regole di «buon gioco» comune ai contendenti, per disciplinare le forme con cui debbono derubarsi o ammazzarsi. Legale o illegale, ogni depredamento come ogni offesa alla «persona umana» od ogni «genocidio», non si affrontano incriminando la responsabilità individuale di materiali esecutori o mandanti, ma lottando per la rivoluzionaria eversione di ogni divisione in classi. E sarebbe il più imbecille dei movimenti rivoluzionari, soprattutto nell’attuale fase del divenire sempre più atroce, efferato e supermilitarista del capitalismo, quello che si ponesse condizioni e limiti d gentilezza formale nei metodi di azione.
Rottura piena con la tradizione di alleanze di guerra, fronti partigiani e nazionali liberatori
2) L’irrevocabile condanna dello stalinismo sorge appunto dall’avere rinnegato questi capisaldi fondamentali del comunismo in quanto gettò tutte le forze che lo seguivano nella guerra fratricida schierante i proletari in due campi imperialisti, avvalorando in piena la ignominiosa propaganda del gruppo con cui statalmente si alleava. Questo gruppo, in nulla dell’altro migliore, mascherava le sue storiche brame di rapina, palesi da decenni alla critica marxista e leninista, proprio sostenendo che lo distinguesse dall’avversario il rispetto dei metodi «civili» di guerra, pretendendo che avrebbe dal suo lato bombardato, atomizzato, invaso e finalmente impiccato dopo raffinate agonie, non per difendere i propri interessi, ma per restaurare gli offesi valori morali della civiltà e libertà umana.
Il leninismo era stata la risposta all’asservimento proletario al medesimo tremendo inganno, che nel 1914 vide i traditori dell’Internazionale proclamare l’alleanza patriottica contro il fantasma della «barbarie» teutonica o di quella zarista.
Ma il medesimo inganno fu a base dell’adesione alla guerra degli imperialisti occidentali contro la nuova «barbarie» nazista o fascista, e lo stesso tradimento fu il contenuto dell’alleanza tra Stato russo e Stati capitalistici, esperita in primo tempo con gli stessi nazisti, e di quella tra partiti operai e partiti borghesi nel sostenere la guerra.
Inganno e tradimento storicamente acquisiti, oggi che i russi denunziano gli americani come aggressori e fascisti, e i secondi dicono dei primi lo stesso, ammettendo che se avessero potuto adoperare a massacrare l’Europa la bomba atomica, non ancora pronta nel 1941, avrebbero fatto a meno di adoperare allo stesso scopo le armate in cui erano coscritti i lavoratori di Russia.
Il marxismo bene indagò e indaga l’origine di ogni conflitto tra Stati, gruppi e frazioni della borghesia, in lotta incessante, e ne trae le storiche deduzioni e previsioni. Ma è rinnegato il marxismo ogni qualvolta si oppone una ala civile a una barbara del mondo capitalistico; essendo sempre deterministicamente possibile che abbia effetti e sviluppi più utili al proletariato la vittoria di quella delle parti in lotta che attacca, aggredisce o usa metodi più aspri di lotta. Barbarie era lo stato primitivo umano da cui le comunità dovevano uscire per l’indispensabile sviluppo della tecnica produttiva, ma l’uomo pagò questo trapasso con le infinite infamie della civiltà di classe e le sofferenze dello sfruttamento schiavistico, terriero, industriale.
È quindi direttrice di base per il rinnovato movimento internazionale rivoluzionario la condanna allo stesso titolo di ogni tradizione collegata tanto alla politica socialsciovinista 1914-1918, quanto a quella 1940-1945 di alleanza di guerra, di fronti popolari, di resistenze partigiane, di liberazione nazionale.
Negazione storica del difesismo, del pacifismo e del federalismo tra gli Stati
3) Caposaldo della posizione marxista dinnanzi all’ulteriore prospettiva di guerra è quella leninista, secondo il quale dall’epoca della Comune (1871) le guerre delle grandi potenze sono imperialiste, essendo chiuso il periodo storico delle guerre e insurrezioni di sistemazione nazionale nei paesi borghesi; ed è quindi tradimento della causa del proletariato ogni alleanza di classe in caso e a fini di guerra, ogni sospensione, per motivi di guerra, dell’opposizione, della pressione di guerra. E per Lenin le rivolte coloniali delle masse di colore contro l’imperialismo, e i moti nazionali nei paesi arretrati, hanno portata rivoluzionaria nell’attuale epoca capitalistica avanzata, a condizione che nelle metropoli mai la lotta di classe sia sospesa, mai deviata dal suo collegamento internazionale, qualunque politica estera faccia lo Stato, ossia il vero nemico interno della classe operaia di ogni paese.
In questa concezione, e tanto più dopo la formidabile conferma data dalla guerra mondiale numero due alle tante esplicite previsioni delle tesi e delle risoluzioni della Terza Internazionale al tempo della morte di Lenin, il periodo delle guerre imperialiste non può essere chiuso che dalla caduta del capitalismo.
Il partito proletario rivoluzionario deve dunque negare ogni possibilità di regolazione pacifica dei conflitti imperiali, e combattere aspramente l’inganno contenuto in qualunque proposta di federazioni, leghe e associazioni tra gli Stati, che dovrebbe avere il potere di impedire i conflitti, possedendo una forza internazionale armata per reprimere chi li provoca.
Conformemente ai princìpi di Marx e Lenin, che, pur cogliendo tutta la ricca complessità dei rapporti storici tra guerre e rivoluzioni, condannano come insidia idealistica e borghese ogni distinzione capziosa tra aggressione e difesa nella guerra tra gli Stati, i proletari rivoluzionari vedono in tutti gli istituti superstatali internazionali solo una risorsa e una forza per la conservazione del capitalismo; nei loro corpi armati una polizia di classe e una guardia controrivoluzionaria.
Caratteristica dunque dei comunisti internazionalisti è il respingere senza riserve tutta l’equivoca propaganda basata sull’apologia del pacifismo e sull’insulsa formula della condanna e delle sanzioni contro l’aggressore.
Condanna di programmi sociali comuni e di fronti politici con le classi non salariate
4) È tradizione dell’opposizione di sinistra di molti gruppi, sia italiani che degli altri paesi, e risale ai primi errori nella tattica della Terza Internazionale or sono trent’anni il respingere la falsa posizione dei problemi di agitazione, assai male qualificata come metodo bolscevico.
Soprattutto da quando l’eliminazione di ogni istituto e potere feudale è un fatto compiuto e irrevocabile, non è possibile lavorare nella direzione del finale urto armato tra proletariato e borghesia, dell’instaurazione del potere operaio e della dittatura rossa in tutti i paesi, del terrore politico e dell’espropriazione economica applicata alle classi privilegiate di ogni nazione, e nello stesso tempo sottacere per dati periodi e in date situazioni tale aperto programma, proprio del comunismo e di lui solo.
È illusione conquistare le masse più rapidamente sostituendo a quei postulati di classe consegne di agitazione ad effetto popolare, come è illusione disfattista la vantata garanzia che i capi della manovra non vi credono soggettivamente; nel migliore dei casi questo è puro non-senso.
Ogni volta che il contenuto centrale (protestato sempre come passeggero) della manovra politica è stato il fronte unitario con partiti opportunisti, le rivendicazioni di democrazia, di pace, di un popolarismo aclassista, peggio, di una solidarietà nazionale e patriottica di classe, non si è trattato di elevare abili scenari e miraggi, caduti i quali in un momento culminante sarebbero apparse in campo aperto più numerose falangi di soldati della rivoluzione, pronte a piombare anche sui transitori alleati di ieri, avendo indebolito il fronte nemico.
All’opposto, è sempre accaduto che masse, militanti, capi soni divenuti impotenti all’azione di classe; e organizzazioni e inquadramenti progressivamente disarmati e addomesticati si sono resi adatti per la loro preparazione ideologica e funzionale ad agire come strumenti della borghesia dominante, e come i migliori tra questi.
Questo storico risultato non si fonda ormai solo sulla critica dottrinale, ma sorge da una terribile esperienza storica di trent’anni di fallimenti degli sforzi rivoluzionari, pagati a carissimo prezzo.
Il partito rivoluzionario non tenterà mai, dunque, una maggiore conquista di successo quantitativo tra le masse impiegando rivendicazioni suscettibili di essere fatte proprie da classi non proletarie e socialmente ibride.
Questo criterio distintivo di base non è contro le rivendicazioni immediate e particolari che si appoggiano sul piano economico del concreto antagonismo di interessi tra salariati e imprenditori, ma è contro rivendicazioni aclassiste e interclassiste, soprattutto nel campo generale della politica di un paese e di tutti i paesi. Questo criterio, da cui si trasse la critica del fronte unico politico proletario, della parola del governo operaio, dei fronti popolari, dei fronti democratici stabilisce il limite tra il movimento a cui tendiamo e quello che si dice trotskista della IV Internazionale, come con tutte le versioni affini che in forme nuove rinnovano la parola d’ordine della degenerazione revisionista: il fine è nulla, il movimento è tutto; e inseguono agitazioni superficiali prive di contenuto.
Proclamazione del carattere capitalista nella struttura sociale russa
5) Gli svolgimenti dell’economia, dell’amministrazione e della legislazione da quasi trent’anni, non meno della clamorosa repressione e sterminio del nucleo rivoluzionario bolscevico (che ha duramente pagata la colpa di lasciar trasformare il ferreo partito di avanguardia comunista in una pletorica massa amorfa, passiva e incapace di controllo del proprio ingranaggio di direzione e di esecuzione) danno la prova storica che la rivoluzione operaia può soccombere, oltre che in una sanguinosa guerra civile come a Parigi nel 1871, anche per una via di progressiva degenerazione.
Il carattere monetario, mercantile, redditiero e titolaristico del tessuto economico russo predominante, per nulla inficiato dalle statizzazioni di grandi industrie e servizi analoghi a quelli di molti grandi paesi di puro capitalismo, ci pone in presenza non di uno Stato operaio minacciato di degenerazione e in corso di degenerazione, bensi di uno Stato già degenerato, in cui il proletariato non ha più il potere; lo ha in sua vece ormai un’ibrida coalizione e fluida associazione tra interessi interni di classi piccolo-borghesi, medio-borghesi intraprenditrici dissimulate, e quelli capitalistici internazionali; convergenza solo apparentemente ostacolata da una cortina confinaria poliziesca e commerciale.
CONCLUSIONE
Sconfessione di ogni appoggio al militarismo imperiale russo. Aperto disfattismo contro quello americano
Di conseguenza una guerra che esteriormente sembri arrestare (come sembrano farle tutte le guerre) un simile processo di intesa tra i ceti privilegiati dei vari paesi sull’amministrazione del mondo non sarà la guerra rivoluzionaria nel senso di Lenin per la protezione e la diffusione del potere proletariario nel mondo.
Una simile eventualità storica, che non è l’odierna, mai comporterebbe la giustificazione del blocco militare e politico in un qualunque paese, e ciò anzitutto perchè gli Stati rivoluzionari, se tali, non potranno avere alleati nel campo borghese (come fu evidente nel periodo finale della prima guerra mondiale). In una tale ipotesi un forte partito rivoluzionario comunista sarebbe condotto a distribuire nel tempo gli attacchi ai poteri borghesi da parte delle sue sezioni procurando di arrestare le spedizioni militari «punitive» avanzanti sul paese rivoluzionario, ottenendo che i lavoratori armati e mobilitati a un tale scopo capovolgessero le armi.
In ogni grado di meno avanzato sviluppo, di minore potenziale combattente, a più forte ragione ogni movimento rivoluzionario manterrà ovunque e senza riserve lo schieramento antiborghese e antistatale.
I comunisti sanno che in un sol modo si fermerà la spedizione punitiva antiproletaria del capitalismo: con la sua distruzione. E si perverrà a distruggerlo solo tenendo ovunque l’avanguardia di classe sul piede di guerra contro di lui.
Il disarmo anche transitorio, sia esso ideologico, organizzativo e materiale, dello schieramento di classe è sempre e ovunque tradimento. Nessuna facoltà di praticarlo potrà spettare alla centrale del movimento comunista, per affermata che sia la disciplina che le rimette la scelta dei momenti o dei movimenti di azione sul fronte di tutto il partito. Ogni partito e ogni gruppo che un tale disarmo attuano, soprattutto in quanto di chiamano operai comunisti e socialisti, sono il primo nemico da combattere e abbattere, perchè è proprio la loro esistenza e la loro funzione che ritarda la catastrofe del regime borghese, antiveduta da Marx e da Engels, sicuramente attesa da tutti i rivoluzionari marxisti.
