En marge de notre appel : Stalinisme, antistalinisme et paix sociale
Pendant longtemps le faux communisme de Moscou n’a connu que des adversaires obscurs et peu nombreux appartenant à l’aile gauche du mouvement ouvrier. Depuis ces deux dernières années c’est de son sein que surgissent, à grand renfort de publicité, de petits groupes dissidents, scissionnistes avoués ou opposants clandestins, qui découvrent, avez quelque retard, que les partis stalinistes ne répondent plus aux « exigences actuelles » de la lutte ouvrière.
Il n’y a pas de doute que c’est là le commencement de la décomposition organique de l’appareil politique international du Kremlin, et par le fait qu’il tend à désarticuler le principal allié de la bourgeoisie capitaliste on ne peut nier qu’un tel phénomène doive préluder à de nouvelles et plus favorables conditions d’activité politique prolétarienne. Mais dans l’immédiat sa portée est toute différente car il n’apporte pas la clarté mais la confusion. Ces derniers venus dans le camp de l’antistalinisme, s’ils n’ont ni le mérite ni le courage de ceux qui les ont devancés dans cette voie à l’époque où cela coûtait la vie, n’en reproduisent pas moins, en les démultipliant, les tares et les faiblesses de la plupart de leurs prédécesseurs.
Ces derniers, surtout en France et dans les pays anglo-saxons, ont montré qu’étant isolés dans une situation de complet recul du mouvement ouvrier, ils ne pouvaient suppléer à la solide tradition révolutionnaire prolétarienne qui leur faisait défaut. Ils n’ont jamais eu la force de se débarrasser intégralement d’un opportunisme que le stalinisme avait généralisé dans toutes les files ouvrières mais qui n’était que la répétition d’un opportunisme plus vaste et plus ancien, celui qui plonge ses racines jusqu’aux plus grandes défaites historiques du mouvement ouvrier. De là découlaient, chez ces premiers « oppositionnels » un empirisme extravagant dans la pratique politique et dans les rapports avec les autres partis, mais surtout une grande perplexité dans l’identification du mal qu’ils dénonçaient : la nature sociale de l’État russe, le rôle véritable des partis qui lui sont affiliés.
A cette impuissance dans l’analyse théorique et à cette propension à la manœuvre politique qui étaient caractéristiques des anciens courants de l’antistalinisme ouvrier, et particulièrement du plus important d’entre eux, le trotkysme, les groupes ou militants qui rompent aujourd’hui avec Moscou ajoutent une extrême perversion politique et une prétention bien plus grande. Ils ne se posent pas en gens finalement lassés d’une longue suite de compromissions politiques qu’ils ont acceptées d’enthousiasme ou simplement tolérées mais en véritables promoteurs d’un renouveau idéologique du socialisme. A les entendre ils se seraient enrichis d’une expérience historique qui aurait fait défaut à tous les grands noms du mouvement, ils seraient venus à point pour découvrir des conditions nouvelles et originales.
Si nous mentionnons ces démarches intellectuelles bien plus spectaculaires que profondes c’est parce que, tout en matérialisant les débuts de la prévisible décomposition du stalinisme, elles reflètent un phénomène plus général et plus profond que la désagrégation naissante de l’appareil de la propagande russe : la dégénérescence totale de l’idéologie et de la politique. C’est à ce titre qu’elles nous intéressent, parce qu’elles prolongent jusque dans les rangs des travailleurs cette décomposition idéologique générale dont l’influence sur la classe ouvrière ne disparaîtra qu’après de longues et douloureuses expériences. Elles constituent de véritables obstacles sur l’ingrate voie de la réhabilitation du programme historique du prolétariat.
Ce danger des séquelles de la décomposition du mouvement staliniste nous l’avions déjà pressenti; il est nettement évoqué dans un texte qui date de quelques années et que nous reproduisons dans les pages qui suivent sous le titre d’« Appel pour la réorganisation internationale du mouvement révolutionnaire marxiste ». A l’époque de sa rédaction les « innovateurs » étaient encore peu nombreux dans les rangs du « communisme oppositionnel ». Aujourd’hui, où il est prévisible qu’ils vont proliférer, on pourra juger à sa lecture qu’il n’en est que plus actuel et nécessaire. Contre tous ceux qui sont en mal « d’originalité » il n’a pas d’autre prétention que de ne rien apporter d’original au marxisme le plus orthodoxe, rien qui n’ait déjà été dit et répété par nos maîtres et aînés du mouvement prolétarien. Le jour est encore éloigné où il deviendra évident que les hésitations et faux dilemmes qui paraissent aujourd’hui justifier la recherche de solutions « nouvelles » n’étaient que le produit du reflux de la révolution socialiste et du désarroi idéologique qu’il a engendré. Mais plus nombreux auront été les yeux qui se seront dessillés avant cette reprise, plus celle-ci sera vaste et radicale car elle est tout autant inéluctable que l’actuelle déconfiture de ceux qui en furent les renégats.
Le marxisme, devrons-nous répéter sans nous lasser, a donné une fois pour toutes la formule du bouleversement révolutionnaire de la société. Chaque grande phase de convulsion sociale, et particulièrement chaque phase de contre-révolution, n’a fait que préciser et confirmer cette formule. S’inspirant de cette constatation fondamentale, notre « Appel » s’est attaché à faire le point des conséquences de la contre-révolution stalinienne et il suffira d’un peu d’objectivité pour se convaincre que plusieurs des principaux points de ce texte ont déjà subi victorieusement l’épreuve des faits, notamment ceux qui ont trait à l’involution russe vers les formes ouvertement affirmées d’une structure capitaliste. Pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas là d’une vérification fortuite mais bien d’une nouvelle confirmation s’ajoutant à celles qui l’ont précédée et qui, en s’intégrant dans la continuité historique du mouvement, donnent à la théorie de Marx son caractère scientifique, il n’est pas inutile de grouper les principales questions traitées autour d’une notion centrale et essentielle pour la compréhension de la doctrine et du programme du prolétariat.
Le fait le plus frappant de la période actuelle, la constatation qui s’impose même au premier venu, c’est que le monde moderne est saturé de violence. Il est secoué par des contrastes et des chocs qui s’inscrivent continuellement en faux contre la vision idyllique qui sert de justification à toutes les théories bourgeoises et d’argument à toute sa structure politique et juridique. La seule ressource des défenseurs du système établi réside dans leur plus ou moins grande possibilité de dénaturer le sens de cette violence et, à chacune de ses inévitables explosions, de réclamer de l’humanité de nouveaux délais pour la réalisation de leur chimérique idéal d’harmonie sociale.
En face de cette manœuvre comment se définit un parti révolutionnaire ? En ce qu’il sait identifier toute cette violence, la dénoncer comme contre-révolutionnaire et appuyer la seule violence qui puisse les supprimer toutes avant de se supprimer elle-même, celle du prolétariat.
Si ce critère appliqué à la social-démocratie en révèle définitivement le caractère conservateur, en quoi réside la difficulté de cataloguer de même le stalinisme comme force de soutien. du système mondial bourgeois ? En ce qu’il se présente comme organisation anti-conformiste, qu’il se place dans le camp de la subversion sociale, allant jusqu’à appuyer l’action anti-constitutionnelle dans certains pays alors qu’il démontre par ailleurs collaborer à la gestion de l’État capitaliste et faire du socialisme le but d’une compétition pacifique entre les classes et entre les États.
Le rôle néfaste du stalinisme dans la classe ouvrière étant dûment constaté et consigné, quelle est sa tare essentielle, celle sur laquelle doivent porter le plus durement nos griefs et se fonder l’enseignement politique de cette période historique ? Faut-il lui reprocher d’avoir fait preuve d’éclectisme politique ou d’avoir abusé de l’autorité qui lui concédait la disposition du pouvoir d’État ? A-t-il pêché par abus de la violence ou par défaitisme devant les grandes forces internationales du capital ?
Ainsi groupées ces questions, que notre « Appel » traite méthodiquement et sous forme de thèses, peuvent constituer l’ossature d’un examen succinct de ce texte, propre à en faciliter l’étude et à résumer sa conclusion générale : ce n’est pas l’arbitraire policier, le sadisme contre-révolutionnaire et les méthodes ignobles du stalinisme qui ont fait des partis de Moscou les instruments de la conservation capitaliste contre la menace de révolution mondiale, c’est le pacifisme social qu’ils ont implanté dans toutes les assises du mouvement ouvrier. Et celui-ci sortira de cette défaite, non pas en pillant son programme dans l’éthique, la morale et l’éclectisme idéologique de l’arsenal bourgeois mais en revenant à ses positions fondamentales sur la nécessité de la violence et de la dictature pour extirper le capitalisme.
En 1950, année de la rédaction de notre « Appel », le monde entier vivait encore sous l’influence des terreurs de la « guerre froide ». La détente internationale n’avait pas encore triomphé. Dédaigneux (pour quelques années encore) des avances russes en faveur de la « coexistence pacifique », l’Occident poursuivait sa violente campagne de dénigration de la « dictature soviétique » sans avoir besoin pour cela de renouveler les prétextes idéologiques qui avaient fait leur preuve lors de la guerre contre l’Allemagne et qui conservaient, appliqués à la rivalité nouvelle entre les Américains et les Russes, toute leur efficacité suggestive.
Fallait-il s’étonner que le prolétariat, impuissant et divise, accepte sans étonnement ni indignation que les ex-alliés de la veille se rejettent l’un sur l’autre les griefs qu’ils avaient précédemment dirigés de concert sur le régime hitlérien ? Que la Russie, saluée quelques années plus tôt comme le rempart de la civilisation contre la « barbarie nazie », soit dénoncée désormais comme le danger № 1 de la démocratie et que le Kremlin déploie toute sa fureur contre « l’impérialisme yankee » pour les intérêts duquel, sur tous les champs de bataille du monde, il avait immolé des millions de prolétaires ? Certainement pas si on tenait compte de l’état d’extrême faiblesse sociale des masses ouvrières dont l’énergie, réveillée par les années de misère qui avaient succédé à la paix, avait été perdue dans des luttes sans issue et trahies d’avance. On ne se redresse pas si rapidement de vingt années d’abandons et de reculs.
D’ailleurs les mêmes forces politiques continuaient à diriger les organisations ouvrières et ne savaient, devant la menace – apparente ou réelle – de la guerre, qu’opposer une plate sollicitation de la paix, loyale et respectueuse de l’ordre établi, que proposer une utopique plate-forme de réconciliation éternelle des blocs d’États.
Il n’est pas douteux que la propagande pacifiste des partis stalinistes, qui tenaient la place la plus importante dans la « protestation contre la guerre », répondait avant tout aux exigences de la stratégie russe. Mais outre que ce serait une grosse erreur de n’envisager que cet aspect de la propagande pacifiste et négliger la portée objective, l’influence idéologique sur les masses de cette stratégie, ce serait ignorer aussi que tout défaitisme de classe a toujours des causes plus profondes que la volonté et la décision des chefs opportunistes. L’erreur des « oppositionnels » de cette époque fut effectivement de croire que la revendication de la paix n’était pas suffisante uniquement parce qu’elle était dictée par les instruments de Moscou et qu’il suffirait de lui superposer quelque phraséologie classiste pour la rendre positive voire pour en faire un tremplin d’agitation sociale.
En réalité, spéculer sur l’horreur que manifestent les masses ouvrières pour la guerre n’aboutit jamais à leur insuffler l’énergie de la révolte sociale mais au contraire n’a pour effet que de leur transfuser la panique qui s’empare des éléments de la petite bourgeoisie lorsque explosent les contradictions du mode de production auquel elles sont ligotées. Sur ce point comme sur tous ceux qui touchent aux réactions des foules c’est la présence ou l’absence d’un fort parti politique du prolétariat qui détermine le sens, révolutionnaire ou panicard, des menaces de destruction qui pèsent sur la société moderne.
Par quelque moyen que ce soit on ne peut suppléer à l’inexistence de l’organisation prolétarienne, ni par la propagande, ni par l’agitation, mais encore moins en faisant chorus. avec les démagogues et les opportunistes qui crient « Halte à la guerre » alors qu’ils en développent les conditions objectives et subjectives. Tout autre est la tâche qui s’impose aux militants révolutionnaires. Quand tout le mouvement international s’est écroulé et décomposé c’est à l’arme de la critique de refaire ses preuves pour frayer la voie à la critique des armes. La gangrène opportuniste a substitué au programme révolutionnaire une plate copie du progressisme bourgeois. La « théorie » des actuels partis « ouvriers » n’est qu’une accommodation ignoble de l’idéologie démocratique à une politique de reculade et de démission dans la lutte intérieure et internationale. Dans leurs ripostes aux attaques de la propagande occidentale, Moscou et ses partis n’ont su que développer les mêmes platitudes de leurs concurrents d’outre-atlantique et, de même qu’ils prétendaient, au nom du socialisme, rivaliser avec la production mercantile capitaliste des grands producteurs de l’ouest, ils veulent se proclamer plus démocrates, plus tolérants, plus éclectiques que les bourgeois de vieille date. Ainsi ils enfoncent plus profondément encore ces mensonges de la civilisation capitaliste que, depuis des décades, bourgeois et serviteurs reconnus du capitalisme s’efforcent d’imprimer d’une encre indélébile dans les cerveaux des prolétaires. C’est donc là qu’il faut porter le fer rouge de la critique marxiste au lieu d’essayer de contourner les fortes positions que ce bourrage de crâne a déjà conquises chez les ouvriers, ou pire encore, de vouloir les orienter dans « un sens de classe ».
Les deux grandes trahisons historiques de la cause prolétarienne se signalent par un essentiel trait commun : l’apologie d’une forme de gouvernement de la société bourgeoise contre d’autres formes politiques de la même société, l’appui à des États capitalistes contre d’autres États capitalistes, le rejet de tous les pays du camp militaire opposé dans les ténèbres du passé et de la réaction. La première guerre mondiale fut lancée comme croisade contre le militarisme germanique, instrument de la conservation sociale monarchique. La seconde, conduite sous la bannière de l’antifascisme, fut également présentée comme une guerre juste, progressive en face d’un retour offensif du moyen âge, en face d’États définis comme réactionnaires par rapport aux démocraties bourgeoises. Tandis que les renégats justifiaient cette position par un reniement total de l’analyse conduite par Marx, lequel, depuis 1871 en Europe occidentale, déclarait la bourgeoisie ennemie № 1 du prolétariat et les guerres nationales vidées de tout contenu progressif, une infâme spéculation se développait, mettant à profit l’évidence du caractère toujours plus brutal et impitoyable des guerres modernes pour en imputer l’exclusive responsabilité aux dirigeants des pays opposés. La prétendue « défense d’une forme historique et sociale progressive » que les opportunistes invoquaient à l’appui de leur honteuse politique d’union sacrée, dégénérait rapidement en une formule grandiloquente et hypocrite de lutte pour le « salut de l’humanité » pour la défense de la civilisation contre la barbarie : hier contre la barbarie teutonne, puis contre la barbarie nazie, aujourd’hui contre la barbarie russe. … demain peut-être contre la barbarie asiatique. La paix et la guerre, la civilisation et la barbarie, le progrès humain et le socialisme : sur ce vaste canevas, une effroyable dénaturation des termes s’accomplissait et se fondait en un homogène bourrage de crâne chauvin et belliciste. Liberté, démocratie, patrie et socialisme sont devenus, après le triomphe incontesté du réformisme et de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier, des mots interchangeables auxquels il faudra redonner leur véritable signification sociale sous peine de réduire tous les efforts de redressement de la lutte prolétarienne à une vaine et trompeuse spéculation.
La barbarie est une forme d’organisation sociale – bien supérieure à la civilisation des sociétés de classe, du point de vue de la valeur morale et de l’honnêteté des rapports sociaux – mais non une aberration de la politique des États modernes, une systématisation monstrueuse de la brutalité et de la violence des sociétés industrielles et encore moins – comme dans l’acception de certain groupe « d’avant-garde » – une forme d’avenir du monde capitaliste. La démocratie, structure historique progressive par rapport au féodalisme et moteur politique et social de libération des forces productives dans les pays arriérés, est toujours et partout un système d’institutions qui masque et favorise la spoliation de la force de travail. La patrie, fronton idéologique de la bourgeoisie, révolutionnaire pour autant qu’elle s’inscrit dans des luttes et des guerres qui ont pour objectif de liquider la servitude de la glèbe, le droit personnel et l’étanchéité des îlots productifs dans les formes pré-capitalistes, devient une suggestion trompeuse et conservatrice dès lors qu’historiquement la guerre des classes ne se déroule plus sur les frontières des États mais sur la frontière sociale entre prolétaires et détenteurs des moyens de production. Autour de ces définitions, fondamentales dans la théorie marxiste, se sont déroulés tous les combats de l’aile radicale et marxiste orthodoxe contre la déviation du révisionnisme réformiste, lequel a fini par se fondre dans les arguments classiques de l’apologie et de la justification d’une éternité du système bourgeois.
Mais il faut aussi rappeler ce que vaut la paix du monde moderne, c’est-à-dire la paix capitaliste. Ceci fut aussi l’objet de l’œuvre rénovatrice du marxisme révolutionnaire menée par Lénine dans le premier quart du siècle. Pour trouver un mouvement en faveur de la paix qui ait un caractère véritable de classe il faut remonter jusqu’à la veille de la guerre de 1914 où syndicalistes et socialistes menacèrent la bourgeoisie de la grève générale si elle prenait la responsabilité de déclencher le conflit armé entre les États capitalistes. C’était une position de classe parce que position révolutionnaire. Depuis cette tentative valable – mais impuissante – d’épargner au prolétariat et à la population les misères et désastres du premier grand carnage mondial, la revendication de la « Paix » ne fut jamais qu’une triste farce politique, incapable d’opposer le moindre obstacle au déchaînement de la folie meurtrière, mais toujours efficace pour cimenter chaque prolétariat à sa propre bourgeoisie. D’ailleurs pendant que quelques centaines de milliers de naïfs se rassemblent sous le signe de la colombe pacificatrice, sans se douter qu’en se berçant ainsi de leurs illusions, ils ne font pas varier d’une fraction infinitésimale la route jalonnée de morts et de destruction sur laquelle s’avance inexorablement la civilisation capitaliste, il y a toujours, dans quelque coin du globe, des lieux qu’ensanglante la guerre; sans parler des pays ou la paix civique n’est autre chose que la guerre des classes déchaînée au seul profit des classes dominantes tant l’exploitation économique y est liée a la violence physique sur les travailleurs.
Les falsifications de doctrine qui ont permis cette infection idéologique de la classe ouvrière – sous la forme de la soporifique aspiration à la paix universelle aussi bien que dans la belliqueuse et farouche défense du « sol de la patrie » – ne sont autres que celles qui ont toujours servi de toile de fond à la trahison opportuniste. Mais à dater de l’époque où elles se sont inscrites dans l’énorme imposture qui définit comme prolétarien et socialiste le régime des Staline et des Khrouchtchev elles ont atteint un degré extraordinaire de persuasion politique ce qui explique que les générations successives de critiques du mouvement dégénéré de Moscou n’aient jamais réussi à trancher correctement la délicate et complexe question de la nature sociale de la Russie staliniste et de ses acolytes occidentaux.
A mesure que les événements surgissent qui contraignent les chefs du Kremlin à dévoiler leur véritable jeu politique, la vérité tend à percer sur le caractère contre-révolutionnaire du pouvoir qui siège à Moscou et sur l’intense exploitation économique que masquent les insipides litanies productivistes d’agents appointés. Cependant le sentiment de désapprobation qui s’est manifesté jusqu’au sein des partis stalinistes occidentaux à la suite d’événements comme la répression sanglante de Budapest n’en laisse pas moins intacte la notion de « communiste » appliquée à la Russie et aux organisations sous son obédience. De telles réactions n’engendrent donc que des désirs de réforme à l’adresse du système staliniste et de sa politique (et ce d’autant plus que les expériences du titisme et du gromulkisme apparaissent comme des preuves de la possibilité d’un « socialisme » moins « brutal » moins « autoritaire » que celui de Moscou). Elles ne suscitent donc pas la condamnation de la monstrueuse formule du « socialisme national ». Bien plus, sur le plan idéologique elles rapprochent davantage encore la confusion d’idées qui dominent l’ensemble du mouvement ouvrier des postulats fondamentaux de son adversaire : la liberté et la démocratie.
Ce phénomène démontre combien nous avions raison, au moment de la publication de notre « Appel », d’insister sur le danger que représentent les critiques démocratiques à l’adresse du système russe. Le principal résultat des coups de théâtre politiques qui ont suivi la mort de Staline n’a été, en somme, que de rassurer les préjugés petits-bourgeois des « progressistes » occidentaux, La superstition sur le caractère socialiste de la Russie et des pays qui s’inspirent de son exemple politique sort accrue et non dissipée de l’ahurissante suite des révélations et de réhabilitations qui ont émaillé le dernier congrès du P.C. Russe. En s’en rendant compte on comprendra que notre méthode – qui consistait à rejeter tout critère directement ou non inspiré par les préjugés bourgeois de justice et de liberté – était la bonne puisqu’elle nous a permis de définir des caractères économiques et politiques qui survivent à la disparition des phénomènes qui monopolisaient l’attention au moment où le monde occidental était subjugué par la puissance policière du système russe et terrorisé par la férocité de son chef aujourd’hui vilipendé. Pour comprendre l’importance et la portée de notre texte, passé inaperçu à cette époque comme il peut encore l’être aujourd’hui, il faut tenir compte de ce que la position que nous avons prise à l’égard de la nature de la Russie et de son régime politique fut formulée avant que l’évolution interne de la politique soviétique et les modifications apportées à l’organisation de son économie ne viennent apporter une preuve évidente du caractère capitaliste que nous lui dénoncions. De plus il faut surtout tenir compte que c’est en fonction de critères politiques bien définis que nous avons effectué cette identification économique et sociale et maintenu une condamnation politique qui remonte aux premiers actes de la déviation opportuniste de l’Internationale de Moscou. Sur cette base théorique et expérimentale solide nous nous sommes refusés à devenir, comme ce fut le cas de la plupart des oppositionnels, les victimes des apparences de la politique et notamment de cette spéculation staliniste à la lutte sociale qui lui fit quelquefois diriger de véritables actes antigouvernementaux et aller, dans la Tchécoslovaquie de 1948, jusqu’au coup d’État. Nous avons résolument refusé le dilemme dans lequel tombaient tous les anti-stalinistes : comment un parti qui trahit et abandonne outrageusement la lutte prolétarienne peut-il quand même jouer un rôle subversif ? Les choses n’étaient pas en effet toujours aussi claires qu’à Berlin ou à Budapest où l’armée russe mitraillait les ouvriers. Nombreux étaient les militants d’avant-garde qui demeuraient perplexes devant cette question, lorsqu’ils n’abondaient pas dans cette explication simpliste : le stalinisme, ni prolétarien ni bourgeois mais au service d’une nouvelle classe.
Si sur ce point la moindre incertitude avait été fondée, ce n’est pas simplement notre acquis politique, ni même la grande ligne léniniste qui aurait été faux mais le marxisme tout entier. Nous avons soutenu qu’il s’avère que l’économie russe n’est pas socialiste mais capitaliste, comme nous le savions depuis longtemps, elle doit reproduire les phénomènes essentiels de superstructure qui se sont toujours historiquement vérifiés dans ce système de production. Les plus impudents des innovateurs nés de l’antistalinisme, ceux que nous pourrions appeler les « théoriciens de la facilité », ont parlé, pour la Russie actuelle, d’un capitalisme « nouveau », invulnérable aux crises classiques grâce à la planification supérieure de son économie et à la culture « marxiste » de sa bureaucratie. Ils y voyaient l’assise économique et sociale d’une classe originale, tout à la fois capable de combattre la bourgeoisie et de brimer le prolétariat. Ils ont fait en somme du stalinisme un phénomène monstrueux irréductible aux données du matérialisme historique, une absurdité et un paradoxe puisqu’il réussissait à la fois à révolutionner la société et à opprimer la principale de ses formes productives.
Nous y avons opposé la formule classique de toute révolution sociale, produit de la révolte des forces productives contre la superstructure politique de la société. A l’échelle internationale où la révolution sociale déterminante est celle du prolétariat contre la bourgeoisie capitaliste, le stalinisme est essentiellement une force contre-révolutionnaire. Mais dans les immenses secteurs géographiques où le capitalisme n’est pas pleinement développé et où la constitution d’États nationaux est sa condition primordiale, le romantisme politique attardé de l’école de Moscou peut très bien jouer le rôle de pourvoyeur de cadres politiques et militaires et d’inspirateur d’un « digest » de faux socialisme désormais imité même par les partis autonomes des bourgeoisies locales. Il n’y s’agit en effet que de révolutions nationales-démocratiques – donc capitalistes – pour lesquelles la même idéologie qui a permis au pouvoir soviétique de poursuivre l’extirpation des rapports pré-capitalistes en Russie et d’y masquer au prolétariat que ce n’était là que le premier objectif de la double-révolution de Lénine et non l’instauration d’une économie socialiste, demeure valable et efficace.
Il n’y a pas de contradiction à ce que les liquidateurs de la perspective de la révolution prolétarienne deviennent les artisans de certaines des révolutions capitalistes des pays arriérés. Mais les stalinistes d’Orient et d’Extrême-Orient poursuivent une politique qui n’a rien de commun avec celle que Lénine préconisait : non seulement ils ne font rien pour combattre l’idéologie nationale et démocratique (comme Marx le préconisait dans tous les pays et époques où le prolétariat doit appuyer de telles révolutions) mais encore ils en dissimulent le véritable caractère sous une phraséologie pseudo-socialiste. Non seulement ils ne préparent pas le prolétariat de ces pays à se retourner ultérieurement contre leur propre bourgeoisie mais ils en préviennent toute possibilité en fusionnant les organisations ouvrières avec celles des classes appelées à prendre le pouvoir. Enfin, à l’instar de ces classes qui, dans la plupart des cas ont composé avec l’impérialisme, ils ne sont entrés en lutte ouverte contre lui que contraints et forcés : dans ces pays c’est la situation objective qui fut révolutionnaire avant les forces politiques qui ont pris en mains la direction des mouvements de révolte. D’ailleurs – et c’est là ce qui détermine inexorablement le véritable caractère politique et social du stalinisme – l’attitude de ses partis dans les métropoles est fondée sur une stratégie de complète paix sociale et par suite la grande condition de la radicalisation internationale des mouvements des peuples des pays arriérés fait entièrement défaut : en deçà comme au-delà des mers les stalinistes sont d’exclusifs serviteurs du système bourgeois.
Considéré sous l’angle de sa dépravation idéologique, et non pas sous celui de l’influence qu’il peut exercer et qui demeure dérisoire, l’antistalinisme est pire que le stalinisme.
Ce dernier, durant de longues années a laissé croire à ses partisans qu’il n’hésiterait pas a recourir à la lutte armée contre les pouvoirs capitalistes d’occident. Ce n’était là qu’une fanfaronnade, nécessaire pour sauvegarder le contrôle du parti sur l’aile la plus combative de la classe ouvrière, importante à cette époque. Par la suite, les revirements de la politique de Moscou, et notamment les fameuses déclarations de Khrouchtchev sur les « voies nationales » du socialisme, ont montré que le Kremlin avait ouvertement et définitivement renoncé à cette propagande.
Mais les antistalinistes, c’est par principe eux, qu’ils refusent la violence subversive et la dictature du prolétariat. Leur grand argument ils le puisent dans l’exemple de la férocité de la contre-révolution stalinienne, de même qu’ils condamnent le principe du centralisme dans le parti en invoquant le système quasi-policier des organisations moscovites et qu’ils rejettent toute rigueur doctrinale pour se garder du « dogmatisme » qu’ils attribuent – à tort – à Staline.
Mais toutes ces positions ont en réalité une autre cause : elles sont dictées par la faillite de leur conviction révolutionnaire, Ils craignent l’insurrection armée des masses, ils redoutent qu’elles servent autre chose que le socialisme si on ne les tempère pas d’un peu de démocratisme. Ils ne sont plus capables de distinguer entre la violence révolutionnaire et la violence conservatrice. Il n’y a plus pour eux que la violence tout court même s’ils n’ont pas conscience de ce fait et se le dissimulent sous des considérations pseudo-généreuses au sujet de la « volonté de la base », de la « démocratie interne », du « droit à la libre discussion », etc,.. ces arguments qui n’ont d’autre objet que d’empêcher l’organisation de classe et le pouvoir de classe d’être les instruments homogènes, incisifs et impitoyables, indispensables à une véritable transformation révolutionnaire de la société.
Longtemps après qu’elle ait triomphé, la contre-révolution qui a fait des Staline et consorts des chefs d’État continue son œuvre désormais souterraine de désarmement du prolétariat. Plus néfaste encore qu’à l’époque où elle massacrait ses militants, elle reproduit chez ceux qui n’ont pas la force de rompre intégralement avec toute une phase de dégénérescence politique la même aberration que continue à propager son appareil officiel de propagande : la conception du socialisme comme produit du pacifisme social. Dans leurs bouches et plus encore dans celles de leurs « dissidents » l’horreur que suscite sa violence sert à bannir jusqu’à l’idée de la violence dans l’avant-garde de la classe révolutionnaire. Elle en égare les militants dans les méandres des demi-mesures, de l’éclectisme et des compromis. Elle les incite, en dernier ressort, à reprendre à leur compte l’hypocrite condamnation que formule à l’adresse des brutalités du jeune capitalisme russe le vieux capitalisme d’occident, et par là à participer involontairement à l’entretien de ce faux dualisme de systèmes politiques qui, en réalité sont de même nature sociale parce que fondés sur d’identiques rapports de production.
Le prolétariat devra renvoyer dos à dos ces faux adversaires qu’il s’expose à voir unis chaque fois qu’il s’élancera sur sa voie propre et dont il ne viendra à bout que s’il sait retrouver ses armes théoriques et politiques, son parti et son programme. Le texte qui suit est une proposition dans ce sens, un Appel sans doute à tous les révolutionnaires sincères mais aussi une exclusive, l’exclusive sur tout ce qui pourrait reconduire dans la future organisation prolétarienne les erreurs et trahisons du passé.
C’est une illusion insensée que de croire que les capitalistes se soumettraient de bon gré au verdict socialiste d’un parlement ou d’une assemblée nationale, qu’ils renonceraient tranquillement à la propriété, aux bénéfices, à leur privilège d’exploitation. Toutes les classes dirigeantes ont lutté, jusqu’à présent, avec la dernière énergie pour leurs privilèges. Les patriciens romains, de même que les barons féodaux du moyen-age; les chevaliers anglais, de même que les marchands d’esclaves américains; les boyards valaques, de même que les fabricants de soie de Lyon : tous ont versé des torrents de sang, enjambé les cadavres, semé les meurtres et les incendies, provoqué les guerres civiles et les trahisons d’État pour défendre leurs privilèges et leur pouvoir.
La classe capitaliste impérialiste, en sa qualité de dernier rejeton de la classe des exploiteurs, dépasse tous ses prédécesseurs en brutalité, en cynisme et en bassesse. Elle défendra son Saint des Saints, ses bénéfices et ses privilèges d’exploitation du bec et des ongles, par toutes les méthodes de froide cruauté dont elle a fait preuve dans toute l’histoire de sa politique coloniale et de la dernière guerre mondiale. Elle mettra en branle ciel et enfer contre le prolétariat. Elle mobilisera les campagnes contre les villes, elle excitera les couches retardées des ouvriers contre l’avant-garde socialiste, elle organisera des massacres avec l’aide des officiers, elle cherchera à paralyser toutes les mesures socialistes par mille moyens de résistance passive, elle soulèvera contre la révolution une vingtaine de vendées, elle invoquera pour son salut l’invasion étrangère, le fer exterminateur de Clémenceau, de Lloyd-George et de Wilson. Elle préférera transformer le pays en montagnes de ruines fumantes plutôt que de renoncer de bon gré à l’esclavage salarié.
Rosa Luxembourg (« Que veut l’Union de Spartakus ? »)
Appeal for the Movement’s International Reorganisation
1993 INTRODUCTION
The following text, written in 1949 with a view to being published in French, is still as relevant today as it was then. On the one hand this is because the evolution of the capitalist world, Russia included, has more than confirmed our expectations, and on the other, because the reactions of many groups of vanguard workers against stalinism have never ceased to be hybrid and confused; a reaction which has taken the form of democratism, or even of the negation both of the role played by violence in the class struggle, and of the revolutionary party as fundamental and indispensable organ of the proletarian dictatorship. Thus it became a serious and urgent task for the Marxist Left to draw a demarcation line between itself and the myriad array of other political groups and currents which grew on the rotten soil constituted by democratic or parademocratic criticisms of the Soviet regime.
The democratic critics of the Russian regime would in fact find their most avid supporters amongst the big bourgeoisie of the capitalist West, with the latter, hoping to open up the vast Russian market, quite happy to urge them on and encourage them in their criticism of “Russian totalitarianism”. Eventually, as the doors to that shrine of American Capital, the Hamburger bar, swished open in Moscow to a fanfare of International publicity, the crusaders of democracy would see their dream of an elected Parliament realised. But it would not be long before the staggering hypocracy of the bourgeoisie would be revealed once again, and a chorus of Western “world leaders” would support President Yeltsin as he dissolved Parliament, banned several papers and drowned the opposition of the parliamentary democrats in blood. It is an episode which serves as renewed testimony to the fact that the capitalist regime alternates the totalitarian AND democratic means of Government to defend its class rule.
THE ALARMING CRISIS IN THE PROLETARIAN MOVEMENT
The organization of the working classes of all countries of the world is, as a result of a series of splits and the spread of defeatism, almost totally dominated by two forces.
On the one hand there is the traditional form of democratic socialism. Based on peaceful relationships between classes, these organizations support a programme of social and political collaboration with the bourgeoisie, and plan to defend the workers’ interests by legal means within the framework of the bourgeois constitution. They suggest that private enterprise will gradually change to socialism, and on principle reject the use of violence and the dictatorship of the proletariat.