L’opposta strategia politica che nell’ultima guerra applicarono i relitti della grande Internazionale Comunista, giunta fino alla vergognosa autoliquidazione, perchè i governi occidentali «non fossero disturbati nello sforzo bellico», non è sboccata che nel rafforzamento di un potere imperialista occidentale, che troppo tardi governo e stato maggiore russo riconoscono più minaccioso di quello tedesco, agli stessi loro fini ormai di aperto carattere nazionale.
Mentre non meno vuoto e sinistro appare il nuovo ricorso all’accusa di barbarie e di fascismo, del resto con uguale improntitudine ricambiata dal fronte del «mondo libero», i lavoratori rivoluzionari di avanguardia devono mirare a ritessere le loro file per un combattimento che non attenda munizioni dagli opposti militarismi costituiti di oggi, augurando che la crisi e la catastrofe invano attese da centocinquant’anni penetrino nel cuore degli Stati del massimo potenziale industriale: guardia nera del mondo che nessuno ha finora saputo far vacillare.
Á propos de Marcel Cachin
Sans qu’il soit possible, dans le cadre de cet article, d’exposer l’histoire du mouvement ouvrier français des origines à nos jours, l’exemple d’un Cachin, dirigeant du « Parti Communiste Français », permet de bien mesurer l’échec subi par les ouvriers révolutionnaires français dans leur lutte pour se donner une arme de combat solide, un Parti profondément enraciné dans les masses prolétariennes et disposant d’un arsenal théorique apte à les guider vers leurs buts de classe révolutionnaire.
En France, au début de ce siècle, deux partis sont l’expression, au sein de la classe ouvrière, l’un du courant révolutionnaire, l’autre du courant réformiste. M. Cachin à cette époque, et jusqu’en 1905, milite au Parti Socialiste Français dont le programme réformiste vient (en 1899) d’appuyer la participation d’un de ses leaders, Millerand, à un gouvernement radical formé pour « sauver la démocratie française ». C’est l’époque de l’affaire Dreyfus, des grands scandales que la bourgeoisie française accumule dans sa course aux énormes profits (Panama, etc..), en même temps qu’elle réprime militairement les tentatives des masses pour défendre leur droit à la vie. La petite-bourgeoisie et la paysannerie moyenne, hésitantes, sans programme ni doctrine, bien que durement touchées par les aventures où s’engage la grande bourgeoisie, balancent entre un radicalisme anticlérical et une complicité favorable aux entreprises anti-ouvrières.
Suivant les décisions du Congrès d’Amsterdam de la IIe Internationale, l’unification des deux courants s’effectue au Globe (à Paris) en 1905 sur une base classiste : plus de participation aux gouvernements bourgeois ; lutte anticolonialiste, réaffirmation des objectifs de conquête du pouvoir par les ouvriers, dénonciation de la guerre impérialiste et appui décidé au mouvement de défense des ouvriers par une liaison organique avec les organisations syndicales. Pourtant, pendant les neuf ans qui suivent ce congrès, les succès électoraux du nouveau parti l’incitent à attacher une importante grandissante à la vie parlementaire, et les illusoires succès remportés sur ce terrain contribuent à accélérer un glissement prononcé vers le réformisme.
La puissance, en France, du syndicalisme révolutionnaire dont la théorie s’inspire de Sorel et de son école et où le proudhonisme l’emporte sur le marxisme, l’expose aux coups directs de la répression bien davantage que le parti socialiste qui voit ses dirigeants littéralement happés par la bourgeoisie. Cette dernière en effet s’attache à ce procédé de désintégration et de pourrissement de la hiérarchie social-démocrate jusqu’en 1914, date qui marquera l’apogée de cette politique.
Tout comme en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, la bourgeoisie, peu soucieuse de se voir un jour acculée à la lutte sur ceux fronts, charge la direction du parti social-démocrate de s’occuper de la couverture idéologique du conflit « pour la démocratie », comme aussi de vaincre les hésitations des pays encore neutres en agissant dans le sens interventionniste auprès des partis frères de l’Internationale.
Député va-t-en guerre et plumitif ultra-chauvin, Cachin, après avoir participé à une réunion à Londres placée sous le signe du « socialisme marque interalliée » dont le but avoué est d’aider les dirigeants ouvriers anglais à arracher à une classe ouvrière réticente son accord pour la guerre impérialiste, reçoit mission d’acheter, avec les fonds du quai d’Orsay, l’intervention de l’Italie aux côtés des puissances « démocratiques » anti-allemandes. Pour y parvenir – et la tâche n’est pas aisée car un courant marxiste révolutionnaire, devenu dominant dans le Parti Socialiste italien au Congrès de Reggio Emilia en 1912, a éloigné l’aile droite réformiste des Rissolati et consorts et agit avec ténacité contre l’opportunisme de guerre – Cachin convaincra Mussolini, un des chefs des « intransigeants ». Par une campagne pour une neutralité « active et opérante », puis par des appels hystériques à la guerre, le journal fondé à cette occasion (« Il popolo d’Italia ») entraîne finalement l’adhésion de la bourgeoisie italienne, qui se vend au plus offrant des grands impérialistes.
Immédiatement condamnée par la direction du Parti parce que « contraire à la défense nationale », la réunion de Zimmerwald proposée par les partis socialistes italien et suisse, est suivie avec inquiétude par les dirigeants socialistes, Cachin en tête, qui cherchent alors à en étouffer le retentissement dans la classe ouvrière française. Les mois passent et, devant l’intérêt grandissant que cette réunion soulève dans le parti en raison des espoirs qu’on y met pour hâter la fin de la guerre, Cachin fonde, en 1915, un hebdomadaire jusqu’au-boutiste : cette feuille ira jusqu’à publier une justification d’inspiration policière de l’expulsion de Léon Trotski hors de France.
L’influence social-chauvine est si forte qu’il faut attendre le déclenchement de la Révolution russe de Février pour que la minorité du parti parvienne à écarter et le mot d’ordre réclamant une conduite plus vigoureuse de la guerre et la participation socialiste au pouvoir, puis, successivement, alors que des grèves éclatent dans des arsenaux et que des désertions se produisent dans l’armée et la marine, lance le mot d’ordre de la recherche des responsabilités dans la guerre, et enfin demande le refus pur et simple des crédits de guerre (début 1918). Durant la période du pouvoir de Kerenski en Russie, celui-ci reçoit la visite de M. Cachin, envoyé du gouvernement français, l’adjurant de ne pas conclure de paix séparée avec l’Allemagne et de continuer la lutte aux côtés des alliés.
Dès 1919, malgré une sérieuse agitation sociale (en 1920 échec de la crève générale des cheminots), s’ouvre pourtant en France une phase de réaction ; le Bloc National à la tête du pays est comme l’avant garde d’une nouvelle Sainte-Alliance tournée, non plus contre le libéralisme, mais contre le communisme. Aucune tentative décidée de rompre avec la trahison du prolétariat et la politique chauvine menée durant la guerre n’est même esquissée. En 1919, alors que les partis socialistes italien et suisse ont déjà résolu de se retirer de la IIe Internationale, le Congrès socialiste français maintient « pour le moment » l’adhésion du parti à cette organisation, tout en affirmant sa volonté d’entretenir des « relations fraternelles » avec la nouvelle Internationale fondée à Moscou.
Le mouvement syndical, tombé aussi bas que le parti durant la guerre se distingue en 1919 lors d’une réunion à Berne, par la prise de position de certains de ses représentants contre la prise du pouvoir en Russie par les bolcheviks et condamnant la dictature prolétarienne.
La rupture avec la IIe Internationale au Congrès de Tours (1920) ne fait que faire suite à un « voyage d’enquête » de Cachin en U.R.S.S. où il espère « négocier » l’entrée du parti français dans la IIIe Internationale. Des trois motions présentées à Tours (décembre 1920) deux d’entre elles furent en désaccord avec les 21 conditions d’admission dans la nouvelle Internationale, qu’il s’agisse du nom du parti, des conditions d’exclusion, des rapports avec les syndicats ou de la pratique du parlementarisme. Au manifeste adressé par Zinoviev au Congrès pour aider à se délimiter une tendance communiste authentique, répondit une manœuvre des soi-disant « gauches », déposant une motion aux termes de laquelle le texte d’adhésion à Moscou ne statuerait que pour l’avenir et comporterait admission ou maintien dans le parti de tous ceux qui s’inclineraient « démocratiquement » devant les décisions prises ! La droite et le centre exigèrent alors la conservation de l’unité du parti et le désaveu du manifeste de Zinoviev ; cette ultime tentative de compromis bancal échoua de justesse.
Dans cette ambiance sordide, comment s’étonner que Cachin, nommé au Comité Directeur, soit choisi comme directeur du journal et Frossard comme Secrétaire général, lui qui, en 1930, devait avouer qu’il avait tant de fois recherché l’occasion de se dégager du parti !
Le Parti Communiste français se trouva donc formé d’une très grande fraction de l’ancien parti social-démocrate, les « dissidents » ayant gardé surtout avec eux la majorité des parlementaires et une partie des cadres, tandis que la base, formée d’éléments nouveaux, des jeunes, des anciens combattants, des syndicalistes et un faible contingent d’anarchistes allaient au communisme avec enthousiasme. Très vite, cependant, les militants s’usèrent à prendre parti dans des querelles, des manœuvres souterraines des dirigeants, tandis que de nombreux rappels de l’exécutif de l’Internationale se plaignent des survivances du pacifisme et du réformisme parlementaire.
En fait, outre l’hypocrisie de nombre de ses dirigeants qui admettaient en parole des directives qu’ils s’efforçaient de saboter dans les faits, l’effet énorme qu’imposait les tâches politiques (campagne contre l’occupation de la Ruhr en 1923, contre la guerre du Rif en 1925), le désarroi et la confusion sur la tactique du front unique, décidée par le IIIe Congrès de l’I.C. mais mal digérée par un parti hétérogène et trop neuf dans la lutte, les luttes intestines enfin, feront rapidement du Parti français – compte tenu du renversement du rapport de forces mondial entre bourgeoisie et prolétariat – l’un des instruments les plus dociles de la contre-révolution stalinienne. Nous n’en voudrons pour preuve que son développement, qui coïncide avec l’adoption des tactiques du front populaire, de l’antifascisme et de la résistance nationale anti-allemande : n’était-ce pas le symbole du triomphe définitif des Cachin sur les forces saines du prolétariat, que cette réédition, vingt-cinq ans plus tard, de l’ignoble « Union Sacrée » des années 1914–18 ? La suite est bien connue : le P.C.F. au lendemain de la guerre, sera le farouche défenseur de la reconstruction de l’économie capitaliste française, pour jouer ensuite le rôle de l’Opposition de Sa Majesté – opposition qui est elle-même à éclipses : vote des crédits de guerre pour l’Indochine, des pouvoirs spéciaux pour l’Algérie. Durant toute cette dernière période, Marcel Cachin demeurera une figure centrale du Parti ; mais il restera, pour le prolétariat révolutionnaire, comme le vivant exemple du traître, catalyseur d’une évolution historique sans issue, mais typique de l’impuissance à laquelle l’opportunisme, le marchandage des principes et le respect des « valeurs démocratiques » condamnent le Parti.
Elementi dell’ economia marxista Pt.3
Capitale costante e capitale variabile
Come abbiamo veduto, il denaro anticipato dal capitalista per acquistare i mezzi di produzione (materie prime e strumenti di lavoro: la materie prime sono di doppia specie: alcune ricompaiono nel prodotto, altre spariscono all’atto dell’impiego, come i combustibili, e si dicono ausiliarie; gli strumenti di lavoro, come macchine, impianti, edifizi, sono da considerare per la frazione di logorio che risulta dal loro valore totale e dalla loro durata) ricompare integralmente nel prezzo del prodotto. È perciò che a tale parte del capitale il nome di capitale costante.
Il denaro anticipato invece per salario degli operai, ossia per l’acquisto della forza-lavoro, ricompare nella vendita dei prodotti aumentato del plusvalore e lo chiameremo capitale variabile.
Avevamo riassunto il bilancio dell’operazione capitalistica nelle due formule:
spese: M + S + F (materie prime + logorio strumenti + salari)
entrate: M + S + F + Plusvalore = P (valore dei prodotti)
Avremo: M + S = capitale costante, che indichiamo con c, e v = capitale variabile.
Chiamando K il capitale totale anticipato, p il plusvalore, K’ il capitale ricavato alla fine, avremo:
K = c + v
K’ = c + v + p = K + p
Saggio del plusvalore
Più che conoscere caso per caso la quantità assoluta del plusvalore realizzato dal capitalista, interessa conoscere il rapporto in cui il plusvalore sta col capitale che lo ha prodotto.
È importantissimo rilevare che il capitale che effettivamente è suscettibile di produrre plusvalore è quello anticipato per la forza lavoro, ossia il capitale variabile v. Quanto al capitale costante c esso ricompare integralmente nel prodotto e di per sé stesso non dà luogo a nessun incremento.
È per ciò che volendo definire una quantità la cui misura ci dia l’idea della intensità di produzione di plusvalore, Marx assume come saggio del plusvalore non il rapporto di questo a tutto il capitale, ma il rapporto al solo capitale variabile.
Dunque, indicato con s il saggio del plusvalore,
s = P/v
Nell’esempio quantitativo da noi dato V era F ossia 6 x 3 = 18 Lire. Il plusvalore era 10 x 3 – 6 x 3 = 12 Lire. Il saggio del plusvalore è s = 12:18 = 66%.
Passando ora ad esaminare il tempo di lavoro, e riferendoci per fissare le idee ad una sola giornata di un solo operaio e al numero di ore di cui si compone, che chiameremo t (nell’esempio 10 ore) si definisce una nuova quantità: il lavoro necessario ed il relativo tempo di lavoro necessario. Si intende per tale il tempo o numero d’ore che l’operaio dovrebbe lavorare per trasmettere al prodotto un valore esattamente uguale a quello che gli è stato pagato per la sua forza lavoro. Nel nostro caso l’operaio è stato pagato in ragione di £. 18 ossia 6 ore di lavoro. Se egli lavorasse 6 ore riprodurrebbe esattamente il valore a lui pagato come salario ossia quello equivalente alle sue sussistenze: in tal caso scomparirebbe il plusvalore e con esso la ragione di essere dell’impresa capitalistica.
Ma l’operaio lavora 10 ore in luogo di 6, e noi distinguiamo le 10 ore in 6 di lavoro necessario e 4 che chiameremo di pluslavoro, chiamando questo tempo anche tempo di sopralavoro.
Ripetiamo: tempo di lavoro necessario è quello che basterebbe a riprodurre il valore del salario; tempo di sopralavoro o pluslavoro quello in più che l’operaio lavora e che produce la differenza di valore o plusvalore a beneficio del capitalista.
Se i valori sono proporzionali ai tempi di lavoro in cui vengono prodotti, identificandosi per una giornata il salario al capitale variabile si ha:
tempo di sopra lavoro / tempo di lavoro necessario = plusvalore / capitale variabile o salario
Questi due rapporti si riducono a quello già noto come saggio del plusvalore, da cui il teorema: il pluslavoro diviso per il lavoro necessario dà il saggio del plusvalore.
Nel nostro esempio la proporzione scritta sarà:
4 : 6 = 12 : 18 = saggio del plusvalore 66%.
Legge generale del plusvalore
Tuttavia sarà bene mostrare la cosa in modo più generale. Riepiloghiamo le notazioni; ricordando che ci riferiamo ad un solo operaio e ad una sola giornata di lavoro:
V = capitale variabile o salario giornaliero
P = plusvalore
s = saggio del plusvalore, ossia P diviso V
t = numero delle ore di lavoro
n = ore di lavoro necessarie
e = ore di pluslavoro.
L’operaio trasmette al prodotto il valore totale (fatta astrazione del capitale costante) V + P, lavorando t ore. Adunque in un’ora l’operaio produce il valore:
(V+P)/t = Produzione di valore oraria
Ora vogliamo calcolare il tempo di lavoro necessario n in cui l’operaio produce il valore V. Per definizione in n ore l’operaio produce il valore V: V = n x Produzione di valore oraria. Quindi, sapendo la produzione di valore oraria, basta una divisione:
n = t V / (V+P)
Abbiamo così trovato n. Semplicissimo è il calcolo di e (pluslavoro):
e = t – n = t – t V/(V+P) = (t V +t P – t V)/(V+P) = t P /(V+P)
Il problema era trovare il rapporto tre e (pluslavoro) ed n (lavoro necessario); dividendo l’una per l’altra le rispettive formule, si ha:
e/n = t P /(V+P) ÷ t V /(V+P) = P ÷V = s
resta quindi dimostrata la proporzione fondamentale che qui ripetiamo per chiarezza: il pluslavoro sta al lavoro necessario come il plusvalore sta al capitale salario; questo rapporto comune è il saggio del plusvalore.
Dimostrazione della legge fondamentale
Per dimostrare che il riferire il plusvalore al solo salario e non a tutto il capitale non è una convinzione arbitraria, facciamo l’esempio di una impresa nella quale venga a cambiare la proporzionale del capitale costante col capitale variabile, rimanendo inalterato il valore di scambio o prezzo dei prodotti, quello delle materie prime e strumenti di lavoro, singolarmente, nonché il salario e la giornata di lavoro. Se il prezzo del lavoro finito deve restare lo stesso, rappresentando esso un tempo di lavoro, non dobbiamo immaginare un mutamento nei procedimenti tecnici di produzione: ma noi possiamo scegliere un esempio (probante del resto anche per chi non parte dalla nostra teoria del valore) in cui la impresa venga ad incorporare anche uno stadio precedente della lavorazione, producendo direttamente quanto prima acquistava sul mercato.
Così un’acciaieria che prima acquistava la ghisa per convertirla in acciaio, prenda a lavorate direttamente il minerale di ferro, da cui proviene la ghisa.
È chiaro che il capitalista spenderà meno in materie prime, costando il minerale assai meno della ghisa, e, sebbene ci sia un relativo aumento degli strumenti di lavoro, diminuirà la quota di capitale costante rispetto al totale.
Anche volgarmente si riconosce che il capitalista realizzerà un profitto maggiore, in quanto cumulerà il profitto di due aziende preesistenti. E realizzerà un profitto maggiore anche a parità di capitale totale anticipato poiché, sebbene per ogni chilo di acciaio egli avrà anche l’onere del nuovo impianto producente ghisa, tale onere egli lo pagava anche prima nel prezzo di mercato della ghisa, anzi aumentato del profitto del produttore di ghisa.
In altri termini il capitale anticipato per una operazione lavorativa è sempre compreso nel prezzo di vendita del relativo stock di prodotto, quindi a parità di potenzialità finanziaria il capitalista potrà produrre lo stesso numero se non più di Kg. di acciaio. Ma su tale cifra il suo guadagno è aumentato; e ciò perché il capitale investito per ottenere il Kg. di acciaio contiene ora meno spese per materie prime e più spesa per acquisto di forza lavoro. Dunque è la quantità di capitale salario che, a parità di trattamento dei lavoratori, a parità di condizioni del mercato, varia proporzionalmente al guadagno del capitalista. Se deve quindi riferire il plusvalore alla massa del solo capitale salario e non a quella di tutto il capitale.
E ciò è valido anche socialmente parlando, poiché sulle varie quote di capitale costante vertono altre quote di plusvalore delle lavorazioni precedenti, ammesso che si siano effettuate col meccanismo capitalistico. Il capitale ghisa era, per la parte non rappresentata da minerale di ferro e logorio impianti del venditore di ghisa, già affetto da plusvalore incassato da costui; il capitale minerale di ferro per il capitalista della miniera era affetto da plusvalore tratto dal pluslavoro dei minatori; e analogamente può dirsi per gli impianti meccanici dell’industria dell’acciaio, della ghisa, nella miniera, riuscendo finalmente soddisfacente – al di fuori delle piacevolezze sui pescatori di perle e simili – la nostra spiegazione che, sia qualitativamente che quantitativamente, scopre in ogni valore di scambio un tempo di lavoro, e in ogni profitto un pluslavoro.
Marx avverte di non cadere nel grossolano errore di confondere il saggio del plusvalore col saggio del profitto. L’economia volgare intende per saggio del profitto il rapporto tra i guadagno netto del capitalista (differenza tra le entrate e le spese di un certo periodo, per es., un anno, a condizione che resti inalterato il valore (patrimoniale) di tutti gli impianti e compensata ogni passività) e il valore totale del capitale investito negli impianti aumentato della somma di denaro che deve essere tenuto disponibile per far fronte agli acquisti di materie prime, al pagamento dei salari, ecc.
L’economia volgare distingue anche nel profitto un interesse puramente commerciale da pagare per i capitali investiti, e la ulteriore differenza o profitto vero e proprio dell’imprenditore.
Non è ora il caso di spingere più innanzi il confronto fra tale computo e le calcolazioni da noi seguite. Basti considerare che la considerazione del tempo è assorbita dall’aver noi tenuto presente un intero ciclo lavorativo, ad es.: quello per cui si perviene al Kg. di acciaio. Più aumenta l’intensità nel tempo e l’estensione di tale atto produttivo, più aumenta il guadagno dell’imprenditore e in generale anche il saggio del profitto.
Il saggio del plusvalore dipende invece dal grado di sfruttamento della forza lavoro ed è sempre molto più alto; i facili esempi di Marx mostrano che a saggi di profitto, ad es. del 10-15%, può corrispondere un saggio del plusvalore anche del 100%.
Tuttavia come esercizio di applicazione di quanto precede si potrebbe istituire il calcolo sul profitto in una azienda che si trasformasse nella maniera indicata nell’esempio dell’acciaieria, supponendo cifre concrete per i prezzi e quantità di minerali, ghisa, acciaio, per i salari, le ore di lavoro, le giornate annue di lavoro ecc. (Vedi appendice).
Ripartizione del valore del prodotto in parti proporzionali delle quantità di prodotto o della giornata di lavoro
Abbiamo dato inizialmente l’esempio del prodotto di valore F il quale si componeva del valore di materie prime e strumenti logorati (M + A = C, capitale costante) e del valore generato nella giornata di 10 ore di lavoro. Facevamo corrispondere il valore di scambio di £. 3 ad ogni ora di lavoro; supponiamo ora che il valore C sia di £. 60. Avremmo allora:
F = C + 10 x 3 = 60 + 30 = 90 Lire
Inoltre, delle 30 Lire di valore aggiunte dall’operaio, 18 = 6 x 3 rappresentavano il salario o il capitale variabile, 12 = 4 x 3 rappresentavano il plusvalore.
Supponiamo ora che il prodotto del prezzo di £. 90 pesi Kg. 1.800.
Come abbiamo: 90 = 60 + 18 + 12 Lire possiamo porre: 1.800 = 1.200 + 360 + 240 Kg.
Allora avremmo rappresentato in parti proporzionali del prodotto gli elementi che ne costituiscono il valore.
Kg. 1.200 = £. 60 rappresentano il capitale costante, Kg. 360 = £. 18 rappresentano il capitale salario (o capitale variabile), Kg. 240 = £. 12 rappresentano il plusvalore. Sommando queste ultime due parti, Kg. 600 = Lire 30 = 10 ore di lavoro rappresenterebbero il valore totale prodotto dal lavoro (tanto del lavoro necessario quanto del pluslavoro).
Questa suddivisione è legittima, ma affatto convenzionale, essa non interpreta il processo produttivo in quanto, se è vero che le £. 60 preesistono all’applicazione del lavoro in quanto erano materia prima e macchina, in quanto parte del prodotto, né una Lira, né un grammo se ne può avere senza lavoro.
Abbiamo qui una pura esercitazione convenzionale; bisogna convincersi che di natura ben diversa è la nostra conclusione sulla ripartizione delle Lire 30 di valore in salario e plusvalore; ripartizione data da una legge che si attaglia esattamente ai caratteri tecnici, economici, storici e sociali del fenomeno studiato.
Con esercitazione analoga divideremo non più i chilogrammi 1.800 ma le 10 ore impiegate a produrli in parti proporzionali agli elementi del valore. Come infatti sussiste, a parità d’altre condizioni, la proporzionalità tra quantità di prodotti e loro valori, sussiste quella tra valore del prodotto (quantità) e tempo di lavorazione. In un’ora uscirebbero dalle mani dell’operaio grammi 180 di peso e Lire 9 di valore ossia il decimo di 1.800 e di 90.
Adunque alla ripartizione: 90 = 60 + 18 + 12 Lire, corrisponde l’altra: 10 = 6,66 + 2 + 1.33 ore e decimali di ora (10 h. = 6 h. 40′ + 2 h. + 1 h. 20′). Adunque 6 h. 40′ rappresenterebbero il capitale costante, 2 h. il capitale variabile e 1 h. 20′ il plusvalore.
Questa rappresentazione può venire interpretata in modo capzioso (vedi in Marx “L’ultima ora di Senior”) dicendo che delle 10 ore l’operaio lavora per il capitalista soltanto 1 h. 20′.
Con tale argomentazione si voleva dimostrare che la giornata di 8 ore avrebbe rovinato il capitalista. Tale argomento sarebbe stato uno di più a favore delle 8 ore, ma l’esperienza ha dimostrato che le 8 ore sono perfettamente compatibili con la produzione del plusvalore.
Quell’argomentazione equivale a supporre che l’operaio produca anche le materie prime e gli strumenti, il cui valore rappresenta invece tempi di lavoro preesistenti.