On the other hand there are those parties which defend the government in power in the USSR. These herald the USSR as a Workers State with a policy modelled on revolutionary communism as defined by Marx and Lenin, and consistent with the great victory of the October Revolution. This second force in the proletarian movement claims, in theory, not to reject the tactics of insurrection, dictatorship and terrorism. At the same time however, it says that it is expedient to use in capitalist countries the same tactical methods as the property-owning and non-proletarian classes, and even their propaganda slogans and demands as well. For instance, there is the call for national welfare, for the safety of the fatherland, and the slogan of peaceful coexistence between classes with opposed interests within the framework of parliamentary democracy.
The application of such a politics, identical to social-democracy, is dependent on the satisfaction of certain conditions. There would have to be peace between the government of the Soviet union and the bourgeois governments. The workers of the world would have to admit that by safeguarding the Russian power, as the premise and the promise of world socialism, they were guaranteeing themselves against future capitalist exploitation. And both the workers and the capitalists would have to acknowledge that for an unlimited period of time the Soviet Union could co-exist with the capitalist powers in a normal and peaceful manner. These conditions, a fools paradise, are summed up by the bourgeois democrats in the hackneyed formula of “non-intervention in the internal affairs of sovereign States” and in the new, even more ridiculous, slogan of “peaceful competition” between socialism and capitalism.
From time to time the rank and file of the working class has rebelled against the obvious contradictions of this historical viewpoint; and though until now these rebellions have been limited and uncertain they will undoubtedly gain strength.
The incessant propaganda is increasingly less successful in hiding these contradictions. It is skilfully aimed at deliberately confusing long-term objectives with immediate ones, the tactical expedients with principled positions, and is selected according to the particular social setting.
The plan of convincing the capitalist countries that they can very well let the Soviet regime survive, without making a military attack or engineering a social upheaval, can only mean convincing them that it is not a working class State and therefore no longer anti-capitalist. Such a policy emphasises the true state of affairs.
Convincing the workers in the bourgeois countries that they need not organise their forces for an insurrection and the overthrow of their national economic, administrative and political systems, may well help to recruit members from the social strata who normally support the social democrats, but it has no effect however on the more advanced workers. To them is offered the perspective of a generalised war between States leading to the conquest of class power by the proletariat, a role which Marx and Lenin entrusted to the civil war. When a war of this type has broken out, and irrespective of which side started it, the stalinists promise the groups of advanced workers the chance to try out illegal and defeatist actions within their own countries. In support of this vain promise they say that these “partisans” will be able to rely not only on their own forces but also on the parallel action of a perfected modern military machine.
The other section of their followers, which certainly make up the vast majority, are made up of workers having no revolutionary consciousness; artisans, small land-owners, shop-keepers and middle-class manufacturers, white collar workers and civil servants, intellectuals and professional politicians. To this section the stalinists are continually making proposals which go so far as offering a permanent united front, not only with the propertied classes but also with the bourgeois parties, which they themselves classify as reactionary and right-wing. They also promise them a future of peace, both internal and world-wide; of democratic tolerance towards any political party, organization, or creed; of economic progress without conflict or expropriation of the wealthy; of equal welfare for all social strata. It is now increasingly difficult for them to justify, in the eyes of the masses, even the existence in the Soviet Union and her satellites of a harsh totalitarian police state, controlled by stalinists through a rigid one-party system.
This degeneration of the proletarian movement has gone further than that of the revisionist and chauvinistic opportunism of the Second International and it will last longer. The beginnings of this modern opportunism we can fix, at the latest, in 1928; the opportunism of the Second International reached the culminating point of its cycle in the years 1912-1922, though its origins went back much further than 1912, and its consequences went well beyond 1922.
FIRST SYMPTOMS OF REACTION TO STALINISM
Recently there have been signs of impatience with stalinist opportunism. Both individual militants and groups have appeared on the political scenes of different countries advocating the return to the doctrine of Marx and Lenin and the theses of the 3rd International at its first four Congresses. These latter denounced the stalinists for their complete betrayal of the original policy.
However most of these splits cannot be regarded as a useful regrouping on a genuine class basis even of a small vanguard of the proletariat. Many of these groups, as a result of their lack of theoretical work and because of their class origin, show in the very nature of their criticism of stalinist activity, both past and present, that they are more or less directly influenced by political schemes which originate from the imperialist centres of the West and by the hysterical and hypocritical propaganda of liberalism and humanitarianism.
But whether or not such policies are the result of the machinations of secret agents, the real damage they cause is that they divert unwary militants.
However, historically speaking, fundamental responsability for allowing either means of counter-revolutionary defeatism to succeed rests entirely with the stalinist opportunists. It is they who have given their stamp of approval to an abundance of bourgeois ideologies and theories, who have frantically worked to prevent the working class movements from being autonomous, independent, and ready to defend themselves, despite the fact these attributes were so often stressed by Marx and Lenin.
This confused and unfavourable course of the proletarian struggle coincides with the irresistable growth of highly concentrated industrialization, which is taking place as much in the old industrial centres as by the extension of industry to the entire world. It therefore aids the offensive waged by the United States against the masses of the world. The United States is the greatest pillar of imperialism and, as with all large concentrations of metropolitan capital, forces of production and power, it tends to forceably exploit and oppress the world masses by breaking down all social and territorial obstacles. The stalinists have shifted the struggle from international objectives and have confined themselves to the defence of precise national objectives delimited by the political and military aims of the Russian centre. As a result they will be less and less able to lead either the international or the national struggle, and will become more and more linked in with western imperialism, as was openly shown by the war alliance.
The Marxist position has always been that the foremost class enemies are the great powers of the super-industrialised and super-colonial countries, which can only be overthrown by proletarian revolution. In accordance with the Marxist viewpoint, the communists of the Italian Left today address an appeal to the revolutionary workers’ groups of all countries. They invite them to retrace a long and difficult route and to regroup themselves on an international and strictly class basis, denouncing and rejecting any group which is influenced even partly or indirectly by the policies and philistine conformism emanating from the state controlled forces throughout the world.
The reorganization of an international vanguard can only take place if there is absolute homogeneity of views and orientations; the International Communist Party proposes to comrades of all countries the following basic principles and postulates.
1. Reaffirmation of the Weapons of the Proletarian Revolution: Violence‑Dictatorship‑Terror
For revolutionary left-wing marxists, knowing that acts of repression, cruelty or violence towards individuals or groups have taken place, even if these acts were authorised or controllable, is not in itself a decisive element in the condemnation of stalinism or of any other regime. Manifestations of repression, even the most severe repression, form an inseperable part of all societies based on class divisions. From its very inception Marxism has rejected the so-called “values” of a civilization based on class struggle, just as it rejects those rules of “fair play” by which opposing classes are supposed to regulate robbery and murder to their mutual satisfaction. No extortion or offense suffered by “human beings”, no “genocide”, whether illegal or legal, can be fought by ascribing them to particular individuals or to those who gave them their orders but only by struggling for the revolutionary destruction of all class divisions. In the present phase of capitalism, which is characterised by mounting atrocities, cruelty and super-militarism, only the most idiotic of revolutionary movements would circumscribe its methods of action within the limits of formal kindness.
2. Complete Rupture with the Tradition of War Alliances, Partisan Fronts and National Liberations
Stalinism was first irrevocably condemned precisely because it abandoned these fundamental principles of communism by hurling proletarians into a fratricidal war which divided them into two imperialist camps, thus strongly reinforcing the shameful propaganda issued by the camp to which it had become allied. This camp, no better than the other, would mask its imperialist greed, which was exposed decades ago by marxist-leninist criticism, by alleging that its respect for “civilised” methods of war distinguished it from its adversary. It pretended that even if it was obliged to bomb, “nuke”, invade, and finally, after anxious soul-searching, resort to hangings, it was not in order to defend its own interests, but in order to remove the threat to the “moral values” of civilization and human liberty.
Leninism had been the riposte when in 1914 this same disgraceful swindle saw the traitors of the Second International proclaim the patriotic alliance against the imaginary ogre of teutonic or tsarist “barbarism”,
Exactly the same swindle would be the basis for the western imperialists entering the war against the new nazi or fascist barbarism, and the same betrayal was contained in the alliance concluded between the state of Russia and the imperialist states – with the nazis themselves to begin with – and in the alliance forged between the workers’ parties and bourgeois parties with a view to winning the war.
These lies and betrayals are a matter of historical record, especially now when we find the Russians accusing the Americans of being aggressors or fascists, and the latter accusing the Russians of the same thing, whilst admitting that had they been able to use the atomic bomb (not ready in 1941) to massacre Europe, they would have done so, rather than using the armies composed of Russian workers mobilised for the same task.
It is true Marxism has always investigated, and continues to investigate, what lies behind the perennial conflicts between bourgeois States, groups and fractions, and from this investigation has drawn its deductions and historical foresight. But to oppose a civilised wing of capitalism to a barbaric wing of the same system is a negation of Marxism. Indeed from a determinist point of view it may well be that the proletariat gains more from a victory of the attacking party which uses the harshest methods of combat than otherwise.
For human comunities to pass beyond barbarism, the development of productive techniques was indispensable; but man has had to pay for this passage by subjecting himself to the countless infamies of class civilization, and to the suffering arising from the exploitation of slavery, serfdom and industrialization.
It is therefore a fundamental condition for the rebuilding of the international revolutionary movement that the traditions of chauvinistic politics shown in the support of the 1914-18 and 1939-45 war alliances, popular fronts, guerilla resistances and national liberations be equally condemned.
3. Historical Denial of Defencism, Pacifism and Federalism between States
The guiding line of the marxist position when facing the prospect of a further war can be found in Lenin’s writings. According to him wars of the great powers since the time of the Paris Commune have been imperialist wars. This is because 1871 marked the end of the historical period in which there were wars and insurrections setting out the national boundaries of capitalist countries. Therefore when war occurs, any class alliance, any suspension of class opposition and pressure with war aims in mind constititutes a betrayal of the proletarian cause. For Lenin, also, the revolt of the coloured masses in the colonies against the imperialists and the nationalist movements in under-developed countries in this modern phase of capitalism have a revolutionary significance only if the class struggle of the industrialised sectors is neither halted, nor loosens its connection with the international objectives of the proletarian organization. Whatever may be the foreign policy of a state, the real internal enemy of the working class of each country is its government.
In this conception – considerably reinforced by the experiences of World War 11, which confirmed the explicit forecasts made in the theses and resolutions of the Third International up to the time of Lenin’s death – the period of imperialist wars will only draw to a close with the downfall of capitalism.
The revolutionary party of the proletariat must therefore deny any possibility of a peaceful settlement of the imperialist conflicts. It must energetically combat any proposals that hold out the illusion that a federation, league or association of States might be able to prevent conflicts by repressing “those who started them” with an international armed force.
Marx and Lenin, although aware of the rich complexity of the historical relationship between wars and revolutions, nevertheless condemned as an idealist and bourgeois deception the fallacious distinction between “aggression” and “defence” in wars between States. Similarly the revolutionary proletariat should know that all the suprastatal international institutions are only designed as a repressive force in order to conserve capitalism, and their armed forces are but a class police and a counter-revolutionary guard.
Real international communism is therefore characterised by a total rejection of any ambiguous propaganda based on the defence of pacifism and the stupid formula of condemning and punishing “the aggressor”.
4. Condemnation of Shared Social Programmes and Political Fronts with non-Working Classes
It is a tradition amongst the left-wing opposition of many groups, dating back to the first tactical errors of the Third International, to reject as incorrect the methods of agitation, rather badly defined as “bolshevik”.
Especially after the complete and irrevocable elimination of all feudal institutions, working towards the final armed confrontation between the proletariat and the ruling class for the formation of a workers’ State and a worldwide Red dictatorship – one involving political terror and expropriation of all privileged classes – cannot be achieved if, at certain times and in certain places, we omit to mention these aims, which are precisely the programme of communism and of communism alone.
It is an illusion to think that one can conquer the masses more quickly by putting orders for popular agitation in the place of class positions. Equally it is a vain illusion to confidently suppose that the leaders of such a manoevre are not themselves taken in by it; although this is often proclaimed, at best it is nonsense.
Every time that the main content (always said to be transitory) of a political manoevre has been a united front with opportunist parties, or there has been a demand for democracy, peace, or non-class popularism, or worse still, national and patriotic solidarity, it has never been a matter of suddenly hoisting up the scenery – after having weakened the enemy front with this crafty camouflage – to reveal an army of soldiers of the Revolution ready at the crucial moment to open fire on the temporary allies of yesterday.
Quite the opposite has occurred. The masses, along with militants and leaders, have been rendered incapable of class action, and their organizations and rank and file, progressively disarmed and domesticated by such ideological and functional preparation, have ended up as the instruments, and preferred tools of the ruling bourgeoisie.
These historical conclusions are no longer founded on doctrinal criticism alone, they derive from the terrible historical experience, so dearly paid for, of thirty years of bankrupt efforts.
Therefore a revolutionary party will never again attempt to gain mass support with demands specific to the non-proletarian and socially hybrid classes and likely to be made by them.
This particular basic criteria does not apply to the intermediate and specific demands which arise from the concrete antagonism of interests between wage-earners and employers in the economic sphere. It is, however, in opposition to classless or interclass demands, especially political ones whether they be made by one nation or internationally. This criteria, flowing from a criticism of the proletarian political united front, of the slogan workers government, and of popular and democratic fronts, establishes a boundary between the movement supported by us, and the one calling itself the Fourth International of the trotskists. Our movement is seperated in the same way from all those kindred versions which under a different title revive that slogan of revisionist degeneration “the object is nothing, the movement is everything”, and which accordingly end up cherishing superficial agitations lacking in all content.
5. Proclamation of the Capitalist Character of the Russian Social Structure
The way in which the economy, legislation and administration of the Soviet Union has developed over the last thirty years gives historical proof that the workers’ revolution can be submerged not only in a bloody civil war as was the case in Paris in 1871 but also by progressive degeneration. This is equally illustrated by the ruthless repression, and extermination of the revolutionary bolshevik nucleus, which paid dearly for having allowed the party to be transformed from an iron vanguard into a top-heavy, amorphous mass, incapable of exercising control over its own legislature or executive. The monetary and mercantile character of the greater part of the Russian economy, which is in no way contradicted by the presence of State control of vital services and industries found also in several big capitalist countries, presents us not with a workers state menaced by degeneration, or in the process of degenerating, but by a State which has already degenerated and in which the proletariat no longer holds power anymore.
Power has passed into the hands of a hybrid and shapeless coalition of internal interests of the lower and upper middle classes, semi-independent businessmen, and the international capitalist classes. Such a combination is contradicted only in appearance by the existence of a police controlled and commercial iron curtain.
CONCLUSION:
Repudiation of any Support for Russian Imperial Militarism, open Defeatism towards America’s
As a consequence, a war which appears outwardly to arrest co-operation between the privileged stratas of various countries in administering the World (as all wars do) will not be a revolutionary war in the Leninist sense, that is: a war for the protection and diffusion of proletarian power throughout the World. Such an historical eventuality, which is not today on the agenda, would never involve making justifications for any country’s political and military complex; above all because revolutionary states, if any, could find no allies in the capitalist camp (as was clearly the case at the end of World War 1). Taking our hypothetical eventuality, a strong international communist party would time the attacks of its sections against the bourgeois powers so as to halt military “punitive” expeditions against the revolutionary countries, and would get the workers who had been armed and mobilised for such aims to turn their arms against those who armed them.
There is all the more reason for any revolutionary movement to constantly maintain a comprehensively anti-capitalist and anti-state orientation in all cases where the offensive is less developed, and the struggle of lesser potential. Communists know that there is only one way to stop capitalists indulging in punitive expeditions against the proletariat: they must eliminate the capitalist class, and this cannot be done unless the vanguard of the working class is everywhere kept on a war footing.
Even a temporary disarming of class consciousness, be it ideological, organizational or material, is therefore a betrayal whereever and whenever it occurs. The Centre of the communist movement must never succumb to it, even if it is a firmly established discipline that the Centre is responsible for choosing the timing, and forms, that party action takes. Any party or group which accepts being disarmed in such a way, especially if they refer to themselves as workers, communists or socialists, is the first enemy to fight and subdue. For it is precisely their existence, and the function they perform, that is holding back the overthrow of the capitalist system, an overthrow foreseen by Marx and Engels and awaited with conviction by all revolutionary marxists.
The completely opposite strategy which was applied during the last war by the residue of the Communist international, and which led to its shameful self-liquidation, was undertaken so that “the western governments should not be hindered in their war efforts”, but it merely had the effect of strengthening the western imperialist power. Too late did the Russian Government and military circles admit that the latter were more of a threat to their objectives than Germany, objectives by then overtly national.
Nevertheless, the new recourse to hurling accusations of barbarism and fascism is no less false and sinister (charges returned with equal effrontery by the “free world”) and revolutionary workers of the vanguard must aim to draw their forces together for a combat in which they can expect neither help nor ammunition from the opposing military forces of today. They must work in the hope, and certainty, that the crisis and downfall of capitalism, expected in vain for 150 years, will strike at the heart of the highly industrialised States: the hitherto unvanquished black guard of the World.