La ripartizione esatta, giusta la nostra teoria, è la seguente:
90 = 60 + 18 + 12 Lire = valore del prodotto.
30 = 20 + 6 + 4 ore di lavoro = valore espresso in tempi di lavoro.
20 ore sono il lavoro contenuto come valore nel capitale costante acquistato dal capitalista,
6 ore di lavoro necessario (pagato),
4 ore il pluslavoro (non pagato).
La riduzione della giornata ad 8 ore non toglierebbe che 2 delle 4 ore di pluslavoro, ammesso che fenomeni concomitanti (aumenti di produttività del lavoro) non riducano parallelamente il tempo di lavoro assorbito dai mezzi di sussistenza ossia il lavoro necessario.
Appendice – Calcolo dell’azienda di cui al prg. 19
Trattazione generale del caso di una azienda che assorba una lavorazione precedente, a dimostrazione della legittimità del riferimento del plusvalore al solo capitale variabile. Si suppone che un’azienda data, ad es. una acciaieria, assorba un’azienda che le vendeva precedentemente le materie prime di cui essa abbisognava (ad es. una miniera di minerale di ferro), dando così origine ad una terza azienda unificata. Per quanto concerne la rappresentazione simbolica, si conviene di utilizzare gli stessi simboli per designare le categorie proprie a ciscuna delle tre imprese, distinguendole tuttavia a mezzo di un apice per l’azienda assorbita e per due apici per l’azienda unificata.
Elenco dei simboli:
A = quota annua degli ammortamenti degli impianti fissi
H = spese annue accessorie
M = costo delle materie prime in un anno
V = spesa annua salari
C = capitale costante
P = plusvalore
F = entrate annue dell’azienda, fatturato
Le spese annue sono: C = A + H + M + V.
Il profitto risulta: P = F – C = F – (A + H + M + V).
Adesso l’attuale azienda ingloba tutta una azienda per una lavorazione precedente delle sue materie prime. Tale azienda produce in un anno esattamente la quantità M occorrente alla prima azienda.
È chiaro che il valore del suo prodotto F’ è lo stesso di M
Il bilancio di questa azienda isolata sarà:
P’ = F’ – C’ = M – C’ = M – (A’ + H’ + M’ + V’)
Poiché il prodotto dell’azienda unificata è uguale a quello della prima azienda, F” = F, il suo bilancio sarà:
P” = F” – C” = F – (A” + H” + M” + V”) = F – (A + H + V + A’ + H’ + M’ + V’) = F – (A + H + M + V – M + A’ + H’ + M’ + V’) = F – (A + H + M + V) + [M – (A’ + H’ + M’ + V’)] = (F – C) + (F’ – C’) = P + P’
Distinguiamo, nei vari casi, per il capitale totale:
K = C + V = F – P
K’ = C’ + V’ = F’ – P’ = M – P’
K” = C” + V” = F” – P” = F – (P + P’) = (F – P) + P’ = K – P’
e per il capitale costante:
C = A + H + M
C’ = A’ + H’ + M’
C” = A” + H” + M” = A + H + A’ + H’ + M’ = C + C’ – M
Ma poiché M = F’ = C’ + V’ + P’, allora
C” = C + C’ – M = C + C’ – (C’ + V’ + P’) = C – (V’ + P’)
Adunque si è verificato, nel passaggio dalla prima alla azienda unificata:
il capitale costante C è diminuito (di V’ + P’)
il capitale totale C + V è diminuito (di P’)
il capitale variabile V è aumentato (di V’).
L’aumento del guadagno o plusvalore, che è passato da P a P” = P + P’, non può dunque che essere effetto del solo capitale che sia aumentato, ossia del capitale variabile. Quindi giustamente prendiamo come saggio del plusvalore il rapporto di esso al solo capitale variabile che lo ha determinato. Se lo mettessimo in rapporto al capitale costante o al capitale totale avremmo l’assurdo di verificare tra i due termini del rapporto una proporzionalità non diretta ma inversa1.
Avant - propos
“Le Principe Démocratique” a paru pour la première fois dans la revue théorique du Parti Communiste d’Italie, Rassegna Comunista en février 1922, c’est-à-dire trois ans après la fondation de l’Internationale communiste à Moscou. Sous l’impulsion de Lénine, mais avec plus ou moins de vigueur et de rigueur selon les pays, le communisme livrait à l’époque contre le socialisme réformiste et démocratique une bataille qui restera son plus beau titre de gloire, et qui était justifiée par la trahison de ce socialisme face au premier conflit impérialiste, face à la révolution russe et face à la lutte de classe de l’après-guerre.
Dans cette lutte, les marxistes italiens comptèrent dès le début parmi les plus décidés et les plus rigoureux. Dans “Le Principe Démocratique” on trouvera donc les mêmes positions fondamentales que dans les “Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne” présentées en mars 1919 par Lénine au congrès constitutif de la nouvelle Internationale, et dirigées essentiellement contre les idées qui avaient cours dans l’ancienne sur ces points capitaux.
On y trouvera aussi quelque chose de plus, une préoccupation politique qui a été à la fois la principale caractéristique et la contribution la plus précieuse des marxistes italiens au sein du mouvement communiste. Cette préoccupation, une petite phrase du texte suffit à la définir clairement : “APPROFONDIR LE FOSSÉ ENTRE LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE ET LE SOCIALISME”. Ce “fossé” existait dès l’origine, et seules les décennies de politique conciliatrice du réformisme d’avant 1914 avaient pu parvenir à le combler : cela, Lénine et les Bolcheviks l’avaient dit et répété alors que les communistes de Rassegna Comunista étaient encore au berceau. Depuis des décennies, Lénine s’employait de toutes ses forces à “déblayer” ce “fossé” salutaire. Les marxistes italiens, qui se trouvaient entrer dans l’arène au moment même où ses efforts avaient été couronnés par la victoire non pas DÉMOCRATIQUE, mais COMMUNISTE du bolchevisme russe, ne se contentèrent pas du déblaiement déjà effectué dans les premiers Congrès internationaux. Ils réclamèrent que le fossé fût encore APPROFONDI et ceci pour éviter la RÉPÉTITION historique de l’engloutissement du socialisme marxiste par la démocratie, dans lequel se résumait toute la faillite de la IIe Internationale.
Vivant non pas dans la Russie révolutionnaire, mais dans l’Occident réformiste et de vieille rouerie parlementaire, ils étaient mieux placés que les bolcheviks pour sentir que le mouvement communiste n’était pas préservé par avance de mille dangers de dégénérescence et de dissolution. Plus jeunes que les bolcheviks de toute une génération, leurs regards portaient plus loin dans l’avenir d’un communisme qui, en 1922, apparaissait rien moins que définitivement assuré dans le monde. L’histoire se chargea de prouver qu’ils n’avaient eu que trop raison.
Quand “Le Principe Démocratique” (qui répondait, répétons-le à cette préoccupation originale et malheureusement unique dans le mouvement communiste) parut pour la deuxième fois, en décembre 1933, dans une petite publication d’émigrés italiens, Bilan, le fossé entre socialisme (ou plutôt communisme) et démocratie était déjà bien en voie de s’effacer à nouveau. En effet, ce qui caractérisait la situation de 1933, n’était pas tant la dislocation des organisations communistes et l’écrasement du prolétariat dans l’Italie fasciste et dans l’Allemagne hitlérienne que LA DÉCOMPOSITION INTERNE AVANCÉE, DOCTRINALE ET PRATIQUE DU MOUVEMENT COMMUNISTE EN TANT QUE MOUVEMENT DE RÉVOLUTION SOCIALE. Nous ne pouvons nous étendre sur cette thèse capitale dans le cadre étroit de cet avant-propos. Disons seulement que cette décomposition se traduisait par deux faits essentiels : le glissement des partis du terrain du communisme à celui de la défense des libertés constitutionnelles et de la République démocratique contre “l’attaque illégale” du parti totalitaire bourgeois ; le passage de l’Internationale de la lutte pour la révolution mondiale à la défense du pouvoir soviétique en toutes circonstances, y compris la guerre impérialiste. Bref par l’ANTIFASCISME, annoncé dès 1924 en Italie et appelé à d’effrayants développements jusqu’à l’adhésion à la guerre anti-hitlérienne et mussolinienne, mais IMPÉRIALISTE de 1940. Et par le SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS.
C’est par cette double voie que le fossé entre socialisme et démocratie a été une nouvelle fois comblé. De toute façon, la réalité est là : au XXe Congrès du P.C.U.S., il y a deux ans, les ex-communistes reprenaient ouvertement la thèse social-démocrate des “voies parlementaires au socialisme”. Pourtant la chose la plus amère n’est pas encore celle-là. Elle est de voir certaine opposition prétendument marxiste et révolutionnaire invoquer parfois les écrits de Lénine lui-même pour NIER que ce fossé dût être approfondi, EMPÊCHANT ainsi qu’il soit même simplement rétabli. C’est ce fait, plus encore que le fiasco final et prévu des renégats du mouvement communiste officiel, qui nous incite à publier, en 1958, une nouvelle traduction française de cet ancien et jeune écrit.
* * *
Lorsqu’il parut pour la première fois en français en 1933 “Le Principe Démocratique” ne rencontra aucun écho, même dans l’avant-garde. Les conditions politiques générales définies en premier lieu par l’offensive “stalinienne” contre la Gauche vouaient toutes les rééditions d’écrits marxistes de la “bonne époque” à la plus complète obscurité : ce fut le sort des Thèses et résolutions des Quatre Premiers Congrès de l’Internationale elles-mêmes que des opposants tentèrent vainement de jeter à la face des renégats qui les avaient fait disparaître de la circulation. Pour “Le Principe Démocratique” c’est l’originalité même de son dessein (dont nous venons de voir les implications politiques) qui jouait contre lui. Il nous faut en dire quelques mots.
Le but de l’article ne se limite pas à la critique de la “démocratie bourgeoise” déjà réalisée avec vigueur dans les thèses et les écrits de Lénine. Il va plus loin. De fait, l’erreur couramment dénoncée de la démocratie bourgeoise, qui est de considérer la société ou la nation comme un tout homogène, alors que pour nous elle est déchirée par des antagonismes de classe, et donc d’affirmer que l’État représente les intérêts de tous les citoyens, dérive d’une prémisse théorique qu’il faut affronter directement en tant que telle. Cette prémisse est que les atomes constitutifs de cette société ou de cette nation autrement dit la “plus petite réalité sociale”, la réalité sociale irréductible à tout autre élément plus simple, est l’INDIVIDU. C’est cette conception théorique qui est fausse, mais encore fallait-il le démontrer. Pour cela, la critique politique ne suffisait pas. Il fallait faire appel à la méthode matérialiste marxiste, dans son opposition avec l’abstraction métaphysique de la pensée bourgeoise. Que le lecteur ne se choque donc pas de trouver sous le titre du “Principe démocratique” des passages concernant par exemple la société primitive, ou les castes antiques, ou les doctrines spiritualistes du droit divin. Il n’y a là aucun vain étalage d’érudition, mais au contraire des développements indispensables à la démonstration de cette thèse : la plus petite unité sociale, c’est-à-dire le facteur le plus simple, le facteur irréductible, du développement historique n’est jamais en réalité l’individu, mais toujours une collectivité. En d’autres termes, si l’individu peut bien être l’objet d’observation par exemple pour la science médicale, voire pour la psychologie, il ne saurait l’être pour la science historique ou la sociologie scientifique. En ceci, Rassegna Comunista ne faisait aucune découverte nouvelle : elle se servait d’une vieille découverte marxiste dans un but politique qui mérite d’être souligné. En effet en rappelant que c’était le PRINCIPE même de la démocratie qui était entaché d’erreur bourgeoise, elle visait à démontrer qu’il le restait QUEL QUE SOIT L’OBJET AUQUEL IL ÉTAIT APPLIQUÉ, fût-il les collectivités non déchirées par des oppositions de classe (soviets – syndicats – parti).
Bref, son but était de généraliser la critique marxiste de la démocratie pure du cas de la démocratie bourgeoise, que les communistes avaient fouillée à fond, à celui, encore tabou pour beaucoup, de la démocratie prolétarienne. Et ce faisant de traquer dans ses ultimes retranchements l’idéalisme d’origine bourgeoise. Inutile de dire que pareille entreprise était de nature à provoquer réprobation et horreur même dans le camp prolétarien : la réaction banale était en effet de s’imaginer que le marxisme italien voulait rétablir par la bande on ne sait quel principe abstrait, constitutionnel, d’autorité, ou justifier quelque secret mépris philistin des masses. Cela a conduit bien des esprits indigents ou de formation trop sommaire, à nous accuser d’être “des espèces de staliniens”. Ironie incomparable ! Ce que le marxiste lit dans ces pages de 1922, c’est justement comme une mise en garde prophétique contre l’ignoble, l’oppressant spectacle qui devait commencer peu d’années plus tard, et qui n’a pas encore quitté la scène : les meilleurs révolutionnaires, les véritables continuateurs du communisme condamnés à main levée dans les assemblées ouvrières et populaires, le communisme banni à la majorité démocratique par les PROLÉTAIRES eux-mêmes !!! Et là où l’opposant vulgaire ne sait voir, dans le stalinisme de funeste mémoire, qu’une négation sacrilège de la sainte démocratie, ce que le marxiste y voit c’est la plus éclatante confirmation historique du mensonge sans limite du PRINCIPE démocratique JUSQUE DANS SON APPLICATION AUX COLLECTIVITÉS OUVRIÈRES.
Pas plus en 1958 qu’en 1922 nous n’entendons tirer des conclusions CONSTITUTIONNELLES de cette critique et de ces faits. L’article démontre que ce serait retomber d’une autre façon dans l’abstraction idéaliste que l’on cherchait justement à chasser de ces derniers retranchements. Et il admet qu’autant au sein du syndicat ou du parti avant la révolution que dans les organes de la dictature prolétarienne après, on pourra bien continuer à user du mécanisme majoritaire, à défaut d’un autre meilleur. Celui que cette déclaration “soulagerait” prouverait seulement qu’il n’a rien compris, qu’il ne parvient pas à sortir de l’opposition abstraite entre “autorité” et “démocratie”, et d’une horreur toute libérale pour la première. La portée de l’écrit est tout autre et se résume dans un résultat historique qui pour être aujourd’hui obscur (comme tout ce qui touche au communisme révolutionnaire) n’en apparaîtra pas moins de première importance dans l’avenir : s’il est, dans toute l’opposition antistalinienne ou antikhrouchtchévienne, UN courant qui n’ait pas repassé à reculons le “fossé” qui a toujours séparé la démocratie bourgeoise du communisme pour aller s’embourber dans les sables mouvants d’une des innombrables démocraties dont la pensée politique moderne est empoisonnée (démocratie progressive ou ouvrière, populaire ou bourgeoise), c’est LE courant qui depuis plus de trente ans considère l’écrit que nous présentons ici comme un “classique”. Le lecteur peut en trouver une illustration récente dans les réactions politiques respectives de notre tendance et de l’opposition “anti-bureaucratique” aux événements hongrois.
L’épreuve de la lutte de classe est souveraine : c’est parce que le marxisme d’inspiration “italienne” y a résisté brillamment que nous pensons que “Le Principe Démocratique” mérite d’avoir valeur de “classique” non seulement pour nous, mais pour tous les communistes de l’avenir !
Il Principio Democratico
L’impiego di certi termini nella esposizione dei problemi del comunismo ingenera molto spesso equivoci tra l’uno e l’altro senso in cui possono essere adoperati. Così è dei termini democrazia e democratico. Il comunismo marxista si presenta nelle enunciazioni di principio come una critica e una negazione della democrazia; d’altra parte i comunisti difendono spesso l’applicazione della democrazia, il carattere democratico, negli organismi proletari: sistema statale dei consigli operai, sindacati, partito. In questo non vi è certo contraddizione alcuna, e nulla vi è da opporre all’uso del dilemma: democrazia borghese o democrazia proletaria, come equivalente perfettamente a quello: democrazia borghese o dittatura proletaria.
La critica marxista ai postulati della democrazia borghese si fonda infatti sulla definizione dei caratteri della presente società divisa in classi, e dimostra l’inconsistenza teorica e l’insidia pratica di un sistema che vorrebbe conciliare l’uguaglianza politica con la divisione della società in classi sociali determinate dalla natura del sistema di produzione.
La libertà e uguaglianza politica contenute secondo la teorica liberale nel diritto di suffragio non hanno senso se non su una base che non contenga disparità di condizioni economiche fondamentali: ecco perché noi comunisti ne accettiamo l’applicazione nell’interno degli organismi di classe del proletariato, al cui meccanismo sosteniamo che si deve dare un carattere democratico.
Anche se, per non ingenerare equivoci, e per evitare di valorizzare un concetto che faticosamente tendiamo a demolire e che è ricco di suggestioni, non si vuole introdurre l’uso di due diversi termini nei due casi, è però utile guardare un po’ più addentro al contenuto stesso del principio democratico in generale, anche in quanto lo si applichi a organismi omogenei dal punto di vista classista. E questo per evitare che, mentre ci sforziamo con la nostra critica di rimuovere tutto il contenuto ingannevole ed arbitrario delle teoriche “liberali”, non si debba correre il rischio di ricadere nel riconoscimento di una “categoria”, il principio di democrazia, che si ponga come un elemento di verità e di giustizia assoluta, in modo aprioristico, e che sarebbe un intruso in tutta la costruzione della nostra dottrina.
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Come un errore dottrinale è sempre alla base di un errore di tattica politica, o ne è, se si vuole, la traduzione nel linguaggio della nostra coscienza critica collettiva, così un riflesso di tutta la politica e la tattica perniciosa della socialdemocrazia si ha nell’errore di principio che il socialismo erediti una parte sostanziale del contenuto che la dottrina liberale ha affermato contro quello delle vecchie dottrine politiche a base spiritualista. Invece nelle sue prime formulazioni il socialismo marxista distrugge appunto, e non accetta per completarla, tutta la critica che il liberalismo democratico aveva edificato contro le aristocrazie e le monarchie assolute dell’antico regime. La distrugge non certo per rivendicare – diciamolo subito per chiarire il nostro orientamento – una sopravvivenza delle dottrine spiritualistiche o idealistiche contro il materialismo volterriano dei rivoluzionari borghesi, ma per dimostrare come in realtà i teorici di quest’ultimo, con la filosofia politica della “Enciclopedia”, non si fossero che illusi di essere usciti dalle nebbie della metafisica applicata alla sociologia e alla politica e dai nonsensi dell’idealismo, e insieme coi loro predecessori dovessero soggiacere alla critica veramente realistica dei fenomeni sociali e della storia edificata nel materialismo storico di Marx.
È anche teoricamente importante dimostrare come per approfondire il solco tra socialismo e democrazia borghese, per ridare alla dottrina della rivoluzione proletaria il suo contenuto potentemente rivoluzionario smarrito nelle adulterazioni dei fornicatori con la democrazia borghese, non sia affatto necessario fondarsi su una revisione dei principi in senso idealista o neo-idealista, ma occorra semplicemente rifarsi alla posizione presa dai maestri del marxismo dinanzi all’inganno delle dottrine liberali e della filosofia borghese materialista.
Per rimanere al nostro argomento mostriamo che la critica del socialismo alla democrazia era sostanzialmente una critica alla critica democratica delle vecchie filosofie politiche, una critica della pretesa loro contrapposizione universale, una dimostrazione che esse si assomigliavano teoricamente, così come praticamente il proletariato non aveva molto a lodarsi del passaggio della direzione della società dalle mani della nobiltà feudale, monarchica e religiosa, in quelle della giovane borghesia commerciale e industriale. E la dimostrazione teorica che la nuova filosofia borghese non aveva vinto i vecchi errori dei regimi di dispotismo, ma era solo un edificio di nuovi sofismi, corrispondeva concretamente alla negazione contenuta nel sorgere del movimento sovvertitore del proletariato della pretesa borghese di avere per sempre sistemata l’amministrazione della società su basi pacifiche e indefinitamente perfettibili, con l’avvento del diritto di suffragio e del parlamentarismo.
Mentre le vecchie dottrine politiche, fondate su concetti spiritualistici o addirittura sulla rivelazione religiosa, pretendevano che le forze soprannaturali che governano la coscienza e la volontà degli uomini avessero assegnato a certi individui, a certe famiglie, a certe caste, il compito di dirigere e amministrare la vita collettiva, consegnando loro per divina investitura il prezioso deposito dell’”autorità”, la filosofia democratica affermatasi parallelamente alla rivoluzione borghese contrappose a quest’asserzione la proclamazione dell’uguaglianza morale, politica, giuridica, di tutti i cittadini, nobili ecclesiastici o plebei che fossero, e volle trasferire la “sovranità” dalla cerchia ristretta della casta o della dinastia a quella universale della consultazione popolare in base al suffragio, per cui la maggioranza dei cittadini designa con la sua volontà i reggitori dello Stato.
I fulmini che i sacerdoti di tutte le religioni e i filosofi spiritualisti avventarono contro questa concezione non bastano a farla accettare come la vittoria definitiva della verità contro l’errore oscurantista, se pure per molto tempo il “razionalismo” di questa filosofia politica è sembrato l’ultima parola in fatto di scienza sociale come di arte politica, e ha avuto la solidarietà di molti che si dicevano socialisti. L’affermazione che il tempo dei “privilegi” è tramontato da quando si è creata la base della formazione elettorale maggioritaria della gerarchia sociale, non regge alla critica del marxismo, che porta ben altra luce sulla natura dei fenomeni sociali, e può apparire una seducente costruzione logica solo se si parte dall’ipotesi che il voto ossia il parere, l’opinione, la coscienza, di ciascun elettore abbia lo stesso peso nel conferire la sua delega per l’amministrazione degli affari collettivi. Quanto poco realista e “materialista” sia questo concetto lo dimostri per ora questa considerazione: esso configura ogni uomo come una “unità” perfetta di un sistema composto di tante unità potenzialmente equivalenti tra loro, e anziché porre la valutazione del pronunziato di quel singolo in rapporto a mille sue condizioni di vita ossia di rapporti con gli altri uomini, la teorizza nella supposizione della “sovranità”. Questo equivale ancora a porre la coscienza degli uomini al di fuori del riflesso concreto dei fatti e delle determinanti dell’ambiente, a pensarla come la scintilla accesa in qualunque organismo, sano o logoro, tormentato o armonicamente soddisfatto nei suoi bisogni, con eguale provvida misura da un indefinibile dispensatore di vita. Questi non avrebbe designato il monarca, ma avrebbe dato a ognuno una eguale facoltà di indicarlo. Il presupposto su cui, malgrado la sua ostentazione di razionalità, poggia la teorica democratica, non è dissimile per metafisica puerilità da quello del “libero arbitrio” per cui la legge cattolica dell’aldilà assolve o condanna. La democrazia teorica in quanto si accampa fuori del tempo e della contingenza storica non è dunque meno impeciata di spiritualismo di quello che non siano nel profondo del loro errore le filosofie dell’autorità rivelata e della monarchia per diritto divino.
Chi volesse seguire maggiormente questi raffronti non avrebbe che a ricordare come la dottrina politica democratica sia stata molti secoli prima della dichiarazione dei diritti dell’uomo e del cittadino e della grande rivoluzione affacciata da pensatori che erano totalmente sul terreno dell’idealismo e della filosofia metafisica, e del resto la grande rivoluzione stessa abbatté in nome della Ragione gli altari del dio cristiano, ma anche di quella volle o dové fare una deità.
Questo presupposto metafisico incompatibile col carattere della critica marxista è proprio non solo delle costruzioni del liberalismo borghese, ma di tutte quelle dottrine costituzionali e di quei progetti di edificazione della società che si fondano sulla “intrinseca virtù” di dati schemi di rapporti sociali e statali. Costruendo la sua dottrina della storia il marxismo demoliva infatti a un tempo l’idealismo medioevale, il liberalismo borghese e il socialismo utopista.
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A queste costruzioni arbitrarie di costituzioni sociali, aristocratiche o democratiche, autoritarie o liberali, alle quali è analoga per i suoi errori la concezione anarchica di una società senza gerarchia e senza deleghe di poteri, il comunismo critico ha contrapposto uno studio ben più fondato della natura dei rapporti sociali e delle loro cause, nel complesso sviluppo evolutivo che essi presentano lungo il corso della storia umana, una attenta analisi del carattere di questi rapporti nella presente epoca capitalistica, e una serie di ponderate ipotesi sulla loro ulteriore evoluzione a cui viene ora ad aggiungersi il formidabile contributo teorico e pratico della rivoluzione proletaria russa.
Sarebbe superfluo svolgere qui i noti concetti del determinismo economico e gli argomenti che ne dimostrano la fondatezza nell’interpretazione dei fatti storici e del meccanismo sociale. Ogni apriorismo di conservatori o di utopisti è contemporaneamente eliminato dall’introduzione dei fattori che stanno sul terreno della produzione e dell’economia e dei rapporti di classe che da essi scaturiscono, permettendo di passare ad una spiegazione scientifica dei fatti di vario ordine che costituiscono le manifestazioni giuridiche, politiche, militari, religiose, culturali della vita sociale.
Ci limiteremo a seguire in modo sommario attraverso il corso della storia le evoluzioni che ha presentato il modo di organizzazione sociale e di aggruppamento degli uomini, non solo nello Stato, astratta figurazione di una collettività unificatrice di tutti gli individui, ma nei vari organismi alla formazione dei quali danno luogo i rapporti fra i singoli.