Á propos de Marcel Cachin
Sans qu’il soit possible, dans le cadre de cet article, d’exposer l’histoire du mouvement ouvrier français des origines à nos jours, l’exemple d’un Cachin, dirigeant du « Parti Communiste Français », permet de bien mesurer l’échec subi par les ouvriers révolutionnaires français dans leur lutte pour se donner une arme de combat solide, un Parti profondément enraciné dans les masses prolétariennes et disposant d’un arsenal théorique apte à les guider vers leurs buts de classe révolutionnaire.
En France, au début de ce siècle, deux partis sont l’expression, au sein de la classe ouvrière, l’un du courant révolutionnaire, l’autre du courant réformiste. M. Cachin à cette époque, et jusqu’en 1905, milite au Parti Socialiste Français dont le programme réformiste vient (en 1899) d’appuyer la participation d’un de ses leaders, Millerand, à un gouvernement radical formé pour « sauver la démocratie française ». C’est l’époque de l’affaire Dreyfus, des grands scandales que la bourgeoisie française accumule dans sa course aux énormes profits (Panama, etc..), en même temps qu’elle réprime militairement les tentatives des masses pour défendre leur droit à la vie. La petite-bourgeoisie et la paysannerie moyenne, hésitantes, sans programme ni doctrine, bien que durement touchées par les aventures où s’engage la grande bourgeoisie, balancent entre un radicalisme anticlérical et une complicité favorable aux entreprises anti-ouvrières.
Suivant les décisions du Congrès d’Amsterdam de la IIe Internationale, l’unification des deux courants s’effectue au Globe (à Paris) en 1905 sur une base classiste : plus de participation aux gouvernements bourgeois ; lutte anticolonialiste, réaffirmation des objectifs de conquête du pouvoir par les ouvriers, dénonciation de la guerre impérialiste et appui décidé au mouvement de défense des ouvriers par une liaison organique avec les organisations syndicales. Pourtant, pendant les neuf ans qui suivent ce congrès, les succès électoraux du nouveau parti l’incitent à attacher une importante grandissante à la vie parlementaire, et les illusoires succès remportés sur ce terrain contribuent à accélérer un glissement prononcé vers le réformisme.
La puissance, en France, du syndicalisme révolutionnaire dont la théorie s’inspire de Sorel et de son école et où le proudhonisme l’emporte sur le marxisme, l’expose aux coups directs de la répression bien davantage que le parti socialiste qui voit ses dirigeants littéralement happés par la bourgeoisie. Cette dernière en effet s’attache à ce procédé de désintégration et de pourrissement de la hiérarchie social-démocrate jusqu’en 1914, date qui marquera l’apogée de cette politique.
Tout comme en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, la bourgeoisie, peu soucieuse de se voir un jour acculée à la lutte sur ceux fronts, charge la direction du parti social-démocrate de s’occuper de la couverture idéologique du conflit « pour la démocratie », comme aussi de vaincre les hésitations des pays encore neutres en agissant dans le sens interventionniste auprès des partis frères de l’Internationale.
Député va-t-en guerre et plumitif ultra-chauvin, Cachin, après avoir participé à une réunion à Londres placée sous le signe du « socialisme marque interalliée » dont le but avoué est d’aider les dirigeants ouvriers anglais à arracher à une classe ouvrière réticente son accord pour la guerre impérialiste, reçoit mission d’acheter, avec les fonds du quai d’Orsay, l’intervention de l’Italie aux côtés des puissances « démocratiques » anti-allemandes. Pour y parvenir – et la tâche n’est pas aisée car un courant marxiste révolutionnaire, devenu dominant dans le Parti Socialiste italien au Congrès de Reggio Emilia en 1912, a éloigné l’aile droite réformiste des Rissolati et consorts et agit avec ténacité contre l’opportunisme de guerre – Cachin convaincra Mussolini, un des chefs des « intransigeants ». Par une campagne pour une neutralité « active et opérante », puis par des appels hystériques à la guerre, le journal fondé à cette occasion (« Il popolo d’Italia ») entraîne finalement l’adhésion de la bourgeoisie italienne, qui se vend au plus offrant des grands impérialistes.
Immédiatement condamnée par la direction du Parti parce que « contraire à la défense nationale », la réunion de Zimmerwald proposée par les partis socialistes italien et suisse, est suivie avec inquiétude par les dirigeants socialistes, Cachin en tête, qui cherchent alors à en étouffer le retentissement dans la classe ouvrière française. Les mois passent et, devant l’intérêt grandissant que cette réunion soulève dans le parti en raison des espoirs qu’on y met pour hâter la fin de la guerre, Cachin fonde, en 1915, un hebdomadaire jusqu’au-boutiste : cette feuille ira jusqu’à publier une justification d’inspiration policière de l’expulsion de Léon Trotski hors de France.
L’influence social-chauvine est si forte qu’il faut attendre le déclenchement de la Révolution russe de Février pour que la minorité du parti parvienne à écarter et le mot d’ordre réclamant une conduite plus vigoureuse de la guerre et la participation socialiste au pouvoir, puis, successivement, alors que des grèves éclatent dans des arsenaux et que des désertions se produisent dans l’armée et la marine, lance le mot d’ordre de la recherche des responsabilités dans la guerre, et enfin demande le refus pur et simple des crédits de guerre (début 1918). Durant la période du pouvoir de Kerenski en Russie, celui-ci reçoit la visite de M. Cachin, envoyé du gouvernement français, l’adjurant de ne pas conclure de paix séparée avec l’Allemagne et de continuer la lutte aux côtés des alliés.
Dès 1919, malgré une sérieuse agitation sociale (en 1920 échec de la crève générale des cheminots), s’ouvre pourtant en France une phase de réaction ; le Bloc National à la tête du pays est comme l’avant garde d’une nouvelle Sainte-Alliance tournée, non plus contre le libéralisme, mais contre le communisme. Aucune tentative décidée de rompre avec la trahison du prolétariat et la politique chauvine menée durant la guerre n’est même esquissée. En 1919, alors que les partis socialistes italien et suisse ont déjà résolu de se retirer de la IIe Internationale, le Congrès socialiste français maintient « pour le moment » l’adhésion du parti à cette organisation, tout en affirmant sa volonté d’entretenir des « relations fraternelles » avec la nouvelle Internationale fondée à Moscou.
Le mouvement syndical, tombé aussi bas que le parti durant la guerre se distingue en 1919 lors d’une réunion à Berne, par la prise de position de certains de ses représentants contre la prise du pouvoir en Russie par les bolcheviks et condamnant la dictature prolétarienne.
La rupture avec la IIe Internationale au Congrès de Tours (1920) ne fait que faire suite à un « voyage d’enquête » de Cachin en U.R.S.S. où il espère « négocier » l’entrée du parti français dans la IIIe Internationale. Des trois motions présentées à Tours (décembre 1920) deux d’entre elles furent en désaccord avec les 21 conditions d’admission dans la nouvelle Internationale, qu’il s’agisse du nom du parti, des conditions d’exclusion, des rapports avec les syndicats ou de la pratique du parlementarisme. Au manifeste adressé par Zinoviev au Congrès pour aider à se délimiter une tendance communiste authentique, répondit une manœuvre des soi-disant « gauches », déposant une motion aux termes de laquelle le texte d’adhésion à Moscou ne statuerait que pour l’avenir et comporterait admission ou maintien dans le parti de tous ceux qui s’inclineraient « démocratiquement » devant les décisions prises ! La droite et le centre exigèrent alors la conservation de l’unité du parti et le désaveu du manifeste de Zinoviev ; cette ultime tentative de compromis bancal échoua de justesse.
Dans cette ambiance sordide, comment s’étonner que Cachin, nommé au Comité Directeur, soit choisi comme directeur du journal et Frossard comme Secrétaire général, lui qui, en 1930, devait avouer qu’il avait tant de fois recherché l’occasion de se dégager du parti !
Le Parti Communiste français se trouva donc formé d’une très grande fraction de l’ancien parti social-démocrate, les « dissidents » ayant gardé surtout avec eux la majorité des parlementaires et une partie des cadres, tandis que la base, formée d’éléments nouveaux, des jeunes, des anciens combattants, des syndicalistes et un faible contingent d’anarchistes allaient au communisme avec enthousiasme. Très vite, cependant, les militants s’usèrent à prendre parti dans des querelles, des manœuvres souterraines des dirigeants, tandis que de nombreux rappels de l’exécutif de l’Internationale se plaignent des survivances du pacifisme et du réformisme parlementaire.
En fait, outre l’hypocrisie de nombre de ses dirigeants qui admettaient en parole des directives qu’ils s’efforçaient de saboter dans les faits, l’effet énorme qu’imposait les tâches politiques (campagne contre l’occupation de la Ruhr en 1923, contre la guerre du Rif en 1925), le désarroi et la confusion sur la tactique du front unique, décidée par le IIIe Congrès de l’I.C. mais mal digérée par un parti hétérogène et trop neuf dans la lutte, les luttes intestines enfin, feront rapidement du Parti français – compte tenu du renversement du rapport de forces mondial entre bourgeoisie et prolétariat – l’un des instruments les plus dociles de la contre-révolution stalinienne. Nous n’en voudrons pour preuve que son développement, qui coïncide avec l’adoption des tactiques du front populaire, de l’antifascisme et de la résistance nationale anti-allemande : n’était-ce pas le symbole du triomphe définitif des Cachin sur les forces saines du prolétariat, que cette réédition, vingt-cinq ans plus tard, de l’ignoble « Union Sacrée » des années 1914–18 ? La suite est bien connue : le P.C.F. au lendemain de la guerre, sera le farouche défenseur de la reconstruction de l’économie capitaliste française, pour jouer ensuite le rôle de l’Opposition de Sa Majesté – opposition qui est elle-même à éclipses : vote des crédits de guerre pour l’Indochine, des pouvoirs spéciaux pour l’Algérie. Durant toute cette dernière période, Marcel Cachin demeurera une figure centrale du Parti ; mais il restera, pour le prolétariat révolutionnaire, comme le vivant exemple du traître, catalyseur d’une évolution historique sans issue, mais typique de l’impuissance à laquelle l’opportunisme, le marchandage des principes et le respect des « valeurs démocratiques » condamnent le Parti.
Elementi dell’ economia marxista Pt.3
Capitale costante e capitale variabile
Come abbiamo veduto, il denaro anticipato dal capitalista per acquistare i mezzi di produzione (materie prime e strumenti di lavoro: la materie prime sono di doppia specie: alcune ricompaiono nel prodotto, altre spariscono all’atto dell’impiego, come i combustibili, e si dicono ausiliarie; gli strumenti di lavoro, come macchine, impianti, edifizi, sono da considerare per la frazione di logorio che risulta dal loro valore totale e dalla loro durata) ricompare integralmente nel prezzo del prodotto. È perciò che a tale parte del capitale il nome di capitale costante.
Il denaro anticipato invece per salario degli operai, ossia per l’acquisto della forza-lavoro, ricompare nella vendita dei prodotti aumentato del plusvalore e lo chiameremo capitale variabile.
Avevamo riassunto il bilancio dell’operazione capitalistica nelle due formule:
spese: M + S + F (materie prime + logorio strumenti + salari)
entrate: M + S + F + Plusvalore = P (valore dei prodotti)
Avremo: M + S = capitale costante, che indichiamo con c, e v = capitale variabile.
Chiamando K il capitale totale anticipato, p il plusvalore, K’ il capitale ricavato alla fine, avremo:
K = c + v
K’ = c + v + p = K + p
Saggio del plusvalore
Più che conoscere caso per caso la quantità assoluta del plusvalore realizzato dal capitalista, interessa conoscere il rapporto in cui il plusvalore sta col capitale che lo ha prodotto.
È importantissimo rilevare che il capitale che effettivamente è suscettibile di produrre plusvalore è quello anticipato per la forza lavoro, ossia il capitale variabile v. Quanto al capitale costante c esso ricompare integralmente nel prodotto e di per sé stesso non dà luogo a nessun incremento.
È per ciò che volendo definire una quantità la cui misura ci dia l’idea della intensità di produzione di plusvalore, Marx assume come saggio del plusvalore non il rapporto di questo a tutto il capitale, ma il rapporto al solo capitale variabile.
Dunque, indicato con s il saggio del plusvalore,
s = P/v
Nell’esempio quantitativo da noi dato V era F ossia 6 x 3 = 18 Lire. Il plusvalore era 10 x 3 – 6 x 3 = 12 Lire. Il saggio del plusvalore è s = 12:18 = 66%.
Passando ora ad esaminare il tempo di lavoro, e riferendoci per fissare le idee ad una sola giornata di un solo operaio e al numero di ore di cui si compone, che chiameremo t (nell’esempio 10 ore) si definisce una nuova quantità: il lavoro necessario ed il relativo tempo di lavoro necessario. Si intende per tale il tempo o numero d’ore che l’operaio dovrebbe lavorare per trasmettere al prodotto un valore esattamente uguale a quello che gli è stato pagato per la sua forza lavoro. Nel nostro caso l’operaio è stato pagato in ragione di £. 18 ossia 6 ore di lavoro. Se egli lavorasse 6 ore riprodurrebbe esattamente il valore a lui pagato come salario ossia quello equivalente alle sue sussistenze: in tal caso scomparirebbe il plusvalore e con esso la ragione di essere dell’impresa capitalistica.
Ma l’operaio lavora 10 ore in luogo di 6, e noi distinguiamo le 10 ore in 6 di lavoro necessario e 4 che chiameremo di pluslavoro, chiamando questo tempo anche tempo di sopralavoro.
Ripetiamo: tempo di lavoro necessario è quello che basterebbe a riprodurre il valore del salario; tempo di sopralavoro o pluslavoro quello in più che l’operaio lavora e che produce la differenza di valore o plusvalore a beneficio del capitalista.
Se i valori sono proporzionali ai tempi di lavoro in cui vengono prodotti, identificandosi per una giornata il salario al capitale variabile si ha:
tempo di sopra lavoro / tempo di lavoro necessario = plusvalore / capitale variabile o salario
Questi due rapporti si riducono a quello già noto come saggio del plusvalore, da cui il teorema: il pluslavoro diviso per il lavoro necessario dà il saggio del plusvalore.
Nel nostro esempio la proporzione scritta sarà:
4 : 6 = 12 : 18 = saggio del plusvalore 66%.
Legge generale del plusvalore
Tuttavia sarà bene mostrare la cosa in modo più generale. Riepiloghiamo le notazioni; ricordando che ci riferiamo ad un solo operaio e ad una sola giornata di lavoro:
V = capitale variabile o salario giornaliero
P = plusvalore
s = saggio del plusvalore, ossia P diviso V
t = numero delle ore di lavoro
n = ore di lavoro necessarie
e = ore di pluslavoro.
L’operaio trasmette al prodotto il valore totale (fatta astrazione del capitale costante) V + P, lavorando t ore. Adunque in un’ora l’operaio produce il valore:
(V+P)/t = Produzione di valore oraria
Ora vogliamo calcolare il tempo di lavoro necessario n in cui l’operaio produce il valore V. Per definizione in n ore l’operaio produce il valore V: V = n x Produzione di valore oraria. Quindi, sapendo la produzione di valore oraria, basta una divisione:
n = t V / (V+P)
Abbiamo così trovato n. Semplicissimo è il calcolo di e (pluslavoro):
e = t – n = t – t V/(V+P) = (t V +t P – t V)/(V+P) = t P /(V+P)
Il problema era trovare il rapporto tre e (pluslavoro) ed n (lavoro necessario); dividendo l’una per l’altra le rispettive formule, si ha:
e/n = t P /(V+P) ÷ t V /(V+P) = P ÷V = s
resta quindi dimostrata la proporzione fondamentale che qui ripetiamo per chiarezza: il pluslavoro sta al lavoro necessario come il plusvalore sta al capitale salario; questo rapporto comune è il saggio del plusvalore.
Dimostrazione della legge fondamentale
Per dimostrare che il riferire il plusvalore al solo salario e non a tutto il capitale non è una convinzione arbitraria, facciamo l’esempio di una impresa nella quale venga a cambiare la proporzionale del capitale costante col capitale variabile, rimanendo inalterato il valore di scambio o prezzo dei prodotti, quello delle materie prime e strumenti di lavoro, singolarmente, nonché il salario e la giornata di lavoro. Se il prezzo del lavoro finito deve restare lo stesso, rappresentando esso un tempo di lavoro, non dobbiamo immaginare un mutamento nei procedimenti tecnici di produzione: ma noi possiamo scegliere un esempio (probante del resto anche per chi non parte dalla nostra teoria del valore) in cui la impresa venga ad incorporare anche uno stadio precedente della lavorazione, producendo direttamente quanto prima acquistava sul mercato.
Così un’acciaieria che prima acquistava la ghisa per convertirla in acciaio, prenda a lavorate direttamente il minerale di ferro, da cui proviene la ghisa.
È chiaro che il capitalista spenderà meno in materie prime, costando il minerale assai meno della ghisa, e, sebbene ci sia un relativo aumento degli strumenti di lavoro, diminuirà la quota di capitale costante rispetto al totale.
Anche volgarmente si riconosce che il capitalista realizzerà un profitto maggiore, in quanto cumulerà il profitto di due aziende preesistenti. E realizzerà un profitto maggiore anche a parità di capitale totale anticipato poiché, sebbene per ogni chilo di acciaio egli avrà anche l’onere del nuovo impianto producente ghisa, tale onere egli lo pagava anche prima nel prezzo di mercato della ghisa, anzi aumentato del profitto del produttore di ghisa.
In altri termini il capitale anticipato per una operazione lavorativa è sempre compreso nel prezzo di vendita del relativo stock di prodotto, quindi a parità di potenzialità finanziaria il capitalista potrà produrre lo stesso numero se non più di Kg. di acciaio. Ma su tale cifra il suo guadagno è aumentato; e ciò perché il capitale investito per ottenere il Kg. di acciaio contiene ora meno spese per materie prime e più spesa per acquisto di forza lavoro. Dunque è la quantità di capitale salario che, a parità di trattamento dei lavoratori, a parità di condizioni del mercato, varia proporzionalmente al guadagno del capitalista. Se deve quindi riferire il plusvalore alla massa del solo capitale salario e non a quella di tutto il capitale.
E ciò è valido anche socialmente parlando, poiché sulle varie quote di capitale costante vertono altre quote di plusvalore delle lavorazioni precedenti, ammesso che si siano effettuate col meccanismo capitalistico. Il capitale ghisa era, per la parte non rappresentata da minerale di ferro e logorio impianti del venditore di ghisa, già affetto da plusvalore incassato da costui; il capitale minerale di ferro per il capitalista della miniera era affetto da plusvalore tratto dal pluslavoro dei minatori; e analogamente può dirsi per gli impianti meccanici dell’industria dell’acciaio, della ghisa, nella miniera, riuscendo finalmente soddisfacente – al di fuori delle piacevolezze sui pescatori di perle e simili – la nostra spiegazione che, sia qualitativamente che quantitativamente, scopre in ogni valore di scambio un tempo di lavoro, e in ogni profitto un pluslavoro.
Marx avverte di non cadere nel grossolano errore di confondere il saggio del plusvalore col saggio del profitto. L’economia volgare intende per saggio del profitto il rapporto tra i guadagno netto del capitalista (differenza tra le entrate e le spese di un certo periodo, per es., un anno, a condizione che resti inalterato il valore (patrimoniale) di tutti gli impianti e compensata ogni passività) e il valore totale del capitale investito negli impianti aumentato della somma di denaro che deve essere tenuto disponibile per far fronte agli acquisti di materie prime, al pagamento dei salari, ecc.
L’economia volgare distingue anche nel profitto un interesse puramente commerciale da pagare per i capitali investiti, e la ulteriore differenza o profitto vero e proprio dell’imprenditore.
Non è ora il caso di spingere più innanzi il confronto fra tale computo e le calcolazioni da noi seguite. Basti considerare che la considerazione del tempo è assorbita dall’aver noi tenuto presente un intero ciclo lavorativo, ad es.: quello per cui si perviene al Kg. di acciaio. Più aumenta l’intensità nel tempo e l’estensione di tale atto produttivo, più aumenta il guadagno dell’imprenditore e in generale anche il saggio del profitto.
Il saggio del plusvalore dipende invece dal grado di sfruttamento della forza lavoro ed è sempre molto più alto; i facili esempi di Marx mostrano che a saggi di profitto, ad es. del 10-15%, può corrispondere un saggio del plusvalore anche del 100%.
Tuttavia come esercizio di applicazione di quanto precede si potrebbe istituire il calcolo sul profitto in una azienda che si trasformasse nella maniera indicata nell’esempio dell’acciaieria, supponendo cifre concrete per i prezzi e quantità di minerali, ghisa, acciaio, per i salari, le ore di lavoro, le giornate annue di lavoro ecc. (Vedi appendice).
Ripartizione del valore del prodotto in parti proporzionali delle quantità di prodotto o della giornata di lavoro
Abbiamo dato inizialmente l’esempio del prodotto di valore F il quale si componeva del valore di materie prime e strumenti logorati (M + A = C, capitale costante) e del valore generato nella giornata di 10 ore di lavoro. Facevamo corrispondere il valore di scambio di £. 3 ad ogni ora di lavoro; supponiamo ora che il valore C sia di £. 60. Avremmo allora:
F = C + 10 x 3 = 60 + 30 = 90 Lire
Inoltre, delle 30 Lire di valore aggiunte dall’operaio, 18 = 6 x 3 rappresentavano il salario o il capitale variabile, 12 = 4 x 3 rappresentavano il plusvalore.
Supponiamo ora che il prodotto del prezzo di £. 90 pesi Kg. 1.800.
Come abbiamo: 90 = 60 + 18 + 12 Lire possiamo porre: 1.800 = 1.200 + 360 + 240 Kg.
Allora avremmo rappresentato in parti proporzionali del prodotto gli elementi che ne costituiscono il valore.
Kg. 1.200 = £. 60 rappresentano il capitale costante, Kg. 360 = £. 18 rappresentano il capitale salario (o capitale variabile), Kg. 240 = £. 12 rappresentano il plusvalore. Sommando queste ultime due parti, Kg. 600 = Lire 30 = 10 ore di lavoro rappresenterebbero il valore totale prodotto dal lavoro (tanto del lavoro necessario quanto del pluslavoro).
Questa suddivisione è legittima, ma affatto convenzionale, essa non interpreta il processo produttivo in quanto, se è vero che le £. 60 preesistono all’applicazione del lavoro in quanto erano materia prima e macchina, in quanto parte del prodotto, né una Lira, né un grammo se ne può avere senza lavoro.
Abbiamo qui una pura esercitazione convenzionale; bisogna convincersi che di natura ben diversa è la nostra conclusione sulla ripartizione delle Lire 30 di valore in salario e plusvalore; ripartizione data da una legge che si attaglia esattamente ai caratteri tecnici, economici, storici e sociali del fenomeno studiato.
Con esercitazione analoga divideremo non più i chilogrammi 1.800 ma le 10 ore impiegate a produrli in parti proporzionali agli elementi del valore. Come infatti sussiste, a parità d’altre condizioni, la proporzionalità tra quantità di prodotti e loro valori, sussiste quella tra valore del prodotto (quantità) e tempo di lavorazione. In un’ora uscirebbero dalle mani dell’operaio grammi 180 di peso e Lire 9 di valore ossia il decimo di 1.800 e di 90.
Adunque alla ripartizione: 90 = 60 + 18 + 12 Lire, corrisponde l’altra: 10 = 6,66 + 2 + 1.33 ore e decimali di ora (10 h. = 6 h. 40′ + 2 h. + 1 h. 20′). Adunque 6 h. 40′ rappresenterebbero il capitale costante, 2 h. il capitale variabile e 1 h. 20′ il plusvalore.
Questa rappresentazione può venire interpretata in modo capzioso (vedi in Marx “L’ultima ora di Senior”) dicendo che delle 10 ore l’operaio lavora per il capitalista soltanto 1 h. 20′.
Con tale argomentazione si voleva dimostrare che la giornata di 8 ore avrebbe rovinato il capitalista. Tale argomento sarebbe stato uno di più a favore delle 8 ore, ma l’esperienza ha dimostrato che le 8 ore sono perfettamente compatibili con la produzione del plusvalore.
Quell’argomentazione equivale a supporre che l’operaio produca anche le materie prime e gli strumenti, il cui valore rappresenta invece tempi di lavoro preesistenti.
La ripartizione esatta, giusta la nostra teoria, è la seguente:
90 = 60 + 18 + 12 Lire = valore del prodotto.
30 = 20 + 6 + 4 ore di lavoro = valore espresso in tempi di lavoro.
20 ore sono il lavoro contenuto come valore nel capitale costante acquistato dal capitalista,
6 ore di lavoro necessario (pagato),
4 ore il pluslavoro (non pagato).
La riduzione della giornata ad 8 ore non toglierebbe che 2 delle 4 ore di pluslavoro, ammesso che fenomeni concomitanti (aumenti di produttività del lavoro) non riducano parallelamente il tempo di lavoro assorbito dai mezzi di sussistenza ossia il lavoro necessario.
Appendice – Calcolo dell’azienda di cui al prg. 19
Trattazione generale del caso di una azienda che assorba una lavorazione precedente, a dimostrazione della legittimità del riferimento del plusvalore al solo capitale variabile. Si suppone che un’azienda data, ad es. una acciaieria, assorba un’azienda che le vendeva precedentemente le materie prime di cui essa abbisognava (ad es. una miniera di minerale di ferro), dando così origine ad una terza azienda unificata. Per quanto concerne la rappresentazione simbolica, si conviene di utilizzare gli stessi simboli per designare le categorie proprie a ciscuna delle tre imprese, distinguendole tuttavia a mezzo di un apice per l’azienda assorbita e per due apici per l’azienda unificata.
Elenco dei simboli:
A = quota annua degli ammortamenti degli impianti fissi
H = spese annue accessorie
M = costo delle materie prime in un anno
V = spesa annua salari
C = capitale costante
P = plusvalore
F = entrate annue dell’azienda, fatturato
Le spese annue sono: C = A + H + M + V.
Il profitto risulta: P = F – C = F – (A + H + M + V).
Adesso l’attuale azienda ingloba tutta una azienda per una lavorazione precedente delle sue materie prime. Tale azienda produce in un anno esattamente la quantità M occorrente alla prima azienda.
È chiaro che il valore del suo prodotto F’ è lo stesso di M
Il bilancio di questa azienda isolata sarà:
P’ = F’ – C’ = M – C’ = M – (A’ + H’ + M’ + V’)
Poiché il prodotto dell’azienda unificata è uguale a quello della prima azienda, F” = F, il suo bilancio sarà:
P” = F” – C” = F – (A” + H” + M” + V”) = F – (A + H + V + A’ + H’ + M’ + V’) = F – (A + H + M + V – M + A’ + H’ + M’ + V’) = F – (A + H + M + V) + [M – (A’ + H’ + M’ + V’)] = (F – C) + (F’ – C’) = P + P’
Distinguiamo, nei vari casi, per il capitale totale:
K = C + V = F – P
K’ = C’ + V’ = F’ – P’ = M – P’
K” = C” + V” = F” – P” = F – (P + P’) = (F – P) + P’ = K – P’
e per il capitale costante:
C = A + H + M
C’ = A’ + H’ + M’
C” = A” + H” + M” = A + H + A’ + H’ + M’ = C + C’ – M
Ma poiché M = F’ = C’ + V’ + P’, allora
C” = C + C’ – M = C + C’ – (C’ + V’ + P’) = C – (V’ + P’)
Adunque si è verificato, nel passaggio dalla prima alla azienda unificata:
il capitale costante C è diminuito (di V’ + P’)
il capitale totale C + V è diminuito (di P’)
il capitale variabile V è aumentato (di V’).
L’aumento del guadagno o plusvalore, che è passato da P a P” = P + P’, non può dunque che essere effetto del solo capitale che sia aumentato, ossia del capitale variabile. Quindi giustamente prendiamo come saggio del plusvalore il rapporto di esso al solo capitale variabile che lo ha determinato. Se lo mettessimo in rapporto al capitale costante o al capitale totale avremmo l’assurdo di verificare tra i due termini del rapporto una proporzionalità non diretta ma inversa1.
Avant - propos
“Le Principe Démocratique” a paru pour la première fois dans la revue théorique du Parti Communiste d’Italie, Rassegna Comunista en février 1922, c’est-à-dire trois ans après la fondation de l’Internationale communiste à Moscou. Sous l’impulsion de Lénine, mais avec plus ou moins de vigueur et de rigueur selon les pays, le communisme livrait à l’époque contre le socialisme réformiste et démocratique une bataille qui restera son plus beau titre de gloire, et qui était justifiée par la trahison de ce socialisme face au premier conflit impérialiste, face à la révolution russe et face à la lutte de classe de l’après-guerre.
Dans cette lutte, les marxistes italiens comptèrent dès le début parmi les plus décidés et les plus rigoureux. Dans “Le Principe Démocratique” on trouvera donc les mêmes positions fondamentales que dans les “Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne” présentées en mars 1919 par Lénine au congrès constitutif de la nouvelle Internationale, et dirigées essentiellement contre les idées qui avaient cours dans l’ancienne sur ces points capitaux.
On y trouvera aussi quelque chose de plus, une préoccupation politique qui a été à la fois la principale caractéristique et la contribution la plus précieuse des marxistes italiens au sein du mouvement communiste. Cette préoccupation, une petite phrase du texte suffit à la définir clairement : “APPROFONDIR LE FOSSÉ ENTRE LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE ET LE SOCIALISME”. Ce “fossé” existait dès l’origine, et seules les décennies de politique conciliatrice du réformisme d’avant 1914 avaient pu parvenir à le combler : cela, Lénine et les Bolcheviks l’avaient dit et répété alors que les communistes de Rassegna Comunista étaient encore au berceau. Depuis des décennies, Lénine s’employait de toutes ses forces à “déblayer” ce “fossé” salutaire. Les marxistes italiens, qui se trouvaient entrer dans l’arène au moment même où ses efforts avaient été couronnés par la victoire non pas DÉMOCRATIQUE, mais COMMUNISTE du bolchevisme russe, ne se contentèrent pas du déblaiement déjà effectué dans les premiers Congrès internationaux. Ils réclamèrent que le fossé fût encore APPROFONDI et ceci pour éviter la RÉPÉTITION historique de l’engloutissement du socialisme marxiste par la démocratie, dans lequel se résumait toute la faillite de la IIe Internationale.
Vivant non pas dans la Russie révolutionnaire, mais dans l’Occident réformiste et de vieille rouerie parlementaire, ils étaient mieux placés que les bolcheviks pour sentir que le mouvement communiste n’était pas préservé par avance de mille dangers de dégénérescence et de dissolution. Plus jeunes que les bolcheviks de toute une génération, leurs regards portaient plus loin dans l’avenir d’un communisme qui, en 1922, apparaissait rien moins que définitivement assuré dans le monde. L’histoire se chargea de prouver qu’ils n’avaient eu que trop raison.
Quand “Le Principe Démocratique” (qui répondait, répétons-le à cette préoccupation originale et malheureusement unique dans le mouvement communiste) parut pour la deuxième fois, en décembre 1933, dans une petite publication d’émigrés italiens, Bilan, le fossé entre socialisme (ou plutôt communisme) et démocratie était déjà bien en voie de s’effacer à nouveau. En effet, ce qui caractérisait la situation de 1933, n’était pas tant la dislocation des organisations communistes et l’écrasement du prolétariat dans l’Italie fasciste et dans l’Allemagne hitlérienne que LA DÉCOMPOSITION INTERNE AVANCÉE, DOCTRINALE ET PRATIQUE DU MOUVEMENT COMMUNISTE EN TANT QUE MOUVEMENT DE RÉVOLUTION SOCIALE. Nous ne pouvons nous étendre sur cette thèse capitale dans le cadre étroit de cet avant-propos. Disons seulement que cette décomposition se traduisait par deux faits essentiels : le glissement des partis du terrain du communisme à celui de la défense des libertés constitutionnelles et de la République démocratique contre “l’attaque illégale” du parti totalitaire bourgeois ; le passage de l’Internationale de la lutte pour la révolution mondiale à la défense du pouvoir soviétique en toutes circonstances, y compris la guerre impérialiste. Bref par l’ANTIFASCISME, annoncé dès 1924 en Italie et appelé à d’effrayants développements jusqu’à l’adhésion à la guerre anti-hitlérienne et mussolinienne, mais IMPÉRIALISTE de 1940. Et par le SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS.
C’est par cette double voie que le fossé entre socialisme et démocratie a été une nouvelle fois comblé. De toute façon, la réalité est là : au XXe Congrès du P.C.U.S., il y a deux ans, les ex-communistes reprenaient ouvertement la thèse social-démocrate des “voies parlementaires au socialisme”. Pourtant la chose la plus amère n’est pas encore celle-là. Elle est de voir certaine opposition prétendument marxiste et révolutionnaire invoquer parfois les écrits de Lénine lui-même pour NIER que ce fossé dût être approfondi, EMPÊCHANT ainsi qu’il soit même simplement rétabli. C’est ce fait, plus encore que le fiasco final et prévu des renégats du mouvement communiste officiel, qui nous incite à publier, en 1958, une nouvelle traduction française de cet ancien et jeune écrit.
* * *
Lorsqu’il parut pour la première fois en français en 1933 “Le Principe Démocratique” ne rencontra aucun écho, même dans l’avant-garde. Les conditions politiques générales définies en premier lieu par l’offensive “stalinienne” contre la Gauche vouaient toutes les rééditions d’écrits marxistes de la “bonne époque” à la plus complète obscurité : ce fut le sort des Thèses et résolutions des Quatre Premiers Congrès de l’Internationale elles-mêmes que des opposants tentèrent vainement de jeter à la face des renégats qui les avaient fait disparaître de la circulation. Pour “Le Principe Démocratique” c’est l’originalité même de son dessein (dont nous venons de voir les implications politiques) qui jouait contre lui. Il nous faut en dire quelques mots.