Alla base dell’interpretazione di ogni gerarchia sociale, estesissima o limitata, stanno i rapporti tra i vari individui, e alla base di questi sta la divisione di funzioni tra di essi.
Inizialmente possiamo immaginare senza commettere gravi errori l’esistenza di una forma di vita della specie umana completamente inorganizzata. Il limitato numero di individui consente ad essi di vivere dei prodotti della natura senza applicare a essa arte o lavoro, ed ognuno potrebbe in tal modo, per vivere, fare a meno dei propri simili. Non vi sono altri rapporti che quelli comuni a tutte le specie, della riproduzione, ma già per la specie umana – e non per essa soltanto – essi bastano a costituire un sistema di rapporti e una conseguente gerarchia, nella famiglia. Questa può fondassi sulla poligamia, sulla poliandria, sulla monogamia; non è qui il caso di addentrarsi in una tale analisi, ma ci dà l’embrione di una vita collettiva organizzata sulla divisione di funzioni voluta dalle conseguenze dirette dei fattori fisiologici, per i quali, mentre la madre assiste la prole e l’alleva, il padre si dedica alla caccia, alla preda, alla protezione dai nemici esterni, ecc.
Come nelle ulteriori fasi di sviluppo della produzione e della economia, così in questa fase iniziale che è quella della loro assenza quasi completa, è inutile soffermarsi sulla ricerca astratta se siamo in presenza dell’unità individuo o dell’unità società. L’unità dell’individuo ha un senso dal punto di visto biologico, indubbiamente, ma non è che una elucubrazione metafisica farne il fondamento di costruzioni sociali, poiché dal punto di vista sociale non tutte le unità hanno lo stesso valore e la collettività non sorge che da rapporti e da schieramenti in cui la parte e l’attività di ogni singolo non sono una funzione individuale ma collettiva per le molteplici influenze dell’ambiente sociale. Anche nel caso elementare di società inorganizzata o di non-società, la stessa base fisiologica che ci dà l’organizzazione familiare ci basta a distruggere la figurazione arbitraria dell’Individuo come unità ulteriormente indivisibile (senso letterale del termine) e superiormente componibile con altre simili unità che conservano la loro distinzione e in un certo senso la loro equivalenza. Nemmeno l’unità società esiste, evidentemente, poiché i rapporti tra uomini, anche di pura nozione della reciproca esistenza, sono limitatissimi e ristretti alla cerchia della famiglia o del clan. Possiamo anticipare l’ovvia conclusione che la “unità società” non è mai esistita e non esisterà probabilmente mai se non come un “limite” a cui ci si possa progressivamente approssimare superando i confini di classi e di Stati.
L’unità individuo può essere pensata come un elemento di deduzioni e di costruzioni sociali, o se si vuole di negazione della società, solo partendo da un presupposto irreale che in fondo anche in formulazioni modernissime non è che una diversa riproduzione dei concetti della rivelazione religiosa, della creazione, e dell’indipendenza di una vita spirituale dai fatti della vita naturale e organica. Ad ogni individuo la divinità creatrice o una forza unica governatrice delle sorti del mondo ha dato questa investitura elementare che ne fa una molecola autonoma, ben definita, cosciente, volente, responsabile, dell’aggregato sociale, indipendentemente dagli accidenti sovrapposti delle influenze fisiche dell’ambiente: questo concetto religioso e idealistico non è che modificato nelle apparenze quando si edifica la concezione del liberalismo democratico o dell’individualismo libertario: l’anima come scintilla accesa del supremo Ente, la sovranità soggettiva di ciascun elettore, o la illimitata autonomia del cittadino della società senza leggi, sono filosofemi che peccano della stessa infantilità innanzi alla critica, per risoluto che sia il “materialismo” dei primi liberali borghesi e degli anarchici.
Questo concetto ha il suo corrispondente nella supposizione parimenti a natura idealistica della perfetta unità sociale, del monismo sociale, costruita sulla base della volontà divina che governa e amministra la vita della nostra specie. Ritornando allo stadio primordiale di vita sociale che stavamo considerando, e giunti in presenza dell’organizzazione familiare, noi siamo condotti a concludere che delle ipotesi metafisiche dell’unità individuo e dell’unità società, possiamo fare a meno nell’interpretazione della vita della specie e del processo evolutivo di essa: possiamo invece positivamente affermare che siamo in presenza di un tipo di collettività organizzata su base unitaria, che è la famiglia. Noi ci guardiamo bene dal farne un tipo fisso o permanente, e tanto più dall’idealizzarlo a modello di forma di convivenza sociale come si può fare dell’individuo nell’anarchismo o nella monarchia assoluta; constatiamo soltanto l’esistenza di questa unità primordiale di organizzazione umana, alla quale altre ne succederanno, che essa stessa si modificherà in vari aspetti, diverrà elemento costitutivo di altri organismi collettivi, o scomparirà in forme sociali avanzatissime, come si potrebbe supporre. Non sentiamo alcun bisogno di essere per principio pro o contro la famiglia, come di essere pro o contro, ad esempio, lo Stato: ci interessa cogliere per quanto è possibile il senso dell’evoluzione di questi tipi di organizzazione umana e, se ci domandiamo se un giorno spariranno, è nel modo più obiettivo, perché non è nella nostra mentalità pensarli né come sacri e intangibili né come perniciosi e da distruggere: essendo il conservatorismo e il suo rovescio (ossia la negazione di ogni forma di organizzazione e di gerarchia sociale) parimenti deboli dal punto di vista critico e parimenti sterili di risultati.
Fuori dal tradizionale contrapposto delle categorie: individuo e società, noi seguiamo nello studio della storia umana il formarsi e l’evolversi di altre unità ossia collettività umane organizzate; aggruppamenti ristretti o estesi di uomini, fondati su una divisione di funzioni e una gerarchia, che appaiono come fattori e come attori della vita sociale. Queste unità possono paragonarsi solo in un certo senso a unità organiche, a organismi viventi le cui cellule di diversa funzione e valore sono gli uomini o gruppi elementari di uomini; ma l’analogia non è completa poiché, mentre l’organismo vivente ha dei limiti definiti e un decorso biologico di sviluppo e di morte, le unita organizzate sociali non sono chiuse da limiti fissi e si rinnovano continuamente intrecciandosi tra loro, decomponendosi e ricomponendosi al tempo stesso. Quello che ci preme mostrare, e per il quale scopo ci siamo indugiati sul primo e ovvio esempio dell’unità famiglia, è che, se queste unità sono evidentemente composte di individui e se la stessa loro composizione è variabile, esse tuttavia agiscono come “tutti” organici e integrali, e la loro scomposizione in unità-individui non ha che un valore mitologico e irreale. L’elemento famiglia ha una vita unitaria che non dipende dal numero dei singoli che racchiude, ma dalla rete dei loro rapporti, così come, per esprimersi in modo banale, non ha lo stesso valore di una famiglia composta del capo, delle mogli e di alcuni vecchi inabili, quella che comprenda oltre al capo alcuni giovani e validi suoi figli.
Da questa prima forma di unità organizzata di individui che è la famiglia, e che ci presenta le prime divisioni di funzioni e le prime gerarchie e forme di autorità, di direzione delle attività dei singoli, di amministrazione, si passa nel corso dell’evoluzione attraverso infinite altre forme di organizzazione sempre più complesse e vaste. La ragione di questo complicarsi sta nel complicarsi dei rapporti e delle gerarchie sociali, nascente da una sempre maggiore differenziazione che è strettamente determinata dai sistemi di produzione che l’arte e la scienza mettono a disposizione delle attività umane nell’elaborazione di un sempre maggior numero di prodotti (nel più vasto senso della parola) atti a soddisfare i bisogni di società umane più numerose e più evolute verso forme superiori di vita. Il fondamento di un’analisi che voglia cogliere il processo di formazione e di modificazione delle varie organizzazioni umane e il gioco dei loro rapporti nella società tutta, deve basarsi sulla nozione dello sviluppo della tecnica produttiva e dei rapporti economici che sorgono dalla situazione dei singoli nelle varie funzioni che esige il meccanismo produttivo. La formazione e la evoluzione delle dinastie, delle caste, degli eserciti, degli Stati, degli imperi, delle corporazioni, dei partiti può e deve essere seguita attraverso una indagine poggiata su simili elementi. Al culmine di questo complesso sviluppo si può pensare che vi sia una forma di unità organizzata che coincida con i limiti stessi dell’umanità realizzando la razionale divisione delle funzioni tra tutti gli uomini, e si può discutere quale senso e quali limiti avrà in una tale superiore forma di convivenza umana il sistema gerarchico dell’amministrazione collettiva.
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Premendoci di giungere all’esame di quegli organismi unitari i cui rapporti interni sono fondati su quello che correntemente è detto il “principio democratico”, introdurremo una distinzione semplificatrice tra collettività organizzate che ricevono la loro gerarchia dall’esterno, e collettività organizzate che la formano di per se stesse e dal loro interno. Secondo il concetto religioso e la perfetta teoria dell’autorità la società umana sarebbe in ogni epoca una collettività-unità che riceve la sua gerarchia dai poteri soprannaturali; e non insisteremo nella critica di un simile semplicismo metafisico contraddetto da tutta la nostra esperienza.
La gerarchia nasce da ragioni naturali di necessità nella divisione delle funzioni, e così evidentemente avviene nella famiglia. Trasformandosi questa in tribù e in orda, essa deve organizzarsi per lottare contro altre organizzazioni, e sorgono gerarchie militari sulla base dell’opportunità di affidare il comando ai più atti a valorizzare le comuni energie. A questo criterio di scelta nell’interesse comune, che è di molti millenni più antico dell’elettoralismo democratico moderno, in quanto re, capitani e sacerdoti furono originariamente elettivi, finiscono col sovrapporsi altri criteri di formazione delle gerarchie, dando luogo a privilegi di casta, attraverso l’eredità familiare, o la iniziazione di scuole, sette e culti ristretti, essendo in genere il possesso di un grado motivato da speciali attitudini e funzioni il migliore elemento per influire sulla trasmissione di questo grado, almeno in via normale.
Non intendiamo, abbiamo detto, seguire tutto lo sviluppo della formazione nel seno della società delle caste e poi delle classi, che alla logica necessità di una divisione di funzioni sovrappongono il monopolio di potere e di influenze che si accompagna alla posizione di privilegio di dati strati di individui rispetto al meccanismo economico. Ogni casta dirigente dà a se stessa in un modo o nell’altro una gerarchia organizzativa, e così avviene per le classi economicamente privilegiate: per limitarci ad un esempio, l’aristocrazia terriera del medioevo, coalizzandosi per la difesa del comune privilegio dagli assalti di altre classi, costruiva una forma di organizzazione che culminò nella monarchia, nelle mani della quale si concentravano i poteri pubblici, alla formazione dei quali restavano completamente estranei gli altri strati della popolazione. Lo Stato dell’epoca feudale è la organizzazione della nobiltà feudale appoggiata dal clero. Lo strumento principale di forza di queste monarchie militari è l’esercito. Siamo innanzi qui a un tipo di collettività organizzata in cui la gerarchia è costituita dall’esterno: è il re che nomina i gradi nell’esercito, fondato sulla passiva obbedienza di ogni suo componente.
Ogni forma di Stato accentra in una autorità unitaria la capacità di ordinare e di inquadrare una serie di gerarchie esecutive: esercito, polizia, magistratura, burocrazia. Quindi la unità Stato si serve materialmente dell’attività di individui di tutte le classi, ma è organizzata sulla base di una sola o di poche classi privilegiate che hanno il potere di costruirne le varie gerarchie. Le altre classi e in genere tutti gli aggruppamenti di singoli che troppo evidentemente vedono come gli interessi e le esigenze di tutti non siano affatto garantiti dall’esistente organizzazione statale, benché questa ne accampi regolarmente la pretesa, cercano di darsi proprie organizzazioni per far prevalere i propri interessi partendo dalla constatazione elementare dell’identità di posizione dei loro componenti rispetto alla produzione e alla vita economica.
Se, occupandoci naturalmente di quelle organizzazioni che si danno esse stesse la propria gerarchia, ci poniamo il problema del modo col quale questa gerarchia deve essere designata per essere la migliore difesa degli interessi collettivi di tutti i componenti dell’organizzazione in parola, e per evitare la formazione di stratificazioni fondate sul privilegio nel seno di essa, ci si affaccia il metodo basato sul principio democratico, consultare tutti i singoli e servirsi del parere della maggioranza per la designazione di quelli tra essi che dovranno coprire i gradi della gerarchia.