Le but de l’article ne se limite pas à la critique de la “démocratie bourgeoise” déjà réalisée avec vigueur dans les thèses et les écrits de Lénine. Il va plus loin. De fait, l’erreur couramment dénoncée de la démocratie bourgeoise, qui est de considérer la société ou la nation comme un tout homogène, alors que pour nous elle est déchirée par des antagonismes de classe, et donc d’affirmer que l’État représente les intérêts de tous les citoyens, dérive d’une prémisse théorique qu’il faut affronter directement en tant que telle. Cette prémisse est que les atomes constitutifs de cette société ou de cette nation autrement dit la “plus petite réalité sociale”, la réalité sociale irréductible à tout autre élément plus simple, est l’INDIVIDU. C’est cette conception théorique qui est fausse, mais encore fallait-il le démontrer. Pour cela, la critique politique ne suffisait pas. Il fallait faire appel à la méthode matérialiste marxiste, dans son opposition avec l’abstraction métaphysique de la pensée bourgeoise. Que le lecteur ne se choque donc pas de trouver sous le titre du “Principe démocratique” des passages concernant par exemple la société primitive, ou les castes antiques, ou les doctrines spiritualistes du droit divin. Il n’y a là aucun vain étalage d’érudition, mais au contraire des développements indispensables à la démonstration de cette thèse : la plus petite unité sociale, c’est-à-dire le facteur le plus simple, le facteur irréductible, du développement historique n’est jamais en réalité l’individu, mais toujours une collectivité. En d’autres termes, si l’individu peut bien être l’objet d’observation par exemple pour la science médicale, voire pour la psychologie, il ne saurait l’être pour la science historique ou la sociologie scientifique. En ceci, Rassegna Comunista ne faisait aucune découverte nouvelle : elle se servait d’une vieille découverte marxiste dans un but politique qui mérite d’être souligné. En effet en rappelant que c’était le PRINCIPE même de la démocratie qui était entaché d’erreur bourgeoise, elle visait à démontrer qu’il le restait QUEL QUE SOIT L’OBJET AUQUEL IL ÉTAIT APPLIQUÉ, fût-il les collectivités non déchirées par des oppositions de classe (soviets – syndicats – parti).
Bref, son but était de généraliser la critique marxiste de la démocratie pure du cas de la démocratie bourgeoise, que les communistes avaient fouillée à fond, à celui, encore tabou pour beaucoup, de la démocratie prolétarienne. Et ce faisant de traquer dans ses ultimes retranchements l’idéalisme d’origine bourgeoise. Inutile de dire que pareille entreprise était de nature à provoquer réprobation et horreur même dans le camp prolétarien : la réaction banale était en effet de s’imaginer que le marxisme italien voulait rétablir par la bande on ne sait quel principe abstrait, constitutionnel, d’autorité, ou justifier quelque secret mépris philistin des masses. Cela a conduit bien des esprits indigents ou de formation trop sommaire, à nous accuser d’être “des espèces de staliniens”. Ironie incomparable ! Ce que le marxiste lit dans ces pages de 1922, c’est justement comme une mise en garde prophétique contre l’ignoble, l’oppressant spectacle qui devait commencer peu d’années plus tard, et qui n’a pas encore quitté la scène : les meilleurs révolutionnaires, les véritables continuateurs du communisme condamnés à main levée dans les assemblées ouvrières et populaires, le communisme banni à la majorité démocratique par les PROLÉTAIRES eux-mêmes !!! Et là où l’opposant vulgaire ne sait voir, dans le stalinisme de funeste mémoire, qu’une négation sacrilège de la sainte démocratie, ce que le marxiste y voit c’est la plus éclatante confirmation historique du mensonge sans limite du PRINCIPE démocratique JUSQUE DANS SON APPLICATION AUX COLLECTIVITÉS OUVRIÈRES.
Pas plus en 1958 qu’en 1922 nous n’entendons tirer des conclusions CONSTITUTIONNELLES de cette critique et de ces faits. L’article démontre que ce serait retomber d’une autre façon dans l’abstraction idéaliste que l’on cherchait justement à chasser de ces derniers retranchements. Et il admet qu’autant au sein du syndicat ou du parti avant la révolution que dans les organes de la dictature prolétarienne après, on pourra bien continuer à user du mécanisme majoritaire, à défaut d’un autre meilleur. Celui que cette déclaration “soulagerait” prouverait seulement qu’il n’a rien compris, qu’il ne parvient pas à sortir de l’opposition abstraite entre “autorité” et “démocratie”, et d’une horreur toute libérale pour la première. La portée de l’écrit est tout autre et se résume dans un résultat historique qui pour être aujourd’hui obscur (comme tout ce qui touche au communisme révolutionnaire) n’en apparaîtra pas moins de première importance dans l’avenir : s’il est, dans toute l’opposition antistalinienne ou antikhrouchtchévienne, UN courant qui n’ait pas repassé à reculons le “fossé” qui a toujours séparé la démocratie bourgeoise du communisme pour aller s’embourber dans les sables mouvants d’une des innombrables démocraties dont la pensée politique moderne est empoisonnée (démocratie progressive ou ouvrière, populaire ou bourgeoise), c’est LE courant qui depuis plus de trente ans considère l’écrit que nous présentons ici comme un “classique”. Le lecteur peut en trouver une illustration récente dans les réactions politiques respectives de notre tendance et de l’opposition “anti-bureaucratique” aux événements hongrois.
L’épreuve de la lutte de classe est souveraine : c’est parce que le marxisme d’inspiration “italienne” y a résisté brillamment que nous pensons que “Le Principe Démocratique” mérite d’avoir valeur de “classique” non seulement pour nous, mais pour tous les communistes de l’avenir !
O Principio Democrático
A utilização de certos termos na exposição dos problemas do comunismo muitas vezes gera ambiguidades devido aos diferentes significados que podem ser atribuídos a estes termos. É o que acontece com as palavras democracia e democrático. Nas suas declarações de princípio, o comunismo marxista apresenta-se como crítica e negação da democracia; no entanto, os comunistas defendem frequentemente o carácter democrático das organizações proletárias (o sistema Estatal de conselhos de trabalhadores, sindicatos e o partido) e a aplicação da democracia no seu seio. Não há certamente contradição nisto, e não pode ser feita qualquer objeção ao uso do dilema, “ou democracia burguesa ou democracia proletária” como um perfeito equivalente à fórmula “democracia burguesa ou ditadura proletária”.
A crítica marxista dos postulados da democracia burguesa baseia-se na definição do carácter de classe da sociedade moderna. Demonstra a inconsistência teórica, e o engano prático, de um sistema que pretende reconciliar a igualdade política com a divisão da sociedade em classes sociais determinadas pela natureza do modo de produção.
Liberdade e igualdade política, que, de acordo com a teoria do liberalismo, são expressas no direito de voto, não têm significado, expecto numa base que exclui a desigualdade das condições económicas fundamentais: por esta razão, nós comunistas aceitamos a sua aplicação dentro das organizações de classe do proletariado e defendemos que elas devem funcionar democraticamente.
Mas a democracia é um conceito altamente evocativo que estamos a lutar arduamente para demolir, e pode parecer desejável utilizar um termo diferente em cada um dos dois casos, a fim de evitar a criação de mal-entendidos. Mas mesmo que não o façamos, é no entanto útil olhar um pouco mais para o próprio conteúdo do princípio democrático, tanto em geral como na sua aplicação a órgãos de classe homogéneos. Isto é necessário para eliminar o perigo de elevar novamente o princípio democrático a um princípio absoluto de verdade e justiça. Uma tal recaída no apriorismo introduziria um elemento estranho a todo o nosso quadro teórico no preciso momento em que estamos a tentar, através da nossa crítica, varrer o conteúdo enganador e arbitrário das teorias “liberais”.
* * *
Um erro teórico está sempre na raiz de qualquer erro de tática política. Por outras palavras, é a tradução do erro tático para a linguagem da nossa consciência crítica coletiva. Assim, as políticas e táticas perniciosas da social-democracia refletem-se no erro de princípio que apresenta o socialismo como herdeiro de uma parte substancial da doutrina do liberalismo, que se opôs às velhas doutrinas espiritualistas. Na realidade, longe de aceitar e completar a crítica que o liberalismo democrático tinha levantado contra as monarquias aristocráticas e absolutas do antigo regime, o socialismo marxista, nas suas primeiras formulações, demoliu-o por completo. Fê-lo não para defender a doutrina espiritualista ou idealista contra o materialismo de Voltaire dos revolucionários burgueses, mas para demonstrar como os teóricos do materialismo burguês só se tinham iludido a si próprios quando pensavam que a filosofia política dos Enciclopedistas os tinha conduzido fora das névoas da metafísica aplicada à sociologia e à política, e do disparate idealista. De facto, como todos os seus predecessores, tiveram de se render à crítica genuinamente objetiva dos fenómenos sociais e históricos que é dada pelo materialismo histórico de Marx.
É também importante, de um ponto de vista teórico, demonstrar que nenhuma revisão idealista ou neo-idealista dos nossos princípios é necessária para aprofundar o abismo entre o socialismo e a democracia burguesa; basta referir só às posições tomadas pelos fundadores do marxismo face às mentiras das doutrinas liberais e da filosofia materialista burguesa para restaurar à teoria da revolução proletária o seu conteúdo fortemente revolucionário, adulterado pelas falsificações daqueles que fornicam com a democracia burguesa.
Para voltar ao nosso argumento, mostraremos que a crítica socialista da democracia foi, no fundo, uma crítica à crítica democrática das velhas filosofias políticas, uma negação da sua alegada oposição universal, uma demonstração da sua semelhança teórica, tal como, na prática, o proletariado tinha poucos motivos para celebrar quando a direção da sociedade passou das mãos da nobreza feudal, monárquica e religiosa para as mãos da jovem burguesia comercial e industrial. E a demonstração teórica de que a nova filosofia burguesa não tinha superado os velhos erros dos regimes despóticos, mas era ela própria apenas um edifício de novos sofismas, correspondia concretamente ao aparecimento do movimento revolucionário do proletariado que continha a negação da pretensão burguesa de ter estabelecido para sempre a administração da sociedade numa base pacífica e infinitamente perfeita, graças à introdução do sufrágio e da democracia parlamentar.
As antigas doutrinas políticas, baseadas em conceitos espiritualistas ou mesmo na revelação religiosa, afirmavam que as forças sobrenaturais que governam a consciência e a vontade dos homens tinham atribuído a certos indivíduos, famílias ou castas, a tarefa de governar e gerir a existência coletiva, fazendo deles repositórios da “autoridade” por direito divino. A filosofia democrática, que se afirmou na época da revolução burguesa, contrapôs a proclamação da igualdade moral, política e jurídica de todos os cidadãos, quer fossem nobres, clérigos ou plebeus. Procurou transferir a “soberania” do grupo limitado da casta ou dinastia para a esfera universal da consulta popular baseada no sufrágio, o que permitiu à maioria dos cidadãos designar os dirigentes do Estado, de acordo com a sua vontade.
Os relâmpagos lançados contra esta última conceção pelos sacerdotes de todas as religiões e pelos filósofos espiritualistas não são suficientes para lhe dar o reconhecimento como a vitória definitiva da verdade sobre o erro obscurantista; mesmo que o “racionalismo” desta filosofia política parecesse durante muito tempo ser a última palavra nas ciências sociais e na arte da política, e mesmo que muitos fingissem ser socialistas proclamassem a sua solidariedade com ela. Esta afirmação, de que um sistema que tem a sua hierarquia social baseada no consentimento da maioria dos eleitores significa o fim da época do “privilégio”, não resiste à crítica marxista, que lança uma luz completamente diferente sobre a natureza dos fenómenos sociais: e é uma afirmação que só parece uma construção lógica atraente se se admitir desde o início que cada voto, ou seja, o julgamento, a opinião, a consciência de cada eleitor, tem o mesmo peso de poder delegatório na determinação da administração do negócio coletivo. É já evidente que esta conceção é irrealista e pouco materialista porque considera cada indivíduo como uma “unidade” perfeita dentro de um sistema composto por muitas unidades potencialmente equivalentes; e em vez de avaliar o valor da opinião do indivíduo à luz das suas múltiplas condições de existência, ou seja, das suas relações com os outros, postula a priori este valor com a hipótese da “soberania” do indivíduo. Mais uma vez, isto equivale a negar que a consciência do homem é um reflexo concreto dos factos e condições materiais da sua existência, vendo-a em vez disso como uma faísca acesa com a mesma imparcialidade providencial em cada organismo – saudável ou deficiente, atormentado ou harmoniosamente satisfeito em todas as suas necessidades – por alguma suprema dádiva de vida indefinível. Na teoria democrática, este ser supremo já não nomeia o monarca, mas confere a todos uma capacidade igual de o fazer. Apesar da sua frente racionalista, a teoria democrática assenta numa premissa metafísica não menos infantil do que a doutrina do “livre arbítrio” que, de acordo com a doutrina católica da vida após a morte, vence o homem ou a condenação ou a salvação. Devido ao facto que se coloca fora do tempo e das contingências históricas, a teoria democrática não está menos marcada pelo espiritualismo do que as filosofias igualmente erradas da revelação e da monarquia por direito divino.
Para alargar ainda mais esta comparação, basta recordar que muitos séculos antes da Revolução Francesa e da declaração dos direitos do homem e do cidadão, a doutrina política democrática tinha sido avançada por pensadores que tomaram resolutamente a sua posição no terreno do idealismo e da filosofia metafísica. Além disso, se a Revolução Francesa derrubou os altares do deus cristão em nome da Razão, foi, sabendo-o ou não, apenas para fazer da Razão uma nova divindade.
Este pressuposto metafísico, incompatível com a crítica marxista, é característico não só da doutrina construída pelo liberalismo burguês, mas também de todas as doutrinas e planos constitucionais para uma nova sociedade baseada no “valor intrínseco” de certos esquemas de relações sociais e de Estado. Ao construir a sua própria doutrina da história, o marxismo demoliu de facto o idealismo medieval, o liberalismo burguês e o socialismo utópico com um único golpe.
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A estas construções arbitrárias de constituições sociais, sejam elas aristocráticas ou democráticas, autoritárias ou liberais, bem como à conceção anarquista de uma sociedade sem hierarquia ou delegação de poder, enraizada em erros análogos, a crítica comunista opôs-se armada com um estudo muito mais aprofundado da natureza e das causas das relações sociais na sua complexa evolução ao longo da história humana, e a uma análise cuidadosa das suas características na atual época capitalista, da qual extraiu uma série de hipóteses fundamentadas sobre a sua evolução futura. A isto pode agora acrescentar-se a enorme contribuição teórica e prática da revolução proletária na Rússia.
Seria supérfluo desenvolver aqui os bem conhecidos conceitos de determinismo económico e os argumentos que justificam a sua utilização na interpretação de acontecimentos históricos e da dinâmica social. Os apriorismos típicos dos conservadores e utópicos são eliminados pela análise dos fatores enraizados na produção, na economia, e nas relações de classe que determinam. Isto torna possível uma explicação científica dos factos jurídicos, políticos, militares, religiosos e culturais que compõem as diversas manifestações da vida social.
Limitar-nos-emos a fazer um breve resumo da evolução histórica do modo de organização social e de agrupamento dos homens, não só no Estado, uma representação abstrata de uma coletividade que funde todos os indivíduos, mas também noutras organizações que surgem das relações entre os homens.
A base de interpretação de todas as hierarquias sociais, sejam elas complexas ou simples, encontra-se nas relações entre diferentes indivíduos, e a base destas relações é a divisão de tarefas e funções entre estes indivíduos.
Podemos imaginar sem erro grave que a espécie humana existia originalmente de uma forma completamente desorganizada. Ainda em número reduzido, estes indivíduos poderiam viver dos produtos da natureza sem a aplicação de tecnologia ou trabalho, e em tais condições poderiam passar sem os seus semelhantes. As únicas relações existentes, comuns a todas as espécies, eram as da reprodução. Mas para a espécie humana – e não só para ela – estas já eram suficientes para formar um sistema de relações com a sua própria hierarquia – a família. Isto poderia ser baseado na poligamia, poliandria ou monogamia. Não entraremos aqui numa análise detalhada, mas basta dizer que a família nos deu o embrião da vida coletiva organizada, baseada numa divisão de funções diretamente determinada por fatores fisiológicos, uma vez que a mãe alimentou e criou os filhos, e o pai dedicou-se à caça, à aquisição de saque e à proteção da família contra inimigos externos, etc.
Nesta fase inicial, em que a produção e a economia estão quase totalmente ausentes, bem como em fases posteriores do seu desenvolvimento, é inútil insistir na questão abstrata de saber se estamos a lidar com a unidade individual ou com a unidade da sociedade. Sem qualquer dúvida, o indivíduo é uma unidade de um ponto de vista biológico, mas não se pode fazer dela a base da organização social sem cair em disparates metafísicos. De uma perspetiva social, nem todas as unidades individuais têm o mesmo valor. A coletividade nasce de relações e agrupamentos em que o estatuto e a atividade de cada indivíduo não derivam de uma função individual, mas de uma função coletiva, determinada pelas múltiplas influências do meio social. Mesmo no caso elementar de uma sociedade não organizada ou não-sociedade, a base fisiológica que produz a organização familiar por si só já é suficiente para refutar a doutrina arbitrária do indivíduo como unidade indivisível, livre de se combinar com outras unidades semelhantes, sem deixar de ser distinta e, no entanto, de alguma forma, equivalente a elas. Neste caso, a unidade da sociedade obviamente também não existe, uma vez que as relações entre homens, mesmo reduzidas à simples noção de que outros existem, são extremamente limitadas e restritas à esfera da família ou do clã. Podemos apresentar a conclusão óbvia de que a “unidade da sociedade” nunca existiu, e provavelmente nunca existirá, exceto como um “limite” ao qual nos podemos aproximar cada vez mais, ultrapassando as fronteiras das classes e dos Estados.
Partir da unidade individual como alguém capaz de tirar conclusões e de construir estruturas sociais, ou mesmo negar a sociedade, parte de uma suposição irreal que, mesmo nas suas formulações mais modernas, não passa de ser mera renovação dos conceitos de revelação e criação religiosas e a noção de uma vida espiritual que não depende da vida natural, orgânica. O criador divino – ou um único poder que governa o destino do universo – deu a cada indivíduo esta propriedade elementar de ser uma molécula autónoma bem definida, dotada de consciência, vontade e responsabilidade dentro do agregado social, independente de fatores contingentes derivados da influência física do ambiente. Esta conceção religiosa e idealista só muito superficialmente é modificada na doutrina do liberalismo democrático ou do individualismo libertário. A alma como faisca vinda do Ser supremo, a soberania subjetiva de cada eleitor, ou a autonomia ilimitada do cidadão de uma sociedade sem leis – são tantos sofismas que, aos olhos da crítica marxista, estão manchados com o mesmo idealismo infantil, por mais resolutamente “materialista” que os primeiros liberais burgueses e anarquistas possam ter sido.
Esta conceção encontra o seu equivalente na hipótese igualmente idealista da unidade social perfeita – do monismo social – construída com base na vontade divina que supostamente deve governar e administrar a vida da espécie humana. Voltando à fase primitiva da vida social que estávamos a considerar, e à organização familiar aí descoberta, concluímos que não precisamos de tais hipóteses metafísicas da unidade individual e da sociedade-como-unidade para interpretar a vida da espécie e o processo da sua evolução. Por outro lado, podemos afirmar positivamente que estamos a lidar com um tipo de coletividade organizada numa base unitária, ou seja, a família. Temos o cuidado de não fazer deste um tipo fixo ou permanente ou de o idealizar como a forma modelo da coletividade social, tal como o anarquismo ou a monarquia absoluta com o indivíduo. Em vez disso, registamos simplesmente a existência da família como a unidade primária da organização humana, que será seguida por outras, que ela própria será modificada em muitos aspetos, tornar-se-á um elemento constituinte de outras organizações coletivas, e, como é de esperar, desaparecerá em formas sociais muito avançadas. Não nos sentimos de modo algum obrigados a ser a favor ou contra a família em princípio, tal como não nos sentimos, por exemplo, a favor ou contra o Estado. O que nos preocupa é compreender a direção da evolução destes tipos de organização humana. Quando nos perguntamos se um dia eles irão desaparecer, fazemo-lo objetivamente, porque não nos poderia ocorrer pensar neles como sendo sagrados e eternos, ou como pecados que têm de ser “abolidos”. O conservadorismo e o seu oposto (ou seja, a negação de todas as formas de organização e hierarquia social) são igualmente fracos de um ponto de vista crítico, e igualmente estéreis.
Assim, deixando de lado a oposição tradicional entre as categorias de “indivíduo” e “sociedade”, seguimos a formação e a evolução de outras unidades no nosso estudo da história humana: agrupamentos generalizados ou restritos de humanos, que tinham a sua base numa divisão de funções e assim numa hierarquia; que aparecem como os verdadeiros fatores e agentes da vida social. Tais unidades podem, em certa medida, ser comparadas a unidades orgânicas, a organismos vivos cujas células, com as suas diferentes funções e valores, podem ser representadas por homens ou por grupos elementares de homens. Contudo, a analogia não é completa, pois enquanto um organismo vivo tem limites bem definidos, e obedece às leis biológicas inflexíveis do seu crescimento e morte, as unidades sociais organizadas não têm limites fixos e estão continuamente a ser renovadas, misturando-se umas com as outras, dividindo-se e recombinando-se simultaneamente. Se optamos por continuarmos no primeiro exemplo que é também o mais óbvio, a unidade familiar, é para demonstrar que mesmo que as unidades que consideramos sejam claramente compostas por indivíduos, e se a sua própria composição é de facto variável, comportam-se no entanto como um “todo” conjunto orgânico e integral, de tal forma que dividi-las em unidades individuais não tem significado real e é basicamente mitologia. O elemento familiar constitui um todo, cuja vida não depende do número de indivíduos que o compõem, mas da rede das suas relações. Para usar um exemplo rudimentar, uma família composta pelo patriarca, as esposas e alguns homens velhos fracos não tem o mesmo valor que outra família que é composta pelo patriarca e muitos filhos jovens fortes.
Partindo da família, a primeira forma social organizada (na qual se encontra o primeiro exemplo de divisão de funções, as primeiras hierarquias, as primeiras formas de autoridade, de direção das atividades individuais e de administração das coisas), a evolução humana passa por uma série infinita de outras formas organizacionais, cada vez mais amplas e complexas. A razão para esta crescente complexidade reside na crescente complexidade das relações sociais e hierarquias nascidas da diferenciação cada vez maior entre funções. Esta última é diretamente determinada pelos sistemas de produção que a tecnologia e a ciência colocam à disposição da atividade humana a fim de fornecer um número crescente de produtos (no sentido mais lato do termo) adequados à satisfação das necessidades das sociedades maiores que evoluem para formas de vida mais elevadas. Uma análise que tente compreender o processo de formação e mudança das diferentes organizações humanas, bem como a interação das relações no seio de toda a sociedade, deve basear-se na noção do desenvolvimento da tecnologia produtiva e das relações económicas que surgem da distribuição dos indivíduos entre as diferentes tarefas requeridas pelo mecanismo produtivo. A formação e evolução das dinastias, castas, exércitos, Estados, impérios, corporações e partidos pode e deve ser estudada com base nestes elementos. Pode-se imaginar que no ponto mais alto deste complexo desenvolvimento surgirá uma espécie de unidade organizada que englobará toda a humanidade e que estabelecerá uma divisão racional de funções entre todos os homens. Que significado e limites terá o sistema hierárquico de administração coletiva nesta forma superior de vida social humana é um assunto a ser debatido mais aprofundadamente.
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Para examinar os organismos unitários cujas relações internas são reguladas pelo que é geralmente chamado o “princípio democrático”, distinguiremos, para simplificarmos, entre as coletividades organizadas cujas hierarquias são impostas do exterior, e aquelas que selecionam a sua própria hierarquia a partir do interior. De acordo com a conceção religiosa e a doutrina pura da autoridade, em cada época a sociedade humana é uma unidade coletiva que recebe a sua hierarquia de poderes sobrenaturais; e não vamos repetir a crítica de uma tal sobre-simplificação metafísica que é contrariada por toda a experiência. É a necessidade da divisão de funções que dá naturalmente origem a hierarquias; e tal é o caso da família. À medida que esta última evolui para a tribo ou horda, deve organizar-se de modo a lutar contra outras organizações (tribos rivais). A liderança é confiada àqueles capazes de fazer melhor uso das energias comunitárias, e as hierarquias militares emergem em resposta a esta necessidade. Este critério de escolha no interesse comum apareceu milhares de anos antes do eleitoralismo democrático moderno; reis, chefes militares e padres foram originalmente eleitos. Ao longo do tempo, outros critérios para a formação de hierarquias prevaleceram, dando origem a privilégios de casta transmitidos por herança ou mesmo por iniciação em escolas, seitas e cultos fechados. Esta evolução veio do facto de que se a adesão a uma determinada categoria se justificasse pela posse de aptidões especiais, tal condição era, frequentemente, mais favorável para influenciar a transmissão da mesma categoria. Não entraremos aqui em todo o processo de formação de castas e depois de classes dentro da sociedade. Basta dizer que a sua aparência já não corresponde apenas à necessidade lógica de uma divisão de funções, mas também ao facto de certos estratos que ocupam uma posição privilegiada no mecanismo económico acabarem por monopolizar o poder e a influência social. De uma forma ou de outra, cada casta governante proporciona-se a si própria com a sua própria organização, a sua própria hierarquia, e isto também se aplica às classes economicamente privilegiadas; a aristocracia fundiária da Idade Média, por exemplo, unindo-se para a defesa dos seus privilégios comuns contra os ataques das outras classes, construiu uma forma de organização que culminou na monarquia, que concentrou os poderes públicos nas suas próprias mãos, com a total exclusão das outras camadas da população. O estado da época feudal era a organização da nobreza feudal apoiada pelo clero. O principal elemento de coerção da monarquia militar era o exército. Aqui temos um tipo de coletividade organizada cuja hierarquia foi instituída de fora, uma vez que foi o rei quem conferiu as fileiras, e no exército a obediência passiva de cada um dos seus componentes era a regra. Todas as formas de Estado concentram sob uma autoridade a organização e o oficiamento de toda uma série de hierarquias executivas: o exército, a polícia, a magistratura e a burocracia. Assim, o Estado faz uso material da atividade de indivíduos de todas as classes, mas é organizado com base numa única ou poucas classes privilegiadas que se apropriam do poder de modo a constituir as suas diferentes hierarquias. As outras classes (e, em geral, todos os grupos de indivíduos para os quais é apenas demasiado evidente que o Estado, apesar das suas reivindicações, não garante de forma alguma os interesses de todos) procuram dotar-se das suas próprias organizações, a fim de fazer prevalecer os seus próprios interesses. O seu ponto de partida é que os seus membros ocupam a mesma posição na produção e na vida económica.
No que diz respeito às organizações, de particular interesse para nós, que se dotam da sua própria hierarquia: se perguntarmos qual a melhor forma de nomear uma hierarquia, a fim de assegurar a defesa dos interesses coletivos de todos os componentes da organização em questão, e para evitar a formação de estratos privilegiados no seu seio, alguns proporão o método democrático cujo princípio consiste em consultar todos os indivíduos e utilizar a opinião maioritária para selecionar aqueles de entre eles que ocuparão os vários níveis da hierarquia.
A severidade da nossa crítica a tal método depende da sua aplicação à sociedade atual como um todo, a determinadas nações, ou quando se trata de introduzir em organizações muito mais restritas, tais como sindicatos e partidos.
No primeiro caso, deve ser rejeitado uma vez que não tem em conta a situação dos indivíduos na economia, e uma vez que pressupõe a perfeição intrínseca do sistema sem ter em consideração a evolução histórica da coletividade a que é aplicado.
A divisão da sociedade em classes distinguidas por privilégios económicos retira claramente todo o valor à tomada de decisões por maioria. A nossa crítica refuta a teoria enganosa que sustenta que a máquina democrática e parlamentar do Estado que surgiu das constituições liberais modernas é uma organização de todos os cidadãos, no interesse de todos os cidadãos. A partir do momento em que surgem interesses opostos e conflitos de classe, não pode haver unidade de organização; apesar da aparência exterior da soberania popular, o Estado continua a ser o órgão da classe economicamente dominante, e o instrumento de defesa dos seus interesses. Apesar da aplicação do sistema democrático à representação política, a sociedade burguesa aparece como uma rede complexa de órgãos unitários. Muitos destes, que brotam das camadas privilegiadas e tendem a preservar o aparelho social actual, reúnem-se em torno do poderoso organismo centralizado do Estado político. Outros podem ser neutros ou podem ter uma atitude de mudança em relação ao Estado. Finalmente, outros surgem no seio das camadas economicamente oprimidas e exploradas que são dirigidas contra o Estado de classe. O comunismo demonstra que a aplicação formal jurídica e política do princípio democrático e maioritário a todos os cidadãos, enquanto a sociedade está dividida em classes economicamente opostas, é incapaz de fazer do Estado uma unidade organizativa da sociedade como um todo ou da nação como um todo. Oficialmente, é isso que a democracia política afirma ser; enquanto na realidade é a forma adequada ao poder da classe capitalista, à ditadura desta classe em particular, com o objetivo de preservar os seus privilégios.
Por conseguinte, não precisamos de insistir mais na demolição crítica deste erro que atribui o mesmo grau de independência e maturidade ao voto de cada eleitor – quer se trate de um trabalhador esgotado por excesso de trabalho físico, quer de um rico dissoluto; seja um capitão sagaz da indústria, ou um infeliz proletário ignorante das causas da sua miséria e dos meios para as remediar – e é um erro que pensa que o cumprimento do dever soberano de solicitar a opinião do “eleitor”, uma vez na lua azul, será suficiente para assegurar a calma e a obediência de quem se sentir vitimado e maltratado pelas políticas e administração do Estado.
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É assim claro que o princípio da democracia não tem nenhuma virtude intrínseca. Não é um princípio mas sim um simples mecanismo de organização, respondendo à presunção aritmética simples e crude de que a maioria está certa e a minoria está errada. Agora veremos se, e em que medida, este mecanismo é útil e suficiente para o funcionamento de organizações que compreendem coletividades mais restritas que não estão divididas por antagonismos económicos. Para tal, estas organizações devem ser consideradas no seu processo de desenvolvimento histórico.
Será este mecanismo democrático aplicável na ditadura do proletariado, ou seja, naquela forma de Estado nascida da vitória revolucionária das classes rebeldes contra o poder dos Estados burgueses? Poderá esta forma de Estado, devido ao seu mecanismo interno de delegação de poderes e de formação de hierarquias, ser assim definida como uma “democracia proletária”? A questão deve ser abordada sem preconceitos, pois poderíamos chegar à conclusão de que o mecanismo democrático é útil sob certas condições, desde que a história não tenha produzido um mecanismo melhor; ainda assim, devemos estar convencidos de que não há a mínima razão para estabelecer a priori o conceito de soberania da “maioria” do proletariado. De facto, no dia seguinte à revolução, o proletariado não será ainda uma coletividade totalmente homogénea nem será a única classe. Na Rússia, por exemplo, o poder está nas mãos da classe trabalhadora e do campesinato; mas se considerarmos todo o desenvolvimento do movimento revolucionário, é fácil demonstrar que a classe proletária industrial, embora muito menos numerosa do que o campesinato, desempenha no entanto um papel muito mais importante. Então é lógico que o mecanismo soviético atribui muito mais valor ao voto de um trabalhador do que ao de um camponês.
Não é nossa intenção examinar aqui exaustivamente as características da constituição do Estado proletário. Não a consideraremos metafisicamente como algo absoluto: como os reacionários fazem o direito divino da monarquia, como os liberais fazem o parlamentarismo baseado no sufrágio universal, e os anarquistas ao não-Estado. Sendo uma organização de uma classe destinada a despojar as classes opostas dos seus privilégios económicos, o Estado proletário é uma verdadeira força histórica que se adapta ao objetivo que persegue, ou seja, às necessidades que lhe deram origem. Em certos momentos, o seu impulso pode provir quer de amplas consultas em massa, quer da ação de órgãos executivos muito restritos e dotados de plenos poderes. O essencial é dar a esta organização do poder proletário os meios e as armas necessárias para destruir o privilégio económico burguês e a resistência política e militar da burguesia; de forma a preparar o desaparecimento subsequente das próprias classes, e para as modificações cada vez mais profundas das tarefas e estrutura do Estado proletário.
Uma coisa é clara: enquanto o verdadeiro objetivo da democracia burguesa é privar as grandes massas proletárias e pequeno-burguesas de toda a influência no controlo do Estado, reservado às grandes oligarquias industriais, bancárias e agrícolas, a ditadura proletária tem de envolver as camadas mais amplas do proletariado e mesmo as massas quase proletárias na luta que encarna. Apenas aqueles que são vítimas de preconceitos democráticos poderiam imaginar que a consecução deste fim exige a criação de um vasto mecanismo de consulta eleitoral. Isto pode ser excessivo ou – mais frequentemente – demasiado pouco, porque esta forma de participação de muitos proletários pode resultar na sua não participação em outras manifestações mais ativas da luta de classes. Por outro lado, a intensidade da luta em determinadas fases exige rapidez de decisão e de movimento e uma organização centralizada de esforços numa direção comum. A fim de combinar estas condições, o Estado proletário, como a experiência russa nos ensina com uma série inteira de exemplos, baseia a sua máquina constitucional em características que estão em aberta contradição com os cânones da democracia burguesa. Os adeptos da democracia burguesa uivam sobre a violação das liberdades, enquanto que se trata apenas de desmascarar os preconceitos filisteus que sempre permitiram aos demagogos assegurar o poder aos privilegiados. Na ditadura do proletariado, o mecanismo constitucional da organização do Estado não é apenas consultivo, mas ao mesmo tempo executivo. A participação nas funções da vida política, se não de toda a massa de eleitores, então pelo menos de uma vasta camada dos seus delegados, não é intermitente, mas contínua. É interessante notar que em vez de prejudicar o carácter unitário da ação de todo o aparelho de Estado, é de facto consistente com ele; precisamente porque aplica critérios que se opõem aos do hiperliberalismo burguês: ou seja, ao suprimir virtualmente eleições diretas e representação proporcional (uma vez que o outro dogma sagrado – o voto igual – foi derrubado, como já vimos).