La critica di una simile proposta deve essere molto più severa a seconda che si propone di applicarla alla società tutta quale è oggi, o a date nazioni, o si tratta di introdurla nel seno di organismi molto più limitati come i sindacati proletari e i partiti.
Nel primo caso essa è da respingere senz’altro perché campata nel vuoto, senza tenere conto alcuno della situazione dei singoli rispetto al fatto economico, e con la pretesa che il sistema sia intrinsecamente perfetto, indipendentemente dalla considerazione degli sviluppi evolutivi che traversa la collettività a cui lo si applica.
La divisione in classi nettamente distinte dai privilegi economici fa sì che il valore di un pronunziato maggioritario perda ogni valore. La nostra critica confuta l’inganno che il meccanismo dello Stato democratico e parlamentare uscito dalle costituzioni liberali moderne sia una organizzazione di tutti i cittadini e nell’interesse di tutti i cittadini. Essendovi interessi contrastanti conflitti di classe non vi è possibile unità di organizzazione, e lo Stato resta malgrado l’esteriore apparenza della sovranità popolare l’organo della classe economicamente superiore e lo strumento della difesa dei suoi interessi. Noi vediamo la società borghese, malgrado la applicazione del sistema democratico alla rappresentanza politica, come un complesso insieme di altri organismi unitari dei quali molti si raggruppano intorno al potente organismo centralizzato dello Stato politico, poiché son quelli che sorgono dagli aggruppamenti dei ceti privilegiati e che tendono alla conservazione dell’attuale apparato sociale, altri possono essere indifferenti o mutare di indirizzo nei confronti dello Stato, altri infine sorgono nel seno dei ceti economicamente depressi e sfruttati e sono volti contro lo Stato di classe. Il comunismo dunque dimostra come la formale applicazione giuridica e politica nel principio democratico e maggioritario a tutti i cittadini mentre persiste la divisione in classi per rapporto alla economia, non vale a dare allo Stato il carattere di una unità organizzativa di tutta la società o di tutta la nazione. La democrazia politica e introdotta con questa pretesa ufficiale, ma in realtà come una forma che conviene allo specifico potere della classe capitalistica e alla vera e propria sua dittatura, agli scopi della conservazione dei suoi privilegi.
Non occorre dunque insistere molto sulla demolizione critica dell’errore per cui si attribuisce un eguale grano di indipendenza e di maturità al “voto” di ciascun elettore, sia esso un lavoratore sfibrato dall’eccesso di fatica fisica o un ricco gaudente, un accorto capitano dell’industria o un disgraziato proletario ignaro delle ragioni e dei rimedi delle sue ristrettezze, andando a cercare gli uni e gli altri una volta tanto per un lungo periodo di tempo, e pretendendo che l’aver risolto queste sovrane funzioni basti ad assicurare la calma e l’obbedienza di chiunque si sentirà scorticare e maltrattare dalle conseguenze della politica e dell’amministrazione statale.
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Chiarito così che il principio di democrazia non ha alcuna virtù intrinseca, e che non vale nulla come principio, essendo piuttosto un semplice meccanismo di organizzazione fondato su una semplice e banale presunzione aritmetica, che i più abbiano ragione e i meno abbiano torto, vediamo se ed in quanto questo meccanismo è utile e sufficiente alla vita di organizzazioni che comprendano più limitate collettività non divise dai solchi degli antagonismi di condizioni economiche, e considerate nel processo del loro sviluppo storico.
È questo meccanismo di democrazia applicabile nella dittatura proletaria, ossia in quella forma di Stato a cui dà luogo la vittoria rivoluzionaria delle classi ribelli al potere degli Stati borghesi, di modo che sia lecito definire questa forma di Stato per il suo meccanismo interno di deleghe e di gerarchie, una “democrazia proletaria”? La questione non va guardata con preconcetti. Può ben darsi che si arrivi alla conclusione che il meccanismo stesso si presti, con date modalità, e finché dalla evoluzione stessa delle cose non ne nasca uno meglio adatto, ma occorre convincersi che proprio nessuna ragione milita che ci possa far stabilire a priori il concetto di sovranità della “maggioranza” del proletariato. Questa non è ancora all’indomani della rivoluzione una collettività completamente omogenea e non costituisce una classe sola: in Russia per esempio il potere è nelle mani delle classi degli operai e dei contadini, ma è facile mostrare, se per poco si considera tutto lo sviluppo del movimento rivoluzionario, che in esso la classe del proletariato industriale, meno numerosa assai dei contadini, rappresenta una parte molto più importante, ed è quindi logico che nei consigli proletari, nel meccanismo dei Soviet, un voto di operaio valga ben più del voto di un contadino.
Non vogliamo sviluppare qui tutto l’esame dei caratteri della costituzione dello Stato proletario. Noi non lo concepiamo sotto l’aspetto immanente sotto il quale i reazionari vedono la monarchia di diritto divino, i liberali il parlamentarismo a suffragio universale, gli anarchici il non-Stato. Lo Stato proletario, come organizzazione di una classe contro altre classi che devono essere spogliate dei loro privilegi economici, è una forza storica reale che si adatta allo scopo che persegue, ossia alle necessità per cui è nata. Essa potrebbe in dati momenti prendere impulso dalle più vaste consultazioni di massa come dalla funzione di ristrettissimi organismi esecutivi muniti di pieni poteri; l’essenziale è che a questa organizzazione di potere proletario si diano i mezzi e le armi per abbattere il privilegio economico borghese e le resistenze politiche e militari borghesi, in modo da preparare poi la sparizione stessa delle classi, e le modificazioni sempre più profonde dello stesso suo compito e della sua struttura.
Una cosa è indubbia: che mentre la democrazia borghese non ha che lo scopo effettivo di escludere le grandi masse proletarie e piccolo-borghesi da ogni influenza nella direzione dello Stato, riservata alle grandi oligarchie industriali, bancarie, agrarie, la dittatura proletaria deve poter impegnare nella lotta che essa impersona i più vasti strati della massa proletaria e anche quasi proletaria. Ma il raggiungimento di questo scopo non si identifica affatto, se non per chi è suggestionato da pregiudizi, con la formazione di un vasto ingranaggio di consultazione elettiva: questa può essere troppo e – più sovente – troppo poco, facendo sì che dopo una simile forma di partecipazione molti proletari si astengano da altre manifestazioni attive nella lotta di classe. D’altra parte la gravità della lotta in certe fasi esige prontezza di decisioni e di movimenti e centralizzazione della organizzazione degli sforzi in una direzione comune. Per accoppiare queste condizioni lo Stato proletario, come la esperienza russa ci indica con larghezza di elementi di ammaestramento, fonda il suo ingranaggio costituzionale su caratteristiche che vengono direttamente a lacerare i canoni della democrazia borghese, per cui i fautori di questa gridano a violazione di libertà, mentre non si tratta che di smascheramento di pregiudizi filistei con cui la demagogia ha sempre assicurato il potere dei privilegiati.
Il meccanismo costituzionale dell’organizzazione di Stato nella dittatura del proletariato non è solo consultivo ma al tempo stesso esecutivo, la partecipazione, se non di tutta la massa degli eleggenti per lo meno di un vasto strato di loro delegati, non è intermittente ma continua nelle funzioni della vita politica. È interessante come questo si raggiunga senza danno anzi parallelamente al carattere unitario dell’azione di tutto l’apparato, proprio coi criteri opposti a quelli dell’iperliberalismo borghese: ossia sopprimendo sostanzialmente il suffragio diretto e la rappresentanza proporzionale, dopo essere passati sopra l’altro sacro dogma del suffragio uguale, come abbiamo visto.
Non intendiamo qui stabilire che questi nuovi criteri introdotti nel meccanismo rappresentativo, o fissati in una costituzione, siano tali per ragioni di principio: in nuove circostanze potrebbero cambiare, e in ogni caso ci teniamo a chiarire che non attribuiamo nessuna intrinseca virtù a queste forme di organizzazione e di rappresentanza, traducendosi quanto andiamo dimostrando in una tesi marxista basilare che può enunciarsi così: «la rivoluzione non è un problema di forme di organizzazione». La rivoluzione è invece un problema di contenuto, ossia di movimento e di azione delle forze rivoluzionarie in un processo incessante, che non si può teorizzare cristallizzandolo nei vari tentativi di una immobile “dottrina costituzionale”.
In ogni modo nel meccanismo dei consigli operai non troviamo il criterio proprio della democrazia borghese per cui ogni cittadino designa direttamente il suo delegato nella rappresentanza suprema, il parlamento. Vi sono invece vari gradi di consigli operai e contadini, sempre più allargati territorialmente fino al Congresso dei Soviet. Ogni consiglio locale o distrettuale elegge i suoi delegati al Consiglio superiore, come elegge la sua amministrazione, ossia il corrispondente organo esecutivo. Mentre alla base, nei consigli iniziali di città e di campagna, vi è la consultazione di tutta la massa, nella elezione dei delegati ai consigli superiori e delle altre cariche ciascun aggruppamento di elettori non vota a sistema proporzionale ma a sistema maggioritario, scegliendo i suoi delegati secondo le liste proposte dai partiti. Del resto siccome il più delle volte si tratta di eleggere un solo delegato che rappresenta il legame tra un grado inferiore e un grado superiore di consigli, è evidente come cadano contemporaneamente scrutinio di lista e rappresentanza proporzionale, dogmi del liberalismo formale.
Dovendo ogni strato di consigli dar luogo a organismi che non sono solo di consultazione ma anche di amministrazione strettamente collegata all’amministrazione centrale è naturale che man mano che si sale verso le rappresentanze ristrette si debbano avere non le assemblee parlamentari di chiacchieroni che interminabilmente disputano senza mai operare, ma dei corpi ristretti ed omogenei atti a dirigere l’azione e la lotta politica e il cammino rivoluzionario concorde di tutta la massa così inquadrata.
Un simile meccanismo si completa di quelle virtù, che assolutamente nessun progetto costituzionale comprende nel proprio seno per via automatica, attraverso la presenza di un fattore di primissimo ordine nel quale il contenuto sorpassa di gran lunga la pura forma organizzativa e di cui la coscienza e la volontà collettive operanti permettono di impiantare il lavoro sulle necessità di un lungo processo incessantemente avanzante: il partito politico. Questo è l’organo che più può approssimarsi ai caratteri di una collettività unitaria omogenea e solidale nell’azione. In realtà esso comprende una minoranza della massa, ma i coefficienti che esso presenta in confronto di ogni altro organismo di rappresentanza basato su larghissimi strati sono appunto tali che dimostrano come il partito rappresenti gli interessi ed il movimento collettivo meglio di ogni altro organo. Nel partito politico si realizza la partecipazione continua e ininterrotta di tutti i componenti alla esecuzione del lavoro comune, e una preparazione alla soluzione dei problemi di lotta e di ricostruzione di cui il grosso della massa non può avere coscienza che nel momento in cui si delineano.
Per tutte queste ragioni è naturale che in un apparecchio di rappresentanza e di deleghe che non sia quello della menzogna democratica, ma che si fondi su uno strato della popolazione che fondamentali comuni interessi sospingono nel corso della rivoluzione, le scelte spontanee cadono sugli elementi proposti dal partito rivoluzionario attrezzato per le esigenze del processo di lotta e di problemi a cui ha potuto e saputo prepararsi.
Noi diremo più oltre qualche cosa per dimostrare come nemmeno al partito attribuiamo queste facoltà per il semplice effetto del suo speciale criterio di costituzione: il partito può essere e non essere adatto al suo compito di propulsore dell’opera rivoluzionaria di una classe, non il partito politico in generale, ma un partito, ossia quello comunista, può corrispondere a simile funzione, e lo stesso partito comunista non è preventivamente assicurato dai cento pericoli della degenerazione e della dissoluzione. I caratteri positivi che pongono il partito all’altezza del suo compito non stanno nel meccanismo dei suoi statuti e nelle nude misure di organizzazione interna, ma si realizzano attraverso il suo processo di sviluppo e la sua partecipazione alle lotte e all’azione come formazione di un indirizzo comune intorno a una concezione di un processo storico, a un programma fondamentale, che si precisa come una coscienza collettiva, ed a una sicura disciplina di organizzazione al tempo stesso. Gli sviluppi di queste idee sono contenuti nelle tesi sulla tattica del partito presentate al Congresso del Partito Comunista d’Italia, e note al lettore.