Não afirmamos que estes novos critérios introduzidos no mecanismo de representação, ou codificados numa constituição, tenham origem em razões de princípio. Em novas circunstâncias, os critérios poderiam ser diferentes. Em qualquer caso, o que estamos a tentar esclarecer é que não atribuímos qualquer valor intrínseco a estas formas de organização e representação: é uma visão que podemos traduzir na tese marxista fundamental: “a revolução não é uma questão de formas de organização”. A revolução, pelo contrário, é uma questão de conteúdo, ou seja, de movimento e ação de forças revolucionárias num processo interminável; que não pode ser teorizada através da sua cristalização em nenhuma das várias “doutrinas constitucionais” estáticas que têm sido tentadas.
Em qualquer caso, nos mecanismos dos conselhos de trabalhadores não encontramos qualquer vestígio dessa regra da democracia burguesa que afirma que cada cidadão escolhe diretamente o seu delegado ao órgão supremo representativo, o parlamento. Pelo contrário, existem diferentes níveis de conselhos de trabalhadores e de camponeses, cada um com uma base territorial mais ampla que culmina no congresso dos soviéticos. Cada conselho local ou distrital elege os seus delegados a um conselho superior, e da mesma forma elege a sua própria administração, ou seja, o seu órgão executivo. Na base, seja na cidade ou no conselho rural, toda a massa é consultada. Na eleição dos delegados aos conselhos superiores e às delegações administrativas locais, cada grupo de eleitores vota não de acordo com um sistema proporcional, mas de acordo com um sistema maioritário, escolhendo os seus delegados a partir de listas apresentadas pelas partes. Além disso, como um único delegado é suficiente para estabelecer uma ligação entre um conselho inferior e um superior, é evidente que os dois dogmas do liberalismo formal – votar em vários membros de uma lista e representação proporcional – caem para serem esquecidos. Em cada nível, os conselhos devem dar origem a órgãos consultivos e administrativos e diretamente ligados à administração central. Assim, é natural que à medida que se avança para órgãos representativos superiores, não se encontrem assembleias parlamentares cheios de tagarelas que discutem interminavelmente sem nunca fazer nada; pelo contrário, vê-se órgãos compactos e homogéneos capazes de dirigir a ação e a luta política, e de dar uma orientação revolucionária a toda a massa assim organizada de forma unitária.
Estas capacidades, que certamente não são automaticamente inerentes a qualquer esquema constitucional, são alcançadas neste mecanismo devido à presença de um fator extremamente importante, o partido político; cujo conteúdo vai muito além da pura forma organizacional, e cuja consciência coletiva e ativa permitirá que o trabalho seja orientado de acordo com os requisitos de um processo longo e sempre em avanço. De todos os órgãos da ditadura do proletariado, o partido político é aquele cujas características mais se aproximam das de uma coletividade unitária homogénea, unificada em ação. Na realidade, abrange apenas uma minoria da massa, mas as propriedades que a distinguem de todas as outras formas amplas de organização representativa demonstram precisamente que o partido representa os interesses coletivos e o movimento melhor do que qualquer outro órgão. Todos os membros do partido participam contínua e ininterruptamente na realização da tarefa comum e preparam-se para resolver os problemas da luta revolucionária e da reconstrução da sociedade; dos quais a maioria da massa só se apercebem quando são efetivamente confrontados com eles. Por todas estas razões, num sistema de representação e delegação baseado não na mentira democrática mas numa camada da população cujos interesses fundamentais comuns os impulsionam no curso da revolução, é natural que as escolhas recaiam espontaneamente sobre elementos avançados pelo partido revolucionário; que está equipado para responder às exigências da luta e para resolver os problemas para os quais se tem podido preparar. O facto de não atribuirmos estas capacidades do partido apenas à sua constituição particular, tal como não o fazemos no caso de qualquer outra organização, é algo que nos propomos a provar mais tarde. O partido pode ou não ser adequado à sua tarefa de liderar a ação revolucionária de uma classe; não é qualquer partido político mas um em particular, nomeadamente o partido comunista, que pode assumir esta tarefa; e nem mesmo o partido comunista é imune aos numerosos perigos de degeneração e dissolução. O que torna o partido à altura da sua tarefa não é o mecanismo dos seus estatutos ou meras medidas de organização interna; são as características positivas que surgem no decurso do seu desenvolvimento, da sua participação na luta e na ação como organização que possui uma orientação única que deriva da sua conceção do processo histórico, de um programa fundamental que se traduziu numa consciência coletiva e, ao mesmo tempo, numa disciplina organizacional segura. Estas questões estão mais plenamente desenvolvidas nas teses sobre táticas partidárias apresentadas no Congresso do Partido Comunista de Itália, das quais o leitor está certamente consciente.
Para voltar à natureza do mecanismo constitucional da ditadura proletária – do qual já dissemos que é executivo, bem como legislativo a todos os níveis – temos de acrescentar algo para especificar a que tarefas da vida coletiva as funções e iniciativas executivas deste mecanismo respondem. Estas funções e iniciativas são a própria razão da sua formação, e determinam as relações existentes dentro do seu mecanismo elástico em contínua evolução. Consideraremos aqui o período inicial do poder proletário em referência à situação durante os quatro anos e meio em que a ditadura do proletariado existiu na Rússia. Não pretendemos especular sobre qual será a base definitiva dos órgãos representativos numa sociedade comunista sem classes, uma vez que não podemos prever exatamente como a sociedade irá evoluir à medida que se aproxima desta fase; apenas podemos prever que irá avançar no sentido de uma fusão dos vários órgãos políticos, administrativos e económicos e, ao mesmo tempo, de uma eliminação progressiva de cada elemento de coerção, e do próprio Estado como instrumento de poder de classe e arma de luta contra as classes inimigas sobreviventes.
No seu período inicial, a ditadura do proletariado tem uma tarefa extremamente difícil e complexa que pode ser subdividida em três esferas de ação: política, militar e económica. Tanto os problemas de defesa militar, contra ataques contra-revolucionários a partir do interior e do exterior, como a reconstrução da economia numa base coletiva, dependem de um plano sistemático e racional de como mobilizar as suas forças, numa atividade que tem de ser extremamente unitária através da utilização, ou melhor, utilizando para maior efeito, as diversas energias das massas. Como consequência, o corpo que lidera a luta contra o inimigo nacional e estrangeiro, ou seja, o exército e a polícia revolucionários, deve basear-se numa disciplina, e numa hierarquia, que está centralizada nas mãos do poder proletário. O próprio Exército Vermelho é assim uma unidade organizada cuja hierarquia é imposta externamente pelo governo do Estado proletário; e o mesmo é válido para a polícia e tribunais revolucionários. O aparelho económico, que o proletariado vitorioso ergue a fim de lançar as bases do novo sistema de produção e distribuição, dá origem a problemas mais complexos. Podemos aqui apenas recordar que a característica que distingue esta administração racional do caos da economia privada burguesa é a centralização. Cada empresa deve ser gerida no interesse de toda a coletividade e em harmonia com as exigências de todo o plano de produção e distribuição. Por outro lado, o aparelho económico (e a posição dos indivíduos que o compõem) está continuamente a ser modificado, e isto deve-se não só ao seu próprio desenvolvimento gradual, mas também às inevitáveis crises durante um período de tão vastas transformações; um período em que as lutas políticas e militares são inevitáveis. Estas considerações levam às seguintes conclusões: no período inicial da ditadura proletária, embora os conselhos a diferentes níveis devam nomear os seus delegados aos órgãos executivos locais, bem como aos órgãos legislativos a níveis superiores, a responsabilidade absoluta pela defesa militar, e de uma forma menos rígida, pela campanha económica, deve permanecer no centro. Por seu lado, os órgãos locais servem para organizar politicamente as massas para que estas participem no cumprimento desses planos, e aceitam a organização militar e económica. Criam assim as condições para a mais ampla e contínua atividade de massas possível em relação às questões da vida coletiva, canalizando esta atividade para a formação de um Estado proletário altamente centralizado.
Estas considerações não pretendem negar toda a possibilidade de movimento e iniciativa aos órgãos intermediários da hierarquia do Estado. Mas queríamos mostrar que não se pode teorizar que eles apoiariam as tarefas executivas da revolução de manutenção da ordem militar ou económica se fossem formados por grupos de eleitores organizados ao nível da fábrica ou da divisão do exército. A estrutura de tais grupos simplesmente não lhes pode conferir quaisquer capacidades especiais e, portanto, as unidades em que os eleitores estão agrupados na base podem ser formadas de acordo com critérios empíricos. De facto, constituir-se-ão segundo critérios empíricos, entre os quais, por exemplo, o local de trabalho, o bairro, a guarnição, a frente de batalha ou qualquer outra situação na vida quotidiana, sem que nenhum deles seja excluído a priori ou retido como modelo. Ainda assim, a base da representação do Estado na revolução proletária continua a ser uma divisão territorial em distritos eleitorais. Nenhuma destas considerações são regras duras e rigidas, e isto leva-nos à nossa tese de que nenhum esquema constitucional equivale a princípio, e que a democracia maioritária entendida no sentido formal e aritmético é apenas um método possível para coordenar as relações que surgem no seio das organizações coletivas; um método ao qual é absolutamente impossível atribuir um carácter intrínseco de necessidade ou justiça, uma vez que tais termos não têm na realidade qualquer significado para os marxistas, e além disso o nosso objetivo não é substituir o aparelho democrático criticado por nós próprios por outro projeto para um aparelho partidário sem razão de ser inerentemente livre de todos os defeitos e erros.
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Parece-nos que já foi dito o suficiente sobre o princípio democrático na sua aplicação ao Estado burguês, que afirma abraçar todas as classes, e também na sua aplicação apenas à classe proletária como base do Estado após a vitória revolucionária. Resta-nos dizer algo sobre a aplicação do mecanismo democrático às organizações dentro do proletariado, tanto antes como depois da conquista do poder, ou seja, aos sindicatos e aos partidos políticos.
Estabelecemos acima que uma verdadeira unidade organizacional só é possível com base numa identidade de interesses entre os membros. Uma vez que se adere a sindicatos ou partidos em virtude de uma decisão espontânea de participar num tipo específico de ação, uma crítica que nega absolutamente qualquer valor ao mecanismo democrático no caso do Estado burguês (ou seja, uma união constitucional falaciosa de todas as classes) não é aplicável aqui. No entanto, mesmo no caso do partido e do sindicato, é necessário não se deixar enganar pelo conceito arbitrário de “santidade” das decisões por maioria.
Em contraste com o partido, o sindicato caracteriza-se pela identidade virtual dos interesses materiais imediatos dos seus membros. Dentro dos limites da categoria, alcança uma ampla homogeneidade de composição e é uma organização com filiação voluntária. Tende a tornar-se uma organização à qual todos os trabalhadores de uma determinada categoria ou indústria aderem automaticamente ou são mesmo, como numa determinada fase da ditadura do proletariado, obrigados a aderir. É certo que neste domínio o número continua a ser o fator decisivo e a decisão maioritária tem um grande valor, mas não nos podemos limitar a uma consideração esquemática dos seus resultados. É igualmente necessário ter em conta outros fatores que entram em jogo na vida da organização sindical: uma hierarquia burocratizada de funcionários que paralisa o sindicato sob a sua tutela; e os grupos de vanguarda que o partido revolucionário estabeleceu no seu seio a fim de o conduzir para o terreno da ação revolucionária. Nesta luta, os comunistas salientam frequentemente que os funcionários da burocracia sindical violam a ideia democrática e desprezam a vontade da maioria. É correto denunciar isto porque os patrões da direita sindical desfilam uma mentalidade democrática, e é necessário apontar as suas contradições. Fazemos o mesmo com os liberais burgueses cada vez que coagem e falsificam a consulta popular, sem propor que mesmo uma consulta livre resolveria os problemas que pesam sobre o proletariado. É correto e oportuno fazê-lo porque, nos momentos em que as grandes massas são obrigadas a agir por pressão da situação económica, é possível pôr de lado a influência dos burocratas sindicais (que é em substância uma influência extra-proletária de classes e organizações alheias ao sindicato), aumentando assim a influência dos grupos revolucionários. Mas em tudo isto não há preconceitos “constitucionais”, e os comunistas – desde que sejam compreendidos pelas massas e possam demonstrar-lhes que estão a agir na direção dos seus interesses mais imediatos – podem e devem comportar-se de forma flexível face aos cânones da democracia formal no seio dos sindicatos. Por exemplo, não há contradição entre estas duas atitudes táticas: por um lado, assumir a responsabilidade de representar a minoria nos órgãos dirigentes dos sindicatos, na medida em que os estatutos o permitam; e, por outro, afirmar que esta representação estatutária deve ser suprimida uma vez conquistadas estas organizações, a fim de acelerar as suas ações. O que nos deve orientar nesta questão é uma análise cuidadosa do processo de desenvolvimento dos sindicatos na fase atual. Temos de acelerar a sua transformação de órgãos de influência contra-revolucionária no proletariado em órgãos de luta revolucionária. Os critérios de organização interna não têm valor em si mesmos, mas apenas na medida em que contribuem para este objetivo.
Analisamos agora a organização partidária que já abordámos no que diz respeito ao mecanismo do Estado obreiro. O partido não parte de uma identidade de interesses económicos tão completa como no seio do sindicato. Pelo contrário, baseia a unidade da sua organização não na categoria, como o sindicato, mas na base muito mais ampla de toda a classe. Isto é verdade não só no espaço, uma vez que o partido se esforça por se tornar internacional, mas também no tempo, uma vez que é o órgão específico cuja consciência e ação refletem as exigências da vitória ao longo do processo de emancipação revolucionária do proletariado. Quando estudamos os problemas de estrutura e organização interna do partido, estas bem conhecidas considerações obrigam-nos a ter em mente todo o processo da sua formação e vida em relação às tarefas complexas que tem de realizar. No final desta já longa exposição, não podemos entrar em detalhes sobre o mecanismo que deve regular a consulta da filiação em massa do partido, o recrutamento e a designação dos seus oficiais responsáveis. Não há dúvida de que, de momento, é melhor manter o princípio da maioria. Mas como continuamos a salientar, não há razão para elevar a utilização do mecanismo democrático a um princípio. Para além das suas funções consultivas, análogas às tarefas legislativas do aparelho de Estado, o partido tem tarefas executivas que no momento mais crucial da luta correspondem às de um exército, e que exigem a máxima disciplina hierárquica. De facto, no complexo processo que levou à formação dos partidos comunistas, a emergência de uma hierarquia é um fenómeno real e dialético que tem origens remotas e que corresponde a toda a experiência passada do funcionamento do mecanismo do partido. Não podemos afirmar que as decisões da maioria do partido são por sí tão corretas como as de um juiz sobrenatural infalível que fornece os líderes às várias coletividades humanas; uma opinião em que certamente acreditam aqueles que pensam que o Espírito Santo participa nos conclaves papais. Mesmo numa organização como o partido onde a ampla composição é o resultado da seleção através da adesão voluntária espontânea e do controlo do recrutamento, a decisão da maioria não é intrinsecamente a melhor. Se contribui para um melhor funcionamento dos órgãos executivos do partido, isto deve-se apenas à coincidência de esforços individuais num trabalho unitário e bem orientado. Não iremos propor neste momento a substituição deste mecanismo por outro, e não iremos examinar em pormenor o que poderá ser um sistema tão novo. Mas podemos prever um modo de organização que será cada vez mais liberto das convenções do princípio democrático; e não será necessário rejeitá-lo por receios injustificados se um dia se puder demonstrar que outros métodos de decisão, de escolha, de resolução de problemas são mais coerentes com as exigências reais do desenvolvimento do partido e da sua atividade no quadro da história.
O critério democrático até agora tem sido para nós um fator material incidental na construção da nossa organização interna e na formulação dos estatutos do nosso partido; não é a sua plataforma indispensável. Não elevaremos, portanto, a fórmula organizacional conhecida como “centralismo democrático” ao nível de um princípio. A democracia não pode ser um princípio para nós: o centralismo incontestavelmente é, uma vez que as características essenciais da organização partidária devem ser a unidade de estrutura e ação. A fim de expressar a continuidade da estrutura partidária no espaço, o termo centralismo é suficiente, mas para introduzir a ideia essencial de continuidade no tempo – a continuidade histórica da luta que, ultrapassando sucessivos obstáculos, avança sempre para o mesmo objetivo – proporemos dizer, ligando estas duas ideias essenciais de unidade, que o partido comunista baseia a sua organização no “centralismo orgânico”. Assim, embora preservando tanto do mecanismo democrático incidental quanto nos possa ser útil, eliminaremos o uso do termo “democracia”, tão caro aos piores demagogos mas manchado de ironia para os explorados, oprimidos e enganados, abandonando-o ao uso exclusivo da burguesia e dos campeões do liberalismo, que aparecem sob várias formas, por vezes extremistas.