Per ritornare alla natura dell’ingranaggio costituzionale della dittatura proletaria, che abbiamo detto essere nei suoi successivi gradi sia legislativo sia esecutivo, dobbiamo aggiungere qualche cosa per precisare rispetto a quali compiti della vita collettiva un tale ingranaggio abbia funzioni ed iniziative esecutive, che danno ragione alla sua stessa formazione ed ai rapporti del suo elastico meccanismo in continua evoluzione. Intendiamo riferirci al periodo iniziale del potere proletario paragonabile alla situazione che ha attraversato nei quattro anni e mezzo decorsi la dittatura proletaria in Russia; non vogliamo spingerci nel problema dell’assetto definitivo delle rappresentanze in una società comunista non divisa in classi, approssimandoci alla quale si delinea una evoluzione di organismi che non possiamo prevedere in tutto ma solo intravedere nella direzione di una fusione di tutti i vari organi: politici, amministrativi, economici, con la progressiva eliminazione di ogni elemento coercitivo e della stessa entità Stato come strumento di potere di classe e di lotta contro le altre classi sopravviventi.
Nel periodo di inizio della dittatura proletaria questa ha un compito enormemente gravoso e complesso, che si può suddividere in tre sfere di azione: politica, militare ed economica. Il problema militare della difesa interna ed esterna contro gli assalti della controrivoluzione, come quello della ricostruzione della economia su basi collettive, hanno come loro fondamento l’esistenza e l’applicazione di un piano sistematico e razionale di utilizzazione di tutti gli sforzi, in una attività che deve riuscire a essere fortemente unitaria pur utilizzando, anzi proprio per utilizzare con maggior rendimento le energie di tutta la massa. Per conseguenza l’organismo che, in primo luogo, conduce la lotta contro il nemico esterno e interno, ossia l’esercito (e la polizia) rivoluzionario deve essere fondato su una disciplina e una gerarchia centralizzata nelle mani del potere proletario: anche l’esercito rosso resta dunque una unità organizzata, una gerarchia costituita dall’esterno, ossia dal governo politico dello Stato proletario, e altrettanto si dirà della polizia e della magistratura rivoluzionaria.
Più complessi aspetti ha il problema della macchina economica che il proletariato vincitore edifica per dare la base al nuovo sistema di produzione e di distribuzione. Non possiamo qui che ricordare come la caratteristica che differenzia questo razionale apparato di amministrazione dal caos della economia privata borghese sia la centralizzazione. La gestione di tutte le aziende si intende fatta nell’interesse della collettività tutta e coordinatamente alle esigenze di tutto il piano di produzione e di distribuzione. D’altra parte la macchina economica, e lo schieramento dei singoli che vi sono addetti, si modifica di continuo non solo per il procedere graduale della sua costruzione ma anche per le crisi inevitabili in un periodo di così vasta trasformazione accompagnato dalla lotta politica e militare.
Da queste considerazioni si giunge a conchiudere che nel periodo iniziale della dittatura proletaria, se i consigli dei vari gradi devono dar luogo contemporaneamente a designazioni di ordine legislativo per i gradi superiori e a designazioni esecutive per le amministrazioni locali, bisogna lasciare al centro la gestione responsabile in senso assoluto della difesa militare, e in senso meno rigido della campagna economica, mentre gli organi locali valgono a inquadrare politicamente le masse per la loro partecipazione all’attuazione di quei piani e il loro consenso all’inquadramento militare ed economico, creando il terreno di una loro attività più larga e continua che sia possibile intorno ai problemi della vita collettiva, incanalandola nella formazione della organizzazione fortemente unitaria che è lo Stato proletario.
Queste considerazioni su cui non ci dilunghiamo servono a provare, non che gli organi intermedi della gerarchia statale non debbano avere una possibilità di movimento e di iniziativa, ma che non è possibile teorizzare lo schema della loro formazione come quello di una adesione precisa ai compiti effettivi militari o economici della rivoluzione, formando gli aggruppamenti di elettori proletari secondo le aziende produttive o reparti dell’esercito. Il meccanismo di tali aggruppamenti non agisce per speciali attitudini inerenti al suo schema e al suo scheletro, quindi le unità che raggruppano gli elettori alla base si possono fare con criteri empirici, anzi si formeranno da sé con criteri empirici, tra i quali può essere la confluenza nel luogo di lavoro come nella abitazione o nella guarnigione, o al fronte, o in altri momenti della esistenza quotidiana, senza che a priori nessuno se ne possa escludere o elevare a modello. Ma il fondamento delle rappresentanze di Stato della rivoluzione proletaria resta una suddivisione territoriale di circoscrizioni nel seno delle quali avvengono le elezioni.
Tutte queste considerazioni nulla hanno di assoluto, e ciò conduce alla nostra tesi che nessuno schema costituzionale ha valore di principio, e che la democrazia maggioritaria intesa nel senso formale e aritmetico non è che un metodo possibile per la coordinazione dei rapporti che si presentano nel seno degli organismi collettivi al quale da nessuna parte si può costruire una presunzione di necessità o di giustizia intrinseca, non avendo per noi marxisti queste espressioni addirittura alcun senso, e non essendo d’altra parte il nostro proposito quello di sostituire all’apparato democratico da noi criticato un altro progetto meccanico di apparato esente per sé stesso da difetti ed errori.
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Ci sembra di aver detto abbastanza sul principio di democrazia nella sua applicazione allo Stato borghese, con la pretesa di abbracciare tutte le classi, e anche nella sua applicazione alla sola classe proletaria come base di uno Stato dopo la vittoria rivoluzionaria. Resta a dire qualcosa di quegli organismi che esistono in seno al proletariato prima (e anche dopo) della conquista del potere: sindacati economici e partito politico, in ordine alla applicazione nei loro rapporti di struttura del meccanismo democratico.
Stabilito che una vera unità di organizzazione non è possibile che sulla base di una omogeneità di interessi tra i componenti la organizzazione stessa, resta indiscutibile che, poiché nei sindacati e nel partito si aderisce sulla base di una spontanea decisione a partecipare a un certo ordine di azioni, si può esaminare il funzionamento del meccanismo democratico e maggioritario senza applicarvi una critica dell’ordine di quella che distrugge totalmente ogni suo valore nel caso dell’artificiosa unificazione costituzionale delle diverse classi dello Stato borghese; sempre però senza lasciarsi fuorviare dal concetto arbitrario della “santità” dei pronunziati di maggioranza.
Il sindacato ha rispetto al partito il carattere di una più completa identità di interessi materiali e immediati: entro i rispettivi limiti della categoria esso raggiunge una grande omogeneità di composizione e può da organismo ad adesione volontaria tendere a divenire un organismo a cui per definizione, o nello Stato proletario a una certa fase di sviluppo, aderiscono obbligatoriamente tutti i lavoratori di una data categoria o industria. È indubbio che in un tal campo il numero resta il coefficiente decisivo e la consultazione maggioritaria ha un grande valore; ma alla sua considerazione schematica si deve aggiungere quella degli altri fattori che si agitano nel seno della organizzazione sindacale: una gerarchia burocratizzata di funzionari che lo immobilizzano nel loro dominio e i gruppi di avanguardia che il partito politico rivoluzionario vi costituisce per condurlo sul terreno dell’azione rivoluzionaria.
In questa lotta molte volte i comunisti dimostrano come i funzionari della burocrazia sindacale violino il concetto democratico e si infischino della volontà della maggioranza. È giusto fare questo perché essi capi sindacali di destra ostentano la loro mentalità democratica e occorre mostrarli in contraddizione, come si fa dei liberali borghesi ogni volta che frodano e coartano la consultazione popolare, pur non facendosi l’illusione che questa, anche se liberamente effettuata, risolverebbe i problemi che premono sul proletariato. È giusto e opportuno farlo perché nei momenti in cui le grandi masse si muovono per effetto di situazioni economiche è possibile spostare l’influenza dei funzionari, che e un’influenza extraproletaria e proveniente, sebbene non in forma ufficiale, da classi e poteri estranei all’organizzazione sindacale, e aumentare l’influenza dei gruppi rivoluzionari.
Ma in tutto ciò non vi sono preconcetti “costituzionali”, e pur di essere compresi dalla massa e di poterle dimostrare che agiscono nel senso dei suoi interessi meglio intesi, i comunisti possono e devono regolarsi elasticamente rispetto ai canoni della democrazia interna sindacale; non vi è ad esempio alcuna contraddizione tra queste due attitudini tattiche: prendere la rappresentanza di minoranza negli organi direttivi del sindacato fino a che gli statuti lo consentono, e sostenere che questa rappresentanza statutaria deve essere soppressa allo scopo di rendere più agili gli organi esecutivi, appena questi sono da noi conquistati.
Tutta la guida in questa questione è l’attenta analisi del processo di sviluppo dei sindacati nella fase attuale: si tratta di accelerare la loro trasformazione da organi di influenze controrivoluzionarie sul proletariato in organi di lotta rivoluzionaria; e i criteri di organizzazione interna non valgono in se stessi, ma in quanto si coordinano a questi fini.
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Resta infine l’analisi dell’organizzazione partito, dei cui caratteri abbiamo tuttavia già detto a proposito dell’ingranaggio dello Stato operaio. Il partito non parte da una identità di interessi economici così completa come il sindacato, ma in compenso stabilisce l’unità della sua organizzazione su una base tanto più vasta quanto è la classe in confronto alla categoria. Non solo il partito si estende sulla base dell’intera classe proletaria nello spazio, fino a divenire internazionale, ma altresì nel tempo: ossia esso è lo specifico organo la cui coscienza e la cui azione rispecchiano le esigenze del successo nell’intero cammino di emancipazione rivoluzionaria del proletariato.
Queste note considerazioni ci obbligano, nello studiare i problemi di struttura e di organizzazione interna del partito, a tener di vista tutto il processo della formazione e della vita di esso nei complessi compiti a cui risponde. Non possiamo alla fine di questa già lunga trattazione entrare nei dettagli a proposito del meccanismo con cui nel partito dovrebbero avvenire le consultazioni della massa degli aderenti, il reclutamento, la designazione delle cariche in tutta la gerarchia. È indubitato che finora non vi è di meglio da fare che attenersi per lo più al principio maggioritario. Ma, secondo quanto insistentemente mettiamo in vista, non è il caso di elevare a principio questo impiego del meccanismo democratico.
A fianco di un compito di consultazione analogo a quello legislativo degli apparati di Stato, il partito ha un compito esecutivo che corrisponde addirittura nei momenti supremi di lotta a quello di un esercito, che esigerebbe il massimo di disciplina gerarchica.
In via di fatto, nel complicato processo che ci ha portato ad avere dei partiti comunisti, la formazione della gerarchia è un fatto reale e dialettico che ha lontane origini e che risponde a tutto il passato di esperienza, di esercitazione del meccanismo del partito. Non possiamo concepire una designazione di maggioranza del partito come aprioristicamente tanto felice nella scelta quanto quella di un giudice infallibile e soprannaturale che dia i capi alle collettività umane, a cui credano coloro secondo i quali è un dato di fatto la partecipazione ai conclavi dello Spirito Santo. Perfino in un organismo nel quale, come nel partito, la composizione della massa è il risultato d’una selezione, attraverso la spontanea adesione volontaria, e il controllo del reclutamento, il pronunziato della maggioranza non è per sé stesso il migliore, e solo per effetto di coincidenze nel lavoro concorde e ben avviato esso viene a contribuire al migliore rendimento della gerarchia operante, esecutiva del partito.
Che esso debba essere sostituito da un altro meccanismo, e quale sia questo, qui non proponiamo ancora né indaghiamo in dettaglio: certo che una simile organizzazione che sempre più si liberi dai convenzionalismi del principio di democrazia è ammissibile, e non deve essere respinta con ingiustificate fobie, quando si potesse dimostrare che altri coefficienti di decisione, di scelta, di risoluzione dei problemi si presentano più consoni alle reali esigenze dello sviluppo del partito e della sua attività, nel quadro della storia che si svolge.
Il criterio democratico è finora per noi un accidente materiale per la costruzione della nostra organizzazione interna e la formulazione degli statuti di partito: esso non è l’indispensabile piattaforma. Ecco perché noi non eleveremmo a principio la nota formula organizzativa del “centralismo democratico”. La democrazia non può essere per noi un principio; il centralismo lo è indubbiamente, poiché i caratteri essenziali dell’organizzazione del partito devono essere l’unità di struttura e di movimento. Per segnare la continuità nello spazio della struttura di partito è sufficiente il termine centralismo, e per introdurre il concetto essenziale di continuità nel tempo, ossia nello scopo a cui si tende e nella direzione in cui si precede verso successivi ostacoli da superare, collegando anzi questi due essenziali concetti di unità, noi proporremmo di dire che il partito comunista fonda la sua organizzazione sul “centralismo organico”. Così, conservando quel tanto dell’accidentale meccanismo democratico che ci potrà servire, elimineremo l’uso di un termine caro ai peggiori demagoghi e impastato di ironia per tutti gli sfruttati, gli oppressi, e gli ingannati, quale quello di “democrazia”, che è consigliabile regalare per esclusivo loro uso ai borghesi e ai campioni del liberalismo variamente paludato talvolta in pose estremiste.